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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 12:40

Le MES est le nouveau dictateur européen. Quand il veut, et aussi souvent qu'il veut, il peut simplement exiger des pays de la zone euro de payer des milliards d'euros sous 7 jours!!! Il peut ruiner un gouvernement en moins d'une semaine!!!

Lisez davantage sur www.courtfool.info

 

 


 
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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 15:27

Un privilège de classes bien plus qu’une aide aux familles

   

MARTY-copie-1.jpgPar Christiane Marty, membre de la Fondation Copernic (1).


Un débat sur le bien-fondé du quotient familial s’est engagé dernièrement sur la scène politique. Défendu à droite, critiqué à gauche, le quotient familial… divise. Rappelons que ce terme désigne le dispositif qui prend en compte les enfants dans le calcul de l’impôt sur le revenu. Il procure aux ménages une réduction d’impôt qui augmente – assez logiquement – avec le nombre d’enfants, mais surtout – ce qui est problématique – avec le revenu. L’avantage fiscal est en effet très fortement concentré au bénéfice des ménages disposant des revenus les plus élevés : les 10 % de foyers aux plus hauts revenus se partagent 46 % du total de la réduction d’impôt liée au quotient familial (soit 6,4 milliards d’euros en 2009), tandis que les 50 % les plus pauvres se partagent seulement 10 % de la somme (c’est-à-dire moins de 1,4 milliard).

Il existe bien un plafonnement de la réduction d’impôt par enfant, introduit en 1982 par la gauche. Mais, d’une part, il est fixé à un niveau très élevé et ne concerne que très peu de contribuables, environ 2 % d’entre eux. D’autre part, il ne modifie en rien la très inégale répartition de l’avantage fiscal sous le plafond : la réduction moyenne d’impôt par enfant approche de 300 euros par mois pour un enfant dont les parents appartiennent au groupe du 1 % des revenus les plus élevés, alors qu’elle se situe à 35 euros pour les ménages aux revenus médians, et à seulement 3 euros pour les ménages du premier décile, c’est-à-dire les 10 % de revenus les plus bas (ces chiffres traduisent le fait que près de la moitié des foyers ne sont pas imposables et ne bénéficient pas de ce dispositif). Il est donc illusoire de penser remédier à l’injustice du système en abaissant le niveau du plafond : le nouveau seuil proposé par François Hollande fera simplement que 5 % (au plus) des familles les plus riches, au lieu de 2 % actuellement, verront leur réduction d’impôt plafonnée (à un niveau restant toutefois disproportionnellement fort par rapport à ce que « rapporte » fiscalement un enfant de foyer modeste). Proposer en parallèle une augmentation de l’allocation de rentrée scolaire s’apparente à une mesure de rapiéçage très insuffisante, et signifie surtout renoncer à corriger l’inégalité fondamentale de ce dispositif.

Le quotient familial a pourtant des partisans. Ceux-ci le défendent au nom d’une  conception de l’équité définie de la manière suivante : les familles avec enfants devraient avoir le même niveau de vie que les personnes sans enfant qui ont les mêmes revenus primaires (c’est-à-dire avant impôts), et cela quel que soit le niveau de revenus. Pour prendre un exemple, un couple de cadres qui élève trois enfants devrait avoir le même niveau de vie qu’un couple de cadres de mêmes revenus mais sans enfant. C’est tout à fait discutable. Passons sur le fait que la notion de niveau de vie est une affaire de convention qui n’a pas de fondement théorique et donne lieu à des évaluations discordantes. En ce qui concerne le coût des enfants, il n’est pas contestable que les familles riches dépensent plus pour élever un enfant que les familles modestes : qualité des vêtements, de la nourriture, du logement, loisirs, vacances, etc. Viser à assurer aux couples de cadres le même niveau de vie, qu’ils aient ou non des enfants, signifie que la collectivité devra financer plus fortement leurs enfants que ceux des familles modestes. On aboutit ainsi à justifier le fait que des foyers modestes avec ou sans enfant contribuent à une prise en charge « de luxe » des enfants des classes aisées, qui n’ont assurément aucun besoin de cette aide !

C’est une étrange conception de l’équité que celle qui prétend expliquer pourquoi une prestation doit être plus importante pour les enfants de familles aisées afin de leur garantir un niveau de vie plus élevé. Cette conception ne fait que théoriser un privilège de classe. On lui préfère une équité qui cible les enfants et qui vise à procurer à chacun d’eux un niveau de vie convenable, quels que soient les revenus des parents. Cette option, conforme au principe universaliste, se traduit par une réforme assez simple, si on se limite au quotient familial : il doit être supprimé et remplacé, à enveloppe constante, par un forfait égal pour chaque enfant. Mais on peut aussi projeter de remplacer de la même manière l’ensemble des prestations familiales par une allocation unique par enfant, des modulations en fonction de l’âge étant envisageables.

Les partisans du quotient familial soutiennent aussi qu’y toucher mettrait à mal la natalité française. C’est confondre quotient familial et politique familiale. Il n’est pas question ici de réduire le montant global des dépenses publiques consacrées à la famille, mais simplement de le redistribuer autrement. Et surtout, si le taux de fécondité est élevé (il atteint 2) en France, c’est lié à la disponibilité de modes de garde pour les enfants. Bien qu’insuffisante – de nombreuses femmes renoncent à un emploi ou optent pour un temps partiel, faute de solution –, elle est néanmoins bien plus importante que dans d’autres pays.

En Allemagne, près de 70 % des enfants de moins de trois ans sont gardés par leur mère : les femmes doivent choisir entre avoir un enfant ou un emploi, elles choisissent l’emploi et le taux de fécondité est de 1,36… 

La question du quotient familial relève avant tout d’un choix politique. Au-delà, sa remise à plat doit prendre place dans une réforme concernant plus globalement l’ensemble de la fiscalité.

 

Article paru dans l'Humanité du 6 février 2012

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 21:40

Plusieurs milliers de militantes féministes, ainsi que Tristane Banon,  ou encore Jean-Luc Mélenchon, ont défilé samedi à Paris pour dénoncer les violences infligées aux femmes, et réclamer une loi-cadre et de réels moyens d'appliquer la législation. 

Les participant(e)s à cette action ont participé à une manifestation pour dénoncer les violences infligées aux femmes, et réclamer une loi-cadre et de réels moyens d'appliquer la législation. 

Le cortège, formé de plusieurs milliers de personnes, s'est ébranlé vers 15h00 de la place de la Bastille en direction de l'Hôtel de Matignon, à l'appel du Collectif national pour le droit des femmes. Ce collectif regroupe associations féministes, syndicats et partis politiques de gauche (NPA, EELV, PS, PCF, PG, FdG). 

En tête du défilé, une grande banderole proclamait "Violences faites aux femmes, ça suffit. Une loi-cadre, des moyens et des actions tout de suite". 

Tristane Banon, qui a accusé Dominique Strauss-Khan de tentative de viol, a plaidé pour l'adoption "à l'unanimité" de la proposition de loi de Marie-George Buffet portant à 10 ans la prescription dans les affaires d'agression sexuelle. 

"Dix ans c'est un minimum. Et pourquoi pas l'imprescriptibilité, cela existe au Canada", a-telle dit à l'AFP. 

Députée du Front de gauche, Martine Billard a insisté sur la nécessité de donner "des moyens aux tribunaux et aux commissariats" pour pouvoir appliquer réellement la loi de 2010. 

Suzy Rojtman, cofondatrice du Collectif, a rappelé le contexte des affaires Strauss-Kahn ou Tron, qui ont "un peu libéré la parole des femmes" mais à l'occasion desquelles "on a aussi vu se déchaîner une parole sexiste décomplexée". 

Sur les nombreuses banderoles déployées, on pouvait lire notamment: "Crime misogyne = crime contre l'Humanité"; "Pour un Grenelle des femmes"; "Quand une femme dit non, c'est non".http://static.lexpress.fr/medias/1577/807600_tristane-banon-et-clementine-autain-defilent-le-5-novembre-2011-a-paris-pour-denoncer-les-violences-infligees-aux-femmes.jpg

On aura remarqué notamment parmi les manifestant(e)s : Clémentine Autain et Tristane Banon

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 01:12

La stratégie du choc: " une doctrine capitaliste pour opprimer les peuples, remettre en cause leurs acquis sociaux!

 

3 interviews de Naomi Klein auteur de " La stratégie du choc" par John Paul Lepers pour le compte de  "La TéléLibre.fr" et le film (1h18mn) tiré de son livre.  

 

A NE PAS RATER! PRENEZ LE TEMPS DE L'ECOUTE!


 

PARTIE 1:   "La stratégie du choc" à l'œuvre pendant la crise financière

 

Nous avons pu rencontrer Naomi Klein, cette journaliste et écrivaine canadienne, auteure du livre "No Logo", et plus récemment de "la stratégie du choc" (2007, Actes Sud). Alors que la crise financière s'installe dans le monde entier, il nous a semblé utile d'entendre cette spécialiste du "capitalisme du désastre".

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PARTIE 2 :  Comment le capitalisme a voulu oublier la crise de 1929

Lors de cette deuxième partie de l'interview, la journaliste nous met en garde contre l'impression donnée par les dirigeants libéraux. Que ce soit Bush ou Sarkozy, tous s'efforcent de nous convaincre qu'ils veulent s'attaquer à la crise. Selon la journaliste, ils n'ont en fait qu'une idée en tête, continuer le travail entrepris depuis des années: briser les acquis sociaux obtenus par les travailleurs au siècle dernier.
 
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PARTIE 3 :   Pendant la crise, le peuple doit agir 

"L’une des choses qui empêche les gens d’agir c’est l’idée que nous sommes impuissants. Nous l’entendons tout le temps. Tous ceux qui ont moins de 40 ans ont grandi avec l’idée que le gouvernement est le problème, pas la solution" Pour terminer cette rencontre, je demande à Naomi Klein comment, selon elle, le peuple peut agir contre ceux qui veulent profiter de la crise pour faire passer en douce leur idéologie noé-libérale (voir les épisodes précédents).
 
  (Patientez après la pub!)

Le film « La stratégie du choc », d'après le livre de Naomi Klein

 

En 2007, Naomi Klein publiait « La stratégie du Choc ». Coup d'Etat de Pinochet au Chili en 1973, effondrement du bloc soviétique, attentats du 11 septembre, tsunami de 2004, cyclone Katrina... Autant de crises, désastres, attentats et traumatismes collectifs que, selon Naomi Klein, les « ultralibéraux » ont systématiquement utilisés afin d'imposer la loi du marché.

 


 

Le premier à s'être rendu compte que « nous », dans un état de choc, étions plus enclins à suivre les leaders, fut Milton Friedmann, dans les années 50.

Initiateur de la pensée ultralibérale et théoricien du courant monétariste (notamment suivi par Reagan et Thatcher), il conseillait aux hommes politiques d'imposer immédiatement après une « crise » les réformes économiques avant que les gens n'aient eu le temps de se ressaisir.

Il qualifiait cette méthode de « traitement de choc ». Naomi Klein parle elle dans son livre de « stratégie du choc ».

En utilisant de nombreuses images d'archives, Michael Winterbottom et Mat Whitecross mettent en perspective les arguments de Naomi Klein et son « encouragement à résister ».

Pour visionner ce film (1h18) sorti en salle le 3 mars 2010, cliquez:


 

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 21:21

Joan Baez, Yannick Noah, Nolwenn Leroy, Bernard Lavilliers, Sum 41, Gaëtan Roussel, No one is innocent, la Compagnie Pietragalla ou Christophe Alévêque, entre autres... Découvrez ici les premiers noms du programme musical de la Fête de l'Humanité 2011, qui aura lieu les 16, 17 et 18 septembre au Parc départemental Georges Valbon à La Courneuve. En attendant de nouvelles suprises...

 

Le programme complet des débats, concerts, théatre, expo, etc.., bientôt ici


Vignette bon de souscription 20€ pour les 3 jours disponible  auprès des militants PCF de la section.

 

 fete-huma.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une Fête de débats, d'espoirs, de luttes.

Le puissant souffle d’indignation et de colère, la force des espoirs et des désirs d’émancipation de la jeunesse et des travailleurs du monde parcourront les allées, les débats, les spectacles de la Fête de l’Humanité, les 16, 17 et 18 septembre prochain.

Lieu de rassemblement populaire à nul autre pareil, elle sera la caisse de résonance des exigences de démocratie radicale, de démocratie vraie, qui colorent ce début de millénaire, en amplifiant les cris des mouvements sociaux, citoyens, culturels qui, après les peuples arabes, cheminent désormais dans les pays européens et aux États-Unis.

Grande manifestation de solidarité avec les peuples arabes, la Fête va, dans une multitude d’initiatives, contribuer à jeter des ponts entre eux et les peuples européens. Il n’y aura pas de progrès de la justice chez eux si, ici, on laisse sacrifier l’avenir des jeunes par l’éducation bradée et le précariat dans le travail avec des salaires de misère. Il n’y aura pas de démocratie là-bas sans que ces peuples puissent briser les chaînes de toute forme de domination, ni ici tant que les gouvernants seront au seul service des oligarchies financières. N’est-ce pas ce que confirme ce pacte diabolique de l’argent, baptisé pacte euro plus, qui n’est rien d’autre que la destruction des souverainetés populaires, le torpillage de nos démocraties et le maintien des populations dans une superaustérité afin de satisfaire aux appétits financiers des ogres du capital ?

La Fête sera l’immense « Puerta del Sol » de la solidarité avec les peuples espagnol, grecs, irlandais, portugais, que les rapaces de la finance pillent et étouffent. Dans sa préparation même, la Fête doit devenir, jour après jour, le moment et le lieu de l’indispensable grande convergence contre le capitalisme en crise qui, tel un fauve blessé, dévore les droits sociaux et démocratiques, avale les services publics, pressure les salaires, les retraites et les systèmes sociaux.

Parce qu’elle se tient à ce moment de l’histoire, dans une crise jusque-là inconnue du capitalisme en marche vers une mortelle dé-civilisation, la Fête va permettre de lancer aux Indignados de la terre entière le message de leur nécessaire rassemblement, de leur indispensable mise en mouvement contre les broyeuses capitalistes, pour tracer les chemins totalement inédits de la construction d’un autre monde, d’une autre société. Pas celle qui consisterait à améliorer, à moraliser, ou à adapter le système. Nous n’en sommes plus là ! Aujourd’hui, c’est la nature et l’extrême profondeur de la crise qui appellent un nouveau degré de civilisation et, par le débat, les confrontations d’idées et l’action doivent galvaniser toutes les espérances populaires jusqu’à permettre à l’être humain et à la nature de se libérer de la tyrannie de la loi de l’argent.

Dimanche après dimanche, dans tous les pays européens, quelles que soient les étiquettes politiques, les gouvernements en place sont rejetés. La cuisante défaite, le week-end dernier, de Silvio Berlusconi revêt, de ce point de vue, une importance particulière. Certes, il y a un profond rejet du président du Conseil italien. Mais il y a aussi, inséparablement, la demande inédite de préserver les biens communs que sont l’eau, l’énergie, associée à l’exigence de démocratie.

À situation nouvelle, Fête exceptionnelle pour débattre des voies de la nécessaire rupture avec le capitalisme, de l’invention de la nouvelle société postcapitaliste émergeant dans le partage, la mise en commun, la solidarité, la reconnaissance des biens communs fondamentaux. De ce désir naissant de l’en-commun, de faire monde ensemble, peut germer de nouvelles pousses de ce que nous pourrions nommer un communisme de nouvelle génération.

À sept mois de l’élection présidentielle et des législatives, alors que le rejet de Nicolas Sarkozy et celui de l’ultradroite sont majoritaires, la Fête accueillera toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans la diversité de la gauche sociale et politique, dans l’écologie politique. Occasion unique et exceptionnelle de confronter des idées et des projets alternatifs pour battre la droite et faire bouger le curseur du côté gauche. Rendez-vous donc à la gigantesque agora de La Courneuve, lieu au service de la maturation d’un nouveau progressisme à la française.

Rendez-vous aussi dans un espace incomparable de convivialité, de fraternité, de création culturelle, offrant une multitude de spectacles à un prix restant encore abordable. Dans toutes ses dimensions, avec toutes ses facettes, la Fête de l’Humanité sera l’expression de l’énergie citoyenne, de l’énergie créatrice, de l’énergie militante pour assouvir une soif d’idéal qui ne demande qu’à bousculer les réalités trop souvent sombres et difficiles.

Sa réussite dépend de sa préparation dès aujourd’hui. Résultat de milliers de dialogues, d’actions militantes, de réunions, de petites fêtes pour la populariser et proposer le bon de soutien donnant droit à l’entrée, la Fête va grandir tout au long des semaines qui viennent. Cette préparation multiforme est partie intégrante des débats qu’elle va porter et des combats engagés pour vivre dignement, être respecté, en solidarité avec tous les autres représentants du genre humain et en harmonie avec la planète Terre. Bref, une Fête à vivre et à rêver.

 

Patrick Le Hyaric,
 Directeur de l’Humanité, Député européen.

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 11:13

 Proclamée une première fois pendant la Révolution, le 21 février 1795, puis une deuxième fois par la Commune de Paris, la séparation des Eglises et de l’Etat fut enfin établie par la loi du 9 décembre 1905, qui apparaît comme la « clé de voûte » de la laïcité à la française ».

  loi1905b-copie-1.jpgLe Concordat promulgué par Bonaparte en 1802, instaurant le régime des cultes reconnus et financés par l’État, remplaça l’ancienne alliance du trône et de l’autel par celle du sabre et du goupillon. Dès 1815, le catholicisme connut une spectaculaire restauration en ralliant toutes les forces monarchistes et conservatrices. En 1875, avec 55 000 prêtres et 180 000 religieux, la France méritait plus que jamais son titre de «fille aînée de l’Église» et de protectrice d’une papauté qui condamnait le «monde moderne».

Aussi, tous les républicains mirent à leurs programmes la séparation de l’Église et de l’État. Mais, une fois parvenus au pouvoir en 1880, les «opportunistes» l’ajournèrent pour ne pas aggraver le conflit récurrent entre monarchistes catholiques et républicains anticléricaux. Ils pensaient contrôler l’Église en maintenant le Concordat tout en dénonçant le «cléricalisme».

L’Affaire Dreyfus révéla que la majorité des catholiques ne s’était pas ralliée à la République en dépit des exhortations du pape Léon XIII. Après la victoire du Bloc des gauches en 1902, le gouvernement Combes interdit la plupart des congrégations au nom de la «défense républicaine», tandis que le nouveau pape intransigeant Pie X protestait contre la «croisade laïque» et ne respectait plus le Concordat. La rupture des relations entre la France et le Vatican survint le 30 juillet 1904 et fut approuvée par 480 députés contre 90. L’anticléricalisme allait bien au-delà des 342 députés de gauche.

La séparation n’est cependant pas une décision conjoncturelle. Depuis 1903, une commission de 33 députés, présidée par le radical socialiste Ferdinand Buisson, met au point une proposition de loi dont le socialiste Aristide Briand sera le rapporteur. Alors qu’au départ partisans et adversaires de la séparation y étaient à égalité, c’est une majorité qui adopte le projet Briand le 6 juillet, avant même la rupture avec le Vatican.

La séparation est en effet portée par un puissant courant populaire animé par les militants de la Ligue des droits de l’hom me, les défenseurs de la laïcité, les francs-maçons et les libres-penseurs, qui multiplient les pétitions.

La loi de 1905 est un des rares exemples de convergence entre une initiative parlementaire et un puissant mouvement populaire.

Si elle s’inscrit dans un climat de vif affrontement, ses initiateurs veulent qu’elle soit une loi de pacification mettant fin au conflit des «deux France». Jaurès entend qu’elle soit «l’œuvre commune de tous les républicains, conforme au droit de l’État laïque mais aussi acceptable par les catholiques eux-mêmes» (1er juin 1904).

La séparation sera un acte souverain de la République laïque, pas un «pacte» négocié avec les religions. Pour Buisson, «la laïcité consiste à séparer les Églises de l’État, non pas sous la forme d’un partage d’attributions entre  deux puissances traitant d’égal à égal, mais en garantissant aux opinions religieuses les mêmes libertés qu’à toutes les opinions».

Le rapport Briand présenté aux députés le 4 mars 1905 ouvre un débat de plus de trois mois et de haute tenue. Le vote de l’article 4 amendé par Jaurès est décisif: la loi n’a pas à définir les statuts des associations cultuelles qui «doivent se conformer aux règles d’organisation générales du culte dont elles se proposent d’assurer l’exercice». L’État respectera l’organisation propre des Églises. Cet article adopté par 482 voix contre 52, Jaurès pouvait s’écrier: «La séparation est faitelaiciteseparation.gif

La loi établit une «double émancipation», explique Briand le 26 juin 1905: d’un côté, l’État cesse d’intervenir dans les affaires religieuses sinon pour faire respecter la liberté de conscience et de culte; de l’autre, les religions bénéficient d’une liberté inédite mais ne peuvent prétendre imposer leurs normes à l’ensemble de la vie publique et privée.

 

Jean-Baptiste Bienvenu-Martin, ministre de
l’Éducation nationale, sépare le clergé et
"la fille aînée de l’Eglise".
(Dessin de Léandre paru dans Le Rire,
20/05/1905).

 

 

La loi est finalement adoptée le 3 juillet 1905 par 341 députés contre 233. Cette majorité est moins large que prévu car les surenchères de certains anticléricaux ont dissuadé une partie des modérés. Néanmoins, 181 sénateurs contre 102 la votent sans modifications et le président de la République la ratifie aussitôt le 9 décembre. Elle est le fruit de l’union de tous les laïques par-delà leurs différences de sensibilités anticléricales.

Les protestants et les israélites se conforment aussitôt à la loi. Le Vatican, en dépit du vœu de la majorité des évêques français, leur interdit de l’appliquer par crainte de la «contagion laïque» de «l’exemple de la France». Mais l’Église finira par s’y soumettre en 1924. La séparation des Églises et de l’État parachève donc la laïcité de la République reconnue par la Constitution depuis 1946. Pour la Cour européenne de justice, la loi de 1905 est la «clé de voûte» de la «laïcité à la française».


 Jean-Paul Scot, historien (*)

(*) Auteur de l’État chez lui, l’Église chez elle. Comprendre la loi de 1905. Éditions du Seuil, «Points Histoire», 2005.

 

la liberté de croire  ou de ne pas croire


Les deux premiers articles, titrés « Principes », définissent la laïcité républicaine.


Art 1er: 

« La République assure la liberté de conscience.» Comme le premier droit naturel, inviolable et égal pour tous. En découle la liberté de croire ou de ne pas croire. La liberté de religion n’en est qu’un corollaire; son expression concrète, la «liberté de culte», est garantie par la République «sous les seules restrictions de l’ordre public».

Art. 2: 

«La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte…» Les Églises ne sont plus des services publics; elles deviennent des unions d’associations cultuelles de droit privé à but non lucratif, comme les autres associations de la société civile. Les membres des clergés ne sont plus des quasi-fonctionnaires. Tous les budgets des cultes sont supprimés car les religions doivent vivre des seules contributions de leurs fidèles.

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 01:32

La comparution de dignitaires du régime sanguinaire cambodgien, s’ouvre enfin. Mais les responsabilités américaine, européenne et chinoise dans la tragédie restent occultées.

Devant un tribunal du district de Dangkor, dans la banlieue poussiéreuse de Phnom Penh, s’est ouvert hier matin un procès longtemps attendu. Sur le banc des accusés, un quatuor de vieillards, anciens hauts dignitaires du régime khmer rouge qui, durant quatre ans, de 1975-1979, a ensanglanté le Cambodge : l’idéologue Nuon Chea, l’ex-président Khieu Samphan, l’ancien ministre des Affaires étrangères Ieng Sary et son épouse Khieu Thirith, ancienne ministre des Affaires sociales. Tous poursuivis pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité devant un tribunal parrainé par l’ONU. Âgés de soixante-dix-neuf à quatre-vingt-cinq ans, ils encourent entre cinq ans de prison et la perpétuité. Le verdict sera prononcé dans plusieurs années car le procès sera long. Les premiers témoignages des accusés, en détention dans un bâtiment attenant au tribunal depuis leur arrestation en 2007, ne sont attendus au plus tôt qu’en août. Mais que s’engage aujourd’hui à Phnom Penh le processus d’un jugement contre des responsables survivants de l’ère polpotiste n’en constitue pas moins un événement essentiel pour les Cambodgiens, parce qu’il est mis fin à une impunité intolérable.

 Pol Pot chassé

Pourtant, comme tout ce qui a touché l’histoire douloureuse de ce pays depuis plusieurs décennies, l’ouverture du procès s’accompagne d’un étalage de cynisme et d’hypocrisie comme en témoignent les déclarations de Stephen Rapp, ambassadeur itinérant des États-Unis en charge des crimes de guerre, qualifiant ce procès « du plus important au monde », faisant peu de cas des lourdes responsabilités que porte Washington dans cette histoire. Des responsabilités qui remontent aux bombardements secrets américains de mars 1969 à mai 1970 et au coup d’État (mars 1970) du maréchal Lon Nol contre Norodom Sihanouk. En 1973, Richard Nixon choisit l’escalade pour mieux écraser la résistance vietnamienne : les B52 ont largué davantage de bombes sur le centre du Cambodge, où passait une partie de la piste Hô Chi Minh, que sur le Japon pendant toute la Seconde Guerre mondiale. Avant les bombardements, les Khmers rouges n’étaient qu’un groupuscule maoïste privé de base populaire engagé dans la lutte contre le pouvoir de Phnom Penh. Les bombes ont agi comme un catalyseur pour transformer la guérilla en résistance nationale contre l’envahisseur. Les Khmers rouges y ont puisé leur popularité et ont pris le pouvoir en avril 1975, dans un pays dévasté. Mais aussitôt, les frontières se ferment et une expérience démentielle commence. Rares sont les témoignages qui filtrent et les quelques informations recueillies sont sujettes à caution tant le climat de guerre froide et l’esprit revanchard qui règnent alors autour de la péninsule indochinoise brouillent les cartes. Des témoignages semblables n’accusaient-ils pas le gouvernement de Hanoï des mêmes procédés concernant l’évacuation de Saïgon après la libération du Sud-Vietnam ?

Quand, en janvier 1979, les Vietnamiens excédés par les incursions des Khmers rouges pénètrent au Cambodge en soutien aux forces kampuchéennes anti-Pol Pot, ils découvrent un spectacle hallucinant d’une capitale entièrement vidée de sa population. Pol Pot s’enfuit. Il sera condamné à mort par contumace pour génocide en août 1979. La sentence ne sera jamais exécutée.

 L’Europe impliquée

Pour les Cambodgiens, le calvaire ne se termine pas là. Les pays occidentaux et la Chine décident de soutenir ce qui reste des Khmers rouges, les camouflant dans une coalition « non communiste » en exil dont le prince Sihanouk prend la tête. Les États-Unis imposent un embargo dévastateur à un pays moribond. Les gouvernements européens, conduits par la Grande-Bretagne sont impliqués dans la fourniture d’armes et de munitions aux Khmers rouges jusqu’en 1991. Et le régime du « Kampuchea démocratique » conserve le siège du Cambodge à l’ONU. Il faudra attendre les accords de Paris en 1991 pour que cesse l’aide militaire au clan Pol Pot. L’ONU, par la mission de l’Apronuc, est chargée de rétablir la paix. Mais les Khmers rouges ne permettent pas aux casques bleus de pénétrer dans les zones qu’ils contrôlent. La mort de Pol Pot en mai 1998 dans un des derniers maquis puis la capture de son successeur, Ta Mok, en mars 1999, mettront le point final à la guerre civile.

25 % de la population décimée

Entre 1975 et 1978, plus de 300 000 personnes ont été exécutées et on estime à deux 2 millions le nombre de morts des suites de maladie, privations ou sévices. Soit un quart de la population du Cambodge de l’époque. Le terme de génocide est communément utilisé pour évoquer la tragédie, mais les atrocités commises contre la population ne sont pas reconnues comme telles par l’ONU. Ce procès constitue le dossier 002, qui succède à celui de Douch, l’ex-chef du centre de torture S21, condamné en 2010 à 35 ans de prison, peine réduite à 30 ans. Il a fait appel. 15 000 personnes, en majorité membres du régime khmer rouge, avaient été torturées avant d’être exécutées dans ce centre.


Publié par Dominique Bari dans l'Humanité du Mardi 28 juin 2011

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 23:03

Le PCF vient de réaliser deux films courts, d'expression directe qu'il va mettre à la disposition de tous les internautes sur son site internet. Alors que la langue de bois libérale et les discours perfides de l'extrême droite contaminent le débat public depuis des années, il est urgent de dénoncer les idées reçues, de montrer les réalités qui se cachent derrière les discours sur « l'assistanat », « la modernisation de l'économie », la nécessité de « faire des sacrifices ».

Pour les consulter un clic sur les liens suivants.....  et une communication moderne à découvrir et faire découvrir qui tourne le dos aux clichés de l'idéologie dominante et aux remèdes quotidiennement distillés par les oligarques des médias serviles serviteurs du capitalisme....

 

Une vidéo de 2' : http://www.dailymotion.com/video/xif295_expression-directe-avril-2011-2-minutes_news


Une vidéo de 5' : http://www.dailymotion.com/video/xif1np_expression-direct-avril-2011-5-minutes_news

 

 

 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 10:21
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Les termes  écologie  et  communisme  ont, depuis près d’une trentaine d’années, paru relever d’univers idéologiques différents, avec des points d’affrontement souvent cultivés délibérément, surtout du côté écologiste. Paradoxalement, à la naissance des  mouvements écologistes français, au début des années 70, il n’en était pas ainsi.

Les  premiers combats environnementaux : pollutions de l’air en zones urbaines et pollutions industrielles des eaux (rivières, fleuves,  zones marines côtières) ont été souvent communs aux premiers militants écologistes et à un certain nombre de militants communistes, de sensibilité écologiste. Citons les luttes contre les pollutions industrielles du Rhône, animées au départ par Camille Vallin, maire de Givors, membre du Comité central du PCF. Cette lutte, victorieuse, débouchera ensuite sur la création du Mouvement national de lutte pour l’environnement  (MNLE) par des militants écologistes, membres ou proches du PCF, qui mènera au fil des ans un certain nombre de luttes.(1) Son influence s’est réduite ensuite pour des raisons sur lesquelles nous allons revenir. A l’époque, existait la possibilité d’un dialogue fécond et indispensable  entre deux volontés de changer le monde, l’une visant à changer les rapports de l’homme avec la nature, l’autre visant à remplacer la logique du profit par celle de la satisfaction des besoins humains essentiels, incluant ces nouveaux rapports avec la nature. La complémentarité entre ces deux volontés était évidente et le demeure aujourd’hui. Mais cette opportunité n’a pas été saisie.


Une opportunité manquée.


Les militants communistes ont, à quelques exceptions près, cédé à leur péché historique habituel. A savoir, considérer que le combat essentiel était celui d’arracher le pouvoir au capital, les autres combats étant secondaires et facilement gagnés une fois le  capital battu (voir erreur similaire sur le féminisme dans la  période antérieure). En fait, tous les combats progressistes sont à mener de front, car ils se confortent les uns les autres. Ensuite, la réserve communiste s’est accrue au fil des positions politiques prises ensuite par le courant écologique dominant. Celui-ci a, en effet, dans notre pays, majoritairement décidé de se constituer en formations politiques briguant des sièges aux différentes élections (certains mouvements comme les Amis de la Terre  n’ont pas suivi ce chemin). Or, pour exister électoralement, il faut se situer sur l’échiquier politique et construire des repères idéologiques, via un certain nombre de thèmes. Ni droite, ni gauche, le premier avancé, a été basé à l’origine sur le raisonnement simpliste que capitalisme et socialisme à la soviétique ayant commis tous deux de graves atteintes à l’environnement, l’écologie devait se situer au dessus des choix politiques habituels (ce thème est encore exploité aujourd’hui). Dans la réalité, les autres thèmes identitaires avancés ensuite, à savoir la décroissance économique, l’anti-productivisme, le changement d’attitude individuel (manger bio, faire du vélo), une passion quasi-métaphysique contre le nucléaire civil, etc., sont marqués par un certain  européo-centrisme et par une sensibilité social-démocrate majoritaire  (avec une minorité de centre droit). En effet, les militants écologistes, sociologiquement, relèvent principalement d’un salariat qualifié (enseignants, cadres, intellectuels divers). Du même coup, le capitalisme n’est pas remis en question. Il s’agit de le réformer, non de le dépasser. Si le mouvement écologiste a joué un rôle très positif dans un recensement exhaustif de la multiplicité des atteintes à l’environnement, sa difficulté idéologique à percevoir le rôle décisif, structurel, d’une course infernale à des profits toujours plus élevés dans l’aggravation des gaspillages de ressources, des atteintes environnementales, l’a conduit à de sérieuses erreurs d’analyse et d’orientation, qui ne peuvent être toutes détaillées ici.


Écologie et couches populaires.


Citons simplement l’inadéquation flagrante des préconisations écologistes à la situation réelle des couches populaires dans notre pays et, au-delà, à celle de la majorité misérable de la population planétaire. Les salariés mal payés, les précaires, chômeurs n’achètent pas de la nourriture bio, tout simplement parce qu’elle est plus chère. Pour le milliard d’êtres humains qui ont faim, le problème n’est pas de manger  bio, mais de manger tout court. Les trois milliards d’êtres humains qui vivent dans la misère (coût humain : au minimum 15 millions de morts/an, un énorme scandale) ont, eux, un impérieux besoin de croissance économique matérielle (systèmes éducatifs, de santé, infrastructures de transport, énergie, eau potable, assainissement, etc.). Si, dans notre pays, la priorité n’est pas effectivement de créer plus de richesses, mais de mieux les répartir, diminuer les richesses créées n’est pas un objectif écologiste.


Les contraintes de la durabilité.


En effet, les contraintes réelles de la durabilité sont :

-   la minimisation des prélèvements sur les ressources naturelles épuisables,

- la gestion la plus économe possible des ressources naturelles renouvelables,

-   la réduction drastique des atteintes à l’environnement, toutes choses qui ne sont pas incompatibles avec un niveau stable de richesses créées, voire avec leur accroissement (part grandissante des activités productives immatérielles, produits à longue durée de vie, entièrement recyclables, etc.). L’anti-productivisme, lui, se réfère à une obsession de produire qui dans notre pays n’existe plus. L’activité matérielle de produire est de plus en plus sous-traitée ou délocalisée. L’obsession est plutôt de vendre, grâce au pilonnage publicitaire, à l’obsolescence artificielle des produits, pour accélérer les cycles de profits toujours plus élevés, voire d’abandonner les activités productives pour des activités financières encore plus rentables. Le danger réel actuel est à l’inverse du productivisme. Les déclins de l’investissement et de l’emploi industriels s’ils persistaient, aboutiraient à une incapacité française à faire face aux contraintes nationales et planétaires de la durabilité. Enfin,  l’électricité de notre pays, bon marché, est déjà décarbonée à 90 %, (pour l’essentiel grâce au nucléaire). C’est un atout, unique au niveau planétaire, pour affronter la contrainte très élevée de diminuer de 80 % les émissions de CO2 d’ici 2050. L’hostilité métaphysique au nucléaire civil n’a donc guère de sens. Plus grave, elle entrave, au niveau national et international, la vraie bataille de la sûreté nucléaire (sécurité des centrales et de la gestion des déchets) qui n’est plus une question technique (maîtrisée dans notre pays, comme le confirme le dernier Rapport parlementaire sur le sujet du 19/01/11), mais une lutte contre toute pénétration de la gestion capitaliste dans ce domaine sensible qui aboutirait fatalement à mettre en cause la dite sûreté. D’où la nécessité absolue d’une maîtrise publique, mais aussi de mécanismes internationaux de contrôle très stricts de la dite sûreté nucléaire, (opérant y compris en France), vu notamment la relance mondiale du nucléaire civil. Or, le courant écologiste français est pour l’instant totalement absent de ce nécessaire combat. Enfin, relever les défis planétaires urgents (crise énergétique-réchauffement climatique, misère de la moitié de l’humanité) va nécessiter, dès les toutes prochaines décennies, d’énormes investissements (de l’ordre de dizaines de milliers de milliards de $), si nous ne voulons pas que l’humanité sombre dans la barbarie ou disparaisse. Notre responsabilité collective vis-à-vis des générations futures est énorme à cet égard. Or, une majorité de ces  investissements ne sont pas « rentables » au sens capitaliste du terme et le capitalisme financier mondialisé refuse en fait de les assumer, comme il refuse aussi les prélèvements publics sur les richesses créées pour financer les dits investissements. Les diversions du « capitalisme vert » où des niches artificielles de rentabilité élevée sont créées à coup de subventions publiques (ex. éolien et photovoltaïque) servent à dissimuler cette réalité fondamentale.  


Dépasser le capitalisme, un impératif de survie.


Il y a eu dans la dernière période prise de conscience partielle de cette situation dans une fraction très minoritaire du courant écologiste, la conduisant à rejoindre le camp progressiste. Idem dans un mouvement comme ATTAC. Mais il faut  aller beaucoup plus loin,  engager un débat de fond sérieux, sans concessions, avec l’ensemble du courant écologique de gauche, avec toutes les forces de gauche, à ce sujet, dans la perspective de gagner une majorité de Français à ce combat. Le dépassement, national et planétaire, au cours des prochaines décennies, de la logique capitaliste de l’accumulation de profits privés au bénéfice de celle du « développement humain durable » (2), doit conjuguer satisfaction des besoins essentiels de tous les êtres humains, potentialités d’épanouissement individuel et respect des contraintes de la « durabilité » énumérées plus haut. Il doit donc marier problématiques écologiques et processus d’avancées, par étapes démocratiquement décidées, définies au fur et à mesure, vers une nouvelle société humaine, qualitativement supérieure, « communiste » au sens premier de ce terme. C’est un immense défi, mais combien exaltant à relever.

 

*Paul Sindic, est auteur du livre, Urgences planétaires, préfacé par F. Wurtz, Ed. Le Temps des Cerises qui traite de manière plus détaillée de divers thèmes abordés dans cet article.

(1) Sur le plan de la lutte idéologique, voir l’ouvrage écrit à cette époque par un militant communiste, Luc Foulquier, Marxisme et environnement (sous le pseudonyme de Guy Biolat).

(2) Ce concept nouveau est apparu pour la première fois dans les textes du 34e Congrès du PCF, en 2008, mais il est loin encore d’être le bien commun des militants communistes et encore moins des autres militants progressistes. Le concept de « développement durable », largement récupéré par l’idéologie capitaliste, domine toujours.

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 17:03

  Extraits de la position du groupe de travail santé du Medef en date du 2 novembre 2010. 

Ce texte de novembre dernier révèle comment le syndicat patronal « inspire » le gouvernement dans ses décisions sanitaires.


Un système de santé trop solidaire.


Selon le Medef, « i l convient de conforter notre système de santé en y introduisant des réformes courageuses au plus tôt, sans doute après les élections présidentielles de 2012 ». Comprenez : n’est-il pas injuste que l’assurance maladie obligatoire (AMO) soit financée à 90 % par les actifs et seulement à 10 % par les retraités ? Alors même que les prestations de santé ne concernent que 60 % des actifs et 40 % des retraités : un pactole de cotisations qui échappe aux chasseurs de profits.


Le public dans l’étau de la « concurrence ».


Mettre en concurrence les établissements publics et privés de chaque région constituerait « une première incitation pour l’ensemble des hôpitaux à améliorer leur efficience ». Pour cela, il est nécessaire de « définir des missions claires d’optimisation des budgets pour les directeurs d’ARS », comme « favoriser la recherche de mutualisation, d’externalisation de services périphériques de l’offre de soins », de « reconversion de lits d’hôpitaux en lits de soins de suite »… On apprend ainsi qu’une « réduction de seulement 10 % de l’écart de coût entre le secteur public et le secteur privé engendrerait une économie de 1 milliard d’euros par an ».


Le gâteau de l’externalisation.


« Considérant que le budget des fonctions non soignantes de l’hôpital équivaut à 30 % de son budget total, on peut en conclure que l’externalisation pourrait représenter une source d’économie de 15 % en moyenne de son budget, donc 2 milliards d’économie par an. » Ou une bonne part nouvelle pour le privé…


Soigner moins pour gagner plus.


« Les ALD doivent être maîtrisées », assène le Medef. En 2007, les dépenses des affections de longue durée (ALD) représentent près de 80 milliards d’euros et concentrent près de 65 % des remboursements de l’assurance maladie. « On ne peut pas ne pas se focaliser sur les ALD », prétend le Medef, qui estime que le nombre de patients admis en ALD augmente beaucoup plus rapidement (5,3 % par an) que la population globale (1,3 %). « Il est nécessaire de revenir à une situation plus normale (le taux de 15 % de la population en ALD est le plus élevé de l’Union européenne). » Pour in fine « diminuer les flux entrants ».


Culpabiliser et racketter les « usagers ».


Franchises, déremboursements de médicaments, dépassements d’honoraires. Il faut amplifier cette tendance. « La voie des franchises dont on sait qu’elle est efficace mériterait d’être approfondie, même si elle est mal tolérée par les Français. » S’agissant des dépassements d’honoraires, le Medef demande que la création d’un secteur optionnel encadré « soit menée à son terme ». Il est également indispensable de « renforcer le contrôle des arrêts de travail » ou encore de « cibler les médecins prescripteurs qui exagèrent ». À long terme, les usagers doivent être rendus « responsables de leurs dépenses santé par le biais de l’assurance complémentaire ».

L’humanité coûte trop cher

Il est « indispensable d’endiguer l’explosion de l’aide médicale d’État ». Selon le Medef, le panier de soins de l’AME rend notre pays « tout particulièrement attractif » au sein de l’OCDE. Une proposition avancée : « revoir le dispositif à la baisse ».

Médicament : touchez pas au grisbi !

Surtout, ne touchez pas au pactole des industries pharmaceutiques. Car en ce qui concerne les coûts des médicaments remboursés par la Sécu, « tout a été fait (…) en matière de maîtrise des coûts » ! 

 

Rédaction des extraits par ALEXANDRA CHAIGNON dans un article paru dans l'Huma du 31 janvier 2010.

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