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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 21:47
 Thierry_Lepaon.JPGMonsieur le Président,

Il n’est pas habituel que le Secrétaire général de la CGT écrive au Président de la République française. D’impérieuses raisons m’y conduisent.

Il y a maintenant un an, les françaises et les français vous élisaient Président de la République. Ils affirmaient ainsi le besoin d’une rupture avec la politique économique et sociale menée précédemment. De ce besoin vous en avez fait votre slogan : « le changement c’est maintenant ». La CGT s’était clairement exprimée pour un changement de majorité dans l’intérêt des salariés. Or, nous sommes contraints de constater l’écart grandissant entre vos engagements et les actes. Le décalage est immense entre les attentes des salariés et les réponses politiques apportées.

Pour les salariés, rien n’a changé positivement dans leur vie au travail et dans leurs conditions sociales. Mois après mois le chômage augmente, la précarité est le lot de plus en plus de salariés, les destructions d’emplois dans l’industrie, le commerce et les services font l’actualité. L’incertitude face à l’avenir et la faiblesse du pouvoir d’achat pèsent sur la consommation des ménages.

Les jeunes, premières victimes de la crise, constituent une véritable génération sacrifiée et subissent chômage, précarité et déclassement. C’est à cette situation qu’il faut répondre. Dans votre intervention, lors de l’ouverture de la précédente conférence sociale de juillet 2012, vous avez affirmé l’ambition de construire une "feuille de route sociale". Une "feuille de route", en particulier en matière sociale, ne peut pas être continuellement remise en cause ou déchirée pendant le parcours.

L’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat, l’emploi, la politique industrielle, les services publics, une protection sociale de haut niveau, les droits à la retraite, doivent être à l’ordre du jour de la future conférence sociale qui se tiendra les 20 et 21 juin prochain

La démocratie sociale et les moyens de l’exercer doivent aussi en être partie prenante

La séquence que nous venons de vivre avec la négociation de l’ANI sur la « sécurisation de l’emploi » et sa transcription dans la loi divise les français, les salariés, les organisations syndicales et les parlementaires, y compris ceux de la majorité.

Comment dans ces conditions le texte de l’accord du 11 janvier pourrait-il devenir loi de la République ?

Dans les prochains mois, les négociations vont se poursuivre dans les branches professionnelles et les entreprises avec des représentativités syndicales différentes, et des clivages accentués. Il y aura aussi l’expérience, le principe de réalité, vous le savez, s’impose à tous.

Votre gouvernement vient de refuser une loi d’amnistie pour les syndicalistes concernant la précédente mandature. Derrière la loi d’amnistie se joue aussi la condamnation de la politique de votre prédécesseur dont la brutalité a contraint nombre de salariés à se mobiliser et à agir. Beaucoup ont voté pour vous et vous les rejetez. La poursuite de cette attitude serait incompréhensible.

La rupture avec les politiques d’austérité et de rigueur budgétaire doit être à l’ordre du jour en France et en Europe. C’est l’appel de la Confédération Européenne des Syndicats et de ses 85 organisations à agir pour « changer de cap », à l’occasion de la semaine d’action du mois de juin.

Les peuples d’Europe peuvent témoigner des conséquences dramatiques au niveau économique et social de ces politiques d’austérité. Des institutions, des économistes les remettent en cause. Même la Commission européenne vient timidement d’admettre leur inefficacité.

C’est à partir de la situation sociale et des possibilités de répondre aux attentes des salariés que la CGT s’engagera lors de la prochaine conférence sociale.

Veuillez agréer, Monsieur le President, mes salutations distinguées

 Thierry Lepaon
Secrétaire général de la CGT

 

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Mercredi 1er mai à 7 h 50

Thierry Lepaon sur RTL "L’invité du matin"

Émission présentée par Jean-Michel Aphatie

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 20:33

 Alors que le gouvernement de droite envisage sérieusement une attaque militaire contre l’Iran, les communistes s’insurgent contre la montée de périls sans précédent.

En nommant Avraham Dichter, ancien patron du Shin Beth, le service israélien de sécurité intérieure, au poste de nouveau ministre de la Défense passive, le gouvernement rend constamment plus plausible le spectre d’un conflit contre l’Iran.

Partisan d’une diplomatie musclée vis-à-vis du dossier nucléaire iranien, Dichter partage l’idée qu’Israël doit « se doter de capacités d’attaque » supplémentaires. Son prédécesseur a carrément déclaré hier que le pays « s’est préparé au scénario d’une guerre de trente jours sur plusieurs fronts », dont l’issue pourrait faire quelque 500 morts, « voire davantage, ou moins ».

Le message a le mérite d’être clair.

Cette escalade belliciste impulsée par le premier ministre Benyamin Netanyahou et le ministre de la Défense Ehoud Barak n’est pas partagée par toute la société civile.

Les communistes israéliens ont lancé un appel à la mobilisation afin de mettre en échec l’éventualité d’une guerre contre l’Iran, « qui sèmerait la destruction et le chaos en Israël ».

Alors que le pays fait face à des mouvements sociaux importants, (http://www.humanite.fr/monde/israel-un-manifestant-tente-de-simmoler-par-le-feu-pour-la-justice-sociale-500814) ils soutiennent qu’« au-delà des ravages qu’elle causera, une guerre régionale sera préjudiciable à la lutte pour le changement et la justice sociale ». Et repousserait encore davantage la question d’une résolution du conflit israélo-palestinien. Les progressistes privilégient le terrain diplomatique. Ils enjoignent les parties à signer un accord général de démilitarisation sous l’égide de l’ONU, instaurée sur la base de l’initiative de paix arabe signée en 2002 à Beyrouth.

Encore faudrait-il qu’Israël daigne signer le traité de non-prolifération des armes nucléaires.

Même si Washington prétend « avoir l’œil » sur le programme nucléaire iranien, les États-Unis ne veulent, pour le moment, pas céder aux sirènes sionistes. Le patron du Pentagone, Leon Panetta, a réaffirmé mardi qu’il restait « encore de l’espace pour négocier ». Tout en disant son pays prêt à intervenir militairement contre l’Iran « en dernier ressort ». Un revirement soudain n’est donc pas à exclure.

 

Par David Courbet dans l'Humanité du 16 août.

 

Les grands médias internationaux continuent soit à taire la réalité, soit à la déformer masquant les enjeux et la détresse des palestiniens, mais aussi les protestations de plus en plus forte par les progressistes israéliens eux même.

Nous vous invitons d'ailleurs à visionner cette vidéo intitulée "les 10 grands médiamensonges d'Israël" de Michel Collon  par Darwin_Kayser  qui donne une éclairage différent de celui habituellement médiatisé!

 

 

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 06:18

Le Président de la Région Languedoc Roussillon était présent vendredi dans le Gard Rhodanien venu sans doute donner un coup de main à ses amis pour les Législatives. L'occasion quand même d'entendre ses positions sur les grands projets dans le Gard Rhodanien et là....  c'est le vide ! Notamment sur la question du retour du TER sur la Rive Droite, cheval de bataille des communistes depuis des années, lutte incarnée par Laurette Bastaroli qui fut une Conseillère Régionale active sur ce dossier et qui préside maintenant l'association des usagers TER-SNCF de la Rive Droite du Rhône. photo(2)

 

Les réactions n'ont pas tardé à fuser et nous publions ici le communiqué de la Section PCF Gard Rhodanien

 

 

Lors du passage du train de démonstration les Communistes étaient à la tête d'une sympathique manifestation citoyenne, on reconnaitra sur la photo outre Jean-Claude Gayssot, Pascal Rousson (micro), Laurette Bastaroli (entre les deux), Michèle Oromi (béret rouge). Que disent les élus socialistes locaux de l'immobilisme de la Région ?

 

TER : le reniement de Bourquin

Le Président Christian Bourquin en campagne électorale PS sur notre circonscription pose la vision de sa majorité sur les enjeux du Gard rhodanien au sein de la politique conduite par le Conseil régional Languedoc-Roussillon.

Le Parti Communiste ses candidats et élus, non invités au Visiatome de Marcoule ce 25 mai, ont pris connaissance par médias interposés de cette expression et expriment leurs profonds désaccords.

Nous déplorons l'accompagnement suicidaire aux logiques libérales de compétitions stériles et dévastatrices qui repousse à la Saint Glinglin  les décisions pour notre région.

Sur tous les sujets incontournables, il a été question d'expliquer qu'aucuns n'étaient d'actualité !

Port de l'Ardoise, Rhodanienne, TER, Musée, Astrid, infrastructures, etc. ; tout est nécessaire mais que de prétextes pour ne rien faire.

Le summum étant atteint par le TER où l'ouverture à la concurrence ferait partie des solutions … RFF essore les collectivités en cédant les terrains nécessaires à l’aménagement des gares à des prix scandaleusement élevés, la SNCF annonce des coûts de rehaussement de quai prohibitifs, banques et Etat ne financent rien. Et voilà maintenant la majorité socialiste du conseil régional, reniant leurs engagements, faisant fi des sommes déjà engagées, repousse à calendes grecques la réouverture de la ligne de chemin de fer de la rive droite du Rhône aux voyageurs.

Aux élections régionales de 2008, le Front de Gauche a eu raison de ne pas partager la vision fréchiste d'accompagnement de la crise en proposant une action régionale au service de "l'humain d'abord !"

Nous savons que la population Gard rhodanienne est favorable à ce projet. Avec l’explosion du prix du carburant, la réouverture de cette ligne aux voyageurs est une nécessité pour redonner du pouvoir d’achat. Favoriser le transport en commun est un moyen de lutter contre l’effet de serre.

Nos concitoyens, dont de nombreux électeurs socialistes que nous côtoyons au sein de l’association des usagers TER-SNCF, apprécieront.

Le PCF, ses élus, fidèle à leurs engagements continueront à rassembler avec le Front de Gauche pour exiger l’ouverture de cette ligne voyageur dans les plus brefs délais. De nombreux députés Front de Gauche à l’Assemblée Nationale seront un véritable point d’appui.

632 PSE-SNC

 

 à Pont Saint Esprit on attend aussi la réouverture de la rive droite ! comme à l'Ardoise, Villeneuve-les-Avignon,

Remoulins, Aramon.

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 07:09

une_5.jpgJean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle, a reçu les jeunes correspondants de libres-échanges pendant deux heures à son QG de campagne. Il a répondu à leurs questions et partagé son projet politique.

Il a dit notamment : "On fait des problèmes entre Françoise et Yasmina aussi longtemps qu’il n’y a qu’un emploi pour deux. Mais quand il y a trois emplois pour deux, il n’y a plus de problèmes, on prend tout le monde (…). Si nous relançons l’activité, bien des discriminations voleront en éclats."

Et aussi : "J’aimerais aussi des mesures qui singularisent la France comme la TVA à 0 % pour les livres plutôt que la TVA ) 5,5 % sur la restauration, qui a coûté 3 milliards, c'est-à-dire 6 fois ce que rapportent les économies liées à la RGPP (diminution du nombre de fonctionnaire)."

Retrouvez trois pages d’entretien avec Jean-Luc Mélenchon et les correspondants de libres-échanges dans l’Humanité de ce lundi 12 mars !

 

Un numéro intégralement écrit par la centaine

de jeunes qui ont passé ce week-end dans nos locaux.

 

La rencontre fut dense, fructueuse. Sept jeunes correspondants de l'Humanité ont profité de l'opération Libres échanges pour inviter Jean-Luc Mélenchon à se confronter à leurs questions. Le résultat, c'est un entretien de 3 pages dans l'Humanité du 12 mars et ces extraits vidéos thématiques.

 


MELENCHON "BATTRE LA DROITE"

 

MELENCHON / LE PEN/ ET LE FEMINISME

MELENCHON / LICENCIEMENT ECONOMIQUE

MELENCHON / HADOPI

MELENCHON / CULTURE

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 23:22
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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 09:38

«J'ai toujours soutenu les écologistes parce que ce sont mes convictions et que j'estime que toute richesse vient de la nature (...) donc moi, j'arrive de l'écologie, assure-t-elle en introduction. Mais depuis que Cohn-Bendit s'est mis là-dedans, ça vire à droite, ils sont en train de courtiser Bayrou et lequi pour moi ne sont pas des gens de gauche», soupire l'actrice culte du  français. Celle qui revendique ses convictions de gauche, «outre (ses) convictions écologiques» penche donc pour Jean-Luc Mélenchon. «Il a intégré l'écologie à son logiciel, c'est un des rares, et puis parce que c'est un homme de gauche... voilà ! » explique-t-elle dans le film. (extrait du Parisien. fr du 21 janvier)

 

 

 

 

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 15:44

Ce lien de l'Express qui titre "Les idées iconoclastes de Hollande pour les dépenses publiques " n'est pas sans inquiéter s'il s'avère confirmé!

Plus que jamais un débat télévisé tel que le souhaite le Front de Gauche et Jean Luc Mélenchon est nécessaire.

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 02:10

Critique radicale des médias, il n'est donc pas étonnant que ces mêmes médias n'est pas fait une grande promotion de la sortie de ce film mercredi dernier!

 

L'Humanité dimanche dans son édition de cette semaine  en fait la promotion sous le titre:" Le quatrième pouvoir: ceux qui cadenassent l'information au seul profit du système"  aborde ce film sur 2 pages pointant notamment " si vous arrivez à faire comprendre que l'information est un produit sous influence et comment ça marche, vous vous libérerez déjà un peu de cette entreprise" et considère que ce film est "une bombe contre l'autosatisfaction du monde médiatique français".L'Humanité Dimanche devrait être en vente dans les relais "presse", mais là aussi la censure existe, (y compris par sa place dans les étals) et il est souvent difficile de se la procurer.

L'achat sur internet sous format PDF est possible avec le lien Commander | Humanite      

 

L'Humanité quotidienne du 11 janvier 2012 a publié l'article ci dessous.

 

Des informations si bien gardées

 

Critique radicale des médias, le film les Nouveaux Chiens de garde qui sort aujourd’hui en salles relance la question du pluralisme de l’information. Qui nous informe et sur quoi? Selon quels critères l’information est-elle ou non diffusée?

C’est un fait, la représentation que chacun se fait du réel passe nécessairement par les informations qu’il reçoit. Et à ce titre les médias ont un rôle déterminant, puisque c’est fort de ce message que le citoyen se forme ensuite une opinion. L’enjeu du pluralisme de l’information est au cœur du documentaire de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, les Nouveaux Chiens de garde (voir entretien sur ce lien       ). Une critique radicale des médias qui met en exergue les intérêts croisés et la promiscuité entre le monde politique, médiatique et économique. Et finalement lève le voile sur une uniformisation déroutante de l’information.

Dans une étude de la TNS Sofres, publiée début 2011 par le quotidien la Croix, les sondeurs notaient déjà que les Français étaient 63% à estimer que les médias n’étaient pas indépendants des pressions des partis politiques et du pouvoir. 58% étant d’un même avis en ce qui concerne les pressions financières. Car au-delà du formatage de plus en plus fréquent des journalistes, reste posée la question de la place accordée à une information alternative. Et sur le terrain politique la bataille est féroce.


Un autisme médiatique galopant


Démonstration éclatante d’un autisme médiatique galopant, la mise en scène explicative de la crise est un cas d’école. Les mêmes experts se sont succédé à la télévision, dans les radios et les colonnes des journaux alors même que les évolutions de la situation économique démentaient chaque jour un peu plus leurs analyses. Et les économistes hétérodoxes, incontestablement plus clairvoyants sur le sujet, ont été plus brutalement encore mis à l’écart. La même recette fut appliquée en politique. Les seuls habilités à s’exprimer alors, et aujourd’hui encore, furent ceux qui prônaient l’austérité comme unique solution pour sortir de la crise.

Une fois balayée toute chance d’être informé d’une alternative possible quel choix reste-t-il au citoyen? Avec des allures d’impartialité âprement revendiquée une orientation politique partisane peut alors servir de réalité... Avec pour principal véhicule les médias.

Les derniers chiffres publiés par le CSA, datant de septembre 2011, et concernant les temps de parole des différentes formations politiques dans les journaux télévisés des principales chaînes (TF1, France 2, France 3, Canal Plus et M6), se passent de commentaires. Le PS et l’UMP ont littéralement cannibalisé l’antenne. 3h25min pour le PS, 3h43min pour l’UMP, sans compter les 2h6min allouées au gouvernement. Pendant que le Front de gauche atteignait péniblement les 20 minutes d’antenne et qu’Europe Écologie-les Verts devait se contenter de 10 minutes. Sur les chaînes d’info en continu (BFM, I-Télé et LCI) l’écart est abyssal. Le PS dépasse les 39heures, l’UMP a droit à plus de 23heures, tandis que le PCF plafonne à 27 minutes, soit 10 fois moins que le Front national et ses 3heures 45 minutes!  

Dans ces conditions on comprend que le débat sur la crise soit réduit à sa plus simple expression: l’austérité.


Ces «experts» qui ont fait leur nid sur les plateaux


L’hégémonie idéologique qui règne dans les médias se voit renforcée par la présence «d’experts» du même poil qui ont fait leur nid sur les plateaux télé (voir encadré ci-dessous). La conversion libérale imposée dans années 1980 trouve ainsi ses relais et ses prolongements. Sans qu’il soit nécessaire que les différents médias se consultent, le message diffusé est partout identique ou presque. «Une communauté d’inspiration», comme la qualifiait le sociologue Pierre Bourdieu, qui notait au passage que la télévision détenait «une sorte de monopole de fait sur la formation des cerveaux d’une partie très importante de la population».

Mais gagner le pluralisme de l’information nécessite sans doute de la dégager de monopole qu’exercent aujourd’hui les Bouygues, Lagardère et autres Dassault. C’est le B.A.-BA de la démocratie.

La génération des « Experts » sponsors 

On les présente comme des «experts», leur parole a donc valeur scientifique. Et, a priori, ils sont libres et indépendants. Petit problème: la plupart d’entre eux travaillent pour le compte de grandes entreprises ou font des «ménages», terme utilisé dans la profession pour désigner les cachets perçus pour animer tel ou tel colloque sponsorisé. En général leur pedigree complet n’apparaît jamais à l’écran. Pour ne pas risquer de voir délégitimer leur parole? Que penserait le téléspectateur si on lui indiquait par exemple que «l’expert» Michel Godet a des intérêts dans le groupe Bongrain, que l’économiste Élie Cohen est aussi administrateur du groupe Steria, d’Orange, de France Télécom, des Pages jaunes. Et que dire de l’incontournable Christian de Boissieu qui, outre son expertise audiovisuelle, se voit rémunérer par le Crédit agricole, Oséo, Ernst & Young France, la Banque Neuflize OBC et un Hedge Fund (HDF Finance). Sans parler de Christophe Barbier, directeur de l’Express, qui va chercher un complément de salaire en animant gentiment des forums sur l’investissement («Deux jours pour s’offrir les meilleurs placements»). La liste est interminable des journalistes et experts qui vendent leurs services au plus offrant. Déontologie quand tu nous tiens !

 

Publié par  Frédéric Durand        dans l’Humanité du 11 janvier 2012

 

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 02:06

2012-01-12nouveaux-chiens-garde-affiche.jpgGilles Balbastre « Notre critique est une critique de classe »

 

 Gilles Balbastre a réalisé avec Yannick Kergoat les Nouveaux Chiens de garde. Il revient sur le fonctionnement aberrant des grands médias et suggère à la gauche « politique et syndicale » de se saisir du débat.


Le film que vous cosignez avec Yannick Kergoat dénonce le formatage 
de l’information. Quel était votre objectif? 

 

Gilles Balbastre. Nous posons  la question politique des médias. Dans quel univers médiatique nous trouvons-nous, et pourquoi? Il y a eu dérégulation du marché des médias et de la presse, comme il y a eu dérégulation du marché de l’éducation,  de la santé, des transports… Depuis trente ans, le seuil de concentration des médias s’est 
élevé et, dans le même temps, les journalistes ont perdu leur statut de résistance et n’ont plus vraiment les moyens de s’opposer à leur hiérarchie. Ce documentaire est un premier constat cinématographique. C’est intéressant de voir le nombre de grands médias qui nous sollicitent depuis la fin du film. Ils nous invitent pour en parler sur les plateaux télé alors qu’ils sont pris la main dans le sac. J’avoue que  je trouve ça suspect en termes de récupération. En tout cas, nous avons tenté, avec ce film,  de faire en sorte que les initiés ne s’ennuient pas, et qu’il soit pédagogique et ouvert aux troupes citoyennes qui n’ont pas encore tous  les éléments pour avoir un avis complet  là-dessus. Nous voulons dépasser le noyau dur de la critique des médias. On a de la chance,  ce film sort au bon moment, à quelques semaines de l’élection présidentielle.


Au centre de votre film, il y a ce triptyque dangereux journalistes-politiques-patrons,  qui fonctionne comme une grande famille. Comment en est-on arrivé là? 


Gilles Balbastre. Je voudrais vous citer un extrait de la déclaration des devoirs et des droits  de la presse libre, adoptée par la Fédération nationale de la presse en 1945, c’est-à-dire, par les patrons de presse: « La presse n’est pas un instrument de profit commercial, c’est un instrument de culture, sa mission est de donner des informations exactes, de défendre  des idées, de servir la cause du progrès humain. La presse ne peut remplir cette mission que  dans la liberté et par la liberté. La presse est libre lorsqu’elle ne dépend ni du gouvernement  ni des puissances d’argent mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs.»  À force d’avoir ouvert les vannes  à l’appropriation et à la dérégulation du champ des médias, la concurrence s’est faite  avec des gens comme Bouygues ou Bolloré.  Tout s’est peu à peu effiloché et des journaux comme l’Humanité ou le Monde diplomatique se retrouvent écrasés par ce système.  La presse française souffre principalement  de propriétaires et de hiérarchies réactionnaires. Bourdieu disait qu’il ne sert à rien de mettre l’éthique des journalistes dans leurs mains  s’il n’y a pas de cadres légaux qui les protègent.

Dans votre film, il est aussi question des « experts », « les moins critiques des fondements du système». Ne sont-ils pas les plus dangereux, finalement? 


Gilles Balbastre. Il y a un double processus avec ces «experts». D’abord, ils sont invités partout parce qu’ils colportent la pensée dominante de l’économie libérale et marchande. Ils vont dans le sens des Lagardère, des Bouygues, des Bolloré. Ils sont aussi dans la logique de temporalité effrénée de l’information. C’est-à-dire que tous les journalistes ont leurs numéros de portable et savent que sur n’importe quel sujet, ils peuvent leur téléphoner, ils sont toujours disponibles. On a tellement marchandisé l’information que ces gens-là répondent à tout. Ils ne sont experts  de rien si ce n’est de la propagande libérale.  Ils se plantent sur toutes leurs analyses mais représentent les intérêts financiers de ceux qui tiennent le système, ils sont pour la plupart dans les conseils d’administration des grandes banques. Élie Cohen, par exemple, est  au conseil d’administration de Pages jaunes, du groupe Steria et d’EDF énergie nouvelle. Ses jetons de présence pour ses trois entreprises s’élèvent à 107212 euros pour l’année 2010!  Et tout ce petit monde se retrouve aux dîners  du Siècle, les derniers mercredis de chaque mois. Ils sont tous copains.

 

Cette critique des médias est également portée par l’extrême droite. Ne croyez-vous pas que  ce genre de documentaire alimente finalement  le « tous pourris»?


Gilles Balbastre. La ligne de ce documentaire est le marxisme. Notre critique est une critique de classe. La structure même de ce film contredit  le «tous pourris». Le vrai problème, c’est que les représentants de la gauche, qu’elle soit politique ou syndicale, se sont éloignés de cette réflexion. Maintenant, un leader syndicaliste 
ne s’exprime plus dans les médias en pensant que ce sont des ennemis de classe. Pourtant 
c’est important de le savoir. L’arrogance,  les mensonges, l’impunité de ces gens-là 
en font des ennemis de classe.

 

Vous finissez votre documentaire par cette citation de Nizan: « Tous ceux qui avaient la simplicité d’attendre leurs paroles commencent à se révolter, ou à rire.» Comment se révolter? Peut-on encore en rire?


Gilles Balbastre. À la sortie de nos projections,  la majorité des gens ont la pêche. L’envie de dire: « Ce sont des bouffons.» « Finalement, ils nous ont volé l’espace public», a dit une magistrate après avoir vu le film. C’est exactement ça.  Nous aussi, citoyens, nous avons des choses  à dire, nous aussi nous sommes des experts.  Ça donne envie de se révolter. C’est un phénomène qui, à des degrés divers, existe ou a existé aussi  en Tunisie, en Égypte ou en Russie. Il faut repolitiser le débat sur les médias, c’est la seule solution. Il faut que des cadres soient mis en place, que des lois soient votées. Il faut se réunir.


Entretien réalisé par  Marion d’Allard dans l’Humanité du 11 janvier 2012-01-13

 

voir aussi Le film "Les Nouveaux chiens de garde" relance la question du pluralisme de l'information. Qui nous informe et sur quoi? Selon quels critères l'information est-elle ou non diffusée?(Vidéo)    

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 23:35

Jean Ziegler dans l'Humanité-Dimanche: "Contre les affameurs, l'insurrection populaire"

 

Toutes les cinq secondes, un enfant meurt de faim et 37 000 personnes chaque jour sont tuées par la sous-alimentation. Dans le même temps, la spéculation boursière sur les aliments de base et le vol des terres arables permettent aux géants de l'agroalimentaire et aux trusts des biocarburants de se gaver. Un massacre organisé et légal, inouï et inacceptable! Car l'agriculture est capable de nourrir 12 milliards d'êtres humains, le double de la population mondiale actuelle. On peut stopper ce fléau indigne. Comment? Jean Ziegler répond sans détour dans un entretien publié dans l'Humanité dimanche.

Voici deux extraits vidéos

  • Qui sont les affameurs, Jean Ziegler?

ou cliquez ici

 

  • Que peuvent faire les citoyens?

 

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