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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 07:30
Le P.CF présent au Festival d'Avignon
Programme du Parti communiste et du front de gauche à Avignon

Le 14 juillet à 11h30 dans la cour de la maison Jean Vilar.

« Sans frontière, ni mur » Quelle réponse culturelle à la crise de sens
avec :
Edwy Plenel, journaliste, directeur de Médiapart
dernier livre paru Pour les musulmans aux éditions La Découverte
Alain Hayot, Sociologue, délégué national du P.C.F à la culturelle
dernier livre paru Face au FN, la contre offensive aux éditions Arcane 17
En présence de Pierre Laurent Secrétaire national du P.C.F

Le 15 juillet à 17 h Cinéma Utopia
en avant première « Une Histoire de fou » de Robert Guédiguian
suivi d'un débat « Mémoire et politique » avec Serge Wolikow historien
en partenariat avec Les amis de l'Humanité

Le 16 juillet à 11 h Cinéma Utopia
« C'est quoi ce travail » de Luc Joulet et Sébastien Jousse suivi d'un débat avec les réalisateurs

le 16 juillet à 17h au Cloître St Louis sale de l'ISTS
Débat : « La culture porte plainte mobilisation générale » à l'initiative des animateurs du front de gauche pour l'art et la culture. De nombreux artistes et opérateurs culturels, des responsables politiques et représentants syndicaux seront présentes et présents.

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 18:22

Des pattes de pigeon, c’est le premier dessin connu de Pablo Ruiz Picasso (Ruiz est le nom de son père, Picasso celui de sa mère). L'enfant, né le 25 octobre 1881 à Malaga, en Andalousie, au sud-est de l'Espagne, a voulu imiter son père, décorateur de salles à manger, qui arrêta de peindre lorsqu'il prit conscience du talent de son fils. Avant même de savoir marcher, le petit Pablo s'agrippe à son crayon, ce «lapiz» qui est le premier mot qu'il prononce. Mais il faut se former : celui qui n'hésite pas à signer ses dessins par «Yo, el rey» («Moi, le roi») part à 14 ans à la découverte de la peinture espagnole à travers tout le pays, avant de réussir brillamment le concours d'entrée à l'école des beaux-arts de Barcelone, ville alors en pleine effervescence. C'est le temps des premiers ateliers et de la première exposition avec des œuvres au style encore académique. Le souvenir du jeune peintre perdure dans le musée qui lui est consacré, au cœur du quartier gothique, dans la calle Moncada. Mais Paris, passage obligé de tout artiste à la Belle Époque, l'attend... La Belle Époque parisienne En 1900, Montmartre est un vivier d'artistes aux têtes pleines d'idées mais aux poches vides. À 20 ans, Picasso y voit la vie en «bleu», de la couleur dont il peint les tableaux de cette première période. La légende dit que l'on doit l'omniprésence de ces tons bleutés au prix imbattable d'un stock de tubes... Il hante alors les musées, les cabarets, les cirques et bien sûr les cafés tout en partageant une chambre avec son ami le poète Max Jacob, à peine plus argenté. En 1904, avec des amis peintres, il installe son atelier dans un vieux bâtiment délabré, le Bateau-Lavoir. Un jour, une jeune fille vient s'y abriter de l'orage : il s'agit de Fernande Olivier. Elle sera son premier amour et son premier modèle. Les toiles deviennent roses ! Les amateurs commencent à apprécier son style, comme Ambroise Vollard ou Léo et Gertrude Stein qui lui achètent un lot d’œuvres. La fin de la vie de bohème n'est pas loin ! Des cubes pour une révolution C'est une promenade au musée de l'Homme qui a changé le cours de l'histoire de l'art : en 1907, Picasso y découvre l'art «nègre», originaire d’Afrique subsaharienne, avec ses formes géométriques simples qu'il met aussitôt en application dans ce qu'il veut être son magnus opus :Les Demoiselles d'Avignon. C'est le tableau du scandale : en quelques coups de pinceau, il désarticule les visages, devenus des masques, brise les corps nus et met à bas les règles de la peinture héritées de la Renaissance. Qu'importent les cris d'Henri Matisse : avec Georges Braque, Picasso se lance dans des compositions où les formes semblent réduites à des cubes. Le «cubisme» est né. Ce nouveau mouvement, présenté comme le point de départ de l'art moderne, ne s'embarrasse plus de l'idée de vraisemblance qui a fait les beaux jours de la peinture classique. Allant encore plus loin que son maître Cézanne, le peintre préfère adopter les lignes fortes des primitifs, en particulier espagnols et africains. Picasso vient de donner un formidable coup de pied dans la fourmilière de l'art ! Entre ombre et soleil Le public, même s'il comprend mal cette nouvelle tendance, achète : Picasso devient riche et quitte le Bateau-Lavoir, puis bientôt se sépare de Fernande qu'il remplace par Eva (Marcelle, en réalité) Humbert. Dans le Midi, il développe ce qu'il appelle les «procédés papéristiques et pusiéreux (sic)» de Braque : la technique des papiers collés. L'arrivée de la Grande Guerre sonne le début des malheurs : les amis de Picasso (Braque, Apollinaire, Derain...) partent au front tandis qu'Eva meurt de tuberculose. Il est temps de partir : ce sera Rome. Il y fait moisson de souvenirs, emportant les images des statues antiques et des œuvres des plus grands peintres. Il rencontre dans le même temps le monde des danseurs de la célèbre compagnie Diaghilev pour lequel il fait les décors et costumes du ballet Parade, au théâtre du Châtelet (Paris), le 18 mai 1917. Scandale ! Mais Picasso se moque des quolibets : il est tombé sous le charme russe de la belle Olga qu'il épouse en 1918 selon le rite orthodoxe. Quelques semaines plus tard, le jour de l'Armistice, son vieil ami Guillaume Apollinaire succombe à la grippe espagnole. C'est toute la jeunesse de Picasso qui disparaît avec lui. Créer avec des riens À quarante ans, Picasso connaît la tranquillité de la vie familiale bourgeoise auprès de son fils Paulo, né en 1921. Entre ses visites au Tout-Paris, il observe d'un œil les agitations du monde de l'art, bousculé par le dadaïsme puis le surréalisme. Après être revenu quelque temps au style figuratif, il se laisse entraîner par la lame de fond déclenchée par Breton et entreprend de créer des œuvres à partir de vieux clous ou de serpillières. Avec ces assemblages, il se fait sculpteur pour donner vie par exemple à une chèvre à partir d'un panier. Olga, qui ne s'intéresse que de loin à son travail, doit s'effacer face à la jeune Marie-Thérèse, rencontrée dans la rue. «Nous allons faire de grandes choses ensemble !» lui dit-il. La suite lui donna raison... Sportive, pleine de vie et de bonne humeur, Marie-Thérèse devient omniprésente dans les toiles du maître qui, pour célébrer ses formes, revient à un style plus figuratif. L'amant admiratif se fait minotaure puis père attentionné pour la petite Maïa, née en 1935. Mais il a du mal à jongler entre les deux femmes, les deux familles : il est en plein désarroi et l'inspiration semble l'avoir quitté. Les larmes du minotaure En juillet 1936, la guerre civile commence à déchirer l'Espagne. Picasso, qui n'a pas été détourné de ses priorités politiques par la rencontre avec Dora Maar en 1935, prend position contre le général Franco par attachement viscéral à la liberté. Plein de reconnaissance pour ce soutien, le gouvernement républicain le nomme conservateur in absentis du musée du Prado à Madrid, alors assiégé. Après avoir multiplié les dons aux Républicains espagnols, il accepte de s'engager de façon plus symbolique en se lançant dans la réalisation d'une toile pour le pavillon espagnol de la future exposition universelle. Le sujet de cette peinture s'impose de lui-même : le 26 avril 1937, l'aviation allemande a rasé la ville basque de Guernica, faisant 2 000 victimes civiles. Un peu plus d'un mois après, l'oeuvre est achevée et prête à devenir le symbole universel de la dénonciation de la barbarie : «La peinture n'est pas faite pour décorer les appartements, c'est un instrument de guerre, offensif et défensif, contre l'ennemi» (Pablo Picasso, «Conversation avec Christian Zervos», 1935). Pendant la débâcle, Picasso part à Royan puis, de retour à Paris, s'enferme chez lui pour travailler à cette peinture qualifiée de «dégénérée» par le régime nazi qui lui interdit d'exposer mais le ménage en raison de sa célébrité. Qu'importe ! Il continue de créer, comme cette célèbre tête de taureau née de l'assemblage d'une selle et d'un guidon trouvés dans la rue. À la Libération, il est fêté par ses amis comme par les anonymes qui voient en lui un symbole de ténacité contre l'adversité. La joie de vivre Peu de temps après la fin de la guerre, Picasso s'inscrit au Parti communiste français qui jouit du prestige né de ses actions de résistance. S'associant à son idéal de «progrès et de bonheur de l'homme», il y rejoint nombre d'intellectuels, dont ses amis Éluard et Aragon, mais n'hésite jamais à montrer sa différence. En 1953, il fait de Staline un dessin aussitôt condamné par le Parti, qui eut préféré un portrait dans le goût du réalisme socialiste. Picasso choisit malgré tout de ne pas rompre avec ses amis, pour garder un lien avec le «peuple». En 1949, pour le Congrès mondial de la paix, il offre à l'organisation un dessin de colombe qui devient vite célèbre. Paloma («colombe»), c'est aussi le prénom de la fille qu'il vient d'avoir avec sa nouvelle compagne, Françoise Gilot, déjà mère de son petit Claude. Ensemble, ils se sont installés au soleil de Vallauris dont il fait sien l'amour de la céramique. Mais rapidement, Françoise se fatigue du «complexe de Barbe-Bleue» dont semble atteint Picasso qui, à 70 ans passés, continue à fréquenter ses anciennes amours... et à en chercher de nouvelles ! Laissé seul dans le sud, le peintre entame vite une nouvelle liaison avec Jacqueline Roque, qui a 46 ans de moins que lui. Il l’épouse en 1961 après avoir déménagé au château de Vauvenargues. Mais c'est à Notre-Dame-de-Vie, à côté de Mougins, que celui que l'on célèbre comme «l'artiste du siècle» meurt le 8 avril 1973, à 92 ans. Il laisse derrière lui pas moins de 30.000 œuvres !

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 13:09

Camarades

Plus de vingt ans après la chute du mur, le Soviet Suprem renait de ses cendres.

Et c’est à Paris qu’il a décidé de s’établir. Alors que la France ne jure plus que par l’Ouest, biberonnant sa jeunesse à la culture « yankee », deux musiciens ont décidé de prendre la tangente et de partir à la conquête de l’Est pour vivre leur « balkanican dream ».

Quand la musique mondialisée n’est plus qu’une soupe insipide qui martèle nos esgourdes a base de boom boom et de slogans bling bling, il est temps de réhabiliter l’Internationale, de libérer la fête et de lâcher les chevaux cosaques dans la sono!

Le Soviet : (Toma Feterman de La Caravane Passe et R.Wan de Java) a sorti l’artillerie lourde pour envahir le danceflour et sabrer le champagne à coups de faucille.

John Lénine a bâillonné Paul McCarthy ; Sylvester Staline a ressorti ses gants rouges et Dj Croute Chef pirate les macs de son P.C. pour vous envoyer le plat de résistance.
Les taureaux mexicains ont encorné le drapeau rouge ; Les chiens de Pavlov hurlent dans le Bolchoï ; les stakanovistes ont chassé les technocrates ; Lady Gagarine marche sur la lune ; Yougo Chavez danse la cumbalkania et on arrive à pied par la Chine !
Ca y est : L’œil de Moscou a remplacé la N.S.A et distille sa propagande subliminale…
Tout est prêt pour le putsch, on a noyé le ragga dans l’rom ; on a rappé le chou du hip hop ; on a « charterisé » la langue de Molière et on va envoyer tous les tartuffes du groove au goulag.

Rejoins nous camarade, L’Internationale, branquignole et libertaire de nos « beastie boys des Balkans », va réveiller le genre humain :
Vive le nouveau désordre mondial !

Ils sont le 19 décembre aux Passagers du Zinc à Avignon.

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 05:58

On ne présente plus dans le Gard Rhodanien notre camarade Tonio Bastaroli, auteur, compositeur et interprête que l'on retrouvera notamment avec le groupe "ça ira" le 12 avril prochain dans un spectacle à l'occasion de la nouvelle édition de la Fête des Galinettes à Bagnols sur Cèze.

Le texte que nous reproduisons ci-dessous est inspiré du film "les nouveaux chiens de garde" et est complètement d'actualité après cette campagne des municipales pendant laquelle une tribune ouverte permanente a été offerte au Front National dans les médias !

 

lesangesçaira

Tonio au milieu des anges diaboliques du spectacle des galinettes !

 

Les chiens du Capital

paroles et musique

tonio bastaroli

Ils sont une trentaine ils sont interchangeables

Les chiens du Capital dans leurs niches dorées

A longueur de médias leurs abois nous accablent

A vanter les vertus du veau d'or adoré

 

De connivence entre eux experts prothéiformes

Bavards omniprésents identiques penseurs

Parleurs inévitables aux idées uniformes

Des Bettencourt ou Bouygues ils sont les zélateurs

Refrain

Chiens de garde sans miséricorde

Pour les grands financiers vous vous égosillez

Un jour craignez qu'à votre cou la corde

Par le peuple tenue vous serre trop fort le gosier

 

Comment peut-on croire ces grands bonimenteurs

Qui nous bourrent le crâne à trop nous rabacher

Qu'on est les profiteurs Ah les maudits menteurs

Qu'il faut nous licencier pour mieux nous embaucher

 

Voyez les retourneurs de veste audiovisuels

Ici l'ex-étudiant trotskiste Michel Field

Ailleurs Serge July de même parentèle

S'y ajoute Joffrin employé des Rothschild

Refrain

Unique  est la pensée on est chez Yves Calvi

Son plateau est ouvert à tous ces chiens qui prônent

Le système monétaire sans cesse inassouvi

Les mêmes mots toujours les mêmes têtes y trônent

 

Alain Minc ou Barbier Reynié ou Elkabbach

Duhamel ou Guetta Giesbert Elie Cohen

Attali ou Durand ils jouent à cache cache

Mais c'est sur notre dos qu'ils nous broutent la laine

Refrain

Bernard Henry Levy mérite un beau nonoss

Pour la défense des fortunés héréditaires

Mais on attend encore du toutou philosophe

Le Grand Oeuvre qui va bouleverser notre terre

 

Molosse d'entre les chiens tel est bien Finkielkraut

Il crache il postillonne et glapit ses sentences

Toucher l'ordre établi lui fait montrer les crocs

Il veut nous imposer la loi de la finance

Refrain

Très largement inspiré par le livre de Serge Halimi

« Les nouveaux chiens de garde » Edition « Raison d'agir » 2005

 

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 11:18

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF est depuis hier au Festival d'Avignon et ce, jusqu'au mercredi 17 juillet à la rencontre les acteurs du monde culturel. Il est accompagné de Alain Hayot, responsable de la commission culture au PCF.

Programme de Pierre Laurent au festival d'Avignon :

  • Lundi 15 juillet :

17h00 : Projection du film « Notre Monde » de Thomas Lacoste, au cinéma Utopia.
Débat avec Éric Fassin, sociologue, professeur à Paris VIII ; Sophie Wahnich, historienne, directrice de recherche au CNRS ; Thomas Lacoste, cinéaste, réalisateur du film Notre Monde ; Pierre Laurent, sénateur et secrétaire national du PCF.
Festival d'Avignon - Cinéma Utopia

  • Mardi 16 juillet :

11h00 : Maison Jean Vilar : « les communistes et la culture, une exception française d'hier à aujourd'hui ».
Débat avec Pierre Juquin, auteur d'une biographie d'Aragon ; Alain Hayot, délégué national à la culture du PCF ; Elsa Faucillon, secrétaire départementale du PCF des Hauts de Seine et Nawel Bab-Hamed, directrice artistique du Théâtre de Pierre Bénite.
Festival d'Avignon - Maison, Jean Vilar

  • Mercredi 17 juillet :

15h00 : Forum citoyen de Front de gauche culture à l'hôtel de ville.
« L'artiste, le citoyen et le politique : la culture un enjeu de société », avec la participation d'artistes présents au festival, de citoyens, des animatrices et animateurs du Front de gauche culture.
Festival d'Avignon - Hôtel de Ville

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 16:30

Les communistes du Gard rhodanien ont été profondément touchés par la sympathie que de nombreuses personnes lui ont témoignée à la suite du décès de notre camarade Jocelyne LACROIX, ancienne conseillère municipale de Pont Saint Esprit.

Le PCF Gard Rhodanien remercie donc chaleureusement toutes ces personnes et leur présente l'expression de sa reconnaissance émue.

Les obsèques ont eu lieu ce lundi à Nîmes.  

Le quotidien Midi-Libre a consacré un article à Jocelyne, nous le reproduisons ci-dessous.

ML-DC-jocelyne-lacroix.jpg

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 17:00

Karl Marx, 1883-2013. Spécialiste de Marx, la philosophe Isabelle Garo expose toute l’actualité de son œuvre pour comprendre et analyser le capitalisme et la crise actuelle.

 

 Cent trente ans après 
sa mort, en pleine crise 
du capitalisme, la pensée de Marx a-t-elle encore 
une actualité ?

Isabelle Garo. L’actualité de l’analyse du capitalisme par Marx (et par Engels, qu’on oublie souvent) n’est pas celle d’une description historique qui, dans ses détails concrets, resterait valable 
ou le redeviendrait. Cette actualité concerne d’abord l’étude 
d’un mode de production, dont les contradictions, économiques et sociales, constituent l’essence même. Nous sommes bien placés, malheureusement, pour vérifier l’une des intuitions majeures 
de Marx : les crises du capitalisme appartiennent à sa définition même, elles sont inséparables de sa nature. Une telle approche ne fait pas de lui un économiste, mais un critique 
de l’économie politique, associant 
à l’analyse économique de tendances et contre-tendances concrètes, l’analyse et la critique sociale, la prospective et l’intervention politiques, l’approche et l’invention philosophiques.

Peut-on analyser le système capitaliste actuel à l’aune 
de l’œuvre de Marx ?

Isabelle Garo. À l’heure d’une 
des crises majeures du capitalisme, les acquis sociaux des quarante, voire des soixante-dix dernières années se trouvent démolis les uns après les autres. C’est un capitalisme dérégulé qui réapparaît, dont les caractéristiques sont certes nouvelles, mais qui retrouvent certains des traits du capitalisme de l’époque de Marx. La remontée du taux de profit est sa seule obsession, quelles qu’en soient les conséquences sociales et environnementales, et son moyen, en temps de crise, est notamment 
la pression sur les salaires, directs 
et indirects, ainsi que 
la remarchandisation capitaliste de tout ce qui lui avait été arraché de haute lutte sur le terrain de la santé, de l’éducation, des retraites, des transports, etc. Pourtant, ces politiques ultraviolentes de contre-réforme ne semblent pas en mesure de résoudre ce qui est l’une 
des pires crises de l’histoire 
de ce mode de production.

En quoi l’analyse de Marx peut-elle vraiment nous aider à comprendre la crise et sa dimension financière ?

Isabelle Garo. S’attachant à articuler la sphère de la production et celle de la circulation, Marx est l’un de ceux qui accordent la plus grande attention aux phénomènes monétaires et financiers. Concernant la dimension financière du capitalisme contemporain, devenue si complexe, si les œuvres de Marx n’en produisent évidemment pas de description immédiatement transposable, elles aident pourtant à l’analyse de ses mécanismes fondamentaux. De ce point de vue, loin que la dimension financière soit séparable de ce qui serait un capitalisme industriel fondamentalement sain, 
elle en est constitutive, inséparable. Ainsi, Marx élabore la notion de « capital fictif », qui désigne les titres émis à partir de prêts. Ces prêts ne sont pas du capital productif de valeur, ils sont pourtant bien un capital porteur de profit, celui-ci étant toujours la plus-value extorquée aux salariés, mais une plus-value à venir. Ce décalage dans le temps est gros des crises capitalistes. C’est pourquoi les effets du capital fictif ne sont pas fictifs mais bien réels. Et c’est en ce point que la crise prend 
sa dimension sociale, sa dimension de guerre de classes avivée.

Selon Marx, y a-t-il une 
alternative possible à l’intérieur 
du capitalisme ou bien faut-il changer de système social ?

Isabelle Garo. Si les œuvres de Marx connaissent un réel regain d’intérêt aujourd’hui, on vante plus volontiers ses mérites d’analyste que le caractère politique, révolutionnaire, de son analyse d’ensemble du capitalisme. 
Or la perspective qui colore et oriente toutes ses analyses est bien la sortie hors du capitalisme. Sans jamais prescrire de stratégie passe-partout, craignant de faire « bouillir les marmites de l’avenir », il ne cessera de combiner analyse théorique et intervention militante en vue d’abolir ce capitalisme qui n’est nullement le dernier stade de l’histoire humaine, en dépit de ce qu’on nous raconte. Sur ce point, il faut souligner que, pour Marx, la lutte politique et sociale est aussi une lutte d’idées. C’est la notion d’idéologie qui rassemble ces différentes dimensions. Car l’offensive néolibérale est aussi idéologique, au sens où elle vante les mérites d’un monde à l’envers, qui asservit la satisfaction des besoins sociaux à la seule recherche du profit pour quelques-uns. De plus, elle sait aussi combiner les idées et la force, parvenant à faire exister ces idées au travers de politiques concrètes. Ainsi la thèse individualiste, aussi invraisemblable et simpliste soit-elle, se diffuse réellement, c’est-à-dire se vérifie jusqu’à un certain point comme effet des politiques d’individualisation des salaires, des formations, des parcours, qui renforcent l’exploitation et isolent l’individu. Lutter contre ces politiques, ce n’est pas simplement réfuter les thèses adverses, c’est leur opposer systématiquement d’autres solutions économiques, sociales, politiques, en n’oubliant 
pas les acquis des luttes passées 
et présentes, de par le monde. 
Et c’est bien entendu revenir 
de façon critique sur les questions du socialisme et du communisme, sur leur histoire et sur leur pertinence. Ce champ d’intervention est gigantesque. Il exige un effort d’invention, et d’invention collective, qui sache inclure l’analyse théorique mais aussi la déborder et la renouveler.

 

Isabelle Garo a publié plusieurs ouvrages sur Marx, dont Marx, une critique de la philosophie (Le Seuil), Foucault, Deleuze, Althusser 
et Marx (Démopolis), et Marx et l’invention historique, (Syllepse).


Entretien réalisé par Anna Musso dans l'Humanité du 14 mars 2013

 

 

Voir aussi
Marx vu par... des économistes, des responsables politiques ou des philosophes  

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 15:36

Ce week-end à Paris, les "réacs" sont dans la rue. On observera au passage le traitement médiatique depuis plusieurs semaines pour annoncer la manifestation contre le "mariage pour tous" participant ainsi à la mobilisation et aujourd'hui c'est le summum avec des directs sur les chaînes d'info en continue et de nombreux reportages dans les journaux télévisés. Pour mémoire, ci-dessous une vidéo d'une centaine de secondes seulement qui traitait, il y a trois mois de la manif anti-austérité que nous avions organisée. Deux poids, deux mesures : deux traitements de l'info radicalement opposés. Idem sur les conditions de transports, des TGV mis à disposition par la SNCF quand nous avions toutes les difficultés à réserver quelques places et à des tarifs très dissuasifs.Corinne-et-Pierre-Laurent.JPG

Toutefois tout le monde n'est pas ce week-end à Paris dans la manif anti-mariage pour tous, puisque se tenait samedi et dimanche au siège du PCF un hommage à Oscar Niemeyer l'architecte brésilien récemment disparu. (voir précédents articles Portes ouvertes au siège national du PCF en hommage à Oscar Niemeyer [vidéo]) Au programme expositions, conférences, concert.... Le siège de la place du Colonel Fabien était noir de monde et dans cette foule notre camarade de Bagnols Corinne Cancel a pu assister à ces manifestations. On peut la voir sur la photo ci-contre avec le secrétaire national du Parti, Pierre Laurent qui a gentiment posé à ses côtés.place du colonel fabien

Une initiative culturelle de haut niveau qui a trouvé son public, comme quoi il n'y a pas que des "réacs" à Paris !

 

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 07:14

Début décembre 2012 nous avions publié un article en hommage à Oscar Niemeyer le grand architecte brésilien qui avait dessiné le siège du PCF.

Après le décès de notre camarade Oscar Niemeyer, une visite en image du siège du PCF à Paris

Ce week-end la place du Colonel Fabien ouvre ses portes aux visiteurs samedi 12 et dimanche 13 janvier. colonelfabien 2009 012

Une opération destinée à rendre hommage à l’architecte du siège, Oscar Niemeyer, décédé le 5 décembre dernier. 

Un reportage vidéo ci-dessous réalisé par la chaîne LCP donne quelques infos.

 

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 16:39

Le poète Louis Aragon est mort en 1982 : cela fait donc 30 ans. C’est dans le cadre de cette commémoration-anniversaire qu’une série d’hommages lui est rendue. Disparu un 24 décembre c’est donc le dernier trimestre de 2012 qui va voir se succéder les spectacles. Ce samedi 29 septembre à la maison Elsa-Triolet-Aragon à Saint Arnoult-en-Yvelines le coup d’envoi de plusieurs dates a été donné avec une soirée de lectures exceptionnelles qui a réuni les comédiens Didier Bezace et Denis Podalydès suivies par un concert de Bernard Lavilliers. D’autres manifestations de ce genre se dérouleront à la maison Elsa-Triolet-Aragon jusqu’à la date anniversaire de la mort de Louis le 24 décembre.

Notre territoire, le Gard Rhodanien, participe lui aussi à cette année « Louis Aragon » en ce mois d’octobre. Chronologiquement c’est l’association « les amis d’Albert André » qui associe les deux amis « George Besson et Louis Aragon » dans une soirée autour de la peinture à la médiathèque de Laudun le vendredi 5 octobre à 20 h 30. Le groupe « ça ira » bien connu dans le secteur jouera « celui qui dit les choses sans rien dire », un très joli texte de Louis Aragon sur la peinture de Marc Chagall mis en musique par Tonio Bastaroli avant la présentation d'une biographie du critique d'art et collectionneur George Besson. 

A Bagnols sur Cèze c’est le service culture de la municipalité qui fait venir la chanteuse Isabelle Aubret le dimanche 28 octobre à 15 heures au centre culturel Léo Lagrange. La célèbre artiste interprètera donc Louis Aragon et Jean Ferrat. http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/dd/Seghers_Aragon_%26_Triolet_1942.jpg

Nous ne pouvons que nous féliciter que le Gard Rhodanien participe à l’hommage rendu au poète qui fut engagé aux côtés des Communistes. On se souviendra que Louis Aragon séjourna pendant la seconde guerre mondiale avec Elsa Triolet à Villeneuve-les-Avignon chez leur ami éditeur Pierre Seghers. Au moins deux textes littéraires reviennent sur cet événement. Elsa Triolet dans le roman « les amants d’Avignon », écrit à cette époque  évoque la Résistance.

« Le médecin de Villeneuve » poème de Louis Aragon décrit la chasse aux Juifs dans Villeneuve-lès-Avignon en août 1942. Deux textes qui, dans notre contexte politique actuel résonnent toujours avec beaucoup de force.

Voilà donc deux dates à cocher dans son calendrier du mois d’octobre pour se souvenir de la poésie de Louis Aragon.

Ci-dessous le texte de Louis Aragon "Le médecin de Villeneuve"

Dans ce pays de fenêtres étranges

Il fait trop nuit pour qu'un sanglot dérange

Les jardins clos qui sont des coeurs murés

Tout est de pierre et tout démesuré

Dans ce pays de fenêtres étranges

 

La lune est restée au détour des toits

Où le Moyen-Age étoilé chatoie

De tous les côtés des tours et des tours

Sauf un rayon pris au puits dans la cour

La lune est restée au détour des toits

Il règne ici la paix cardinalice

Aux cils des volets une pourpre glisse

Porche complice enfer désaffecté

Un chapeau s'écorche au balcon sculpté

Il règne ici la paix cardinalice

 

Sommeil de l'homme énorme panoplie

Enfin le ciel est couleur de l'oubli

Toute mémoire y perd son abeillage

Celui qui rêve immobile voyage

Sommeil de l'homme énorme panoplie

 

Qui frappe à la porte au noir du silence

Il se lève un vent de la violence

Sur la ville un vol de coquecigrues

Traque des fuyards à travers les rues

Qui frappe à la porte au noir du silence

 

Docteur docteur ouvrez votre maison

Le souffle me faut me feint la raison

Ouvrez que j'entre et me donnez asile

Je reprendrai le bâton de l'exil

Docteur docteur plus au pied des autels

 

Celle-ci qui croit son heure venue

Court à la croisée et folle mi-nue

Crie à minuit Mon amour au revoir

Et boit la mort qu'elle craint recevoir

Celle-ci qui croit son heure venue

 

D'autres sont partis courir la campagne

Vignes où la peur leurs pas accompagne

Laissant la chaleur de cendres des draps

Avec leurs petits serrés dans leurs bras

D'autres sont partis courir la campagne

 

Ouvrez la porte et me sauvez la vie

A votre seuil les monstres m'ont suivi

Qu'il faisait beau ce soir à la Chartreuse

Vous qui reposez dans l'alcôve heureuse

Ouvrez la porte et me sauvez la vie

 

Le deuxième étage allume une braise

La lumière éveille un spectre de chaise

On a remué dans l'appartement

Un enfant gémit se tourne en dormant

Le deuxième étage allume une braise

 

Sur la colline obscure aux pins bronzés

Afin de mieux l'ombre dramatiser

Chante un oiseau commme aux vers de Pétrarque

Et comme alors l'amant grave ses marques

Sur la colline aux pins bronzés

 

Cette complainte une autre recommence

D'une autre peste et d'une peine immense

Et non d'amour mais de meurtre et de sang

Miroir ancien d'un malheur renaissant

Cette complainte une autre recommence

 

C'était hier le temps des Pastoureaux

Le temps qui passe embellit le bourreau

La pierre fend à force de bourrasques

A chaque siècle il suffit sa tarasque

C'était hier le temps des Pastoureaux

 

Dans ce pays de fenêtres étranges

Il fait trop nuit pour qu'un sanglot dérange

Les jardins clos qui sont des coeurs murés

Tout est de pierre et tout démesuré

Dans ce pays de fenêtres étranges.

         Louis Aragon "en français dans le texte" (1941-1942)

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