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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 15:11

Vendredi 25 et Samedi 26 janvier s’est tenue à Alès, dans le cadre de notre congrès notre conférence départementale gardoise du PCF.

Ce sont près de 90 délégués qui, sur ces deux jours, ont débattu et amendé le texte de la base commune ainsi que  nos statuts. Des débats riches, parfois passionnés, mais toujours dans le respect de chacun, de nos différences.

Un nouveau Comité Départemental a été élu. Les objectifs fixés par l’exécutif sortant ont été atteints à savoir renouvellement (48 % de nouvelles et nouveaux camarades siègeront au CD) ; rajeunissement (15 camarades ont moins de 36 ans (29% du CD) dont 9 moins de 26 ans) ; parité hommes femmes (26 hommes 26 femmes). A noter que la benjamine du Comité Départemental est notre camarade du Gard Rhodanien Léa Comushian, 19 ans, de la cellule des Angles/Villeneuve.

La conférence a débattu sur le fonctionnement du parti. 2013 étant une année sans élection, c’est le moment de regarder de près notre fonctionnement, nos structures, nos adhérents.

Deux axes nous semblent prioritaires

1)      La formation des militants : stage d’accueil des nouveaux adhérents, formation « école de section », formation animateurs de cellule de section.

2)      La bataille financière.

Comme le souhaitaient nombre d’adhérents, la proposition de répartition des cotisations en trois tiers a été repoussée pour garder la règle des 4 quarts (cellule, section, fédération, nationale).

Ce compte-rendu ne reflète pas de toute la richesse de nos débats, mais il en reprend quelques grands axes de la discussion. Le Congrès national qui se tiendra au mois de février prochain sera l’occasion de poursuivre la réflexion.

Ci-dessous le nouveau comité départemental :

Les 26 femmes sont dans l’ordre alphabétique : Bord Cathy, Breysse Claudette, Cheret Michèle, Chhiv Ly ly, Combis Danièle, Comushian Léa, Coste Julie, Davoust Josiane, Desbonnet Delabarre Arlette, Fayet Sylvette, Ferretti Françoise, Garcia Odette, Gay Lucienne, Gayraud Martine, Jouve-Munoz Christine, Lauron Fabienne, Malplat Chloé, Martin Catherine, Nivelle Marie-Claude, Pafundi Denise, Peron Coralie, Ratier Evelyne, Sarda Marie-Laure, Seguy Patricia, Thiebault Florence, Vilamir Jacqueline.

Les 26 hommes sont dans l’ordre alphabétique : André Sylvain, Bastid Christian, Bastide Ludovic, Bouget Vincent, Cabanias Manuel, Ciecko …, Clément Bernard,  Croizier Francies, Deschamps Frédéric, Di Francesco Giovanni, Félix Bernard, Gaini David, Garcia Paul, Idri Eddy, Lafut Patrice, Lavinia Samuel, Migliore Sébastien, Penaroyas Florian, Perrod Alain, Pujalte Anthony, Rieu Bernard, Suau Jean-Michel, Thombrau Daniel, Tortey Michel, Truddaiu Pietro.

vallabrix 2012 001Martine Gayraud, Marie-Laure Sarda, Bernard Rieu siègeront dans le comité départemental gardois du PCF tout comme Léa Comushian et Michel Tortey du Gard Rhodanien.

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 13:04

Compte-rendu de la conférence-débat des communistes du Gard qui s’est tenue dans le cadre du 36e congrès du PCF le lundi 26 novembre 2012 à Bagnols sur Cèze et qui avait pour thème « L’avenir du Front de Gauche ».


Cette réunion s’est déroulée en présence de 80 personnes. Cet échange était ouvert aux communistes mais aussi aux non-communistes même si cette réflexion s’inscrit dans le cadre du prochain congrès du PCF.

La section Gard Rhodanien était organisatrice de ce débat qui s’inscrit dans une série de 5 débats départementaux. Celui de Bagnols sur Cèze est le second après celui de Vauvert qui avait pour thème « la fragmentation de la société » et avant ceux de Nîmes « la gauche et le changement » ; Alès « la crise et son issue » ; Vallabrix (Uzès) « les transformations du PCF ».

C’est Michel Tortey (secrétaire de la section Gard Rhodanien) qui a introduit les débats et a servi de modérateur lors des prises de paroles. Martine Gayraud (secrétaire départementale et membre de l’exécutif national du PCF) a pris la parole en seconde position. Son intervention a rappelé la nature de cette réunion dans la série des consultations de conférence congrès Bagnols 005préparation du 36e congrès du PCF, évoquant le thème du jour « l’avenir du Front de Gauche » elle a cerné le contexte politique actuel dans lequel s’inscrit notre réflexion à savoir un gouvernement socialiste, une forte bipolarisation politique, un fort sentiment d’impuissance d’une partie de la population…

L’intervenante suivante a été Marie-Pierre Vieu (Membre de la coordination nationale du Front de Gauche et membre de l’exécutif national du PCF) qui était la représentante du « national » et qui a fait part de son expérience comme membre de la coordination du Front de Gauche. Elle a d’abord rappelée la cartographie du Front de Gauche au niveau national et fait un bilan de ces premières années du Front de Gauche depuis sa création lors des élections européennes de 2009. Faisant une analyse des différentes expériences auxquelles a été confronté notre peuple lors d’une gestion de gauche des institutions, Marie-Pierre Vieu a évoqué les scénarii qui ont vu une participation ou pas des communistes. Union de la Gauche et programme commun ; participation gouvernementale dans le premier mandat de François Mitterrand ; Gauche Plurielle lors du gouvernement Jospin et donc pas de participation gouvernementale sous la gestion Hollande/Ayrault. Toutes ces situations ont malheureusement renforcé le PS et une recomposition de la Gauche est en cours. Nous travaillons avec le Front de Gauche a une vraie alternative politique faisant le constat que la gestion social-démocrate n’est pas satisfaisante pour notre peuple. La récente austérité gouvernementale sous prétexte de crise en est une illustration flagrante et nous conforte dans notre position de ne pas cautionner les décisions de ce gouvernement. La genèse du Front de Gauche qui est né en 2009 va chercher ses racines dans le séisme politique des présidentielles de 2002 (second tour en présence de JM Le Pen et pas de candidat de gauche) ; le référendum de 2005 sur le Traité Constitutionnel Européen ; la création du PG par une partie de membres du PS qui ont quitté cette formation politique (notamment autour de Jean-Luc Mélenchon) ; le constat d’échec de la transformation de la LCR en NPA. Ainsi le nouveau Front de Gauche pouvait accueillir la Gauche Unitaire de Christian Piquet qui quittait le NPA.conference-congres-Bagnols-006.jpg

Dans ce contexte le Front de Gauche rappelle Marie-Pierre Vieu est un rassemblement qui a vocation d’être majoritaire et veut changer le rapport de force à gauche en souhaitant élargir ce rassemblement.

Outre les Européennes de 2009 le Front de Gauche a participé à trois autres batailles électorales les Régionales, les Présidentielles, les Législatives. Un constat si le Front de Gauche gagne en visibilité et en influence dans les esprits, ça ne se concrétise pas au niveau des élus. Cette réflexion qui ne s’inscrit pas dans une vision « électoraliste » de la politique mérite d’être toutefois développée. La question bien entendu du mode de scrutin handicape nos candidats. La proportionnelle étant toujours une revendication de notre mouvement.

En dehors des batailles électorales le Front de Gauche participe à son développement en travaillant sur la société.

Le Front des luttes permet d’entrer dans les entreprises. Le Front de Gauche a permis de renouer avec une partie des intellectuels. Pour mémoire lors des présidentielles un appel de 1500 signataires avait soutenu la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Le positionnement et les interventions du membre du Front de Gauche participent à mettre des éléments de réflexion ou de langage dans le débat par exemple sur la question de la crise, la dette, l’austérité. La repolitisation d’une partie de la population a été constatée notamment pendant les présidentielles sur certains thèmes comme les déçus du PS ou de la critique du FN pas assez présente auparavant.

Pour la première fois depuis 1981 deux candidats étiquetés à gauche ont fait un score à deux chiffres (Hollande et Mélenchon) ce qui est donc une bonne performance du Front de Gauche aux présidentielles même si certains ont pu être déçu par les 11% de Jean-Luc Mélenchon.

Les Fronts de Gauche thématiques (front de l’agriculture, front de la Culture...) participent à la mise en mouvement d’une partie de la société tout comme les Assemblées Citoyennes.

Aujourd’hui ce sont 9 formations qui ont intégré le Front de Gauche puisque « les Alternatifs » viennent récemment de rejoindre ce mouvement.

Il faut encore travailler à son élargissement autant au niveau national que local. Les « Verts » qui font une cruelle expérience de la participation gouvernementale ne pourrait-il pas dans un délai bref (en totalité ou en partie) se joindre au Front de Gauche ? C’est une des inconnues de l’avenir du Front de Gauche.

Pour l’instant le Front de gauche avait un « Conseil de campagne » au niveau national mais il doit aujourd’hui réfléchir à son fonctionnement en période non électorale et à son élargissement citoyen. Une future « Convention du Front de Gauche » ou « des Etats Généraux du Front de Gauche » devrait se tenir prochainement pour réfléchir à tout ça. Pour l’instant il y a eu des rencontres notamment les « universités d’été du Front de Gauche » mais une réflexion plus générale doit intervenir. Marie-Pierre Vieu termine son intervention en évoquant la question des municipales qui doit être abordée sans « tabou », on ne doit pas faire l’impasse d’un débat sur cette question selon elle.

Place aux échanges avec la salle.

Intervenant 1 pose la question du financement du Front de Gauche et fait remarquer à Marie-Pierre Vieu qu’elle n’a pas parlé d’une éventuelle « coopérative ». En effet pour l’instant ce sont les partis qui abondent pour financer les actions du Front de Gauche ou ce sont les dispositifs lors de campagnes électorales. Comment fait-on en dehors des campagnes électorales ?

Intervenant 2 regrette que depuis la présidentielle le Front de Gauche ait été (selon lui) moins présent. Pas de distribution de tracts régulièrement. La question du maintien d’une activité militante du Front de Gauche en dehors des activités militantes des partis politiques qui composent le Front de Gauche est donc évoquée notamment pour ceux qui, comme lui, n’ont pas d’appartenance à une organisation politique directe.

Intervenant 3 évoque la non-visibilité des élus « Front de Gauche » qui sont souvent dans des majorités estampillées « Union de la Gauche » et sont donc pas productifs pour le Front de Gauche notamment au niveau municipal.

Intervenant 4 trouve que le PCF dans le Front de Gauche par son poids en adhérents et par son activité militante occupe la place principale en dehors de la visibilité de Jean-Luc Mélenchon au niveau national. Comment inventer un travail en commun plus efficace pour retrouver sur le terrain des militants différents. Autre question le Front de Gauche est-il marxiste ?

Martine Gayraud répond à cette première salve de questions et de remarques. Effectivement il faut retrouver le dynamisme, l’élan, l’enthousiasme que nos militants avaient pendant la campagne des Présidentielles. 2013 (année sans élection) ne doit pas être une année d’attente et seulement de réflexion, il faut monter d’un cran dans nos revendications auprès du gouvernement. Se faire entendre plus et combattre le défaitisme qui laisserait croire qu’il n’y a rien à faire pour sortir de la crise en dehors de se serrer la ceinture. La question du financement du Front de Gauche pose effectivement question : doit-on aller vers une cotisation directe au Front de Gauche pour ceux qui ne veulent adhérer à aucune des composantes du Front de Gauche ? Une cotisation individuelle pour ceux qui seraient membre et d’un parti et du Front de Gauche ? La réflexion doit se poursuivre.

Marie Pierre Vieu complète les réponses de Martine Gayraud sur cette première série d’interventions de la salle. Créer un parti du Front de Gauche ce n’est pas l’idée mais la question d’une « coopérative » semble plutôt envisagée. Marie-Pierre revient sur le peu d’enthousiasme qu’ont soulevé les six premiers mois de la Présidence Hollande. Il faut « bousculer » le gouvernement. conference-congres-Bagnols-011.jpg

Intervenant 5 Une seconde salve de remarques de la salle commence par la question « juridique » du Front de Gauche et notamment comment financer les « comités locaux » du Front de Gauche ?

Intervenant 6 Un militant invite les militants à rester proche des gens, ne pas faire de compromis avec une partie de la Gauche qui se sont transformées selon lui à des compromissions. Etre à leur service, il se dit (comme Jean-Luc Mélenchon) convaincu que nous devons être prêts à intervenir car notre heure va bientôt arriver.

Intervenant 7 La question du rassemblement autour du Front de Gauche ne doit pas seulement se poser au niveau national mais au niveau local. Etre un cartel d’organisations ne peut suffire, il faut une participation citoyenne « en bas », participer à mettre en mouvement la population localement.

Intervenant 8 Ce militant rappelle que nous ne sommes pas restés l’arme au pied depuis les Présidentielles et les Législatives. Rappelant les initiatives importantes « l’Université d’été du Front de Gauche » ; la « Fête de l’Huma » qui a été une caisse de résonnance des idées du Front de Gauche ; la manifestation du 30 septembre qui a été un succès même si localement dans le Gard ça nous a été difficile de mobiliser pour des questions financières les transports à Paris. Selon lui ne pas attendre les consignes venues d’en haut, poursuivre les Assemblées Citoyennes.

Intervenant 9 Dirigeant départemental du PG, il tient à remercier le PCF pour son engagement dans le Front de Gauche et sur la bonne entente qui permet un bon fonctionnement du Front de Gauche. Soutient l’intervention du précédent intervenant selon lui la consigne est « ne pas attendre la consigne ».conference-congres-Bagnols-010.jpg

Intervenant 10 Va dans le même sens, se poser la question « qu’est-ce que je fais moi ? » se mettre en mouvement soi-même participe de l’élan général. Les formes peuvent diverger selon les fonctions et les motivations de chacun.

Intervenant 11 revient sur la question de l’adhésion au Front de Gauche. Il dit avoir rencontré des gens qui veulent « adhérer » au Front de Gauche. Il convient de trouver rapidement une solution pour ces gens. Rappelle que le FN est en embuscade et que nous ne devons pas baisser les bras contre ce mouvement surtout dans le Gard compte-tenu des résultats électoraux.

Intervenant 12 Communiste, il rappelle que nous sommes dans une phase de réflexion dans le cadre du 36e congrès du PCF. Il y a plusieurs textes à débattre dans le cadre de ce congrès. Il faut réfléchir à la notion de gauche. Les différentes formules de gauche ont échoué (programme commun, gauche plurielle…). De même le Capitalisme lui-même n’est pas le même que par le passé. Il convient donc de faire une grosse bataille idéologique pour faire prendre conscience des repaires de classe car ceux-ci ont disparu. Il y a un recul idéologique fort. Attention au fait que les partis organisés sont nécessaire et important. S’organiser est obligatoire, la question d’une adhésion directe au Front de Gauche peut interroger dans cette logique.

Intervenant 13 Nous devons mesurer l’ampleur de la crise et des difficultés des gens. Le Front de Gauche a donc toute sa légitimité mais l’on peut s’interroger sur les positions de certains votes à l’Assemblée Nationales de députés du Front de Gauche. Il faut une cohérence d’ensemble. D’autre part on a besoin de l’activité communiste mais on a besoin aussi de l’activité des citoyens. Il faut donc réfléchir comment les mettre en mouvement. D’accord sur l’idée qu’un cartel dirigé par le haut ne peut convenir. conference-congres-Bagnols-009.jpg

Le moment de conclure cette soirée est arrivée. Martine Gayraud qui intervient ne prétend pas conclure et mettre un terme aux débats qui doivent se poursuivre. Elle confirme que la crise affecte d’une façon terrible la population. Elle a notamment en tête des remarques d’organismes caritatifs comme le Secours Populaire ou les Restos du Cœur dont les dirigeants lui font remonter la misère qui sévit avec de plus en plus de force. Elle a bien noté que la question de l’organisation du Front de Gauche et de son financement sont des préoccupations de tous les intervenants. Elle rappelle qu’en tant que dirigeante du PCF elle se sent bien dans le Front de Gauche et veut poursuivre dans cette voie. C’est pour cela qu’elle soutient le texte de la base commune dans le cadre du Congrès du PCF. Elle laisse la parole à Marie Pierre Vieu, qui elle non plus, ne prétend apporter le mot de la fin. Profiter de cette année 2013 (sans élection) pour poursuivre la construction du Front de Gauche. L’inscrire dans le paysage national mais aussi dans le paysage européen. Il est fait référence à Siriza en Grèce mais aussi à l’Espagne et aux prochaines élections en Allemagne.

Michel Tortey secrétaire de la section remercie tous les intervenants et rappelle les autres réunions dans le cadre des débats départementaux mais aussi des Assemblées Citoyennes locales (Comps, Roquemaure).

20 h 30 Les débats sont clos après deux heures de travaux.

On aura noté la présence de la librairie Diderot qui a proposé le livre de Marie Pierre Vieu « Pour une gauche décomplexée » que cette dernière a dédicacé à de nombreux participants en bonne place à côté de celui de Pierre Laurent "Prenez le pouvoir".

A constater aussi la présence « du philistin » qui a tenu un stand pour la vente de produits fabriqués en Palestine.

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 18:08

Dans le département du Gard, les communistes sont appelés à débattre dans leur cellule et section de la base commune proposée à leur réflexion (voir le texte) avant la tenue des conférences de section et de la conférence fédérale convoquée les 25 et 26 janvier 2013.


Le choix a aussi été fait d'organiser 5 débats départementaux sur les 5 différents thèmes mis en discussion.  

Sont invités à ces débats, outre les adhérents du PCF, tous les amis, sympathisants du Front de Gauche et au delà toutes celles et ceux qui n'acceptent pas le diktat de la finance, les dégats du capitalisme et cherchent comment être efficaces pour changer la société, la rendre humaniste, juste et fraternelle.


Ensemble, agissons pour une révolution citoyenne, pacifique, démocratique et construisons un processus de changement crédible et ambitieux, visant à transformer les logiques du système et à dépasser le capitalisme, c'est ce qui animera les communistes dans la préparation de leur congrès.

 


L'un de ces débats se tiendra à Bagnols sur Ceze le 

lundi 26 novembre 2012 à 18h00,

Centre multiculturel "La Pyramide" (salle A).

avec la participation de Marie Pierre VIEU (*) dirigeante nationale du PCF.

 

Le thème qui sera abordé prioritairement ce soir là (mais la parole étant libre, tous les thèmes pourront l'être aussi si un participant le souhaite)  portera sur l'avenir du Front de Gauche. Nous voulons renforcer le Front de gauche. Des débats le traversent sur sa façon de grandir. Nous n’avons pas toujours la même appréciation des résultats de la séquence électorale passée, de notre stratégie, de notre vie commune, des propositions à porter, des conditions de l’élargissement de cette dynamique. C’est naturel. C’est même une richesse pour donner de la force au mouvement. C’est pourquoi nous voulons engager un débat sans tabou, toutes et tous ensemble, sur l’ensemble des dimensions concernant l’avenir du Front de Gauche.

 

  (*)Marie-Pierre VIEU

mpv.jpgNée en 1967 à Tarbes dans les Hautes-Pyrénées, Marie-Pierre Vieu poursuit des études de Lettres jusqu'au 3ème cycle et est depuis décembre 2008 directrice d'Arcane 17, une maison d'édition et d'initiative. Elle exerce ses premières responsabilités en tant qu'étudiante en étant présidente nationale de l'UNEF entre 1994 et 1997. Marie-Pierre est membre du collège national exécutif du PCF depuis 2000. En 2004, elle devient conseillère régionale, et vice-présidente de la région Midi-Pyrénées en charge de l'économie sociale et solidaire. Depuis 2008, elle est conseillère municipale d'opposition à Tarbes.

 

 

Calendrier des autres thèmes qui seront abordés dans le département:

 

A Vauvert, le jeudi 22 novembre, salle Bizet, avec la participation de Alain Hayot: 

Thème: "La fragmentation de la société" 

Vivre ensemble, lutter ensemble. Nous voulons lutter contre toutes les dominations tandis que le capitalisme les utilise pour diviser les peuples. Comment faire face à la fragmentation de la société, lutter contre les divisions, combattre les visions ethnicisées du monde, affronter l’individualisation des rapports sociaux… ? Comment construire une conscience de classe de notre temps ? Comment lutter contre la montée de l’extrême droite et de ses idées ? Qui et comment rassembler pour un changement politique ?

A Nîmes, le jeudi 29 novembre, centre André Malraux, avec la participation de Pierre Dharreville:

Thème: " La gauche et le changement en question" 

Des forces de gauche, le Parti socialiste avec Europe Ecologie - Les Verts, sont au pouvoir en France, et le changement n’est pas à l’ordre du jour. On nous pose la question : opposition ou majorité ? Alors que le clivage droite-gauche continue de structurer l’électorat, comment nous y situons-nous ? Quel sens recouvre aujourd’hui l’idée de gauche ? Comment se positionner face à l’impasse social-libérale en France et en Europe ? Comment redonner force à la gauche ? Comment faire grandir la révolution citoyenne ? Nous devons mieux caractériser notre démarche offensive.

A Alès, le mardi 4 décembre à 18h15 salle Jacques Duclos, avec la participation de ( à déterminer):

Thème: "La crise et son issue " 

La crise, dans toutes ses dimensions, est dans toutes les têtes. Comment l’analyser et cerner ses contours ? Quelles contradictions provoque-t-elle au sein du système ? Quelles luttes se développent et quelles luttes développer ? Quelles sont les issues ? Quelles brèches ouvrir dans l’austérité ? Plus elle est comprise et interprétée, plus les solutions se dessinent et plus l’espoir pourra gagner du terrain.

A Vallabrix, le samedi 8 décembre, salle municipale, avec la participation de Martine Gayraud: 

Thème: "Les transformations du PCF" 

Nous voulons construire un parti communiste toujours plus en phase avec la société comme avec son projet. Quels changements sont nécessaires dans notre organisation ? Comment approfondir notre relation aux jeunes, au monde du travail et de la création, aux hommes et aux femmes des quartiers populaires, dans leurs diversités ? Comment renouveler nos pratiques et nos raisonnements dans notre activité avec le monde du travail ? Quelles nouvelles conceptions pour libérer l’initiative ? Comment susciter et mieux faire circuler les élaborations de tous les communistes pour nourrir et renforcer notre projet commun ?

 

Toutes celles et ceux qui le souhaitent sont évidemment invités à y participer pour apporter leurs idées, enrichir et s'enrichir du remue meninges en cours qui a vocation à doter les exploités de notre pays d'outils efficaces pour lutter et changer la société .  

 

En avant goût du débat de Vauvert , nous ne résistons pas à vous inviter à visionner la journée d'étude "Peut-on comprendre et faire reculer l'influence de l'extrême droite?" organisée par la fédération du PCF 84, le 27 octobre dernier de 9h à 17h30 et à laquelle ont participé une dizaine gardois parmi la centaine de militants présents.

Comme cette journée était organisée par nos camarades vauclusiens, c'est évidemment le FN en PACA et vaucluse qui a été abordé, mais le propos est hélas facilement transposable dans le gard et le Languedoc Roussillon. 


Ci aprés les vidéos réalisées par  Thierry-Le-Roy-84 des intervenants lors de cette journée : 


Intervention de Alain Hayot,

Partie 1 sur 6

 

 

Intervention de Joël Gombin, chercheur, sur le FN dans le Vaucluse,
Partie 2 sur 6

 


 

La présentation de Joël Gombin peut être téléchargée sur son site:

http://www.joelgombin.fr/wp-content/uploads/2012/10/presentation.pdf

 

Intervention de René Monzat, journaliste, sur l'évolution du dicours du FN,  

Partie3 sur 6

 


 

 

Intervention de Elisabeth Gauthier, de "Espace Marx"

Partie 4 sur 6

 

 
 

 

Intervention de André Dechot, de la "Ligue des Droits de l'Homme"

Partie 5 sur 6

 

 


 

 

 

Conclusion de Fabienne Haloui, secrétaire fédérale du PCF 84, membre de la direction nationale"

Partie 6 sur 6

  

 


 

 


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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 17:47

 

« Il est grand temps de rallumer les étoiles… »

Guillaume Apollinaire

 

 


 

Humanifeste du Parti communiste français à l’aube du siècle qui vient


 1ère Partie:  

Face à la crise, le choix radical de l’humain, 

 

1- Nous voulons un nouveau monde,

 

2- De la crise du capitalisme à la crise de civilisation,

 

3- Un nouvel âge de la lutte des classes dans une humanité fragmentée,

 

4- L’ouverture de nouveaux champs du possible,

 

5- Un projet de société fondé sur l’humain,

 

 

2ème Partie:

Un projet de société fondé sur l’humain

 

1- Prenez le pouvoir,

 

2- Une stratégie à dimension internationaliste,

 

3- La gauche au pouvoir en France, pour quoi faire ?

 

4- Sans attendre, gagner le changement,


 

3ème partie:

Un nouvel élan pour le Parti communiste français 

 

1- Le nouveau parti pris communiste,

 

2- Un parti d’émancipation, d’action et de rassemblement,

 

3- Une ambition démocratique de tous les instants,

 

4- Un parti populaire, pleinement déployé dans la société,

 

 

   PARTIE 1

 

 

Face à la crise, le choix radical de l’humain,  

1- Nous voulons un nouveau monde,

2- De la crise du capitalisme à la crise de civilisation,

3- Un nouvel âge de la lutte des classes dans une humanité fragmentée,

4- L’ouverture de nouveaux champs du possible,

5- Un projet de société fondé sur l’humain,

 

Nous voulons changer le monde ! Et la chose ne peut plus attendre. Les apprentis sorciers du capitalisme ne parviennent plus à faire face à leur propre crise et les prétendues solutions qu’ils mettent en oeuvre revêtent un caractère de plus en plus brutal et autoritaire. Nous voulons vivre à pleins poumons, quand la violence de la société nous poursuit un peu partout jusqu’à l’asphyxie.

Un choix radical est devenu inévitable : suivre la pente de la compétition sauvage et de la barbarie ; ou bifurquer sur le chemin du partage, de la démocratie et de l’humain. Quelle humanité voulons-nous être ?

Notre parti pris est celui de l’émancipation humaine, celui de l’épanouissement de chacune et de chacun, celui du droit au bonheur. Cela nous conduit à promouvoir l’égale dignité de chaque être humain, quelle que soit l’étoile sous laquelle il est né, quel que soit son genre, quelle que soit la couleur de sa peau, quelle que soit sa religion s’il en a une, quelle que soit son orientation sexuelle...

C’est ce qui donne sens à notre projet de société et à la manière dont nous voulons le faire avancer : avec toutes et tous. Cela n’est pas compatible avec l’austérité dévastatrice qui est la cause et la conséquence de la crise profonde du système lui-même. Cela n’est pas compatible avec les plans du capitalisme, qui bâtit une société de la concurrence de tous contre tous, où se déchaînent les pulsions de domination et de haine.

Le capitalisme a atteint un stade sans précédent historique de sa crise. Le XXIème siècle peut être celui de son dépassement. C’est un immense défi. Nous pensons possible de le relever.

Nous, communistes de France, lançons un appel au peuple de notre pays, aux peuples d’Europe et du monde. Allons-nous laisser écrire la suite de l’histoire par la main de celles et ceux qui nous ont mené au désastre ? Aucun des obstacles qu’ils dressent n’est insurmontable. Face aux urgences comme face aux grands enjeux, ne laissons pas notre destin se décider sans nous, au gré des humeurs du marché. Ensemble, soyons actrices et acteurs, décideurs et décideuses de l’avenir de l’humanité.

 

I- Face à la crise, le choix radical de l’humain

 

1- Nous voulons un nouveau monde

Il y a un nouveau monde à gagner. Un nouveau monde pour l’humanité. C’est cette conviction renouvelée qui nous rassemble. En quelques décennies, nous avons changé d’époque. Certains s’entêteront à vouloir classer notre rêve au chapitre des illusions. Ils ne veulent pas voir qu’une puissante aspiration au changement travaille l’humanité en son coeur.

 

Prendre confiance

En proie à la crise majeure qu’il a provoquée, le capitalisme n’en finit pas de convulser, épuisant la planète et étouffant l’humanité. C’est pourquoi ses promoteurs sont à son chevet pour essayer de le sauver, en même temps que leurs immenses privilèges acquis contre l’intérêt de l’immense majorité.

D’un côté, beaucoup a déjà changé, par la mise en cause de la domination occidentale et l’émergence d’un monde beaucoup plus contradictoire, par les bouleversements des modes de vie et de production liés à la révolution numérique et informationnelle, ou par l’essor de la prise de conscience écologique... D’un autre côté, rien ne change vraiment ; tout est capté, puis digéré, pour alimenter la même fuite éperdue vers nulle part.

Dans leurs vies quotidiennes, des millions de femmes et d’hommes n’en peuvent plus. Dans notre pays, le chômage de masse continue de gagner du terrain, la précarité devient la norme particulièrement pour les femmes et les jeunes salarié-es, de plus en plus de retraité-es sont en butte à la pauvreté, trop d’étudiant-es s’endettent et cherchent des petits boulots pour financer leur formation, la santé devient un produit de luxe, les quartiers populaires concentrent tous les effets de la crise, le travail est de plus en plus vécu comme un traumatisme, la vie est de plus en plus chère, les minima sociaux ne suffisent pas à boucler les fins de mois, la violence monte dans toute la société... Tout cela alimente le sentiment d’impuissance savamment distillé dans les consciences.

Mais rien n’est écrit d’avance : le destin de l’humanité est entre ses propres mains. Il est temps, de par le monde, que les citoyennes et les citoyens reprennent confiance en leur pouvoir.

 

L’issue : rompre avec le capitalisme

Rompre avec le capitalisme en le dépassant est une urgente nécessité. La brutalité avec laquelle la crise est en train de précipiter l’humanité vers des abîmes exige la mise en oeuvre de solutions nouvelles qui s’attaquent aux causes réelles. La domination insensée des forces de l’argent doit être renversée pour laisser place à un mode de développement humain durable.

A celles et ceux qui parlent de moraliser le capitalisme pour mieux le conserver, nous disons que l’entreprise est vaine et que la manoeuvre ne prend pas. L’argent n’a pas de conscience. Le capitalisme est incapable d’offrir une autre perspective que l’asservissement de l’immense majorité des êtres humains.

A celles et ceux qui en appellent à la mesure et proposent de réguler le capitalisme, nous disons que c’est un objectif illusoire. Sans la volonté de prendre le pouvoir aux marchés financiers et aux grands possédants, l’expérience a montré qu’il n’y a aucun résultat signifiant. Il y a une contradiction de plus en plus insoutenable entre le capitalisme et le progrès social, entre le capitalisme et la démocratie, entre le capitalisme et le développement culturel, entre le capitalisme et l’écologie.

C’est pourquoi nous parlons de révolution. Une révolution citoyenne, pacifique, démocratique, et non pas la prise de pouvoir d’une minorité. Un processus de changement crédible et ambitieux, visant à transformer les logiques du système.

 

2- De la crise du capitalisme à la crise de civilisation

La crise, avec ses accalmies et ses soubresauts, les peuples du monde la subissent depuis plus de trente ans. Chaque jour s’approfondissent ses dégâts, jusqu’à remettre en cause les fondements de la civilisation.

 

La crise financière provoque l’explosion sociale et économique

En 2007, s’est déclenchée la plus grave crise financière depuis l'entre-deux guerres, suivie deux ans plus tard, de la première récession mondiale depuis 1945.

Les véritables causes de cette crise majeure se trouvent dans la domination des forces de la finance. Les exigences de rentabilité des capitaux écrasent l’économie réelle et imposent au monde du travail de multiples et insupportables saignées.

Au cœur des emballements actuels, se trouve un antagonisme fondamental : le capital utilise les immenses possibilités de la révolution numérique et informationnelle pour nourrir son obsession de faire de l’argent pour l’argent. Cela entraîne un chômage de plus en plus massif, ainsi que l’accroissement des revenus du capital au détriment des revenus du travail. Résultat : la productivité augmente mais pas les débouchés. Cette situation conduit inexorablement au développement d’une concurrence de plus en plus déchaînée, d’une exploitation des salarié-es de plus en plus forcenée

Ce développement spasmodique s’est construit pendant plusieurs décennies sur le surendettement généralisé …qui a fini par exploser avec la crise des subprimes aux Etats-Unis. Les forces de la finance se sont alors plus que jamais comportées comme une nuée de criquets. Pour éviter l’embrasement, de gigantesques liquidités ont été déversées par les pouvoirs publics et englouties dans la même logique. Ce sont les peuples qui en ont payé le prix par le recul continuel des droits sociaux, des services publics et du pouvoir d’achat : de quoi accentuer encore l’endettement, la faiblesse de la croissance et la relance de la spéculation ravageuse. Une spirale infernale.

Ces enchaînements font particulièrement sentir leurs conséquences en Europe, au point de menacer la reprise mondiale. En Grèce, il a été imposé au peuple une injustifiable cure d’austérité, plongeant dans la misère et l’incertitude une large part de la population. Partout, la réduction drastique des dépenses publiques a été mise à l’ordre du jour pour nourrir plus encore le monstre insatiable de la finance.

La fameuse « crise de la dette » provient surtout de l’insuffisante des recettes publiques et sociales, du coût des intérêts versés aux banques sur les marchés financiers, de leur sauvetage et plus encore de l’appauvrissement généralisé de nos sociétés, vampirisées par les forces de la finance. Et le comble, c’est que cette spirale du déclin est utilisée par celles et ceux qui la causent pour culpabiliser les salarié-es et les populations, justifier les privatisations.

Avec l’appui d’une pensée technocratique autoritaire, les peuples européens ont été sommés de se soumettre et d’abandonner toujours plus de leur souveraineté. Les forces financières et leurs relais ont défendu bec et ongles l’interdiction faite à la Banque Centrale Européenne de créer de la monnaie, afin de se servir de l’Euro pour sécuriser leurs créances. Ainsi, au lieu d’alléger le poids des dettes des Etats et d’engager des réponses publiques face à la situation, ce sont donc les banques, sans cesse renflouées, qui sont encouragées à poursuivre leur œuvre sans rien changer. Et la crise se poursuit…

 

Ailleurs, le Fonds Monétaire International et la Banque mondiale se font les instruments de la domination absolue des marchés financiers et s’attachent à leur faire place nette en conditionnant chacune de leurs interventions à des régressions sociales.

Dans les pays émergents, où l’industrialisation demeure toujours dominée par  les multinationales, la croissance s’est réalisée à marche forcée. Provoquant un exode rural massif, elle s’est souvent construite sur la base de conditions de travail dignes de celles qu’avaient pu connaître les ouvriers européens du XIXème siècle. Dans de nombreuses régions du globe, la misère a continué d’être le lot commun tandis que s’implantaient des paradis touristiques réservés à une minorité. D’immenses vagues d’expropriation des peuples de leurs terres et de leurs droits se sont produites.

L’ensemble de ces profonds bouleversements s’est opéré sur la base d’une mise en concurrence exacerbée, d’un gaspillage d’outils et de savoir-faire incroyable, et d’inégalités insupportables.

 

Une crise écologique croissante

La crise économique et sociale se mêle à une crise écologique croissante. Car la course effrénée au profit se nourrit également sans vergogne de la spoliation permanente des ressources naturelles. La pollution des océans, des rivières et fleuves provoque une disparition de la flore et de la faune aquatique ; l’exploitation sans retenue des forêts conduit à leur disparition ; l’agriculture intensive entraîne l’appauvrissement des terres et des sous-sols tandis que la biodiversité s’effondre et que des espèces comme les insectes pollinisateurs disparaissent… Même habillé de vert le capitalisme se moque de la planète : les lobbies de la climato-économie libérale se repaissent allègrement des catastrophes écologiques, en faisant du profit sur les exigences de développement durable.

Le réchauffement climatique tient une place de premier rang dans l’ordre des défis à surmonter : les tempêtes et les inondations sont le pendant de la sécheresse et de la désertification. Quant à la fonte de la banquise et des glaciers, elle engendre l’élévation du niveau des mers créant par millions une nouvelle catégorie d’êtres humains : les réfugiés climatiques… La réduction des énergies carbonées à l’origine des gaz à effets de serre est donc une absolue nécessité planétaire. Comment accepter, de Copenhague au sommet de la terre de Rio, que des décisions de cette importance aient pu être remises en cause pour satisfaire des intérêts financiers ?

Enfin, le respect des ressources en eau et leur partage nécessitent une prise de conscience plus vigoureuse encore, tant les besoins sont criants. Et l’heure est à un autre modèle d’agriculture, protégé de la spéculation, soucieux de la santé publique et de la lutte contre la faim. Or, malgré les alertes de la FAO, on a continué à développer des cultures qui privent une partie de la population mondiale de denrées de première nécessité. Les images insupportables d’enfants se nourrissant de galettes de boue, tandis que les spéculateurs continuaient impunément leurs basses oeuvres sont restées gravées dans nos mémoires. Pouvons-nous accepter d’être réduits à l’impuissance ?

 

La démocratie réduite à un théâtre d’ombres

Devant la pression du pouvoir considérable acquis par les marchés financiers, nous sommes entrés dans un cycle de régression démocratique. La capacité d’intervention des peuples a été rognée en permanence jusqu’à être cantonnée à la marge des grandes orientations qui régissent les sociétés, tandis que la puissance publique a été de plus en plus accaparée au service des marchés financiers. A tous les niveaux a été organisé le dessaisissement progressif des citoyennes et des citoyens de leur pouvoir. On est passé de l’Etat-Providence à l’Etat de marché. Pour donner le change, on a ainsi inventé le concept particulièrement pervers de gouvernance, véhiculant l’idée que la conduite politique pouvait se contenter de compétences. Par une série de coups d’Etat déguisés, une petite oligarchie, relayée par ses innombrables lobbies, a pris le pouvoir de façon insidieuse, maintenant les apparences de la démocratie. Ainsi, plus les changements nécessaires paraissent immenses, moins l’action politique paraît être porteuse de solutions.

 

Des crises internationales à répétition

Depuis le bouleversement géopolitique lié à la chute du mur et à la mondialisation capitaliste, des crises internationales majeures s’enchaînent dans un monde présenté comme irrémédiablement instable et dangereux. Les réponses militaires et les stratégies de puissance seraient, nous dit-on, les seules possibles. Les dépenses liées à la guerre pèsent lourd dans les budgets publics.

En Irak, en Afghanistan, en Libye, en Afrique… des logiques de guerre, au nom de prétendues valeurs occidentales, n’ont cessé d’exacerber les tensions, d’étendre les instabilités, d’aggraver les crises. Cette escalade sans issue, dans le mépris des droits des peuples et l’instrumentalisation de l’ONU, est le fruit d’un néo-impérialisme dont la volonté de prédation est à l’œuvre partout où des intérêts stratégiques sont en jeu.

Les tensions et les violences qui caractérisent le monde d’aujourd’hui, dans sa complexité, s’enracinent en particulier là où le sentiment existe que la politique des Etats-Unis, des pays de l’Union européenne, de l’OTAN... bafoue la dignité, la souveraineté des peuples.

Le non respect des droits de la Palestine, la succession de guerres, le soutien à des dictatures, les politiques néolibérales imposées par le FMI et l’Union européenne… Tout cela n’a cessé d’alimenter un rejet profond de la domination occidentale et de fournir des motifs de révolte et de mobilisation populaires puissantes.

 

L’humanité en panne de sens

La conjugaison de ces crises finit par plonger l’humanité dans une véritable crise de civilisation. Une crise du sens et de l’imaginaire. Une crise existentielle qui interroge les rapports entre les êtres humains et leurs rapports à la nature.

Le capitalisme est venu exacerber toutes les dominations existantes, à commencer par le patriarcat. Prospérant sur la concurrence et la peur de l’autre, il a sapé les fondements du vivre ensemble. Les savoirs et leur diffusion ont été placés au service de la rentabilité financière, et les êtres humains empêchés d’acquérir une maîtrise critique des connaissances et une culture commune. La marchandisation de tout jusqu’au corps humain, la guerre de tous contre tous et l’explosion des inégalités, la domestication de la culture et de l’éducation se sont abattues sur les peuples. Les grandes puissances se sont attelées à fournir des motifs de justification à leurs guerres néo-coloniales.

Dans une humanité déboussolée, les résistances à cet ordre mondial insupportable se sont exprimées de façon contradictoire. La théorie du choc des civilisations, mise en pratique par des responsables politiques peu scrupuleux, pour servir les intérêts de leur cause, a fait grandir des affrontements dangereux et sans issue à l’échelle planétaire. Le terrorisme, qui pousse sur le terreau de la domination des peuples, est devenu le nouvel ennemi public.

Dans ce contexte, le peu de prix accordé aux vies humaines constitue un traumatisme sérieux. L’humanité se cherche. Elle ne trouvera réponse à ses questions que dans la quête commune de sens, que dans la mise en œuvre d’un projet commun, que dans la fin des logiques de puissance et de prédation.

 

Fenêtre 1 : La crise et son issue en question

La crise, dans toutes ses dimensions, est dans toutes les têtes. Comment l’analyser et cerner ses contours ? Quelles contradictions provoque-t-elle au sein du système ? Quelles luttes se développent et quelles luttes développer ? Quelles sont les issues ? Quelles brèches ouvrir dans l’austérité ? Plus elle est comprise et interprétée, plus les solutions se dessinent et plus l’espoir pourra gagner du terrain. 

 

3- Un nouvel âge de la lutte des classes dans une humanité fragmentée

Au coeur de ces difficultés les résistances et la créativité des hommes et des femmes peuvent ouvrir de nouveaux horizons. C’est ainsi que pourra se reconstruire une civilisation nouvelle de femmes et d’hommes, riches d’influences culturelles différentes, mais fondamentalement libres, égaux et associés.

 

Pour une nouvelle conscience de classe

La lutte des classes avait disparu. C’était une vue de l’esprit, un fantôme du passé que quelques individus inadaptés aux exigences de la modernité cherchaient à réveiller. Chacun était seul responsable de la situation dans laquelle il se trouvait. Voilà le discours hypnotisant qui nous a été servi des années durant. Et pourtant, jamais il n’y a eu de pause dans cet affrontement.

La crise a commencé à faire tomber le masque, de par la violence de la tentative d’écrasement que mène la classe dominante. Nous avons vu défiler les marchés financiers et leur course à la compétitivité, les actionnaires et leurs dividendes, les banquiers et leurs escroqueries, les grands patrons et leur héroïsme... Nous avons entendu que « la guerre des classes existe » et que c’est leur classe, « celle des riches » qui est en train de la gagner.

Pour que l’immense majorité, les « 99% », puisse faire valoir ses droits au changement, nous voulons qu’émerge une nouvelle conscience de classe, qui rassemblerait le monde du travail et de la création. Il est grand temps que se retrouvent tous ceux et celles, épris de justice, de paix et d’humanité, dont l’intérêt est d’unir leurs énergies pour ne plus laisser quelques profiteurs décider à leur place. Il faut pour cela faire grandir une alternative commune. Nous bataillerons pour faire échec à la division du salariat, et à la division sexuée du travail qui se fait au détriment des femmes. Ainsi, nous combattrons le fameux concept de « classe moyenne », modelé pour faire croire à toute une partie de la population qu’elle pourra s’en sortir mieux que les autres parce qu’elle le vaut bien. De même nous ne laisserons pas s’installer plus avant le terme pernicieux d’assistanat pour décrire le devoir qu’a la société de relever celles et ceux qui sont dans la difficulté et de les accompagner.

 

Des femmes et des hommes décidés à gagner

Profiteurs contre producteurs. Finance contre travail. Comment peut-on dans ce contexte, appeler à partager les efforts et proposer le match nul ? Les appels du gouvernement français à rechercher un « compromis historique » entre le patronat et les syndicats pour un « choc de compétitivité » sont inacceptables. Il s’agit d’une nouvelle tentative de « baisser le coût du travail », d’accentuer l’individualisation de la relation de travail,  et d’imposer la flexibilité. Cette offensive n’a d’autre but que d’asservir plus encore les salarié-es, comme si les régressions de ces dernières années n’avaient pas suffi. Le patronat a fait le choix de la désindustrialisation, de la spéculation, de l’abandon de la recherche-développement et de la formation, de la mise en concurrence des salarié-es entre eux par le chômage et la précarité… Il voudrait encore doubler la facture. S’il faut un choc, c’est pour baisser le coût du capital et non la rémunération du travail ; c’est pour baisser les charges financières et non pas les cotisations sociales ; c’est pour en finir avec la précarisation et non pas pour l’augmenter ! Voilà les issues à la crise ! 

 

Face aux offensives brutales d’actionnaires insatiables, les salarié-es, avec leurs organisations, ont cherché à établir des résistances solides. Dénonçant le mépris et l’incohérence, ils ont mis sur la table des projets alternatifs crédibles. Malgré les atteintes au droit de grève, malgré la criminalisation de l’action syndicale, malgré les chantages, malgré l’abandon des pouvoirs publics, des luttes ont grandi, dont certaines ont pu ouvrir des brèches. Ces hommes et ces femmes, atteints dans leur dignité, défenseurs d’eux-mêmes autant que de l’intérêt général bafoué, tiennent tête aux puissants. Parmi eux, il y a ces ouvrières et ces ouvriers que les médias ont longtemps ignoré, caricaturé et dont ils ont même décrété la disparition. C’est de leur côté que se trouvent les solutions.

 

Dans ces batailles, les femmes prennent très largement leur place, affrontant au passage un double mépris, tandis que chaque mesure de régression adoptée les frappe plus durement en raison de leur genre. Mais si le capitalisme se nourrit de cette oppression, nous savons qu’elle n’a pas besoin de lui pour exister. Pourquoi faut-il encore aujourd’hui mener la bataille pour le droit à disposer de son corps et contre les violences faites aux femmes ? Combien, de par le monde, sont traitées comme des mineures, contraintes d’obéir, de se cacher, de se soumettre ? De la même manière, pourtant, aux femmes, on avait expliqué que le féminisme était un combat dépassé, balayant d’un revers de main les inégalités persistantes, le patriarcat encore vivace. Ce combat contre la domination et pour l’égalité doit se faire plus encore le combat de toute l’humanité.

 

Le grand piège de « l’affrontement identitaire »

Racisme, xénophobie, antisémitisme, islamophobie, sexisme, homophobie, lesbophobie, transphobie et autres avatars du rejet de l’autre n’ont pas attendu la naissance des marchés financiers pour sévir. Nous les combattons toutes avec vigueur, en tant que telles. Nous savons aussi que les forces dominantes ont bien compris le parti qu’elles pouvaient en tirer : afin de détourner la colère sur d’autres têtes, elles s’attachent à diviser leurs victimes dans des affrontements qui laissent à l’abri leurs intérêts.

Pour déclarer l’ouverture de la chasse aux boucs-émissaires, tous les prétextes sont bons. La stigmatisation tous azimuts des jeunes des quartiers populaires, des agents de la fonction publique, des grévistes, ou encore des chômeurs et des pauvres établit une liste de prétendus profiteurs du système, en même temps que le portrait robot du prétendu méritant vertueux qui serait lésé par leur seule existence. Dès lors, lutter contre toutes les dominations, travailler à gagner l’unité et la solidarité contre les divisions, c’est façonner cette nouvelle conscience de classe que nous recherchons. C’est plus que jamais une urgence.

En effet, à partir de l’insécurité sociale latente, tout est fait pour que l’être humain se sente plongé dans un climat d’insécurité existentielle, au point de se vivre comme un individu assiégé de toutes parts. Assiégé dans son être même, dans son identité... Le pas suivant est vite franchi. Ainsi donc, le tranquille autochtone, serait seul face aux barbaresques menaçants. Il s’agirait donc pour lui de s’unir avec ses semblables face à l’ennemi désigné, accusé de « racisme anti-blancs ». Les mêmes qui critiquent le communautarisme l’installent de fait, dans une dimension profondément conflictuelle, allant jusqu’à usurper et dévoyer le principe républicain de laïcité.

Le déplacement du conflit social sur le terrain identitaire et communautariste est lié à l’héritage complexe et encore pesant d’une histoire nationale marquée par le fait colonial et relève d’une stratégie visant à fractionner les couches populaires et à masquer l’aggravation des inégalités sociales. C’est ce que l’on appelle l’ethnicisation des rapports sociaux, et c’est, dans le monde d’aujourd’hui, une arme de division massive.

S’appuyant sur la théorie du choc des civilisations, la diabolisation insupportable de l’islam et des musulmans, amalgamés en permanence à des étrangers intégristes et à des terroristes en puissance, a une fonction particulière dans ce dispositif. Voilà ainsi campé le personnage de l’étranger par excellence, celui qu’on incrimine et contre qui l’on veut fédérer. A partir de là peuvent se déployer toutes les peurs, toutes les haines et toutes les jalousies, comme on le voit aussi particulièrement à l’endroit des Rroms ou des sans-papiers. Comme on le voit également à travers l’islamophobie et la résurgence de l’antisémitisme. Le développement d’un nouveau type de racisme, de plus en plus décomplexé, ne saurait être compris sans mesurer la portée de cette offensive menée par la droite et l’extrême droite. Elle est susceptible d’alimenter bien des tensions au sein des peuples comme au plan international. En mettant cet affrontement identitaire à l’ordre du jour, elle porte un grand danger de notre temps.

 

Communistes, nous affirmons l’inexistence des races, prônons l’universalisme et l’égalité de tous les êtres humains. Nous concevons la diversité des cultures, des héritages comme un patrimoine de toute l’humanité. Combattants contre toutes les aliénations, nous refusons les assignations identitaires imposées aux individus. Comme beaucoup d’hommes et de femmes, nous ne reconnaissons pas la richesse de l’humanité dans ces identités étriquées, fantasmées, artificielles. La question est bonne : homme, femme, qui es-tu ? Mais la réponse ne peut consister à s’enfermer dans des cases pour se rassurer et se protéger. L’être humain est un être social, un être de relations, un être de culture. L’être humain est un producteur. Un être en chemin et en devenir. Chacune, chacun, nous sommes des humains uniques et complexes, d’influences et d’appartenances multiples. Ensemble, nous sommes l’humanité.

 

Que dire, alors, de la nation ? Nous en portons une conception qui se situe aux antipodes de la vision identitaire et ethno-culturelle qui teinte les discours de la droite, sous l’influence de son extrême. La nation est pour nous un lieu essentiel du faire peuple et de l’exercice de la démocratie. Un lieu essentiel de l’internationalisme. La nation française elle-même s’est forgée dans la Révolution. Elle peut être fière de sa diversité régionale, en particulier linguistique. Elle est habitée d’une culture ouverte et en mouvement dont le monde a besoin. Au même titre qu’il a besoin de l’apport des autres nations de l’Europe et du monde. Depuis l’aube de notre histoire, les échanges entre les peuples nourrissent les représentations qu’ils se font d’eux-mêmes, leurs cultures communes et leurs façons de vivre. Partout, au coeur de la vie quotidienne dans les villes du monde, c’est cela qui se poursuit.

C’est pourquoi, l’idéologie xénophobe du nationalisme est une dangereuse fumisterie. Convaincus qu’il est vain d’enfermer toute tentative de changement dans la seule nation, nous proposons d’en refonder le principe pour reconstruire de l’unité sur les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Dans le même mouvement, il sera possible d’inscrire cette refondation dans une quête de mondialité. C’est-à-dire un processus permanent d’humanisation de l’humanité capable de bousculer la mondialisation capitaliste et d’opposer aux affrontements identitaires la force d’un monde interculturel. De tous les pays, unissons-nous.

 

Fenêtre 2 : La fragmentation de la société en question

Vivre ensemble, lutter ensemble. Nous voulons lutter contre toutes les dominations tandis que le capitalisme les utilise pour diviser les peuples. Comment faire face à la fragmentation de la société, lutter contre les divisions, combattre les visions ethnicisées du monde, affronter l’individualisation des rapports sociaux… ? Comment construire une conscience de classe de notre temps ? Comment lutter contre la montée de l’extrême droite et de ses idées ? Qui et comment rassembler pour un changement politique ?

 

4- L’ouverture de nouveaux champs du possible

 

Quand les peuples se mettent en mouvement

Partout dans le monde, des mouvements populaires se développent qui en attestent : l’humanité cherche des issues. En effet, comment ne pas trouver dans le mouvement d’occupation de Wall Street, le temple du capitalisme mondialisé, le signe éloquent d’un système en perte de légitimité ?

Dans les pays d’Europe, les peuples résistent et manifestent leur profond rejet de l’austérité. Des forces politiques comme Syriza, en Grèce, opposées aux orientations européennes, commencent à gagner une place politique nouvelle. Sans oublier les « Indignés », qui portent une forte contestation du système, et bien souvent de la politique en tant que telle.

En Amérique Latine, dans la diversité des histoires nationales, des forces politiques, ont été portées au pouvoir pour s’opposer au pillage impérialiste de leurs richesses et de leur travail, pour fonder de nouvelles coopérations et solidarités, y compris avec Cuba, victime d’un blocus inacceptable. Il s’y mène des politiques nouvelles où l’on cherche des façons de rendre au peuple les droits qui sont les siens. Ces expériences nous intéressent, elles nourrissent nos espoirs, elles participent à rendre partout le changement possible. Nous en sommes pleinement solidaires.

Le Printemps arabe, s’il a débouché sur des situations contrastées, ne saurait être interprété autrement que comme une éruption trop longtemps contenue, d’aspirations profondes à des bouleversements dans la vie quotidienne et dans la vie démocratique des peuples. Le monde arabe n’en pouvait plus de cette domination néo-coloniale dont la misère, la famine et la privation de libertés étaient le prix. Au coeur de ces mouvements, les aspirations démocratiques et progressistes doivent prendre le dessus.

Dans notre pays, enfin, se lèvent dans de nombreux champs de la société des mouvements de lutte qui portent des revendications et des propositions concrètes. C’est de là que naîtra le changement.

Nous souhaitons que se libèrent toutes ces forces qui veulent transformer nos sociétés, et celles qui ne trouvent pas encore à se manifester. Si elles sont encore éparses, s’il leur manque un projet commun, elles sont porteuses d’un souffle nouveau dont le monde a besoin.

 

Quand le progrès sert l’humanité

La révolution numérique et informationnelle bouleverse déjà les modes de production et d’échanges, comme les modes de vie. Elle prolonge l’intelligence humaine et change son rapport au monde, alors que jusqu’ici les outils, puis les machines de la révolution industrielle, avaient permis simplement de «prolonger la main», en instituant une séparation multi-séculaire entre celles et ceux qui décident et celles et ceux qui exécutent,. Les systèmes automatiques de traitement, de stockage et de transmission de l’information sont autant d’avancées ouvrant des possibilités inédites que le capital s’efforce de confisquer, avec les gains de productivité qu’elles génèrent. Pourtant, elles portent en elles la possibilité d’une autre civilisation, fondée sur la mise en commun et la coopération plutôt que sur la marchandisation du monde.

En tous domaines, les progrès considérables de la connaissance et des savoirs, accompagnés de progrès techniques et technologiques incessants, couplés à cette révolution sont une chance pour l’humanité. L’organisation du travail, sa conception et sa place dans la vie des êtres humains pourrait en être complètement changée.

Contrairement au projet d’une « économie de la connaissance » qui capte la recherche au service de la rentabilité et vise la refondation de la formation au service de la division du salariat, nous voulons nous appuyer sur la place croissante des savoirs dans la société pour construire une culture commune émancipatrice. Déjà, la place croissante des savoirs dans le travail, dans le débat démocratique et dans la vie quotidienne est à l’origine d’aspirations nouvelles.

Sous la crise du capitalisme émergent déjà les prémisses d’une troisième révolution industrielle avec l’impression 3D, les machines auto-réplicatives libres, l’open source hardware, les mouvements hackers et maker. Ainsi se créent et se développent des lieux de conception et de proximité en réseau, ouverts et gratuits, où l’on partage savoir et savoir-faire, où l’on crée plutôt qu’on ne consomme, où l’on expérimente et apprend collectivement, où le producteur n’est plus dépossédé de sa création, tels les Fab Lab, qui sont les moteurs de ce mouvement.

Toutes ces avancées portent en elles des possibilités de mise en commun, de partage et de coopération inédites. 

 

5- Un projet de société fondé sur l’humain

 

Alors, quel projet ? Cette question, nous ne souhaitons pas y répondre seuls. Nous voulons la poser en grand à la société. Nous voulons interroger les hommes et les femmes, pour donner de l’espace et de l’écho à leurs aspirations. Ouvrons grand les vannes : « et vous, quels changements de société voulez-vous ? » Voilà la grande campagne d’échanges citoyens que nous souhaitons lancer dans tout le pays et au-delà.

Nous ne saurions nous engager dans une telle initiative sans décrire nous-mêmes le projet de société que nous portons. Nous ne le concevons pas comme un modèle prêt-à-porter, mais une contribution forte dans la quête de l’humanité.

Rien de tout cela ne tombe du ciel. A la suite des Lumières et de la Révolution Française, il y a les anticipations fondamentales issues de Marx, et des penseurs du socialisme, avec une mention particulière dans notre pays pour la contribution de Jean Jaurès, qui fonda ce journal au nom si emblématique : L’Humanité. Il y a ensuite les enseignements que nous avons tirés des échecs et de l’effondrement des premières tentatives de rupture avec le capitalisme du XXème siècle : sans démocratie, respect des libertés et des droits de l’homme particulièrement, il ne saurait y avoir d’émancipation humaine. Il y a encore les avancées produites par les communistes depuis un certain nombre d’années pour définir d’autres logiques à mettre en oeuvre. Il y a enfin tout ce qui se cherche et s’invente dans les luttes et le mouvement des idées pour faire grandir l’alternative.

Notre projet se nourrit de tout cela. Il est en construction permanente. Un projet alternatif au capitalisme et à toutes les formes de domination doit permettre la convergence des pensées qui leur résistent : celles qui prennent le contre-pied des politiques libérales sur le plan social et économique, celles qui renouvellent l’exigence écologique, celles qui vont puiser dans les aspirations libertaires et l’humanisme, celles  du féminisme, celles de la République face à sa décrépitude avancée, celle de l’altermondialisme... Il doit également se forger dans la vie, comme une réponse aux contradictions dans lesquelles les femmes et les hommes se débattent. C’est ce que nous nommons communisme : l’incessant mouvement démocratique d’appropriation citoyenne du monde et de partage des avoirs, des savoirs et des pouvoirs qui enverra peu à peu aux oubliettes l’ancien régime du capitalisme et fera grandir l’humain dans l’humanité.

 

La démocratie comme mode de vie

La démocratie doit être au coeur du vivre ensemble, par la reconnaissance d’une souveraineté populaire pleine et entière comme étant seule légitime. Aucun pouvoir, fut-il éclairé ou savant, ne saurait s’affranchir du peuple et gouverner sans lui. Nous proposons de démocratiser tous les espaces de la société, en recherchant partout à pousser les feux de l’intervention citoyenne et de la co-élaboration.

 

- Nous voulons une nouvelle République, où l’exercice de la démocratie ne consistera pas à abdiquer son pouvoir de citoyenne ou de citoyen. Dans toutes les institutions, nous voulons rompre avec le présidentialisme, en finir avec le cumul des mandats en nombre et en durée, favoriser la délibération et l’exercice collectif des responsabilités, promouvoir la proportionnelle comme mode de scrutin à toutes les élections locales et nationales, trouver les voies d’une parité effective, ouvrir un droit d’initiative législative populaire et un droit de saisine des institutions. Nous proposons également pour faire vivre la démocratie et lutter contre la professionnalisation de la politique, la création d’un statut de l’élu-e.

Au sein de cette République, nous voulons une vraie démocratie locale, dont les communes doivent être le coeur battant. Elles devront y développer l’esprit coopératif à chaque fois que nécessaire en faisant respecter l’esprit décentralisateur et la souveraineté populaire. Nous sommes pour une citoyenneté de résidence et nous défendons le droit de vote des étrangers vivant dans notre pays.

Pour prendre le pouvoir, il faut comprendre le monde. Notre exigence de démocratie rend nécessaire l’accès de toutes et tous aux savoirs.

Nous proposons une véritable démocratie économique et sociale, qui instaurera l’exercice de nouveaux pouvoirs pour les salarié-es dans les entreprises et transformera les structures juridiques qui fondent aujourd’hui la propriété du capital et son pouvoir absolu, en s’appuyant sur des formes diverses de propriété publique et sociale. La citoyenneté ne doit pas s’arrêter à la porte des lieux de travail. Sans attendre, nous voulons que les salarié-es et leurs représentant-es disposent de droits et pouvoirs d’intervention sur les choix qui président à l’organisation du travail, aux investissements, aux stratégies des entreprises et à leur financement. Nous voulons permettre aux organisations syndicales de tenir la place essentielle qui leur revient dans la démocratie sociale. Il en est de même pour les élus locaux et les élues locales, de par leur rôle décisif dans l’aménagement du territoire.

Nous proposons une administration démocratisée des services publics et leur expansion coopérative jusqu’à la gestion des biens communs de l’humanité. Nous voulons libérer des griffes du marché l’eau, l’énergie, et plus largement des secteurs essentiels à la vie de l’humanité, y compris la monnaie... Nous voulons ouvrir des droits garantis par des services publics dans les domaines du logement, de l’information, de la communication, des transports, de la santé, ou du crédit. Nous voulons développer la gratuité de ceux qui sont essentiels à la vie de chacune et chacun.

 

- La fuite en avant libérale opérée par l’Union européenne n’a cessé de s’exacerber, au point de la plonger dans une crise existentielle qui appelle des transformations fondamentales. Ainsi, la finalité même de la construction européenne doit être redéfinie. L’Europe doit devenir un grand projet humain, capable de peser pour un monde de coopération. A l’opposé des forces nationalistes qui opposent entre eux des peuples qui souffrent du même mal, nous voulons refonder la construction européenne pour bâtir une Europe des peuples, dont le but sera le progrès humain, social et écologique, et non plus la concurrence acharnée et la grande compétition des humains. Aussi, sa première ambition devra être de s’émanciper des marchés financiers. Par la coopération, elle devra permettre de mobiliser démocratiquement tous les atouts disponibles au service de la promotion des capacités humaines et d’assurer la gestion solidaire des biens communs.

Parmi les changements majeurs, il est urgent de mettre fin à l’indépendance de la Banque Centrale Européenne, qui doit être placée sous contrôle démocratique et citoyen. Elle devra être enfin autorisée à battre monnaie pour financer les dépenses publiques et les investissements s'inscrivant dans les nouvelles priorités, aux conditions les plus favorables et dans une logique de long terme et contribuer à un essor concerté des services publics. Elle devra également favoriser la réduction des inégalités de développement entre pays membres. Parallèlement, un audit citoyen de la dette, devra permettre aux Etats de se libérer des charges illégitimes que les financiers veulent leur extorquer.

Nous voulons repenser la démocratie européenne. La gestion commune des biens, intérêts et projets communs doit résulter de choix souverains, faits en pleine connaissance de cause après information et consultation des citoyennes et des citoyens. Il faut donc créer les conditions -politiques, institutionnelles, culturelles- favorisant leur implication dans l'élaboration des politiques européennes, le contrôle de leur mise en oeuvre et l'évaluation de leurs effets. L’Europe refondée ne saurait altérer la souveraineté populaire ou nier les nations qui la composent, mais doit s’imposer le devoir de pousser les feux de la démocratie représentative, participative et citoyenne.

Enfin, ses principes doivent respecter ceux de la Charte des Nations Unies. Elle devra se montrer exemplaire dans l'engagement solidaire et responsable face aux enjeux vitaux de notre temps : environnement, paix, développement... Il lui faudra ainsi rechercher tous azimuts des partenaires pour coopérer à la transformation du monde.

 

- Nous voulons un monde de paix, de partage et de solidarités. La paix ne saurait être garantie que par la justice, le respect du droit et de la souveraineté des peuples. C’est ce qui fonde notre soutien à la lutte légitime des peuples de Palestine, du Kurdistan, du Sahara occidental en particulier. Nous nous opposons à l’impérialisme et à ses guerres. Partout, les relations entre les peuples doivent se bâtir sur les coopérations et la sécurité, dans la quête d’un nouvel ordre mondial. Face aux nouveaux enjeux de la sécurité internationale, comme face à la gravité de la situation, en particulier au Moyen-Orient, il est urgent de mettre à l’ordre du jour, avec l’exigence du règlement politique des conflits, le désarmement multilatéral, en matière nucléaire et bien au-delà.

C’est sur cette base, de solidarité et de responsabilité collective, que nous proposons de refonder les institutions internationales, d’agir pour sortir de l’OTAN et la dissoudre. Nous sommes également convaincus qu’il faut en finir avec les orientations des institutions financières internationales telles le FMI et la Banque mondiale, qui conditionnent toute forme d'aide à nombre de pays du Sud, et même aujourd'hui d'Europe, aux politiques néo-libérales d'austérité et de régression sociale. Une véritable révolution monétaire doit voir le jour pour mettre fin à la domination du dollar, pour mettre en oeuvre progressivement une monnaie commune mondiale visant à répondre aux besoins de coopération et de co-développement en mobilisant les moyens existants et nécessaires et en favorisant le développement des services publics. C'est l'ensemble des organisations internationales, y compris l'ONU, qui doivent être transformées et démocratisées afin de pouvoir répondre aux exigences du multilatéralisme, de la coopération et du développement humain durable. Il y a urgence à mettre en discussion un manifeste pour un développement humain durable à l’échelle mondiale, afin d’engager une discussion sur la satisfaction des besoins essentiels de tous les êtres humains et sur la gestion des ressources communes de l’humanité.

 

Produire, consommer et partager autrement les richesses

Le capitalisme abime les liens des êtres humains avec la nature et des êtres humains entre eux. Avec lui, tout est devenu marchandise, tout est devenu source potentielle de profit pour quelques uns. Nous voulons faire grandir la conscience que l’humanité a d’elle-même et lui permettre d’organiser la façon dont elle subvient à ses besoins et crée les moyens de son épanouissement.

 

- La question du travail et des rapports d’exploitation est centrale. Les vagues de suicides qui ont frappé de grandes entreprises ont dramatiquement mis le projecteur sur l’augmentation de la souffrance au travail, due à la pression permanente et à la perte de sens. La course insensée à la compétitivité ne saurait qu’aggraver cette situation. Le travail doit être garanti comme le droit de chacune et chacun à se réaliser, à participer à l’effort commun au service de la collectivité en fonction de ses moyens, en contrepartie d’un revenu lui permettant de se nourrir, se vêtir, se loger, se cultiver, se détendre, voyager...

Pris dans toute sa dimension, le travail doit être un lieu de créativité, d’épanouissement et de vie sociale. Il faut donc le réorganiser et le repenser en mettant au placard les techniques de management inhumaines et le recours à la précarité. La place des femmes à tous les niveaux de responsabilité dans l’entreprise, le refus du temps partiel imposé et la rémunération de leur travail à égalité avec les hommes doivent être des normes respectées.

Les potentialités actuelles doivent permettre de réduire le temps de travail dans une vie, mais aussi de construire un système de sécurisation de l’emploi et de la formation pour éradiquer le chômage, démarchandiser le travail, et répondre aux besoins de formation, pour la société dans son ensemble et pour chacun de ses membres.

Les attaques violentes contre le droit à la retraite, à la santé, à l’assurance chômage, aux prestations sociales ont rencontré de grandes résistances. Nous réaffirmons notre choix fondamental en faveur d’une protection sociale solidaire de haut niveau.

Pour répondre aux aspirations de la société, nous voulons sortir de la défensive en portant, à partir des luttes sur l’hôpital, l’école ou encore la recherche, une expansion des services publics à l’échelle européenne. Leur développement est à la fois une nécessité économique de relance et une question de justice.

 

- Nous ne cèderons pas au MEDEF qui entend passer commande de la main d’oeuvre dont il a besoin en enfermant les étudiant-es dans l’acquisition de compétences restreintes et en en dédouanant les entreprises de leur propre rôle de formation. L’éducation et la formation doivent permettre l’élévation générale du niveau des connaissances et des capacités dont la société a besoin, et fournir aux êtres humains de quoi se construire comme individus libres et responsables. Ces périodes doivent être reconnues comme partie intégrante du travail que chacune et chacun fournit dans une vie au service de la collectivité. Il convient également de libérer le développement de la recherche, avec une forte impulsion publique et dans un esprit de mise en commun des découvertes pour faire avancer l’humanité et lui permettre de résoudre sans attendre les grands problèmes qui lui sont posés. Une nouvelle culture de partage et d’intercréativité de tous les êtres humains, en germe dans la révolution numérique et informationnelle devra être promue. 

 

- La crise a accéléré la destruction de sites de production entiers et l’abandon de savoir-faire industriels laissant des centaines de milliers d’ouvrières et d’ouvriers sur le carreau. C’est insupportable ! Nous voulons continuer à produire, dans le respect de l’environnement. Nous n’acceptons pas ce gâchis humain, social, écologique et économique que veulent imposer les grandes multinationales dans leur course à la concurrence. Vivre et travailler au pays, le slogan n’est pas d’aujourd’hui. Nous voulons mettre en oeuvre d’autres modèles de gestion que ceux du capitalisme financiarisé. Nous voulons gagner une politique industrielle et de services, reposant sur des pouvoirs d’intervention des salarié-es, un nouveau crédit sélectif et des filières stratégiques cohérentes,. Nous voulons organiser la coopération entre les sites de production comme le proposent souvent les organisations syndicales, et favoriser les circuits courts qui économisent la planète. Nous voulons instaurer un droit de préemption pour les salarié-es sur leur outil de travail, développer l’économie sociale et solidaire. Des nationalisations doivent être opérées dans plusieurs secteurs stratégiques et pour reconquérir la gestion de biens communs. Nous voulons, sous de multiples formes, engager un grand mouvement d’appropriation sociale.

 

- La planification écologique doit devenir l’outil du débat démocratique, afin de maîtriser les enjeux de production, d’éviter les gaspillages de ressources, les atteintes à la biodiversité et d’organiser la véritable réponse aux besoins. Ainsi, dans un contexte d’expansion des besoins énergétiques mondiaux, il faudra juguler le réchauffement climatique à l’échelle de la planète par une réduction progressivement massive du recours aux énergies carbonées  qui sont responsables des émissions de gaz à effet de serre. De ce fait, la transition énergétique française, pour rendre effectif le droit à une énergie pour tous devra passer par un important effort de sobriété et d’économie d’énergie dans l’habitat et les transports,  ainsi que par un mix énergétique entièrement public, portant des exigences accrues de sûreté sur le nucléaire et de plus en plus marqué par les énergies renouvelables. La recherche devra être déployée dans tous ces domaines.

Il est grand temps de sortir du cycle infernal productivisme-consumérisme, qui n’a d’autre finalité que les profits de quelques uns. Il faut donner un tout autre contenu à la croissance, imposer des exigences qui ne peuvent êt

re que celles d’un développement humain durable. Il faudra traquer, par exemple, l’un des choix stratégiques les plus symboliques de l’absurdité du système : l’obsolescence programmée, qui voit des entreprises produire des biens à durée de vie volontairement déterminée pour fidéliser, en quelque sorte, leur clientèle…

L’eau devra être reconnue comme un bien commun de l’humanité, garantie comme un droit pour les populations et partagée jusque dans la gestion publique et coopérative des ressources. Il faut également anticiper les moyens de relever le défi alimentaire, en quantité comme en qualité, en refusant la mainmise des multinationales sur la production agricole avec ses organismes génétiquement modifiées et son modèle autant intensif qu’extensif qui constitue la négation de la souveraineté alimentaire et de l’agriculture paysanne comme de la pêche artisanale. En refusant également de laisser la grande distribution venir spéculer, ponctionner et orienter à sa guise, privant les producteurs d’une juste rémunération. Il faut changer de logique en imposant les exigences d’un développement humain durable. Notre croissance est celle du développement social et écologique, pas celle de l’accumulation du capital.

 

- Le but du travail ne saurait être de produire toujours plus d’objets de consommation rentables et jetables, mais de permettre à l’humanité de vivre bien. Les inégalités de revenus exorbitantes sont une insulte à la dignité humaine, elles méritent qu’on s’y attaque en définissant des revenus minimum et maximum. Nous voulons repenser l’impôt, taxer l’argent du capital augmenter sa puissance redistributive et sa capacité à orienter les grands choix des entreprises. Les richesses produites, aujourd’hui usurpées et gaspillées, devront échapper à la mainmise de la finance et des spéculateurs. Nous voulons réorienter fondamentalement l’argent des profits, l’argent des banques et l’argent public vers les salaires, la garantie de droits sociaux, l’investissement productif écologique, la recherche, l’expansion des services publics. Les nouveaux pouvoirs des salarié-es devront les placer au service des objectifs sociaux qui expriment notre ambition : l’humain d’abord ! Dans cet esprit, la réorientation du crédit bancaire est une priorité stratégique pour mettre en cause le pouvoir des marchés financiers. Déjà, des luttes sociales et politiques se mènent pour traduire cette exigence dans des dispositifs institutionnels concrets comme la constitution d’un pôle financier public et le déploiement de fonds régionaux pour l’emploi et la formation.

 

Le choix résolu de la dignité humaine

Chaque vie humaine est essentielle à l’humanité. Pour nous, le libre développement de chacune et chacun est la condition du libre développement de toutes et tous. Naître, c’est accéder à la liberté, à l’égalité et à la fraternité. Ces valeurs toujours révolutionnaires ne peuvent vivre que si elles avancent du même pas. Il faut pour les garantir, que la souveraineté populaire s’exerce pleinement, dans un esprit de laïcité. Nul ne peut imposer aux autres ses convictions, qu’elles soient religieuses, politiques ou philosophiques. De même, nul ne peut être discriminé en raison de ses origines, de son sexe, de son handicap, de tout prétexte que l’on pourrait utiliser pour abaisser celui qui est différent de soi, ou celle que l’on ne comprend pas. L’égalité entre femmes et hommes doit maintenant devenir une réalité et les violences faites aux femmes être éradiquées. Réformer le mariage, comme l’adoption,en en faisant un droit pour toutes et pour tous, serait au passage une belle manière de reléguer dans le passé l’esprit de domination dans lequel il a été bien souvent utilisé dans l’histoire de nos sociétés.

 

- L’exercice concret de la démocratie, dans un quartier populaire, dans une commune, est un geste essentiel au service de la rencontre. La République doit mettre en dialogue toutes les représentations du monde, dans la mesure où elles ne contestent pas son principe. Ainsi, nous refusons la conception qui ferait de la laïcité un principe de stigmatisation et d’exclusion. Nous refusons aussi cette conception qui ferait de l’espace public un lieu aseptisé, où l’on s’efforcerait de n’être que semblable aux autres, les convictions des individus étant refoulées dans une «sphère privée». C’est là qu’elle doit tisser la toile des valeurs communes qu’il faut sans cesse continuer. Nous voulons porter une vision restaurée de la laïcité, qui garantisse la liberté de conscience et l’égalité de droits et l’indépendance de l’Etat à l’égard de toute religion et de toute autorité hormis la souveraineté populaire. Aussi, nous nous opposons à tous les intégrismes qui instrumentalisent les religions à des fins politiques, en portant atteinte aux libertés et à la dignité des femmes.

 

- Nous voulons développer l’accès à la culture, à l’information et aux connaissances, mais aussi leur appropriation sociale, en élargissant ce que les êtres humains ont en commun ou peuvent partager et qui construit leur humanité. Il s’agit de dépasser les querelles identitaires dépourvues de sens et de permettre à chacune et chacun d’être maître de son destin individuel en participant au destin collectif. Nous imaginons une information subtilisée aux mains des financiers et démocratisée. Nous voulons en finir avec une éducation mise au service de la rentabilité et des intérêts du capitalisme. Construire une culture commune exige un grand service public de l’éducation pour toutes et pour tous. Nous voulons sortir de la marchandisation des oeuvres de l’esprit, de l’avilissement de la culture, réduite au rang de passe-temps chargée de produire du temps de cerveau disponible. La culture peut donner dans la gravité ou dans la légèreté, mobiliser l’intelligence ou les émotions, prétendre à de grands bouleversements ou n’avoir aucune prétention, mais elle ne saurait être le résultat d’une production industrielle passée au tamis du marketing pour abaisser le peuple et le rendre docile. L’art, la culture, l’imaginaire sont des vecteurs essentiels des créations humaines, des moteurs de transformation sociale, des révélateurs de citoyenneté et d’humanité. Vecteur d’accomplissement de soi et de relations humaines, le sport doit être libéré de la domination de l’argent : la libre association et le bénévolat sont des facteurs essentiels pour y porter l’exigence de partage et de démocratie.

 

- La République ne se fige pas dans une image d’Epinal surannée en brandissant le drapeau français. Ce que porte le drapeau français, ce sont les valeurs généreuses de la Révolution, celle de « Ma  France » de Jean Ferrat et nulle haine recuite. Nous ne nous sentons pas menacés par l’immigration. Elle est un drame pour celles et ceux qui en viennent à quitter leur pays pour fuir la misère, dont bien souvent le pillage colonial est l’origine. Nous voulons résorber les inégalités planétaires. Mais il faut également lutter contre les marchands d’illusions, les passeurs et trafiquants qui rançonnent les migrants. Pour celles et ceux qui n’ont d’autre choix que de partir, le départ est une déchirure. L’arrivée ne doit pas en être une seconde. Nous voulons accueillir celles et ceux qui sont là, qui travaillent, leur donner des papiers et les mêmes droits. Notre patrie, c’est celle des droits de l’homme et de la femme.

 

- Nous combattons la misère qui détruit les vies humaines, et nous entendons faire admettre le droit essentiel de tout être humain à vivre pleinement et le droit d’être secouru par la solidarité nationale en cas de difficulté. Contre les politiques de seuil qui concentrent de faibles deniers publics sur la population la plus paupérisée, nous voulons retrouver le chemin d’une vraie protection sociale. Nous voulons permettre au travail social de renouer profondément avec sa raison d’être. Nous défendons un véritable droit au logement, soutenu par des politiques publiques volontaires.

 

- La dignité humaine est un droit qui doit être garanti jusqu’au bout de la vie. C’est pourquoi nous voulons refonder la protection sociale mise à mal par les directives européennes, les réformes régressives et les attaques des assurances privées. La protection sociale doit prendre en charge toutes les situations de handicap. Elle doit également prendre en charge la perte d’autonomie. Nous défendons l’obligation de combattre la douleur, cela demande de véritables moyens. Le développement des soins palliatifs est une exigence d’humanité, qui n’est pas compatible avec l’acharnement thérapeutique en fin de vie. Nous combattons enfin la marchandisation des corps sous toutes ses formes.

 

- Le respect de la dignité humaine s’impose même pour ceux qui enfreignent les lois. Opposants résolus à la peine de mort et à toute logique de vengeance, nous voulons sortir du tout carcéral, nous voulons des peines qui protègent mais aussi des peines qui permettent la réinsertion. Nous refusons de voir des hommes et des femmes enfermés dans leurs crimes ou leurs délits sans jamais pouvoir retrouver leur place dans la société. Nous savons que cela demande de la part de la société un accompagnement exigeant, mais nous savons aussi que cette attitude peut transformer des individus.

 

 

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 17:46

PARTIE 2


 La révolution citoyenne pour gagner le changement

1- Prenez le pouvoir,

2- Une stratégie à dimension internationaliste,

3- La gauche au pouvoir en France, pour quoi faire ?

4- Sans attendre, gagner le changement,

  

 

1- Prenez le pouvoir

La politique est notre chemin. Nous la savons décriée et discréditée, parce que l’on s’est tellement appliqué à la rendre impuissante. Pour nous, elle est un outil d’émancipation ; pour les puissants, elle est l’art de domestiquer le peuple. La démocratie est notre but ; elle est aussi notre chemin.

En convainquant les hommes et les femmes que leur voix et leurs actes comptent, nous voulons donner à chacune et chacun un vrai pouvoir sur sa vie, leur donner confiance en nos ressources communes pour faire face aux grands enjeux. Nous voulons redonner sens à la souveraineté populaire bafouée à grande échelle comme ce fut le cas à la suite du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen. Nous voulons permettre aux femmes et aux hommes d’investir à tout moment tous les lieux possibles et imaginables, dans un vaste mouvement d’appropriation citoyenne capable de formuler et de rendre incontournables les aspirations populaires.

Chaque attaque menée contre l’intérêt général, doit nous amener à faire avancer la bataille des idées, à mettre en mouvement le plus grand nombre, à faire grandir la force de l’intervention citoyenne.

Si le pouvoir a en partie été transféré en dehors de la sphère républicaine par les démissions et les abandons successifs, les institutions continuent d’être mises sous pression pour répondre aux exigences de compétition des marchés financiers et de leurs fameuses agences de notation. Pour qu’elles regagnent une véritable capacité d’intervention au service de l’intérêt général, cela passera par une légitimité populaire retrouvée dans la pratique comme dans les objectifs. C’est pourquoi la participation et la mise en mouvement citoyennes sont au coeur de l’action farouche des élu-es communistes dans toutes les institutions où ils sont présents. Cet état d’esprit est le nôtre du local au mondial.

Au-delà, nous voulons démocratiser tous les espaces de la société. Dans les entreprises, privées et publiques, qui fonctionnent sur un modèle monarchique, l’action des organisations syndicales participe de cette dynamique que nous souhaitons. Les salarié-es doivent gagner du pouvoir sur l’organisation du travail comme sur les grandes orientations de l’entreprise et son financement. Tout comme dans les lieux d’éducation et de formation, où il y a également un pouvoir d’intervention à gagner sur l’organisation de la vie sociale, sur les apprentissages et leur but.

 

2- Une stratégie à dimension internationaliste

Nous voulons agir dans le même temps aux plans local, national, européen et international pour gagner des changements à tous les niveaux qui se nourriront mutuellement. 

Pour cela, nous devons travailler à faire converger les mobilisations et à leur permettre d’apparaître dans toute leur dimension. C’est d’autant plus nécessaire que lorsque les femmes et les hommes et se rendent compte que les combats d’ici rejoignent ceux qui se mènent ailleurs, l’espoir grandit.

Cette conscience est en train de s’affirmer parmi les communistes et progressistes du monde entier. La situation actuelle appelle donc la constitution d’un réseau international progressiste très ouvert pour agir sur des objectifs immédiats, mais aussi pour faire grandir la contestation de l’impérialisme et l’alternative au capitalisme. C’est l’esprit dans lequel nous sommes également partie prenante des Forums sociaux mondiaux et de tous les espaces de coopération politique comme celui noué entre le Parti de la Gauche Européenne et le forum de Sao Paulo. Nous contribuons aussi à initier et à développer de tels espaces avec les forces africaines, avec celles de la Méditerranée ou d'Asie.

 

Faire sauter le verrou de l’Europe austéritaire

Il est désormais de plus en plus acquis dans notre quotidien que les questions européennes sont des questions de politique intérieure. Loin des peuples qu’ils gouvernent, les chefs d’Etats du continent peaufinent ensemble patiemment à Bruxelles des politiques standardisées. Pour beaucoup, le fonctionnement même de l’Union européenne semble rendre impossible les changements progressistes et constitue un élément important de leur sentiment d’impuissance. Nous voulons faire sauter le verrou de l’Europe libérale.

Pour cela, nous décidons de donner une place majeure dans nos analyses et dans notre action à cette dimension européenne par laquelle passent aujourd’hui de nombreux choix dont les citoyennes et citoyens sont dessaisis.

Là où des forces actent l'impuissance à changer l'Europe, prônant une dissolution de la zone euro qui renverrait d'une autre manière chaque peuple à la même guerre économique, nous pensons indispensable de lutter contre les divisions et les nationalistes, et de construire des rapports de force solidaires entre peuples à l'échelle de l'Europe pour émanciper le continent de l'emprise des marchés. Il est nécessaire d’approfondir une stratégie politique européenne.

Nous voulons augmenter encore la dynamique du Parti de la gauche européenne et favoriser avec lui tous les espaces de coopération où pourront se rassembler les forces politiques, sociales et citoyennes qui remettent en cause les orientations européennes actuelles, et sont disponibles pour travailler à des alternatives à l'échelle européenne.

En juin 2014, les élections du prochain Parlement européen seront un moment clef pour faire le bilan de la politique austéritaire européenne et faire grandir le rapport de force en faveur d'un changement profond. Nous devrons y porter l’ambition de refonder l’Union européenne. Nous devrons mener une campagne de dimension européenne cherchant à faire converger le maximum de forces de gauche des différents pays, avec l'objectif de renforcer dans le parlement européen le groupe GUE-NGL le plus fort possible. En France, pour atteindre cet objectif, nous devrons constituer les listes d'un Front de gauche européen élargi pour rassembler toutes les forces transformatrices. Dans cette optique, nous proposons au PGE d’organiser des forums progressistes pour la refondation de l’Europe.

 

3- La gauche au pouvoir en France, pour quoi faire ?

 

La victoire contre Nicolas Sarkozy

Pendant une décennie, après cinq années d’un gouvernement de gauche plurielle auquel nous avions choisi de participer, la droite a exercé le pouvoir en France sous la domination de plus en plus marquée de Nicolas Sarkozy.

Si nous avions su être utiles, notre présence et notre action n’avaient pourtant pas permis de répondre suffisamment aux besoins et aux attentes. La droite et l’extrême droite en embuscade en avaient profité pour administrer à la gauche sa plus douloureuse défaite.

La droite y a puisé la force d’engager une politique de régression radicale, cherchant à en finir avec les acquis des grands mouvements populaires, à commencer par ceux de la Libération. Pour garder le pouvoir, sous l’impulsion d’un Nicolas Sarkozy avide de provoquer de graves mutations idéologiques, elle s’est engagée dans une course-poursuite nauséabonde et dangereuse avec les forces d’extrême droite.

Sa politique du traumatisme permanent a pu provoquer en même temps que de vives  résistances, un profond découragement dans la société.

Mais cela n’a pas suffi à éradiquer l’espoir en un monde meilleur. Ainsi, les échéances de 2012 ont vu notre peuple chasser, in extremis, le « Président des riches ». Dans cette victoire, avec le Front de gauche, nous avons joué un rôle majeur en dévoilant les enjeux, en faisant grandir l’espoir et en donnant du contenu au changement.

 

L’irruption du Front de gauche

Dans la dynamique du Front de gauche, notre parti a opéré un retour remarqué sur la scène politique, et une transformation de sa propre représentation dans l’opinion publique.  Toute une partie du peuple de gauche s’est peu à peu reconnue dans notre démarche commune et l’a investie de son espoir. Ainsi, progressivement, au fil des élections, nous avons réussi ensemble à faire grandir cette dynamique, jusqu’à bousculer les plans préétablis de l’élection présidentielle, avec notre candidat, Jean-Luc Mélenchon, en réalisant une large unité de forces antilibérales et anticapitalistes jusqu’ici très divisées. Cependant, le présidentialisme et la bipolarisation des institutions ont continué de s’approfondir. Si nous avons pu affronter cette réalité avec un réel succès lors de l’élection présidentielle, nous ne sommes pas parvenus à confirmer cet élan, aux élections législatives, dont notre parti avait pourtant fait un enjeu majeur. A la suite de l’élection de François Hollande, nous n’avons manifestement pas su convaincre de notre utilité au sein d’une majorité qui ne serait pas dirigée par nous. Malgré les progressions de nos candidat-es, nous n’avons pas réussi à capter l’envie de changement qui s’est cristallisée plus fort encore dans un soutien massif aux candidat-es du Président de la République élu, nous faisant perdre des député-es. Aussi, le Parti socialiste et les Verts croient pouvoir se passer du Front de gauche, pour gouverner comme ils l’entendent. Nous ne pouvons d’autant moins nous en satisfaire que nous avons su donner force ensemble à l’alternative. Cette réalité montre le chemin qui reste à parcourir pour démonter le sentiment d’impuissance et convaincre qu’il existe une voie pour rendre possible ce qui, à beaucoup, semble souhaitable.

 

Et maintenant, le changement ?

Plus que « le changement c’est maintenant », François Hollande a promis un changement de Président. Cependant, les deux musiques, celle du changement, un peu floue, et celle de la rigueur se sont superposées. D’une certaine façon, par cette volonté d’assurer « un mieux », même petit, ce résultat porte la marque du sentiment d’impuissance qui a élu domicile dans les esprits. Mais derrière cette victoire se cache également un espoir réel pour toute une partie de la population. Nous ne voulons pas qu’il soit déçu, mais qu’il continue de s’exprimer aujourd’hui et demain.

Or depuis sa prise de fonctions, le gouvernement roule à contresens. Tout se passe comme si l’actuelle majorité s’appliquait à gérer les suites du quinquennat précédent.

Il est d’abord demeuré sans réponses satisfaisantes aux urgences, sans gestes forts annonçant une réparation des blessures de la droite et sans ambition de transformation. S’il y eut quelques mesures positives, comme la suppression du bouclier fiscal et l’annonce d’une loi autorisant le mariage et l’adoption par les couples de même sexe, les actrices et les acteurs du grand mouvement pour le droit à la retraite qui a préparé la défaite de la droite en sont pour leurs frais. En réalité, obnubilé par les exigences des marchés financiers, parmi lesquelles la réduction de la dette -et en fait celle des dépenses publiques-, le gouvernement est bien en peine d’apporter de véritables réponses aux besoins. Si les engagements pris étaient frappés au sceau de véritables contradictions, ceux qui commencent à être reniés sont justement ceux qui nous paraissaient aller dans le bon sens. Ainsi, la décision de ratifier en l’état le traité européen écrit à quatre mains par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, alors qu’il n’a pas été renégocié, manifeste le choix de promouvoir les orientations austéritaires de l’Union européenne. C’est un acte grave, qui sera définitivement entaché d’irrégularité démocratique. Avec son refus de contester le pouvoir de la finance, le gouvernement n’est pas en capacité de combattre la crise. Il l’aggrave même avec son plan d’économies budgétaires sans précédent. Au fond, la question est posée : où est passé le changement ? Cette situation est symptomatique : il n’y a plus de marges hors l’impulsion de vraies ruptures avec les logiques du système. C’est pourquoi rien n’est immuable. De plus en plus, le gouvernement devra faire face à d’importantes contradictions auxquelles il doit trouver des solutions. Le débat est en train de prendre de l’ampleur, y compris au sein de la majorité gouvernementale. Nous ne restons pas en dehors et nous faisons tout pour que notre peuple s’y invite, dans un large front contre l’austérité.

 

4- Sans attendre, gagner le changement

 

Faire reculer la droite et l’extrême droite

Déjà, l’extrême droite est aux aguets pour exploiter chaque déception populaire et pour prospérer sur la peur du déclassement. Partout en Europe, on mesure avec effroi les percées qu’opèrent les mouvements qui s’en revendiquent. Dans des sociétés dévastées par la crise, l’extrême droite s’applique à pratiquer exacerbation identitaire dont la droite a aidé à créer les conditions. Se présentant abusivement comme des forces anti-système, elles développent un discours d’incitation à la haine, jouant sur la peur des individus pour les fragiliser et les conduire à abdiquer de leur humanité et leur liberté.

La droite, sonnée par la défaite, est elle aussi déjà sur le chemin du retour. En son sein, ils sont nombreux à imaginer que sur la base des thèses nauséabondes de l’extrême droite, pourra se dessiner une nouvelle alliance à même de changer radicalement les rapports de force politiques.

C’est pourquoi nous devons continuer de mener un combat offensif face à ces idées, qui ne peut se contenter d’une diabolisation. Son projet représente pour nous le plus grand des dangers, et nous ne devons avoir de cesse que de nous expliquer sur les raisons qui fondent notre rejet catégorique de l’extrême droite.

Pour nous, il s’agit bien d’un combat de classe, qui a pour ambition de faire reculer la division et de renouer les liens de la solidarité. Pour cela, nous devons trouver les moyens de toujours mieux donner à comprendre le monde et la politique ; nous devons rendre crédible la perspective de changements concrets.

Nous refusons de nous laisser enfermer dans un jeu en miroir avec le Front National, dont certains se servent pour nous marginaliser. Nous combattons les forces de la finance, qui ont diverses manières de se faire représenter en politique, dont celle-là, qui est la plus terrible.

 

Mener la bataille des idées et de la culture

Nous voulons renverser la domination idéologique et culturelle que l’on nous impose. Une domination marquée par un grand mépris du peuple dont il s’agit de faire un troupeau d’animaux dociles, uniformes et rongés par le désir d’acheter.

Dans cet esprit, nous voulons nous attaquer à l’emprise des forces d’argent sur les médias et l’information. Le formatage et la marchandisation de celle-ci, la fabrication et le matraquage d’un imaginaire conforme aux besoins du capital constituent des moyens essentiels de sa domination, et de véritables obstacles à l’expression des aspirations qui travaillent la société. Libérer les médias est une exigence majeure. Dans chacun des espaces possibles, notamment dans l’audiovisuel public, nous voulons livrer notre regard sur l’actualité et la manière dont elle est présentée. L’Humanité comme l’ensemble des organes de presse dont nous animons le développement sont des outils essentiels dans cette bataille. Nous devons également produire un nouvel effort pour investir les nouveaux moyens de communication et d’information, jusque dans leur dimension participative, avec le souci d’approfondir la réflexion et d’affronter les contradictions. Le moindre sujet est désormais prétexte à développer des visions du monde simplistes et bâties sur la réaction de l’instant. Nous devons nous en saisir pour pousser la réflexion et ouvrir d’autres perspectives. Nous devons également combattre la dictature des experts du système, dont les savants développements estampillés du sceau de l’objectivité sont destinés à clore les débats et les cheminements de pensée.

Enfin, nous voulons donner toute sa place au développement de la création et permettre une réelle appropriation des oeuvres de l’esprit en donnant un nouvel élan à l’éducation populaire. Notre expression doit y puiser les moyens de parler au coeur des femmes et des hommes, de les toucher dans ce qui fait leur vie et leur être.

Ce n’est pas en professant quelque morale que l’on luttera contre celles et ceux qui veulent étiqueter les êtres humains mais en ouvrant les pistes dont on voudrait leur interdire l’accès.

 

Faire grandir les fronts du changement

A chaque fois que nous le pouvons, nous voulons oeuvrer à rassembler toutes les forces disponibles afin d’ouvrir des brèches au changement. Sur chaque sujet, il s’agit de constituer le front le plus large pour gagner, comme nous avons voulu le faire face au Traité européen.

Le développement en cette rentrée d’un mouvement syndical et social à haut niveau revendicatif, avec l’existence de convergences nouvelles pour faire reculer les politiques d’austérité, le travail poursuivi par le mouvement associatif et culturel, doivent nous amener à approfondir encore cette rencontre avec eux et ce lien, dans le respect et l’indépendance de chacun.

Nous voulons être utiles, tout de suite, à gagner des avancées immédiates. C’est à partir des luttes qui se développent, des propositions qui grandissent et des aspirations populaires que nous pourrons dépasser les mécontentements et les déceptions pour faire mouvement.

C’est une dimension essentielle de notre combat, à travers laquelle des hommes et des femmes pourront faire l’expérience du poids de leur engagement et de leur capacité à transformer les choses. Depuis le quartier jusqu’aux questions internationales, nous voulons continuer à nous rassembler avec d’autres pour faire de l’espace aux aspirations et à créer les rapports de force qui peuvent les imposer.

 

Fenêtre 3 : La gauche et le changement en question

Des forces de gauche, le Parti socialiste avec Europe Ecologie - Les Verts, sont au pouvoir en France, et le changement n’est pas à l’ordre du jour. On nous pose la question : opposition ou majorité ? Alors que le clivage droite-gauche continue de structurer l’électorat, comment nous y situons-nous ? Quel sens recouvre aujourd’hui l’idée de gauche ? Comment se positionner face à l’impasse social-libérale en France et en Europe ? Comment redonner force à la gauche ? Comment faire grandir la révolution citoyenne ? Nous devons mieux caractériser notre démarche offensive.

 

Engager une nouvelle étape du Front de gauche

Le Front de gauche porte un immense espoir. Son irruption est un phénomène politique majeur. Il est la manifestation politique et électorale à laquelle nous sommes parvenus, avec nos partenaires, en appliquant de cette stratégie de fronts de rassemblement. Pour nous, il s’agit d’une dynamique durable qui n’est pas achevée. Depuis que nous l’avons initié, le Front de gauche a grandi, il s’est installé comme une forme politique nouvelle dans laquelle chaque organisation, chacune et chacun a sa place et se trouve respecté. C’est là que réside sa force.

Avec toutes les forces disponibles, nous voulons écrire la saison deux. Nous voulons donner un nouveau souffle à la dynamique citoyenne qu’il suscite, en permettant à un très grand nombre de femmes et d’hommes de toujours mieux s’y retrouver, notamment par le développement des assemblées citoyennes, qui prennent parfois la forme d’ateliers législatifs. Notre conviction est que ces espaces doivent fortement se développer au plus près des territoires dans les formes adaptées que décident celles et ceux qui y participent. Les fronts de lutte et les fronts thématiques sont des réseaux d'action dont nous pensons qu’il faut pousser plus loin encore l’expérimentation.

Nous voulons élargir fortement le spectre des femmes et des hommes qui se reconnaissent dans le Front de gauche, notamment parmi celles et ceux qui ont contribué à l’avènement de la nouvelle majorité gouvernementale et veulent agir pour le changement. Au-delà des campagnes électorales, nous voulons continuer à cheminer avec un nombre toujours plus important de femmes et d’hommes, inventant les conditions d’un travail en commun. C’est pourquoi nous nous proposons qu’une « coopérative » initiée par le Front de gauche puisse être le lieu où les apports et les expériences d’actrices et d’acteurs du mouvement social, associatif, intellectuel et culturel pourraient se croiser, chercher ensemble à produire du sens, et alimenter la recherche d’une nouvelle perspective politique.

Ensemble, nous sommes porteurs d’une grande ambition. En poursuivant sur le chemin où nous sommes engagés, nous voulons en faire le lieu où la politique devient, de façon de plus en plus irrésistible, l’affaire de toutes et de tous, l’affaire du peuple, contribuant à l’émergence d’un nouveau Front populaire.

Du Front de gauche, nous portons l’ambition d’en faire un grand mouvement capable de bousculer le rapport de force à gauche jusqu’à rendre majoritaires les options de transformation sociale en son sein. Une réorientation politique est la seule hypothèse pour laquelle notre parti serait prêt à participer à l’exercice du pouvoir afin d’apporter son concours à la construction du changement. Nous refusons les orientations social-libérales actuelles du gouvernement, qui conduiraient inévitablement à l'échec si elles étaient poursuivies. Ce serait une catastrophe pour notre peuple, qui remettrait en selle la droite et ferait encore grandir l’extrême droite. Nous voulons donc tout faire pour rassembler la gauche, et gagner un changement de cap pour réussir. Rien ne nous empêchera d’être ensemble la force agissante de la gauche. Il va falloir faire avec nous, il va falloir faire avec le peuple !

Afin de donner force aux exigences populaires, nous proposons au Front de gauche  d’initier ensemble la grande campagne « et vous, quels changements de société voulez-vous ? » Elle pourrait par exemple connaître un moment fort à l’automne prochain avec des Assises du changement.

 

Fenêtre 4 : L’avenir du Front de gauche en question

Nous voulons renforcer le Front de gauche. Des débats le traversent sur sa façon de grandir. Nous n’avons pas toujours la même appréciation des résultats de la séquence électorale passée, de notre stratégie, de notre vie commune, des propositions à porter, des conditions de l’élargissement de cette dynamique. C’est naturel. C’est même une richesse pour donner de la force au mouvement. C’est pourquoi nous voulons engager un débat sans tabou, toutes et tous ensemble, sur l’ensemble des dimensions concernant l’avenir du Front de Gauche.

 

Préparer les prochaines échéances électorales

Nous allons affronter en 2014 deux échéances électorales majeures : avant les européennes viendront les municipales. Et plus tard, en 2015, les élections cantonales et régionales.

Face aux ambitions affichées de la droite et de l’extrême droite, pour chacune de ces échéances, nous voulons rassembler le plus largement possible sur des projets ambitieux qui placent chaque institution en position de répondre aux besoins.

Les communes sont un pilier essentiel de notre République. Une bataille est engagée pour refuser la casse de la démocratie locale : tout en poussant les feux de coopérations choisies, les communes doivent gagner en liberté d’action et en responsabilité. Elles sont de formidables espaces de citoyenneté, de services publics, de culture, de vivre ensemble.

Les communistes sont engagés dans l’action municipale, souvent au sein de majorités de gauche constituées sur des projets. Partie prenantes d’aventures humaines et de l’histoire locale, ils veulent continuer à être utiles au plus près des femmes et des hommes et continuer à leur rendre le pouvoir. C’est pourquoi nous décidons de lancer partout des appels à de larges rassemblements en commençant dès aujourd’hui à construire les contenus qui guideront notre action avec les habitantes et les habitants. C’est avec elles et avec eux que nous voulons créer les conditions de nouvelles conquêtes politiques. Partout, nous entendons ainsi renforcer et augmenter notre influence, en faisant la démonstration sur le terrain qu’une autre pratique et une autre ambition politique sont possibles. La présence d’élu-es communistes au sein des assemblées municipales est un point d’appui essentiel dans les batailles politiques de notre parti. Nous abordons ces élections dans un esprit de conquête, pour mettre en responsabilité plus d’élu-es communistes encore.

La force du Front de gauche sera un atout important, pour aller vers les rassemblements les plus larges possibles à gauche, avec la volonté de faire échec aux appétits de la droite et de l’extrême droite. Ces échéances pourront être l’occasion d’ouvrir des perspectives de sortie de l’austérité et de changement. En ce sens, nous envisageons de tenir un forum national de la démocratie locale, des services publics et des territoires.

 

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 17:45

PARTIE 3

 

Un nouvel élan pour le Parti communiste français 

1- Le nouveau parti pris communiste,

2- Un parti d’émancipation, d’action et de rassemblement,

3- Une ambition démocratique de tous les instants,

4- Un parti populaire, pleinement déployé dans la société,

 

III- Un nouvel élan pour le Parti communiste français

 

Pour mener à bien ces combats, il y a besoin d’un parti communiste déchaîné. Fiers des grandes aventures auxquelles nous avons contribué ces dernières années avec le Front de gauche, nous abordons la période qui s’ouvre avec un appétit d’ogre. Avec les nouvelles énergies qui se rassemblent dans notre maison, nous n’avons pas peur de déclarer notre gourmandise. Non pas celle qui rend malade et qui exige l’excès, mais celle des corps et des esprits qui veulent manger à leur faim, celle du plaisir que l’on partage. C’est sous ce jour nouveau, loin des caricatures, puisant force dans les épreuves qui ont affecté notre combat, que nous nous dévoilons désormais aux yeux de notre peuple. Offensifs, rassembleurs, inventifs, populaires... voilà qui nous sommes. Le parti de l’humain d’abord.

 

1- Le nouveau parti pris communiste

Nous avons affronté le XXème siècle. Au nom du communisme se sont développés des grands espoirs et des combats essentiels mais se sont aussi en certains endroits construites des sociétés d’oppression qui ont échoué à produire l’émancipation humaine que nous portons. Menant ici notre combat et provoquant des avancées sociales et démocratiques majeures, nous avons cependant peiné à nous dégager de l’affrontement qui se jouait dans la guerre froide. Nous avons souffert de voir ainsi notre idéal s’abîmer, de voir les forces capitalistes avoir beau jeu de jeter sur lui le discrédit et de voir l’espoir en un monde meilleur tellement se rétrécir. Mais nous avons choisi de ne pas fermer les yeux et d’en tirer, parfois péniblement, toutes les leçons.

A l’aube du XXIème siècle naissant, nous nous sentons aujourd’hui plus libres et plus forts pour nous tourner vers l’avenir. Nous savons qu’il ne peut y avoir de communisme sans démocratie, sans que le coeur en soit la démocratie. Pour être émancipateur, un projet politique ne peut être qu’une oeuvre collective à laquelle chacune et chacun peut participer.

Le parti communiste change, sans se renier. Il change parce qu’il cherche encore et toujours les meilleures voies pour cette révolution citoyenne. Il change parce qu’il est le bien commun des hommes, des femmes et des jeunes qui le rejoignent de plus en plus nombreux avec leurs révoltes, leurs colères, leurs espoirs, leurs idées, leurs désirs... Il change parce qu’il n’a de cesse que d’être en dialogue avec celles et ceux qu’il rencontre. Il change parce que l’état du monde fait grandir l’urgence et le besoin de changement. Il change et il doit encore changer. Nous portons en nous l’exigence d’une démocratisation toujours plus poussée de notre pratique et de notre organisation. Elle doit continuer de s’expérimenter dans la vie et de se partager au sein de notre Parti. Mais nous savons aussi que l’essentiel de nos transformations est liée à la construction de notre projet, à la façon dont nous saurons en faire un moteur qui nous entraînera où nous n’aurions peut-être pas imaginé aller.

 

2- Un parti d’émancipation, d’action et de rassemblement

Militer est une dimension de nos vies. Militer, c’est chercher la rencontre, c’est refuser l’injustice et l’arbitraire, c’est faire grandir la solidarité au travail, c’est nouer des liens de fraternité dans une cité. Militer, c’est avoir toujours le coeur à portée de main, à portée d’humain.

Nous voulons être un parti différent, qui porte une autre conception de la politique que celle qui consiste à vouloir se réaliser personnellement dans la quête d’un destin politique personnel : celle de faire participer réellement le plus grand nombre au combat commun.

Nous voulons être toujours mieux un parti d’émancipation, où l’on trouve à grandir et à s’épanouir, où le sens de l’engagement de chacune et chacun se partage et s’enrichit de celui des autres. Par l’accès aux savoirs, à la culture, au débat démocratique, nous voulons en faire un outil pour que chacune et chacun puisse se construire comme femme ou comme homme, comme militante ou militant, comme citoyenne ou citoyen. Ainsi, le Parti communiste pourra devenir un intellectuel collectif, un collectif d’intelligences et d’expériences capable de mobiliser le monde du travail, du savoir, de la création, pour nourrir la reconquête idéologique et culturelle. La nécessité de la conceptualisation et théorisation ne s’est jamais faite autant sentir que dans un monde où chacun, chacun, est confronté en permanence au bruit et à la fureur, ainsi qu’à de profondes mutations. C’est dans cette envie de savoir, de recherche, d’éducation populaire, seule capable d’élever notre niveau de compréhension de ce qui est à l’oeuvre dans la société, que nous devons mieux ressourcer notre Parti.

 

Le champ de notre intervention ne se limite pas aux échéances électorales. Nous sommes un parti d’action, qui cherche en permanence à faire vivre le débat et à gagner de vraies réponses aux besoins. Les pratiques clientélistes qui se développent, dont l’objet est d’asservir des hommes et des femmes par un jeu de pouvoir et de promesses sont un poison pour la politique. A chaque fois qu’un être humain est dans le besoin, quel que soit son option politique, notre devoir est d’agir avec lui sans attendre de retour pour répondre à l’urgence comme au problème de fond que sa situation soulève. Notre projet est à usage immédiat : nous voulons être le parti d’un peuple qui se bat.

 

Notre parti a vocation à s’exprimer dans la société à gorge déployée, à mettre en scène son projet, à faire grandir ses valeurs. Pour cela, il doit être un espace culturel où se croisent la politique, le débat d’idées et les pratiques artistiques.

Son existence et son apport original sont des atouts pour tous ceux et celles qui cherchent à se rassembler pour changer les choses. Car à chaque fois que nécessaire, nous voulons participer aux rassemblements les plus efficaces pour gagner des avancées. Le Front de gauche en est l’une des dimensions majeures. C’est ce qu’ont compris celles et ceux qui nous rejoignent chaque jour.

 

3- Une ambition démocratique de tous les instants

Notre organisation est au service de ces choix. Ainsi, au coeur de notre fonctionnement, nous plaçons la délibération collective. C’est dans ce cadre, en rupture avec toute idée de hiérarchie, que s’exercent les responsabilités.

Au sein de nos instances, nous voulons progresser encore pour faire vivre la parité, la mixité, le renouvellement, et la diversité qui sont essentiels pour la démocratie.

Ensuite, nous voulons créer les meilleures conditions d’une mise en mouvement des militantes et des militants dans leurs lieux de vie et d’engagement. Dans une société où l’on nous présente tous les choix comme des évidences techniques, nous voulons qu’ils puissent partout être porteurs de réflexion politique et de dynamiques citoyennes. Nous voulons qu’ils puissent partout faire naître cette solidarité et cette confiance qui permettent de pousser les portes que l’on croyait fermées. Nous voulons qu’ils puissent partout agir au nom du Parti communiste, en libérant l’initiative, la spontanéité et l’intervention militante.

Enfin, cela suppose de vivre un parti non étanche, tourné vers le monde en permanence et recherchant à se mettre en dialogue avec la société. Nous devons ainsi poursuivre les efforts entrepris pour mieux communiquer notre projet, nos propositions, nos initiatives, nos espoirs. Mais nous devons également développer et ouvrir nos réseaux et nos échanges à tous ceux et celles qui veulent travailler avec nous, à tous ceux et celles dont la réflexion nous intéresse.

 

4- Un parti populaire, pleinement déployé dans la société

Pour s’adresser au peuple de notre pays, les partis dominants ont découpé la population en couches, catégories et communautés. En s’adressant à elles, il s’agit pour eux de les faire exister dans les représentations mentales, de les opposer entre elles plus ou moins artificiellement, puis d’opérer des choix et des alliances. Ce n’est pas notre conception des choses.

Nous voulons parler à toutes et tous, en faisant émerger l’intérêt général, le bien commun, et la promotion des valeurs essentielles pour la dignité humaine. Mais pour cela, nous sommes conscients qu’il faut pouvoir s’adresser à chacune et chacun dans sa vie, sans réduire personne au statut social dans lequel la société le maintient enfermé.

Le rejet de la politique s’exprime massivement parmi celles et ceux qui subissent le plus les effets du système capitaliste et de sa crise. Et les pièges politiques se referment sur les hommes et les femmes qui sont hantés par la peur de perdre ce qu’ils ont durement gagné.

Nous devons donc reconquérir la mobilisation des habitantes et des habitants des quartiers populaires, où les conditions de vie sont particulièrement dures, pour changer avec eux leur quotidien. Pour beaucoup, ils se sentent discriminés, abandonnés, relégués en dehors. Souvent, les lieux d’échanges, de rencontre, d’action sont justement ce qui fait défaut au vivre ensemble. C’est avec elles et avec eux que nous devons construire la politique dont ils ont besoin, en commençant notre chemin au plus près des besoins immédiats. C’est d’elles, c’est d’eux, que viendra le changement. C’est par elles, c’est par eux, que nous serons nous-mêmes révolutionnés.

Nous devons également fournir un effort singulier en direction des jeunes générations, fortement marquées par les prémices d’un nouveau monde à naître, mais que l’on a essayé d’élever plus que jamais dans l’esprit de compétition et le culte du mérite. Elles peuvent bousculer l’ordre établi si leurs aspirations à vivre ne sont pas étouffées. Le Parti communiste est pour elles et pour eux, un formidable espace de vie et d’émancipation. Avec le MJCF et l’UEC, nous voulons mieux encore nous adresser à la jeunesse pour lui permettre de construire l’avenir.

Nous devons nous adresser plus et mieux à celles et ceux qui produisent au quotidien les richesses. S’organiser pour l’action politique dans les entreprises, les grands groupes, les branches, les services publics, là où l’affrontement avec les forces du capital est le plus direct, est indispensable. Le travail, qui tend à occuper une place de plus en plus grande et de plus en plus pesante dans les vies, pour celles et ceux qui n’en sont pas privés, semble pourtant de plus en plus déconnecté du reste des existences et des enjeux politiques. C’est l’une des prouesses de la pensée dominante. Nous voulons en faire un sujet politique majeur.

Nous voulons produire un effort en direction de tous ceux et toutes celles dont les peurs et les souffrances sont instrumentalisées contre leurs propres intérêts. Partout, nous voulons approfondir notre lien avec les femmes et les hommes, et faire de notre parti un parti qui rassemble largement les hommes et les femmes épris de justice, de paix et de liberté.

 

Fenêtre 5 : Les transformations du PCF en questions

Nous voulons construire un parti communiste toujours plus en phase avec la société comme avec son projet. Quels changements sont nécessaires dans notre organisation ? Comment approfondir notre relation aux jeunes, au monde du travail et de la création, aux hommes et aux femmes des quartiers populaires, dans leurs diversités ? Comment renouveler nos pratiques et nos raisonnements dans notre activité avec le monde du travail ? Quelles nouvelles conceptions pour libérer l’initiative ? Comment susciter et mieux faire circuler les élaborations de tous les communistes pour nourrir et renforcer notre projet commun ?

 

Conclusion

Qu’elles furent longues, ces années, à tâtonner, reprendre notre souffle, à résister au déferlement sauvage du capitalisme. Nous avons traversé ces épreuves, sans chercher à les fuir. Mais nous sommes là, en ce moment où le monde peut basculer vers l’humanité plutôt que vers la barbarie. Nous sommes là, debout, humbles et fiers. Disponibles pour rallumer les étoiles. Il est grand temps, ne croyez-vous pas, de préférer poursuivre nos rêves plutôt que fuir un cauchemar. Pour faire grandir l’humain d’abord, prenez la main, prenez les rênes, prenez le pouvoir ! 

 

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 06:40

Le Mouvement politique d'éducation populaire (M'PEP) est une organisation politique située à gauche. Elle a en particulier pour objectif une politisation de la société. Elle s'inscrit dans la lignée de la gauche antilibérale.

Ses porte-parole sont Michèle Dessenne et Jacques Nikonoff, tous deux respectivement secrétaire générale et président d'Attac France de 2002 à 2006.

Ce jeune mouvement politique tient son Université d'automne dans le Gard cette année à Sommières.http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQFNclAsfQdgFm3TFcejjTM-Y0gXHGtPpcGhf1zoSvpwKTOD-yJ

Le M'PEP est bien implanté dans le Gard Rhodanien et notamment à Bagnols sur Cèze, Pierrette Pasquini (conseillère municipale appartenant au groupe communiste et républicain) en est une des chevilles ouvrières localement.

On la retrouvera à l'Université de Sommières dès le premier jour à l'ouverture de ce week-end de réflexion où elle sera entourée de Michèle Dessenne et de Jacques Nikonoff mais aussi d'Aurélien Bernier auteur du livre "Ne soyons pas des écologistes benêts : génèse du Capitalisme vert".

Pendant ces trois jours les débats et échanges vont être nombreux. On retrouvera d'autres personnes du Gard Rhodanien notamment notre camarade Laurette Bastaroli samedi après-midi qui animera un atelier pour évoquer l'action citoyenne pour le retour du TER dans le Gard Rhodanien.

Enfin le dernier jour lundi 31 la clôture de l'Université d'automne se fera par un grand débat public avec pour thème "Que doit faire la Gauche avec l'Union Européenne et avec l'Euro ?", un thème très en prise avec l'actualité. On retrouvera dans ce débat des représentants du Front de Gauche notamment René Revol du Parti de Gauche et Michel Tortey le secrétaire de la section PCF du Gard Rhodanien.

De nombreuses autres interventions et débats pendant ces trois jours, un moment de réflexion très utile dans le contexte actuel.

Bien entendu les séances sont publiques et tout le monde est le bienvenu.

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 01:05

Compte rendu du 34ème congrès par J.Pongy

Délégué de la section Gard-Rhodanien

 

Texte 34 eme congrès :

 

Voici maintenant plus d’un an que les communistes travaillent ce texte dans avec la volonté d’initier de grandes réformes que nous pourrions populariser au cœur des contradictions du système  capitaliste, en favorisant la confrontation d’idées pour ouvrir une nouvelle donne dans notre société.

C’est avec cet objectif que les communistes ont réfléchi et travaillé jusqu’à ce week-end, au cours de toutes les étapes de la préparation de notre congrès.

 

Lors de nos débats, la diversité s’est exprimée et une large majorité s’est dégagée sur une orientation que les débats n’ont fait que clarifier.

 

 

1) Les points d’enrichissement de la base commune

 


 

Premièrement, une analyse de la crise financière dans la première partie a été introduite, ainsi que l’analyse des différentes politiques progressistes dans le monde. Deuxièmement, une forte référence à notre action pour la paix et le désarmement, avec notamment une manifestation à Strasbourg le 4 avril à l’occasion du 60ème anniversaire de l’OTAN dont nous demandons la dissolution..

 


 

En préambule, un paragraphe souligne clairement la visée communiste avec ce qui en découle.

 

Au niveau du rassemblement, nous avons affirmé la primauté au mouvement populaire, refusé de nous convertir au social- libéralisme et de chercher une alliance avec le centre droit ou le MODEM.

 

Notre grande initiative de rassemblement et la construction d’un front progressiste et citoyen se définit ainsi : il y a dans la société les bases sociales et les attentes d’un rassemblement de cette ampleur, construit à partir de la vie réelle, dans la proximité et dans l’action, par l’identité populaire, la co-élaboration d’objectifs précis de progrès social et démocratique et des grandes réformes structurantes qui les rendraient possibles. Une telle perspective ouvre une nouvelle page du combat de notre peuple pour le changement. Les communistes s’engagent dans cette démarche en étant pleinement eux-mêmes, avec la volonté d’agir, et de travailler avec toutes celles et ceux qui voudront faire rayonner une telle dynamique politique.

 

Ce processus doit débuter dès aujourd’hui.

 

Par ailleurs, Francis WURTZ nous a détaillé l’avancée importante faite par le PGE pour donner dans la campagne une dimension européenne propre à illustrer le front progressiste européen que nous voulons contribuer à construire.

 


Un long débat et plusieurs amendements ont enrichi cette troisième partie en insistant sur le rapport entre élus et militants et créer des lieux de débats pour décider ensemble des grandes questions politiques, locales, départementales et régionales.

Il a été signifié avec force la volonté de demeurer le PCF ce qui n’exclue pas de le transformer pour être mieux l’outil au service des 92% de salariés dans notre pays. C’est en ce sens que le congrès a décidé de créer une commission nationale, sous la responsabilité du CN pour impulser un travail de réflexion et de propositions.

Autre ligne force: si la diversité des opinions doit plus que jamais être libérée, il convient de mieux assurer la cohérence et l’efficacité des directions et des élus, à tous les niveaux, quand les décisions majoritaires sont prises et qu’elle deviennent donc le bien commun de tous les communistes.

 

 

Prés de 1800 amendements et vœux ont été comptabilisés pour enrichir cette base commune.

VOTE

 

Adoption du texte amendé :

68,7% pour,

24,06% contre,  

7,23% d’abstentions

 

A rapprocher des votes pour le choix de la base commune des 28 et 29 octobre dernier où chacun des textes recevaient respectivement :

  1. la base commune du CN : 60,91 %
  2. Le texte alternatif 1 : « Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme » : 15,04%  n’a pas présenté de liste s’étant retrouvé dans les amendements et ayant de ce fait accepté que certains de ses membres figurent sur la liste conduite par MGB.
  3.  Le texte alternatif 2 (André GERIN): « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps : 24,03 %.

 

 

 

2) Election de la direction nationale :

 

Nous n’avons pas séparé l’élection de notre direction de la construction de notre projet politique, de notre visée communiste.

 

De ce fait, le CN ne doit plus être un lieu de représentation où on cherche d’abord à incarner les idées de sensibilités mais un collectif de femmes et d’hommes préparés à l’exercice de responsabilités par leurs activités politiques, militantes, électives, syndicales ou associatives reconnus pour leurs compétences et leurs qualités d’écoute, de rassemblement, d’impulsion, des dirigeants du Parti en capacité réelle de dégager le temps et l’énergie nécessaires pour participer à la direction nationale.

 

La proposition de liste du CN avait la volonté de respecter la diversité et toutes les sensibilités aujourd’hui représentées au sein de notre parti.

 

La commission a enregistré 3 listes alternatives menées par :

 


 


Je propose d’ailleurs que nous mettions dans notre section cette réflexion à l’ordre du jour en y associant le plus grand nombre de communistes de l’intérieur et de l’extérieur du parti.

 


 

Suite au vote des congressistes, la liste proposée par le CN et menée par :

Marie-George BUFFET a obtenu 67,70% ; soit 178 membres,

André GERIN 10,26% ; soit 17 membres,

M.P.VIEUX 16,38 % ; soit 29 membres,

Nicolas MARCHAND 5,62% ; soit 9 membres,

 

Le conseil national sera donc composé de l’intégralité de la liste conduite par Marie-George BUFFET auquel s’ajoutent les représentants des listes alternatives en proportion de leurs scores respectifs, c'est-à-dire de 233 membres contre 254 dans le CN sortant mais loin de l’objectif de 150 souhaité !

Malgré tous les efforts faits pour permettre d’avoir un CN réduit à 150 membres, malgré le travail très en amont fait par la commission des candidatures cet objectif n’a pas pu être atteint. La commission avait pourtant accepté, durant le congrès, de porter à 200 membres le CN pour tenter de répondre à toutes les exigences des différentes sensibilités dans le cadre des critères retenus……

Malgré cet échec relatif, le débat, la confrontation des idées qui se sont fait sans « drames » ni « crispations » sont aussi le reflet de l’évolution de notre parti qui a su intégrer la diversité comme source d’enrichissement et non de sclérose.

 

Martine GAYRAUD, secrétaire fédérale du Gard  a été réélue au CN.

 

Pour terminer et pour les accros des chiffres en voici une série significative :

872 délégués, 341 femmes (39,10%); -de 30 ans : 105 (12%); + de 50 ans: 484 (55,5%), adhérents depuis moins de 4 ans: 205 (23,50%);

13, 8% en CDI, 3,71% précaires ou privé d'emplois, 23% retraité, 471 (54,01%) issus du secteur public, 269 (30,84%) du secteur privé, 42 (4,81%) du secteur de l'économie sociale,

283 élus ( 32,45%) dont 116 femmes et 32 maires.


Propositions de la direction sortante pour le CN avant vote du congrès:
CN de 178 membres à parité (89 hommes et 89 femmes), 48 nouvelles propositions des fédérations ce qui revient à éliminer, pour parvenir à 150 comme initialement souhaité, 120 noms!

Moyenne d'âge de la liste conduite par MG BUFFET: 47ans, 8% de moins de trente ans contre 3% dans le CN sortant,

CEN de 30 membres contre 45 dans le précédent.

Mise en place avec une "coordination nationale" animée par Pierre Laurent, d'une direction rajeunie dont Marie George Buffet accompagnera la démarche durant quelques mois avant de passer la main dans un congrès extraordinaire à venir dans les 18 prochains mois.


 

 

Ma conclusion sur ce congrès, elle vient du blog de Jean-Luc Mélenchon : Incroyable parti communiste. Ils votent ligne à ligne (elles sont numérotées), page par page, amendement par amendement avec des boitiers de vote. Ça dure. Mais pas trop. Mais quand même. Un pour, un contre, pour chaque amendement ! Donc il faut être patient. Il faut trois jours pour venir à bout de leur texte.... Ça peut faire sourire. Moi ça me stupéfie !  Rien à voir avec l’incroyable foire qu’est un congrès socialiste où trois mille personnes parlent en même temps pendant que défilent à la tribune des rangées de camarades qui font des vocalises. J’ai terriblement pratiqué et aimé ça. Mais en voyant ces communistes, leur «ruches», leurs amendements et leurs votes ligne à ligne, j’étais pétrifié. Comme par un retour au réel. A la pudeur après l’obscénité. Si j’étais encore membre du PS je courrai dire aux camarades ce que j’ai vu. «Camarades, vous êtes devenus fous! Un congrès appartient aux congressistes»


 On  nous avait prédit l'agonie du Parti communiste ! Et ça à été un Congrès communiste très réussi. Les congressistes ressortent gonflés à bloc, rassemblés, conquérants, (je vous renvoie au billet (ci-après) intitulé « chanter » de Maurice Ulrich dans l’huma de lundi) et chacun d'entre eux est confiant pour l'avenir de SON parti. Le Parti communiste Français est utile, c'est un parti de gouvernement, il est réformable ! La nouvelle instance arrive avec des jeunes et des moins jeunes près à prendre la direction, Marie-Georges Buffet reste à leurs côté, mais dés que la nouvelle équipe sera prête à la gouvernance du parti, d’ici à quelques mois,  MGB leur  laissera la direction de ce grand et indispensable Parti communiste à l’issue d’un nouveau congrès extraordinaire qui s’occupera entre autre des statuts !

PCF. Chanter

Par Maurice Ulrich


On ne s’attendait pas vraiment à voir l’économiste Paul Boccara, accoutumé à lancer sur le capitalisme les foudres de la pensée marxiste, pousser la chansonnette.

A cappella, micro en main, avec une belle basse il est vrai, puis repris par la salle. « Elle aime à rire elle aime à boire » et youp là, « vive le PCF nouveau », lançait-il. L’attente des résultats des quatre listes soumises au vote des délégués, hier, en fin de matinée, avait tourné tout d’un coup à la fête comme dans ce film de Jean Renoir, le Déjeuner sur l’herbe, où un air de flûte de pan ouvre une sorte de bacchanale.

La fédération du Nord avait commencé en chantant le P’tit Quinquin, avant que d’autres reprennent avec Bella ciao, la Jeune Garde, le Drapeau rouge, puis le chiffon et la butte de même couleur, les canuts tous nus… Bref, le grand répertoire. Il faut dire que la journée du samedi avait été harassante, avec un travail sur les textes soumis aux délégués qui semblait tourner parfois au châtiment de Sisyphe, comme s’il fallait, à chaque phrase, toujours recommencer. On se mettait à haïr la virgule, à honnir la phrase qui, ligne 925, page 23, vient remplacer l’autre phase qui… Un intervenant avait-il fini qu’un autre prenait sa place. Enfin le vote vint, avant ceux d’hier matin sur les candidatures. Faut-il voir là, dans le supplice des amendements, l’explication de cette coutume des congressistes communistes, encore inexpliquée. Déchirer en milliers de petits morceaux tous les papiers qui leur tombent sous la main, pour les lancer en geysers de confettis à la fin des travaux, Internationale en prime. Étrange coutume en vérité, mais ils avaient l’air contents.

 

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 00:22
en allant sur le site:

http://www.interneto.fr/video/pcf/0812/ 

ou

http://91.121.81.35/video/pcf/0812/

et le dimanche sur la chaine parlementaire : 

Public Sénat | Public Sénat, direct, debat, documentaire, evenement, video, Bibliothèque Médicis, Déshabillons-les, Un monde de bulles, Bouge la France, Face à nous, Faces à faces, Parlement Hebdo
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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 00:23

En introduction à la discussion,  Laurette BASTAROLI, secrétaire de la section a fait l'exposé suivant:(résumé)

Laurette rappelle le processus d’élaboration de la base commune, jusqu'à son adoption par le vote des militants.


ACTIVITES DE LA SECTION

    Elle retrace les difficultés de la section ces dernières années, et notamment l’épisode des comités antilibéraux qui s’est terminé par la démission partielle de la direction de section. Malgré cela ces comités on été une expérience enrichissante pour ceux qui les ont animés ou initiés, même s’ils étaient encore modelés dans la délégation de pouvoirs

    Il ne faut pas garder de cet échec un goût amer mais cela nous permet d’être encore plus armés pour affronter l’avenir de notre parti et d’éviter, en nous enfermant sur nous-mêmes, de nouvelles démonstrations qui laissent des camarades sur le bord du chemin.

    A cette situation, notre section a su réagir.

    Cette année là, nous avons tenu notre loto à Laudun, les adhérents ont continué à payer leurs timbres malgré la défection de la trésorière. Nous avons fait face à plusieurs campagnes électorales : législatives, cantonales, municipales. Nous avons créé cette année là un journal de section, cinq numéros sont parus.

  •     Nous avons pris dernièrement la décision de le relancer.
  •     Nous avons, de façon régulière, distribué des tracts sur les marchés.
  •     Cette année nous avons pu organiser notre fête de section qui de l’avis de tous fut un succès. Nous avons pris la résolution de la renouveler en 2009.
  •     Nous avons avec nos amis cheminots été à l’initiative de l’organisation de quatre réunions concernant la réouverture des gares et de la ligne ferroviaire rive droite. Le 9 décembre à Bagnols nous concrétiserons ce travail par la transformation du collectif en association de défense des usagers de la ligne. Il y a cependant un manque à notre activité, c’est celui des entreprises
BASE COMMUNE


Laurette rappel les grandes orientations du texte :

  • Le monde à changé, Nouvelle phase de la mondialisation,
  • L’avenir de la France en jeu,
  • Crise profonde des modes de développement,
  • La paix le désarmement,
  • La crise des alternatives politiques,
  • Un nouveau projet Démocratie et intervention citoyenne,
  • Une société de liberté, une démocratie participative,
  • Refonder l’Europe et changer le monde*,
  • Etre à l’initiative pour de nouvelles dynamiques politique à vocation majoritaires Les élections européennes de 2009 Un nouvel internationalisme L’avenir du PCF


 

LA DISCUSSION :

 

Isabelle  Aramon

Isabelle trouve des choses bien intéressant dans les trois textes et notamment renouer avec le marxisme. Elle trouve que le texte ne fait pas assez référence à Marx qui est très actuel. Isabelle souhaiterai fonder une force communiste nouvelle rassemblant l’ensemble des composantes du mouvement communiste. Nous avons tord de craindre le changement, d’avoir peur, nous devons nous ouvrir aux autres. Elle se réjouit de la position de Mélanchon et de la constitution d’un front progressiste pour le européenne.

 

Josette  Comps

Marre des il faut que il faut que. Il n’y a pas que le parti (LCR Picquet) Nous devons avoir un bouillonnement d’idées. Espère que ce congrès sortira sur du constructif, On ne sait pas aller vers les autres, et témoigne d’un réel découragement. La cellule de COMPS trouve que le PCF n’est pas assez révolutionnaire.

 

Laurent  Bagnols sur Cèze

Il y a eu la claque des présidentielles, mais les résultats des législatives et des municipales démontrent que nous résistons bien. Nous restons le 3éme parti de France. Comment faire le poids des mots, nous devons faire attention dans notre expression. Nous devons enclencher des pratiques nouvelles. Pas satisfait de la sorti de Mélanchon du PS cela affaiblit l’aile gauche du PS. Les alliances sont indispensables pour gouverner et changer les choses. Sur les collectifs il aurait été inexistant à 98% sans le PC Ils ont vécu grâce à l’efficacité de l’organisation du parti. La base commune me convient. On trouve dans les municipalités de plus en plus d’élus communistes chargé du développement durable. Beaucoup de gens adhère à nos propositions pour peu que l’on puisse en discuté avec eux.

 

Vivian  St Alexandre

Pas d’accord avec les alliances. On paye les erreurs d’alliance avec la sociale démocratie dénationalisation d’Air France. Oui pour des alliances avec des gens clairs. Pour les Européennes, alliance avec les forces de gauche qui on soutenu le Non au référendum de 2005. Préfère être dans l’opposition à 20% que d’être mangé dans une majorité. Rappelez-vous Ségolène et le Smic à 1500 euros. Dénonçons les coups bas d’où qu’ils viennent, et avançons nos propositions. Nous avons dépensé beaucoup d’énergie dans les collectifs antilibéraux, voyez ou est Bové aujourd’hui.

 

ELian   Bagnols sur Cèze

J’espère que le congrès du PC ne ressemblera pas à celui du PS. Engagé dans les collectifs grande déception. N’est pas favorable à la création d’un nouveau parti, et reste attaché à notre famille politique. Il y a eut ces dernières années une dérive à droite y compris le PC. Le discours gauchisant actuel du PS est de  circonstance, face à la crise il ne peut faire autrement mais est toujours d’accord sur l’économie de marché.

 

Amador   Saint André de Roquepertuis

Le dépassement du capitalisme, terme qui ne me convient pas. La base commune est faible au regard de la crise, (rédaction avant la crise). Nous vivons une crise extraordinaire du capitalisme, qui nous ouvre des possibilités nouvelles, et rassembler pour lutter contre l’aliénation de la classe ouvrière. Nommons un chat un chat n’ayons pas peur des mots. Le Parti doit être ouvert à un front possible mais pas se dissoudre dans une organisation. Nous devons nous ouvrir vers les autres. J’ai rencontré dans les collectifs antilibéraux un anticommunisme à l’œuvre.

 

 

Alain   Lirac

Nous devons restituer le pouvoir au peuple. Les salariés sont à 66% dans les PME. On distribue des tracts, et encore des tracts, résultat 1.9% aux présidentielles. Nous devons avoir une pratique nouvelle. Nous avons un avis sur tout qui fige le débat sachons écouter les autres. Attention sur les NON au référendum, c’est plus compliqué que ça, le FN, les souverainiste aussi appelaient à voter non.

 

André   Roquemaure

Nous devons donner la primauté au mouvement populaire, enlever la délégation de pouvoir, ne pas attendre que les initiatives viennent d’en haut. Comment on crée des fronts de résistance. Les choix doivent être faits à la base. Nous devons développer les rencontres avec les gens, les autres forces progressistes. On peut avoir le meilleur texte de congrès, mais si on ne le fait pas vivre au quotidien dans 3 ans nous en serons au même point. André nous annonce qu’un débat sur la crise aura lieu le 5 décembre à Laudun à l’initiative de la cellule du Canton de Roquemaure, auquel bien entendu la section s’associera.

 

Daniel  Pont Saint Esprit

Daniel se réjoui de ce qui se passe au PS. Il faut que le PC se démarque du PS Nous devons recherché des alliances à gauche sans le PS.  Sur Pont Saint Esprit, le parti est allé à la bataille des municipales avec 100% à gauche (refus d’alliance des socialiste) résultats 7 adhésions au parti, 1 élu communiste. Manifeste son mécontentement que sur la pétition contre la privatisation de la poste, figure dans les signataires le PS alors que celui-ci avait déjà bien engagé la privatisation de la poste.

 

Michèle  Bagnols sur Cèze

L’élection présidentielle n’est pas une référence vote utile beaucoup de gens votent PS. Les gens sont fatigués, se débattent avec leurs problèmes et s’en remettent à la délégation de pouvoirs.

 

Michel  Bagnols sur Cèze

Michel souhaite revenir sur l’idée de dépassement du capitalisme qui interroge Amador. Ce serait formidable de pouvoir abolir le capitalisme par décret, mais pour cela il faudrait déjà être au pouvoir. Je pense que l’idée de dépassement du capitalisme permet dès maintenant de développer des luttes pour obtenir des mesures qui vont à l’encontre du capitalisme. Pour moi, la réouverture de la ligne de chemin de fer rive droite du Rhône est une mesure qui va dans le sens du dépassement du capitalisme. Cette voie de transport aujourd’hui consacré uniquement au fret et donc au biseness va pour parti revenir à une activité social. Mon interrogation est comment mesurer que telle action ou telle décision relève du dépassement du capitaliste.

Sur le rôle des élus et la gestion participative, mon expérience d’élus 3 mandats de maire-adjoint en région parisienne m’amène à la réflexion suivante : Nous avons mis en place des réunions de quartiers baptisées « parlons franchement » mis en place sur la ville 6 Comité d’Initiative Citoyenne, organisé des assises de la ville tous les deux ans et même mis en place une Commission de Contrôle des engagements qui interviewer régulièrement les élus sur l’avancement des projets et publiait sur la ville leurs conclusion. Des outils formidables qui ont leurs limites. Dans toutes ces instantes on retrouve toujours les même personnes difficultés d’élargir, on y arrive mais cela est long. La participation citoyenne du peuple à la gestion n’est pas spontanée et demande conviction éducation.

 

Jacques  Villeneuve lez Avignon

Faire avancer les forces progressistes, difficultés dans les entreprises. Nous devons faire attention à l’image que l’on donne. Le positionnement des élus doit être un positionnement de groupe et non pas individuel afin d’éviter que deux élus communistes prennent des positionnements différents, voir divergeant. Nos élus de peuvent pas tout, ils doivent s’appuyer sur le parti.

 

Claude   Saint Paul les Fonts

Claude est content, aujourd’hui on écoute le communiste qu’il est, même dans son entreprise (Mac Donald)

Claude est devenu communiste en lisant Marx qu’il trouve toujours et plus que jamais d’actualité.

 

Laurette  Bagnols sur Cèze

Nous devons avoir des propositions concrètes Nous devrions prendre une initiative sur la santé, rapprochement public privé déremboursement etc. Le renouveau économique de l’ardoise développement du port fret fluviale et ferroviaire doit nous amener à faire des propositions concrètes en obligeant Prat (Maire de Laudun) à nous écouter.

 

Michel  Aramon

Michel est venu à la conférence de section car il a besoin d’échange de point de vue.

Il se pose énormément de questions. Notre force politique malmenée, incomprise. Elu aux dernières municipales (Maire d’Aramon) sur une liste multiple sur un projet qui prend en compte les besoins des gens sur la base d’écoute et de partage il s’efforce de mettre en place une participation citoyenne à la gestion municipale à travers des comités de quartier. Il est édifiant qu’un élu communiste se doit d’être un élu de terrain. Il va falloir opérer différemment il faut que ça bouge par la base. Nous devons muter. Nous devons avoir une vision d’union avec les forces progressistes, accepté notre diversité, prendre en considération toutes les opinions. Nous devons trouver notre place.

 

Jean Marc   Bagnols sur Cèze

Jean-Marc est absent mais nous a fait parvenir sa contribution.

Nous voulons rassembler… mais 50% des cotisants ont voté 9% de vote blanc, (40% pour les deux autres textes Dans les plus grosses fédérations ou l’on compte de nombreux élus, la participation est faible 46% en Seine Saint Denis, 48% dans le Val de marne, 41% dans le Pas de Calais. Et pour la plus importante le Nord seulement 34%. Des camarades ne viennent plus, notamment depuis  l’épisode des collectifs antilibéraux. Dans les années 80 me semble t-il, on disait déjà que nous étions le parti de la réunionite. Aujourd’hui, il faudrait que l’on ait une utilisation plus rationnelle d’internet. Trop d’info tue l’info, et internet est dévoreuse de temps. Peu d’adhérents, nous avons perdu le corps à corps (irremplaçable) notre visibilité. Faible électoralement, les gens doutent sur notre capacité à changer la vie, quand bien même ils partagent notre diagnostique. Et malheureusement dans mon entourage (famille, collègues, amis) on ne se reconnait pas, on ne veut pas se reconnaitre derrière le PCF. Nous même, avons-nous fait le deuil du leadership de nos plus belles années. L’emploi du temps d’un français aujourd’hui n’est plus celui du militant qui donnait sa vie entière au parti. Dans l’humanité, j’ai pu lire effectivement « il faut trouver de nouvelles formes de militantisme ». Personnellement je trouve facilement 1 heure de disponibilité pour distribuer des tracts, des journées de longues soirées beaucoup moins. Je pense qu’il serait efficace de se réorganiser en petit groupe de 3 ou 4 pour être réactif sur un secteur. Et que l’ensemble de ces petits groupes quadrille la ville. J’ai pu lire aussi les jeunes veulent de l’action. Pour finir l’huma me semble être le seul écho national de  toutes les luttes. Il faut le faire connaitre. Quand je vais chez le médecin, je laisse l’huma dans la salle d’attente Quand je vais au boulot je laisse des tracts dans les boites au passage. Et je dépose l’huma dans la salle des profs (malheureusement en ce moment il ne semble pas être feuilleté. Quand je fais une randonnée j’ai toujours l’HD même vieux, ou des tracts pour les boites aux lettres les plus reculées Je veux que les gens se disent « tu te rends compte il y a un communiste par ici » Bonne journée à tous.

 

 

(suite du compte rendu de la conférence (amendements et votes))

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