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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 09:24
Une brochure éditée par la Fédération nationale des industries chimiques CGT décortique la répartition de la manne pétrolière. La liberté des prix permet aux pétroliers de caracoler en Bourse. Une contrôle public est à réactiver.

Ça mouline dur à la pompe ! Cette annonce n’a sans doute surpris aucun automobiliste. Le 7 janvier dernier, une station Total comme celle de Lille-Sud, un quartier populaire de Lille (Nord), affichait le litre de gasoil à 1,508 euro ! Plus cher que la première station de l’autoroute ! « On voudrait voir fuir les clients et fermer la station, qu’on ne ferait pas mieux », confiait le caissier, inquiet pour son avenir. D’autant que les grandes surfaces, concurrentes, sont nombreuses dans le secteur et que la Belgique n’est pas loin. De quoi aller se plonger dans une petite brochure éditée par la Fédération nationale des industries chimiques, destinée au grand public, pour comprendre le système.

 

la « concurrence » comme prétexte

« Compte tenu des taxes supportées par les carburants en France, passer à la pompe revient à passer chez son percepteur pour payer ses impôts », indique le document syndical. Les calculs effectués permettent de visualiser sur un graphique que sur un plein d’essence à 40 euros, 23 euros vont directement dans les caisses de l’État au titre de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (la Tipp). Sur les 17 euros restants, 12,4 « vont pour l’essentiel, alimenter la spéculation sur le prix du pétrole et se retrouvent au final dans la poche des actionnaires ». Ainsi, « seuls 4,6 euros vont véritablement à l’industrie du raffinage et à la distribution des carburants ». Au passage, la CGT rappelle que « le gazole est du seul fait d’une moindre taxation, meilleur marché que l’essence ». Les atouts du moteur Diesel ont généré une demande forte. Mais les raffineries françaises ne peuvent pas suivre, faute d’investissements. Elles produisaient 24 millions de tonnes de gasoil en 2008 pour une consommation de 33 millions. Résultat : 9 millions de tonnes à importer ! De quoi répondre à ceux qui, au passage, évoquent une surcapacité de production pour justifier des fermetures de raffineries…

Mais qui fixe le prix à la pompe ? De 1928 jusqu’en 1982, c’était l’État qui décidait de la quantité de pétrole qui entrait en France, quelle raffinerie allait le traiter et fixait le prix des carburants par simple décret. Mais les compagnies pétrolières n’ont eu de cesse de faire abroger la loi correspondante à ces prérogatives. Promis, si elles fixaient elles-mêmes les prix, la concurrence pourrait jouer et les prix baisseraient ! Elles ont ainsi obtenu gain de cause en 1982. Les prix n’ont pas baissé. La seule chose qui a baissé, c’est le nombre de stations-service. Elles étaient 40 000 en 1982, d’après la CGT. Elles ne sont plus que 12 500 aujourd’hui, « grandes surfaces comprises ». L’automobiliste, souvent captif de ses trajets domicile-travail, n’a plus guère le choix…

S’indignant que « les chiffres d’affaires des compagnies privées pétrolières dépassent le PIB de nombreux pays, pendant que plus d’un tiers de la population du globe n’a accès à aucune autre source d’énergie que le bois de chauffe », la Fédération des industries chimiques réaffirme dans sa brochure consultable sur le site Internet du syndicat que le « pétrole est un bien universel, qui doit être au service du développement des pays et des peuples ». « Il est nécessaire de mettre sous contrôle public, de socialiser le secteur pétrolier. ceci n’est pas utopique, c’est déjà le cas dans la plupart des pays »…


TOTAL au top du cac 40


La lettre Vernimmen.net, site spécialisé dans la finance, évalue le total 2011 – au titre de l’exercice 2010 – des dividendes versés et des rachats d’actions bénéficiant aux actionnaires à 44,6 milliards d’euros, en hausse de 15 % sur l’année précédente. Ce pactole 
se répartit en 38,9 milliards d’euros de dividendes et 5,7 milliards de rachats d’actions. Total est sur la plus haute marche du podium avec 5,1 milliards de dividendes. Il est suivi par France Télécom 
qui a distribué 3,7 milliards de dividendes et racheté pour 
200 millions d’euros d’actions. GDF Suez est en 3e position.

 

Publié par Laurence Mauriaucourt dans l'Humanité

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 03:03

De la Casbah tunisienne à Wall Street, de la place Tahrir à la Puerta del Sol, les peuples refusent de faire les frais de la crise et s’invitent sur la scène de l’Histoire. Pour répondre à l’urgence politique, sociale, économique et écologique, ils ne se contentent pas de choisir le-la champion-ne d’une possible alternance mais se décident à être acteur-trice-s de l’alternative. C’est cette dynamique de reconquête démocratique qui inspire aujourd’hui les assemblées citoyennes du Front de gauche.

Les assemblées citoyennes qui se mettent en place un peu partout dans le pays s ont des espaces de rencontre, de débats et d’actions, des outils d’engagement souple et durable pour redonner à tou-te-s le goût de la politique, l’envie de participer aux affaires de la cité, d’agir pour transformer le quotidien. C’est là que se construit aujourd’hui en France le rassemblement de toutes les forces, individuelles et collectives, qui veulent radicalement changer la société.
Ouvertes à toutes celles et ceux qui veulent participer, d’une manière ou d’une autre, à la campagne du Front de gauche, elles en sont la cheville ouvrière, en l’organisant sur le terrain, au plus près de la population, en popularisant son programme, en participant aux luttes sociales et écologiques, locales et nationales.

Pour se lancer, pas de modèle figé, « on apprend en marchant ». On prend contact avec les militant-e-s des différent-e-s composant-e-s du Front de gauche localement ou, si il n’y en a pas dans sa localité, avec l’équipe nationale ; on se structure en fonction de son lieu d’implantation (usine, entreprise, quartiers,…); on se coordonne au niveau de sa ville, de sa région ou de son département. Une seule exigence : favoriser l’implication de tou-te-s dans les dynamiques et le travail collectifs. Au niveau national, pour faire le lien entre les différentes initiatives et partager idées, expériences, et ressources utiles à tou-te-s, une lettre d’information hebdomadaire « L’actu de la campagne » vous est envoyée chaque semaine sur simple demande. Et pour toute autre demande, une adresse : assembleecitoyenne(at)placeaupeuple2012(point)fr.

Chez nous, pas d’César ni tribun mais des femmes et des hommes, militant-e-s, citoyen-ne-s engagé-e-s. Pas d’consignes, mais des expériences à faire connaître et des idées à partager. Pas d’solutions miracles toutes faites mais des discussions passionnantes et passionnées, des prises de têtes sans prises de becs, des propositions mises collectivement en cohérence. Pas d’bla bla, pas d’train train, mais des débats, des actions, des mobilisations dynamiques et populaires.
Voilà le programme. A nous tou-te-s de le mettre joyeusement en musique.

C’est par ici, entrez, et soyez les bienvenu-e-s.  

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 10:38

«J'ai toujours soutenu les écologistes parce que ce sont mes convictions et que j'estime que toute richesse vient de la nature (...) donc moi, j'arrive de l'écologie, assure-t-elle en introduction. Mais depuis que Cohn-Bendit s'est mis là-dedans, ça vire à droite, ils sont en train de courtiser Bayrou et lequi pour moi ne sont pas des gens de gauche», soupire l'actrice culte du  français. Celle qui revendique ses convictions de gauche, «outre (ses) convictions écologiques» penche donc pour Jean-Luc Mélenchon. «Il a intégré l'écologie à son logiciel, c'est un des rares, et puis parce que c'est un homme de gauche... voilà ! » explique-t-elle dans le film. (extrait du Parisien. fr du 21 janvier)

 

 

 

 

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 22:33

 AVT2_Chabrol_3860.jpegPour lui rendre hommage,

 

 


La Librairie Diderot vous invite à

une conférence lecture

le jeudi 2 février 2012 à 18h

à la Maison du Protestantisme,

3 rue Claude Brousson, à Nîmes.

sous la responsabilité de Robert Caracchiolli,

professeur de lettres modernes

et de

Bernard Rouquette, scénariste.

 

 

 

 

 

 

 

 

Initiative en partenariat avec l’association

« les amis et les enfants de Jean-Pierre Chabrol »

Jean-Pierre Chabrol est décédé le 1er décembre 2001, à l'âge de 76 ans, dans ses chères Cévennes.  Auteur d'une trentaine de romans et de contes, parmi lesquels, «Les Rebelles », « Les fous de Dieu », « Un homme de trop » (qui a inspiré le film de Costas Gavras), « Le Canon Fraternité », « La Gueuse » ou « Le Crève-Cévenne »….Jean-Pierre Chabrol, c'était Jean Valjean. L'auteur pourfendait les petites et les grandes injustices de l'époque, celles qui suivaient la Libération, les années cinquante. Il était aussi "le Barlafré", un personnage de BD, mi-Gavroche, mi-homme qui rit. Toujours ce côté hugolien, dans l'écriture comme dans le trait de ses dessins, inspiré lui aussi de l'auteur des Misérables.

Ami de Pierre Mac Orlan, Félix Leclerc, J. Brel, G Brassens, F. Lemarque, L. Ferré,  il était d'un anticonformisme affiché, exprimé dans ses talents de journaliste (il a  travaillé au journal l’Humanité aux côtés d’Aragon), de reporter, d’enquêteur, d’illustrateur,  de conteur,  de romancier. Une petite incursion dans le cinéma avec «l'Ami Pierre», l'histoire d'un patron du chalutier  le Franc-tireur  dont le leitmotiv musical était chanté par Yves Montand. Homme de scène aussi, pendant quinze ans, il a présenté entre autres : « Chabrol joue », « La Folie des Miens » et « Les soirs d’été », dans plus de 600 salles dont le Théâtre de la Ville à Paris.

Engagé dans la Résistance pendant la guerre dans un maquis lozérien, la vie l'a entrainé loin de son « petit peuple ». Il y reviendra toujours en quête perpétuelle de racines et d'authenticité. 

"La France perd l'un de ses conteurs les plus attachants, les plus talentueux. Enracinée au plus profond du pays cévenol qu'il aimait avec passion, son œuvre restera comme le témoignage authentique d'une fidélité à une terre, une histoire, une culture"    LE MONDE. | 01.12.01 |

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 16:44

Ce lien de l'Express qui titre "Les idées iconoclastes de Hollande pour les dépenses publiques " n'est pas sans inquiéter s'il s'avère confirmé!

Plus que jamais un débat télévisé tel que le souhaite le Front de Gauche et Jean Luc Mélenchon est nécessaire.

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 19:42

 Dans un zénith archi-comble un meeting du Front de Gauche s'est tenu à Nantes. Jean-Luc Mélenchon le candidat du Front de Gauche à la Présidentielle a été précédé par Patrick Le Hyaric le député communiste européen. Après la perte du triple A une analyse qui doit nous aider à penser et à contrer le prochain plan d'austérité.

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 18:45
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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 09:23

Triple A : Le Front de gauche appelle à la résistanceC'était "Chronique d'une mort annoncée", nous militants du Front de Gauche nous savions que tôt ou tard la France perdrait son triple A. Nous savions cela mais nous n'acceptons pas cette règle car il y a des alternatives. Notamment celle qui consiste à ce que la BCE (Banque Centrale Européenne) prête directement aux Etats sans passer par les Banques qui se gavent au passage. C'est parce que nous souhaitons un autre système financier, parce que nous nous battons pour un autre monde plus juste que dès la circulation de la rumeur de déclassement des miltants du Front de Gauche se sont regroupés devant le siège parisien de Standard and Poors car la peur doit changer de camp. Ce ne sont pas les financiers et autres capitalistes qui doivent faire peur au petit peuple de France et d'Europe mais c'est le petit peuple de France et d'Europe qui doit faire trembler le monde de l'argent.

Pour ceux qui auraient manqué le passage de Jean-Luc Mélenchon mercredi soir sur France 2, ci-dessous le lien pour revoir la vidéo dans son intégralité.

http://www.francetv.fr/2012/melenchon-invite-de-dpda-revoir-lemission-46783

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 03:10

Critique radicale des médias, il n'est donc pas étonnant que ces mêmes médias n'est pas fait une grande promotion de la sortie de ce film mercredi dernier!

 

L'Humanité dimanche dans son édition de cette semaine  en fait la promotion sous le titre:" Le quatrième pouvoir: ceux qui cadenassent l'information au seul profit du système"  aborde ce film sur 2 pages pointant notamment " si vous arrivez à faire comprendre que l'information est un produit sous influence et comment ça marche, vous vous libérerez déjà un peu de cette entreprise" et considère que ce film est "une bombe contre l'autosatisfaction du monde médiatique français".L'Humanité Dimanche devrait être en vente dans les relais "presse", mais là aussi la censure existe, (y compris par sa place dans les étals) et il est souvent difficile de se la procurer.

L'achat sur internet sous format PDF est possible avec le lien Commander | Humanite      

 

L'Humanité quotidienne du 11 janvier 2012 a publié l'article ci dessous.

 

Des informations si bien gardées

 

Critique radicale des médias, le film les Nouveaux Chiens de garde qui sort aujourd’hui en salles relance la question du pluralisme de l’information. Qui nous informe et sur quoi? Selon quels critères l’information est-elle ou non diffusée?

C’est un fait, la représentation que chacun se fait du réel passe nécessairement par les informations qu’il reçoit. Et à ce titre les médias ont un rôle déterminant, puisque c’est fort de ce message que le citoyen se forme ensuite une opinion. L’enjeu du pluralisme de l’information est au cœur du documentaire de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, les Nouveaux Chiens de garde (voir entretien sur ce lien       ). Une critique radicale des médias qui met en exergue les intérêts croisés et la promiscuité entre le monde politique, médiatique et économique. Et finalement lève le voile sur une uniformisation déroutante de l’information.

Dans une étude de la TNS Sofres, publiée début 2011 par le quotidien la Croix, les sondeurs notaient déjà que les Français étaient 63% à estimer que les médias n’étaient pas indépendants des pressions des partis politiques et du pouvoir. 58% étant d’un même avis en ce qui concerne les pressions financières. Car au-delà du formatage de plus en plus fréquent des journalistes, reste posée la question de la place accordée à une information alternative. Et sur le terrain politique la bataille est féroce.


Un autisme médiatique galopant


Démonstration éclatante d’un autisme médiatique galopant, la mise en scène explicative de la crise est un cas d’école. Les mêmes experts se sont succédé à la télévision, dans les radios et les colonnes des journaux alors même que les évolutions de la situation économique démentaient chaque jour un peu plus leurs analyses. Et les économistes hétérodoxes, incontestablement plus clairvoyants sur le sujet, ont été plus brutalement encore mis à l’écart. La même recette fut appliquée en politique. Les seuls habilités à s’exprimer alors, et aujourd’hui encore, furent ceux qui prônaient l’austérité comme unique solution pour sortir de la crise.

Une fois balayée toute chance d’être informé d’une alternative possible quel choix reste-t-il au citoyen? Avec des allures d’impartialité âprement revendiquée une orientation politique partisane peut alors servir de réalité... Avec pour principal véhicule les médias.

Les derniers chiffres publiés par le CSA, datant de septembre 2011, et concernant les temps de parole des différentes formations politiques dans les journaux télévisés des principales chaînes (TF1, France 2, France 3, Canal Plus et M6), se passent de commentaires. Le PS et l’UMP ont littéralement cannibalisé l’antenne. 3h25min pour le PS, 3h43min pour l’UMP, sans compter les 2h6min allouées au gouvernement. Pendant que le Front de gauche atteignait péniblement les 20 minutes d’antenne et qu’Europe Écologie-les Verts devait se contenter de 10 minutes. Sur les chaînes d’info en continu (BFM, I-Télé et LCI) l’écart est abyssal. Le PS dépasse les 39heures, l’UMP a droit à plus de 23heures, tandis que le PCF plafonne à 27 minutes, soit 10 fois moins que le Front national et ses 3heures 45 minutes!  

Dans ces conditions on comprend que le débat sur la crise soit réduit à sa plus simple expression: l’austérité.


Ces «experts» qui ont fait leur nid sur les plateaux


L’hégémonie idéologique qui règne dans les médias se voit renforcée par la présence «d’experts» du même poil qui ont fait leur nid sur les plateaux télé (voir encadré ci-dessous). La conversion libérale imposée dans années 1980 trouve ainsi ses relais et ses prolongements. Sans qu’il soit nécessaire que les différents médias se consultent, le message diffusé est partout identique ou presque. «Une communauté d’inspiration», comme la qualifiait le sociologue Pierre Bourdieu, qui notait au passage que la télévision détenait «une sorte de monopole de fait sur la formation des cerveaux d’une partie très importante de la population».

Mais gagner le pluralisme de l’information nécessite sans doute de la dégager de monopole qu’exercent aujourd’hui les Bouygues, Lagardère et autres Dassault. C’est le B.A.-BA de la démocratie.

La génération des « Experts » sponsors 

On les présente comme des «experts», leur parole a donc valeur scientifique. Et, a priori, ils sont libres et indépendants. Petit problème: la plupart d’entre eux travaillent pour le compte de grandes entreprises ou font des «ménages», terme utilisé dans la profession pour désigner les cachets perçus pour animer tel ou tel colloque sponsorisé. En général leur pedigree complet n’apparaît jamais à l’écran. Pour ne pas risquer de voir délégitimer leur parole? Que penserait le téléspectateur si on lui indiquait par exemple que «l’expert» Michel Godet a des intérêts dans le groupe Bongrain, que l’économiste Élie Cohen est aussi administrateur du groupe Steria, d’Orange, de France Télécom, des Pages jaunes. Et que dire de l’incontournable Christian de Boissieu qui, outre son expertise audiovisuelle, se voit rémunérer par le Crédit agricole, Oséo, Ernst & Young France, la Banque Neuflize OBC et un Hedge Fund (HDF Finance). Sans parler de Christophe Barbier, directeur de l’Express, qui va chercher un complément de salaire en animant gentiment des forums sur l’investissement («Deux jours pour s’offrir les meilleurs placements»). La liste est interminable des journalistes et experts qui vendent leurs services au plus offrant. Déontologie quand tu nous tiens !

 

Publié par  Frédéric Durand        dans l’Humanité du 11 janvier 2012

 

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 03:06

2012-01-12nouveaux-chiens-garde-affiche.jpgGilles Balbastre « Notre critique est une critique de classe »

 

 Gilles Balbastre a réalisé avec Yannick Kergoat les Nouveaux Chiens de garde. Il revient sur le fonctionnement aberrant des grands médias et suggère à la gauche « politique et syndicale » de se saisir du débat.


Le film que vous cosignez avec Yannick Kergoat dénonce le formatage 
de l’information. Quel était votre objectif? 

 

Gilles Balbastre. Nous posons  la question politique des médias. Dans quel univers médiatique nous trouvons-nous, et pourquoi? Il y a eu dérégulation du marché des médias et de la presse, comme il y a eu dérégulation du marché de l’éducation,  de la santé, des transports… Depuis trente ans, le seuil de concentration des médias s’est 
élevé et, dans le même temps, les journalistes ont perdu leur statut de résistance et n’ont plus vraiment les moyens de s’opposer à leur hiérarchie. Ce documentaire est un premier constat cinématographique. C’est intéressant de voir le nombre de grands médias qui nous sollicitent depuis la fin du film. Ils nous invitent pour en parler sur les plateaux télé alors qu’ils sont pris la main dans le sac. J’avoue que  je trouve ça suspect en termes de récupération. En tout cas, nous avons tenté, avec ce film,  de faire en sorte que les initiés ne s’ennuient pas, et qu’il soit pédagogique et ouvert aux troupes citoyennes qui n’ont pas encore tous  les éléments pour avoir un avis complet  là-dessus. Nous voulons dépasser le noyau dur de la critique des médias. On a de la chance,  ce film sort au bon moment, à quelques semaines de l’élection présidentielle.


Au centre de votre film, il y a ce triptyque dangereux journalistes-politiques-patrons,  qui fonctionne comme une grande famille. Comment en est-on arrivé là? 


Gilles Balbastre. Je voudrais vous citer un extrait de la déclaration des devoirs et des droits  de la presse libre, adoptée par la Fédération nationale de la presse en 1945, c’est-à-dire, par les patrons de presse: « La presse n’est pas un instrument de profit commercial, c’est un instrument de culture, sa mission est de donner des informations exactes, de défendre  des idées, de servir la cause du progrès humain. La presse ne peut remplir cette mission que  dans la liberté et par la liberté. La presse est libre lorsqu’elle ne dépend ni du gouvernement  ni des puissances d’argent mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs.»  À force d’avoir ouvert les vannes  à l’appropriation et à la dérégulation du champ des médias, la concurrence s’est faite  avec des gens comme Bouygues ou Bolloré.  Tout s’est peu à peu effiloché et des journaux comme l’Humanité ou le Monde diplomatique se retrouvent écrasés par ce système.  La presse française souffre principalement  de propriétaires et de hiérarchies réactionnaires. Bourdieu disait qu’il ne sert à rien de mettre l’éthique des journalistes dans leurs mains  s’il n’y a pas de cadres légaux qui les protègent.

Dans votre film, il est aussi question des « experts », « les moins critiques des fondements du système». Ne sont-ils pas les plus dangereux, finalement? 


Gilles Balbastre. Il y a un double processus avec ces «experts». D’abord, ils sont invités partout parce qu’ils colportent la pensée dominante de l’économie libérale et marchande. Ils vont dans le sens des Lagardère, des Bouygues, des Bolloré. Ils sont aussi dans la logique de temporalité effrénée de l’information. C’est-à-dire que tous les journalistes ont leurs numéros de portable et savent que sur n’importe quel sujet, ils peuvent leur téléphoner, ils sont toujours disponibles. On a tellement marchandisé l’information que ces gens-là répondent à tout. Ils ne sont experts  de rien si ce n’est de la propagande libérale.  Ils se plantent sur toutes leurs analyses mais représentent les intérêts financiers de ceux qui tiennent le système, ils sont pour la plupart dans les conseils d’administration des grandes banques. Élie Cohen, par exemple, est  au conseil d’administration de Pages jaunes, du groupe Steria et d’EDF énergie nouvelle. Ses jetons de présence pour ses trois entreprises s’élèvent à 107212 euros pour l’année 2010!  Et tout ce petit monde se retrouve aux dîners  du Siècle, les derniers mercredis de chaque mois. Ils sont tous copains.

 

Cette critique des médias est également portée par l’extrême droite. Ne croyez-vous pas que  ce genre de documentaire alimente finalement  le « tous pourris»?


Gilles Balbastre. La ligne de ce documentaire est le marxisme. Notre critique est une critique de classe. La structure même de ce film contredit  le «tous pourris». Le vrai problème, c’est que les représentants de la gauche, qu’elle soit politique ou syndicale, se sont éloignés de cette réflexion. Maintenant, un leader syndicaliste 
ne s’exprime plus dans les médias en pensant que ce sont des ennemis de classe. Pourtant 
c’est important de le savoir. L’arrogance,  les mensonges, l’impunité de ces gens-là 
en font des ennemis de classe.

 

Vous finissez votre documentaire par cette citation de Nizan: « Tous ceux qui avaient la simplicité d’attendre leurs paroles commencent à se révolter, ou à rire.» Comment se révolter? Peut-on encore en rire?


Gilles Balbastre. À la sortie de nos projections,  la majorité des gens ont la pêche. L’envie de dire: « Ce sont des bouffons.» « Finalement, ils nous ont volé l’espace public», a dit une magistrate après avoir vu le film. C’est exactement ça.  Nous aussi, citoyens, nous avons des choses  à dire, nous aussi nous sommes des experts.  Ça donne envie de se révolter. C’est un phénomène qui, à des degrés divers, existe ou a existé aussi  en Tunisie, en Égypte ou en Russie. Il faut repolitiser le débat sur les médias, c’est la seule solution. Il faut que des cadres soient mis en place, que des lois soient votées. Il faut se réunir.


Entretien réalisé par  Marion d’Allard dans l’Humanité du 11 janvier 2012-01-13

 

voir aussi Le film "Les Nouveaux chiens de garde" relance la question du pluralisme de l'information. Qui nous informe et sur quoi? Selon quels critères l'information est-elle ou non diffusée?(Vidéo)    

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