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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 10:06

Les dernières décisions du Conseil constitutionnel posent beaucoup de questions qui méritent d’être méditées. Bien au-delà de la petite écume médiatique qu’on nous envoie au visage.

La censure de la taxation à 75 %  pour les revenus de plus d’un million d'euros a été l’objet d’une émotion légitime de l'immense majorité des contribuables, lourdement sollicités par l’effort fiscal.

Mais, « de l’autre côté du périph », dans les « beaux quartiers », nul doute qu’elle a été l’occasion de sabrer le champagne au-delà des fêtes de fin d’année.

L’annulation de cet élément de justice, même si sa portée est limitée, est d'autant plus amère comparée aux 20 milliards de recettes fiscales supplémentaires attendues pour 2013 sur la base d’un accroissement des impôts indirects et injustes, notamment, de la TVA et les taxes sur les carburants. Au moment même où, en ce début janvier, les familles populaires devront payer plus cher le gaz, l’électricité, les transports, les timbres, la redevance télé, etc…jpg Patrick Le Hyaric

Elle est odieuse si on la met en rapport aux 20 milliards d’euros de crédit d’impôts, programmés sur trois ans, octroyés sans aucune contrepartie aux entreprises. La ristourne fiscale de 30 et 40 millions d'euros faite au fossoyeur des hauts fourneaux de Florange en fait partie. Elle est comme un emblème de ce qu'il ne faudrait pas faire pour redresser le pays et l'emploi. C'est sans doute pour cela que cet élément n’est pas à la une des journaux radios-télévisés ? On préfère nous passer le mauvais film de ceux qui cherchent la nationalité belge ou russe. Faut-il en rire ou en pleurer ?

Ajoutons qu’entre la proposition portée par le candidat Hollande et le vote du budget, la disposition présentée comme emblématique « de gauche » avait déjà été peu à peu vidée de sa substance. Les sportifs et les artistes devaient être partiellement exonérés. Certains revenus exceptionnels aussi plus tard. Il a même été envisagé de limiter la somme à 2 millions d’euros pour un couple.

 Rappelons aussi que pour être assujetti à cette tranche de 75%, il faut gagner au moins…. 60 fois le SMIC.

Le Conseil constitutionnel creuse les déficits en exonérant le capital 

Un débat s’est engagé sur le montant des «coups de canif » du Conseil constitutionnel au projet voté par le Parlement. Il constitue un manque à gagner de 500 millions d’euros selon le gouvernement, ou de 700 millions d’euros selon d’autres sources. Combien d’instituteurs, d’infirmières, d’agents de pôle emploi pourrait-on rétribuer avec une telle somme ?

A l’examen, c’est sur la nature des mesures  retoquées  qu’il faut porter attention. Au détail près, toutes les mesures repoussées ont un commun dénominateur. Elles concernent les hauts revenus ou les revenus du capital.

Censurée la « charge excessive » sur les «retraites chapeau », ces retraites en or des grands patrons.

Censurée   la « charge excessive » sur les «bons anonymes », sur les gains des «stock-options»,  sur les « actions gratuites ».

Censurée la « charge excessive » sur les rémunérations des hauts-dirigeants des grandes entreprises de même  que  celle sur  les  « plus-values immobilières sur les terrains à bâtir » dont bénéficient les gros promoteurs.

En réaction à ces décisions, les porte-paroles de la droite et de l’extrême-droite, associés au syndicat des puissances de l’argent, ont affiché une mine triomphale.

Pour annuler la mesure de taxation à 75% des revenus de plus d’un million d’euros, l’argumentaire du Conseil constitutionnel s’est appuyé sur une règle de la fiscalité française qui consiste à prendre en considération pour l’imposition les foyers fiscaux et non les individus. Un jugement rendu froidement au nom du principe de l’égalité devant l’impôt. Ainsi, le Conseil Constitutionnel déclare que : « l’article 12 instituait une contribution exceptionnelle de solidarité de 18% sur les revenus de chaque personne physique alors que l’impôt sur le revenu pesant sur les mêmes revenus, ainsi que la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus de 4%, sont prélevés par foyer. Ainsi deux foyers fiscaux bénéficiant du même niveau de revenu issu de l’activité professionnelle pouvaient se voir assujettis à la contribution exceptionnelle de solidarité de 18% ou au contraire en être exonérés selon la répartition des revenus entre les contribuables composant le foyer. Le législateur ayant ainsi méconnu l’exigence de prise en compte des facultés contributives, le Conseil Constitutionnel a, sans se prononcer sur les autres griefs dirigés contre cet article, censuré l’article 12 pour méconnaissance de l’égalité devant les charges publiques ».

Les services de Bercy connaissaient certainement ceci. Pourtant ils ont quand même fait voter le texte par le Parlement avec ce vice juridique. Pourquoi le Conseil d’Etat n’a-t-il pas alerté sur ces problèmes ?

La réponse se trouve sans doute dans un billet de Christian Eckert, rapporteur de la commission des finances, publié sur son blog. Dans celui-ci, il évoque le fait qu’il avait explicitement souligné ce « point-faible » de la proposition gouvernementale au cours des discussions préparatoires à la loi de finance.

La mesure était conçue comme une taxe « individualisée » et non comme un impôt  « conjugalisé » explique-t-il : « Nous l'avions conçue et bâtie comme un outil de dissuasion des salaires exorbitants, pas comme une tranche supplémentaire de l'impôt. Ainsi, un couple où chacun gagne 600 000 euros n'était pas taxé. Un autre couple où l'un gagne 1 200 000 euros et l'autre rien, l'était. Chaque couple dispose pourtant du même revenu ».

Demeurait cependant une ambiguïté pour le député socialiste, ambiguïté concernant l’interprétation de son statut, « impôt » ou « taxe ». Celle-ci l’avait amené à élaborer un amendement en vue de parer à un éventuel rejet de la mesure.  « J'avais, continue-t-il, sur le conseil avisé de mon équipe d'administrateurs à l'Assemblée Nationale, fait préparer un amendement pour éviter cette distorsion entre foyers fiscaux. Comme toujours, cela a été évoqué avec le cabinet du Ministre du Budget en amont des séances publiques pour éviter que le rapporteur du Budget soumette un amendement qui ne recueille pas l'assentiment du Gouvernement qu'il soutient. On m'a dissuadé de déposer cet amendement ».

Qui est ce « on » ?

La vulnérabilité de ces articles était donc bien connue des services de l’Etat. Pourquoi le gouvernement a-t-il alors pris le risque de les voir «retoqués» et repoussés à une échéance ultérieure ?

Un coup à gauche ou une volonté ?  

La taxation à 75% était devenue emblématique pour François Hollande, à tel point qu’elle lui a permis de relancer sa campagne électorale du « côté gauche », au moment où Jean-Luc Mélenchon perçait dans les enquêtes d’opinion.

Ce symbole ne concernait que 1500 contribuables et surtout il ouvrait un vide entre le taux de 45% et celui à 75%. Mais après le discours du Bourget sur la finance, il permettait d’ancrer le candidat socialiste dans la tradition de la gauche française.

Mais, paradoxalement, la manière dont cette mesure a été avancée et la manière dont elle a été votée, puis la manière dont est exploitée la décision du Conseil constitutionnel, a affaibli le mouvement vers une vraie réforme fiscale. Ceci donne même prétexte à une incroyable campagne politique et médiatique contre « l’impôt » et même contre l’impôt des plus fortunés qui « s’enfuient ». Drôle de retournement de situation alors que les travailleurs, les retraités, riches ou pauvres, vont payer plus d’impôt avec le gel des barèmes, mais surtout avec les impôts indirects, de la TVA aux taxes sur les carburants.

Décision constitutionnelle ou politique ?  

Ce même Conseil constitutionnel déclarant conforme le dernier traité européen, alors qu’il retire des pouvoirs de souveraineté budgétaire au Parlement, a émis cette fois encore des jugements de caractère politique sur les décisions du Parlement lui-même.

En déclarant par exemple que l’article sur les « retraites chapeau » taxant à 75,34%, violait le principe « d’égalité devant l’impôt » pour le ramener à 68,36%, le Conseil constitutionnel opère un coup de force contre le législateur.

Lorsqu’il annonce la prorogation d’une « niche fiscale » sur les successions en Corse, au motif qu’elle serait illégitime, il se substitue aux élus de la Nation pour trancher une question politique, celle de « la nature de l’intérêt général ».

Le Conseil constitutionnel n’est-il pas en train de contester au Parlement la définition de ce qui est de l’ordre de l’intérêt général ? N’est-ce pas un pas de plus dans la perspective de la mise en œuvre du traité européen qui va jusqu’à obliger les Etats à laisser les institutions européennes décider de la nature des impôts qu’ils peuvent lever et des dépenses publiques qui seraient autorisées ?

Maintenant un débat sur la réforme fiscale 

Au vue de tous ces éléments et des déclarations du Premier ministre, on peut craindre que le sort de la disposition emblématique du candidat François Hollande à la présidentielle rejoigne celui fait à ceux qui ont été baptisés « pigeons », ou de l’ISF sur les œuvres d’art.

Ce chantier ne peut pas attendre juin ou septembre.

Si une rectification devrait être présentée en urgence, au-delà, un débat s'impose sur une réforme en profondeur pour une fiscalité progressiste qui reste à faire. On ne peut en effet laisser dicter la loi par un gouvernement des juges !

Celle-ci passe effectivement par le relèvement du niveau de taxation des grandes fortunes et des revenus spéculatifs.

Notre système fiscal, tant national que local,  est fortement  injuste. Il pèse trop lourd sur le travail  et est trop léger pour le capital. Pesant sur la consommation des ménages et les PME, il est contreproductif pour l’emploi et pour le développement du bien-être social.

Pour les hauts revenus, des taux supérieurs à 80 et même 90 % ont été pratiqués, notamment aux Etats-Unis au lendemain de la Seconde Guerre et jusqu’aux années 1980.

Il conviendrait de revenir à une réelle progressivité, avec neuf tranches au lieu de cinq actuellement.

Créer un impôt sur les donations et successions pour  les grands patrimoines, instaurer un véritable impôt sur la fortune qui prenne  en compte tous ses éléments sont des mesures urgentes qu’il faut avoir le courage de prendre au plus vite. Supprimer les niches fiscales qui permettent aux plus grandes entreprises d’échapper en partie à l’impôt peut rapporter 50 milliards immédiatement va de pair avec une diminution  du taux de TVA sur les produits de consommation courante.

La fiscalité des entreprises peut être révisée dans le sens d’une modulation en fonction de l’utilisation des bénéfices afin de favoriser celles qui les réinvestissent pour l’emploi, le développement productif durable, la formation de salariés et la recherche.

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Ce ne serait que justice si la  décision « très politique » du Conseil constitutionnel permettait d’ouvrir un vrai débat populaire sur l’indispensable réforme progressiste de la fiscalité.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 08:24

Marie-George Buffet, député PCF de Seine-Saint-Denis, ancienne secrétaire nationale du Parti communiste français était l'invitée de RFI, au micro de Frédéric Rivière. Elle s'exprime sur l'actualité politique nationale dominée par la rentrée politique du gouvernement de Jean Marc Ayrault dont la priorité, selon les mots du premier ministre devrait être l'emploi.

L'intégralité de cette interview dans la vidéo ci-dessous mais nous pouvons extraire de ce dialogue la citation suivante de Marie-George Buffet sur la lutte contre le chômage par le Gouvernement.

 

« J'attends du Conseil des ministres, non pas un discours général, pour dire on va s'occuper de l'emploi, mais des propositions concrètes...Lorsque vous regardez la gestion d'un certain nombre d'entreprises, on s'aperçoit qu'au lieu de consacrer les richesses produites par le travail à améliorer l'outil de travail, à innover, on a laissé cette richesse aller sur les dividendes des actionnaires ».

 

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 09:46

      Suite à l'écoute des voeux télévisés du Président Hollande le PCF et le Parti de gauche ont fait part de leur déception et de leur crainte de voir s'installer une austérité plus marquée en 2013.

Le Parti de gauche, par la voix de sa co-présidente, Martine Billard, a dénoncé lundi soir "l'austérité, en toile de fond du discours" de François Hollande pour le Nouvel An, qui "n'a pourtant nulle part permis une sortie de crise".

Dans un communiqué, Mme Billard a estimé que le président avait "cherché à se montrer résolument optimiste". Or, a-t-elle poursuivi, "nous attendions la loi d'amnistie pour les syndicalistes et les militants associatifs et politiques condamnés pour faits de militantisme". "Nous pensions que le chef de l'Etat ne voulait pas d'une année de plus avec des expulsions de parents d'enfants français, de jeunes majeurs, de travailleurs sans papiers. Nous espérions que François Hollande aurait enfin compris qu'il fallait abandonner Notre Dame des Landes". "Mais dans la marche vers son cap pour l'emploi, la compétitivité et la croissance, le bateau du président de la République a oublié l'escale environnement et une partie des rameurs. Pas sûr que dans ces conditions, le bateau arrive à bon port", a-t-elle conclu.

"Les réformes politiques restent à faire"

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, s'est montré quant à lui déçu par les voeux du président François Hollande, estimant que "les attentes des Français rest(aient) entières". "Dans ses voeux pour 2013, François Hollande s'en est tenu à réaffirmer le cap engagé pour 2012 : réduction des dépenses publiques, compétitivité, donnant donnant avec le patronat", a fait valoir le secrétaire national du PCF dans un communiqué.

Pour lui, "dans ces conditions", "on voit mal comment l'inversion de la courbe du chômage, dont il fait l'objectif central (de son allocution), pourrait être atteinte". "Les réformes politiques nécessaires pour parvenir à ce résultat restent à faire. Une fois encore elles n'ont pas été annoncées ce soir. Le président de la République a par ailleurs semblé renoncer à toute ambition de réorientation européenne", a-t-il relevé. "Les voeux pour 2013 de François Hollande laissent entières les attentes de changement des Français", a conclu le sénateur.

En 2013 nous aurons donc besoin d'un Front de Gauche fort pour mettre la barre à Gauche toute !

 

 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 10:08

C'est l'annonce qui a fait du bruit entre les deux réveillons ! Le Conseil Constitutionnel a retoqué une des seules mesures vraiment de gauche (même si c'était encore insuffisant pour nous) que l'exécutif Hollande/Ayrault avait pris depuis les élections du printemps dernier.

La parlementaire PCF, Eliane Assassi présidente du groupe Communistes et Républicains au Sénat a réagi dénonçant une décision de classe. Son communiqué est à lire ci-dessous.

On se souvient que certains (même à Gauche) nient l'existence de la lutte des classes. C'est le cas notamment d'une ministre du gouvernement Ayrault, Fleur Pellerin qui récemment déclarait au journal "le Parisien" qu’elle « ne croyait pas à la lutte des classes ». Cette ministre déléguée aux PME, à l'innovation et à l'Economie numérique, proche idéologiquement de Pierre Moscovici dépend du ministère du Redressement Productif dirigé par Arnaud Montebourg. Entre un ministre qui parle de "nationalisation" et une ministre déléguée qui ne croit pas à la lutte des classes, on retrouve dans ce tandem toutes les contradictions de cette gauche qui fait une politique social-libérale.

Le milliardaire américain Warren Buffett; lui, avait déclaré, avec beaucoup de cynisme il y a quelques années,  qu'il existait "bel et bien une guerre des classes mais c'est ma classe, la classe des riches qui fait la guerre et c'est nous qui gagnons".

On aura bien compris avec la décision du Conseil Constitutionnel que la lutte des classes existe évidemment. Les membres du Conseil Constitutionnel jouant les valets du Capitalisme. Les communistes n'en ont jamais douté !

En 2013, si l'exécutif et le législatif veulent nous sortir de la crise, ils devront bien se rendre à cette évidence !

Communiqué d'Eliane Assassi (Président du Groupe Communistes et Républicains au Sénat)


 

 

"Après avoir été saisi par la droite parlementaire plus que jamais animée d'esprit de revanche, le Conseil constitutionnel vient d'annuler la taxe de 75 % sur les plus hauts revenus.

Ainsi, la mesure la plus marquée de justice sociale du Projet de loi de Finances pour 2013 du gouvernement Ayrault a été purement et simplement balayée par « les sages ».

Cette décision est un mauvais signal adressé au peuple de France car cette mesure avait pour ambition de taxer les revenus au delà de 1 million d'euros.

Plus que jamais, face à la crise et par ces temps d'austérité pour le plus grand nombre, les plus fortunés doivent contribuer à l'effort national et ce proportionnellement à leur richesse.

Ce qui reste aux plus riches une fois leur impôt payé est incommensurable avec ce qui reste en fin de mois aux salariés.

En prenant cette décision, le Conseil constitutionnel a fait un choix de classe indigne.

Le gouvernement doit, en urgence, prendre les mesures qui s'imposent afin que cette taxe soit au plus vite rétablie."

conseil-constituitionnel-taxe-75.jpgComposition du Conseil Constitutionnel : Jean-Louis Debré, Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, Pierre Steinmetz, Jacqueline de Guillenchmidt, Renaud Denoix de Saint Marc, Guy Canivet, Michel Charasse, Hubert Haenel, Jacques Barrot, Claire Bazy Malaurie.

 

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 09:17

L'association nationale des élus communistes et républicains vient de faire un communiqué à propos de la réforme du scrutin départemental. Cette réforme qui devrait remplacer la réforme voulue par Sarkozy et son équipe concernant le conseiller territorial n'a pas que des avantages.

Avec un « binôme de candidats », la parité serait certes respectée, mais le pluralisme subirait un nouveau revers important.

Une fois encore, le gouvernement actuel ne met pas en place des réformes plus démocratiques mais des structures qui favorisent l’alternance sans alternative possible.

Ci-dessous le communiqué de l’ANECR

Tout en rejetant  l’instauration du conseiller territorial que voulait le gouvernement précédent -et nous approuvons ce rejet-  le gouvernement souhaite faire adopter rapidement un projet de loi visant à instaurer l’élection d’un binôme de candidats de sexe différent dans des cantons dont le périmètre serait doublé et le nombre divisé par deux.

Si la parité entrait dans les conseils départementaux,  le pluralisme régresserait encore  avec le type de scrutin proposé.

En effet, les deux élus sur un nouveau territoire unique seraient de même sensibilité, alors que sur ce même périmètre il peut y avoir actuellement deux élus de sensibilités différentes.

Ce nouveau mode de scrutin, doublé d’un redécoupage cantonal, serait donc le vecteur d’un bipartisme renforcé,  d’une nouvelle régression démocratique.

Aussi nous réaffirmons  notre proposition d’étendre la proportionnelle à l’ensemble des scrutins, et donc à l’élection départementale, seul mode électoral qui peut permettre d’assurer à la fois le respect du pluralisme et la parité, deux principes essentiels sans lesquels il n’est de lutte efficace contre la grave crise démocratique que connaît notre pays.

Nous regrettons le refus du gouvernement d’entendre cette proposition, d’autant que pour toutes les autres élections locales, ce mode de scrutin est mis en œuvre.

Pourquoi en outre cette exception, alors même qu’il est envisagé d’ouvrir en partie les élections législatives à la proportionnelle ?

Concernant les élections municipales et des délégués communautaires, il est prévu dans le même projet de loi deux dispositions importantes.

La première est d’abaisser à 1000 habitants (contre 3500) le seuil au dessus duquel un scrutin de liste est requis. Nous considérons qu’il s’agit d’un premier pas dans la bonne direction, c’est-à-dire dans le sens d’une citoyenneté renforcée pour les habitants des petites communes de notre pays. Ce premier pas, qui peut être poussé plus loin, va en outre faire avancer de façon importante la parité.

La deuxième mesure est l’élection au suffrage universel par fléchage des délégués communautaires.

Nous tenons à rappeler que la majorité des 20 000 élus qui avaient répondu au questionnaire des Etat généraux du Sénat au printemps 2012, s’était prononcé toutes tendances confondues  en faveur de l’élection des délégués communautaires par les conseils municipaux. Cette opinion allait de pair avec leurs  inquiétudes légitimes de voir disparaître les communes, après l’expérience de l’application de la réforme  des territoires de Nicolas Sarkozy (regroupement autoritaire des communes et intercommunalités).

Aujourd’hui l’avant projet de loi de l’acte 3 de la décentralisation accentue ces inquiétudes: renforcement des compétences transférables des communes au sein des intercommunalités, transfert très important des compétences des communes vers les  eurométropoles  et les communautés métropolitaines.

Dans ces conditions, nous alertons sur le fait que l’élection par fléchage des délégués communautaires risque de contribuer à effacer le rôle des communes, en faisant disparaitre la notion de délégation de compétence des communes vers leur intercommunalités, au profit d’un partage de compétences entre ces deux structures. Cela tend également à déprécier les « intercommunalités de projet », fondées sur la coopération et le choix librement consenti des communes. Notons aussi qu’avec ce mode de scrutin, les conseillers communautaires ainsi élus n’auraient plus de compte à rendre aux conseils dont ils sont membres.

En outre l’élection par fléchage pose un certains nombre de questions s’agissant de ses dispositions propres : Qu’en est-il du risque de cumul des mandats dans le cas d’un fléchage qui s’appliquerait sur les premiers de la  liste ? De la place des minorités ? Du processus qui s’établit entre les deux tours ?

En tout état de cause, les élus communistes et républicains, dans le débat de ces prochains mois, agiront pour que les besoins  de développement de démocratie et d’intervention citoyenne trouvent les réponses qui sont aujourd’hui indispensables, au vu de la crise aigue de la représentation. Dans ces réponses, il apparait inimaginable de ne pas voir émerger le développement de la proportionnelle,  ainsi que le rôle de la commune. Celle-ci est en effet le cadre le plus efficace pour impliquer les citoyens, y compris sur les grands projets à caractère métropolitain qui n’ont de sens que s’ils répondent aux besoins des habitants en matière de vie quotidienne et de réduction des fractures sociales et territoriales.

bernard ClémentBernard Clément (maire de Domessargues) président gardois de l'association départementale des élus communistes et républicains.

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 10:57

Le Conseil National du PCF vient de publier une vidéo (à visionner ci-dessous) sur les reniements du Président François Hollande depuis son élection au printemps 2012. Parce que nous souhaitons qu'en 2013 s'opèrent de vrais changements politiques la section Gard Rhodanien du PCF s'associe au message de la direction nationale et renouvèle sa volonté de s'attaquer aux politiques austéritaires au niveau local comme au niveau national. Les français pourront compter sur les communistes et les militants du Front de Gauche pour être à leurs côtés en 2013 pour exiger un autre monde.

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 09:28

A quelques jours de Noël, un communiqué des Jeunesses Communistes... pour ne pas oublier que, pendant que certains se gavent, d'autres tirent la langue !


"Vingt milliards d’euros d’exonérations offertes au titre de la « compétitivité »… Le Medef et Laurence Parisot croulent sous les cadeaux du gouvernement : un traité européen ultralibéral, des jeunes que l’on peut embaucher sans rien avoir à payer, des apprentis et des stagiaires qui travaillent gratuit, des précaires condamnés aux bas salaires… Alors que les salaires et les profits versés aux patrons et aux actionnaires de Peugeot, de Sanofi, de Veolia, de Bouygues, de Renault, ne cessent d’augmenter…Noel-rouge.jpg

Ce n’est pas la crise pour tout le monde et quelques-uns se goinfrent quand c’est « pigeons farcis » au menu pour tous les autres ! Nous savons que 30 ans de politiques d’emplois précaires, d’exonérations d’impôts et de cotisations n’ont qu’une seule utilité, augmenter les profits, mais les patrons-vautours eux continuent leur croisade contre nos droits, nos revenus et notre dignité.

C’est le grand Noel des patrons !

Plus de lycées et d’universités sous contrôle pour fournir de la main d’œuvre. Plus de bas salaires. Plus de temps partiels. Moins d’impôts. Moins de solidarités. Plus de dérèglementations européennes… Les Jeunes Communistes invitent partout en France à célébrer ce Noel extraordinaire de Laurence Parisot et ses amis, dans la féérie des mesures du gouvernement, des plans sociaux et des fermetures d’usines qui marquent à nouveau cette période de noël.

Tout au long du mois de décembre devant les sièges du Medef, de nos amis les banques, et de ces grands groupes qui exploitent sans merci souhaitons un joyeux Noel à tous les patrons et faisons-leur une promesse : en 2013, plus de cadeaux pour les patrons !

Ils ont des milliards, mais nous sommes des millions !

Cet argent doit servir à investir pour développer la production et les emplois en France, pour nos formations, pour augmenter les salaires, l’accès au logement et à la santé !"plus-de-cadeaux-pour-les-patrons.jpg

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 09:02

Ce samedi 15 octobre notre camarade Gisèle Coutaud en qualité d'animatrice du comité local Gard Rhodanien du Collectif Unitaire National de Soutien à Mumia Abu-Jamal (le journaliste noir américain qui vit injustement dans le couloir de la mort depuis plusieurs décennies) a, à nouveau écrit au Président des Etats-Unis Barack Obama. Pour mémoire le PCF est un des membres de ce collectif autour de Mumia Abu-Jamal.voeu20125

Ce courrier qui commence comme une lettre qui souhaite un joyeux Noël et une bonne nouvelle année rappelle ensuite que le comité local de la région de Bagnols sur Cèze a fait signer plus de cent personnes pour la libération de Mumia dont on sait qu'il est innocent du crime dont on l'a accusé. Gisèle Coutaud l'affirme dans un anglais qu'elle possède à merveille "Thanks for doing whatever you can ; he has nothing to do in prison !" (traduction : Merci de faire tout ce que vous pouvez faire : il n'a rien à faire en prison !).

Le post-scriptum est une formule de condoléances à propos de la tragédie dans l'école de Newtowm.


Depuis ce nouveau massacre qui n'est pas le premier sous la présidence de Barack Obama la question de la possession des armes est à nouveau posée. Nous pourrions ajouter que la question de la peine de mort doit être aussi mise en débat. Ces Etats-Unis qui, par l'industrie du cinéma et des séries, influencent beaucoup culturellement notre continent, doivent revoir le fonctionnement de leur civilisation et nous autres européens pourrions prendre un peu de recul par rapport à cet American Way of life !

L'initiative de Gisèle Coutaud permet de le rappeler. A quelques jours de Noël nous avons une pensée pour les victimes de ce nouveau carnage et pour notre ami Mumia Abu-Jamal. Rappelons à Barack Obama que son slogan de campagne était : "Yes we can !". lettre-a-Obama-Gisele-C.jpg

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 08:51

Comme partout en France, la section PCF Gard Rhodanien, dans le cadre de la préparation de son 36e congrès qui aura lieu en février 2013 a voté sur les textes qui serviront de bases aux travaux du Congrès.

Vendredi 14 décembre en début de soirée et samedi 15 décembre en matinée le local du 9 rue Villeneuve à Bagnols recevait les votants du secteur. vote congrès 2012 008

Seuls les camarades à jour de leurs cotisations annuelles pouvaient voter. Ils étaient donc 112 en mesure de voter. Ce sont finalement 84 votants qui ont effectué leur devoir soit 75 % du corps des "inscrits".

A midi samedi les responsables de la sectionvote-congres-2012-004.jpg sous la présidence de Michel Tortey (secrétaire de la section) ont effectué le dépouillement sur les quatre textes en compétition à savoir :

 

Texte 1 : base commune adoptée par le Conseil National intitulée "il est grand temps de rallumer les étoiles"

Texte 2 : "Unir les communistes pour un PCF de combat, marxiste, populaire et rassembleur"

Texte 3 : "Combattre l'austérité, en finir avec le capitalisme"

Texte 4 : "Un parti résolument communiste dans l'affrontement de classe. Ni abandon, ni effacement".

 

Les résultats sont les suivants :

 

Texte 1 : base commune adoptée par le Conseil National intitulée "il est grand temps de rallumer les étoiles" : 54 voix soit 64,28 %

Texte 2 : "Unir les communistes pour un PCF de combat, marxiste, populaire et rassembleur" : 7 voix soit 8,33 %

Texte 3 : "Combattre l'austérité, en finir avec le capitalisme" : 17 voix soit 20,23 %

Texte 4 : "Un parti résolument communiste dans l'affrontement de classe. Ni abandon, ni effacement" : 6 voix soit 7,14 %.

 

Les résultats ont été centralisées au niveau départemental et national.

Prochaine étape en janvier prochain il y aura des conférences de section et fédérales afin de poursuivre la préparation du Congrès à partir du texte choisi. Conférences qui permettront de reconduire ou renouveler les équipes dirigeantes.

Enfin au mois de février se tiendra le 36e Congrès du PCF... mais nous aurons l'occasion d'en reparler ici-même.

vote-congres-2012-007.jpgOn se pressait pour voter. Il faut faire la queue et patienter un peu.

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 00:28

Pour ceux qui ne savent pas pourquoi, et pour ceux qui veulent en savoir plus sur le financement de la sécu, on a fait un dessin...en vidéo qui en dit plus que de longs discours!


Vous pourrez aussi lire, ensuite, l'explication de vote de Eliane ASSASSI, présidente du   groupe communiste au Sénat

 

 

 

Pour visionner les épisodes précédents de la saga "on va leur faire un dessin" cliquez ici

 

 

Les explications de vote de la présidente du groupe CRC au Sénat, Eliane Assassi, sur le PLFSS 2013

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Mes chers collègues

 

Au terme de deux jours de débats, nous sommes amenés à nous prononcer sur la troisième partie du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2013, relative aux recettes. Nous l’avons dit à l’occasion de nos différentes interventions, il ne peut y avoir de renforcement de notre sécurité sociale qu’à la condition d’affermir durablement son financement, en l’asseyant sur des dispositions qui soient justes, solidaires et conformes aux principes fondateurs du Conseil national de la Résistance.

C’est vrai, le Sénat a pris des mesures positives en matière de financement. Nous avons contribué, je crois, à leur adoption. Je pense par exemple à l’article 11, qui rompt avec la fragilisation économique du régime social des indépendants, ou à l’élargissement de l’assiette de la contribution sociale de solidarité des sociétés, la C3S.

Nous regrettons toutefois que le Gouvernement ait fait le choix de préférer un financement assis sur des mesures d’ordre fiscal plutôt que de renforcer les cotisations sociales. Certes, le rehaussement du forfait social créera des ressources dont la sécurité sociale a particulièrement besoin. Mais ces dernières auraient été plus importantes encore si vous aviez opté pour un assujettissement de l’intéressement et de la participation aux cotisations sociales, par exemple.

Cette mesure aurait eu un double avantage : créer des droits pour les salariés, notamment en matière de retraite, et inciter les employeurs à privilégier les salaires qui sont fixes, annuels et collectifs, au détriment de formes de rémunérations individuelles, qui dépendent du bon vouloir des employeurs.

Au-delà de son aspect technique, le débat portant sur la nature du financement – par la cotisation ou par des taxes – nous paraît essentiel : il revient à poser la question du modèle social que nous voulons construire pour les années à venir.

Si nous sommes attachés aux cotisations sociales, c’est que nous considérons qu’il s’agit d’une forme socialisée de salaire, d’une sorte de salaire différé, ponctionné sur la valeur ajoutée créée par le travail. Les cotisations sociales sont, en réalité, un prélèvement d’utilité sociale sur des sommes qui, si elles n’étaient pas orientées vers la sécurité sociale, iraient au versement de dividendes et à la spéculation.

D’ailleurs, pendant que certains, à droite, dénoncent le coût du travail, c’est-à-dire souhaitent que les employeurs ne participent plus au financement de la sécurité sociale, nous avons voulu, quant à nous, porter le poids du capital sur la sécurité sociale. Nous avons présenté notre amendement visant à moduler les taux de cotisations sociales en fonction de la politique salariale des entreprises, ainsi que celui qui tend à instaurer une contribution sur les dividendes détenus par les entreprises. En la matière, le débat a été, je crois, de qualité. Il nous faudra le poursuivre.

Il nous semble toutefois que la majorité sénatoriale, de gauche, et le Gouvernement pouvaient parvenir à dégager des recettes nouvelles pour la sécurité sociale, en reprenant les dispositions adoptées par le Sénat lors de l’examen du PLFSS pour 2012.

Certes, nous avons pris acte du vote par la majorité, malgré l’avis de sagesse émis par le Gouvernement, de notre amendement sur la taxation des parachutes dorés dès lors qu’ils excèdent cinq fois le plafond de la sécurité sociale. Mais d’autres recettes, d’ailleurs adoptées elles aussi par la majorité sénatoriale l’an dernier (PCF,PS,EEV,PRG), seraient tout autant nécessaires aujourd’hui, tout simplement parce qu’elles sont justes*.   C’est particulièrement vrai pour l’instauration d’une contribution patronale sur la part variable de rémunération des opérateurs des marchés financiers à hauteur de 20 % et la suppression des exonérations de cotisations sociales patronales aux entreprises ne respectant pas leurs obligations en matière d’égalité salariale.

Ces mesures auraient pu se substituer à l’article 16 instaurant la taxe sur les retraites. Comme vous, madame la ministre, nous souhaitons une réforme de la dépendance. Or nous désirons que cette réforme puisse d’abord et avant tout prendre pour base les besoins de nos concitoyens, à partir desquels le niveau de financement nécessaire serait ensuite établi. Celui-ci ne peut reposer sur le principe selon lequel il faut avoir cotisé pour pouvoir bénéficier d’un droit nouveau. L’association entre cotisation et droit n’est pas conforme à la construction de notre pacte social ; c’est un mécanisme d’inspiration assurantiel, qui irait à l’encontre de la solidarité de notre système.

En outre, plutôt que de taxer des retraites inférieures à 1 300 euros, pourquoi ne pas porter les prélèvements sociaux sur les revenus du capital au même niveau que ceux applicables aux revenus du travail ? Certes, nous avons progressé en la matière, mais pourquoi considérer que le capital, dont on sait qu’il casse l’emploi puisqu’il ne le fait pas progresser, doit être moins soumis aux cotisations que les salaires, lesquels sont la condition de la consommation et donc de la croissance ?

En outre, permettez-moi de dire combien le débat portant sur l’huile de palme et sur la bière a été surréaliste. J’imagine un citoyen lambda qui, très courageux, aurait suivi nos débats : il aurait assisté à deux heures et demie de discussions sur l’huile de palme et la bière, et à une demi-heure seulement sur la taxe sur les retraites !

C’était – j’ose le dire – de l’indécence à l’état pur !

Enfin, ainsi que l’a indiqué mon collègue Dominique Watrin lors de son intervention sur l’article 27, une partie des ressources qui constituent les recettes prévues dans le présent PLFSS sont, en réalité, issues de mesures adoptées sous le précédent gouvernement, et que nous avions dénoncées. Je sais, malgré les silences, que nous sommes encore nombreux à les combattre. Je pense par exemple aux franchises médicales, qui nuisent à l’accès aux soins, ou encore à la taxe sur les mutuelles, dont nous avons été nombreux, à gauche, lors des discussions sur le présent PLFSS, à demander la suppression. Là encore, l’adoption de ces mesures aurait été un signal positif, lancé à celles et ceux de nos concitoyens qui sont de plus en plus nombreux à renoncer aux soins pour des motifs financiers.

Nous voulions que ce premier PLFSS soit celui qui change la donne. Nous constatons que, en l’état actuel, les recettes prévues ne permettent au Gouvernement ni de desserrer l’étau que génère la crise financière ni de rehausser le niveau de protection sociale dont nos concitoyens ont besoin.

Le groupe CRC – je le dis avec solennité et fermeté – prend donc toutes ses responsabilités : au bénéfice des observations que je viens de faire, il n’a pas d’autre choix que de rejeter cette troisième partie.  

 

 
*(souligné par le webmaster du blog!)

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