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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 19:01

Nous apprenons (malheureusement trop tard) la visite-surprise du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand au Pont du Gard en ce dimanche 4 juillet. Nous nous interrogeons sur ces  « visites-éclairs » dont l’annonce n’est faite qu’au dernier moment ; d’autant plus qu’il y a eu un précédent dans un passé récent : c’était le 29 novembre dernier. Ce jour là (toujours un dimanche) le ministre de la culture a été accueilli au Carré d’art par le sénateur maire de Nîmes Jean-Paul Fournier sans que l’on ne soit mis au courant de sa venue auparavant. Les agendas des ministres sont chargés, mais quand même, le ministre de la culture aurait-il peur de rencontrer des gens en prévenant à l’avance lors de ses sorties officielles ?

Les communistes bagnolais regrettent de ne pas avoir été informés comme le reste de la population de la venue de Frédéric Mitterrand dans le secteur du Gard Rhodanien car ils auraient aimé lui parler des problèmes du monde de la culture et de certains dossiers qui leur tiennent à cœur.

A quelques jours du début du festival d'Avignon doit-on penser que le ministre de la culture avait peur des intermittents ?

En tout cas plutôt que cette visite ministérielle en catimini nous préférons nous rappeler que dans quelques jours ça fera un an que nous a quitté André Benedetto le père du festival-off. Ce compagnon de route qui vivait dans notre secteur et avec qui nous avons partagé plusieurs moments privilégiés mérite un hommage. Il ne fait aucun doute qu'à Avignon on se souviendra de lui à partir de la semaine prochaine mais c'est aussi l'Université Occitane d'été de Nîmes qui va le célébrer le jeudi 8 juillet à partir de 14 h 30 au Collège Révolution.

Enfin ce week-end c'est un autre grand homme de théâtre qui nous a quitté et il convient de se souvenir de Laurent Terzieff.

Indépendant, exigeant et discret, cet autodidacte du théâtre avait révélé des auteurs tels que Andreiev, Mrozek, Milosz et les anglo-saxons James Saunders, Murray Schisgal, Edward Albee.

Véritable légende du théâtre, il avait été sacré meilleur comédien en avril aux Molière pour deux rôles différents dans les deux familles du théâtre, "L'Habilleur", qui lui a valu aussi le Molière du théâtre privé et "Philoctète", dans le secteur subventionné.

Né le 27 juin 1935 à Toulouse (Haute-Garonne), d'une mère céramiste et d'un père sculpteur d'origine russe, Laurent Terzieff, de son vrai nom Laurent Tchemerzine, décide de se consacrer au théatre après avoir vu, adolescent, "La Sonate des spectres" de Strindberg, mise en scène par Roger Blin, dont il sera le fils spirituel.

Après avoir appris le métier "sur le tas" comme machiniste, souffleur, figurant, doublure, il débute en 1952, grâce à Jean-Marie Serreau, autre mentor, dans "Tous contre tous" d'Adamov.

La beauté romantique de son visage émacié et de son regard clair auraient pu faire de lui un idéal jeune premier de cinéma, quand Marcel Carné le révèle à 23 ans dans "Les Tricheurs", peu après son succès de télévision dans l'émission "En votre âme et conscience".

Bunuel, Clouzot, Godard, Pasolini lui confieront des rôles, mais Laurent Terzieff, épris d'absolu, ne cède pas aux sirènes de la starisation, et choisit le théâtre comme un sacerdoce.

En 1961, il fonde la compagnie qui porte son nom, et qui sera hébergée dans les petits théâtres privés (Lutèce, La Bruyère, Lucernaire).

Là, il peut créer, loin des rumeurs et des engouements, les pièces inédites d'auteurs qu'il affectionne, comme Andréiev ("La Pensée", 1961), Schisgal ("Le Tigre et les dactylos", 1963), Albee ("Zoo Story", 1965), et Mrozek ("Tango", 1967), dont il créera plusieurs autres pièces dans les années 70 et 80.

Il monte également de nombreux spectacles de poésie autour de Rilke, Brecht et Milosz, puis "Dernières lettres de Stalingrad" (2001), un réquisitoire contre la guerre.

Acteur au jeu hors mode et d'une très grande sensibilité, - il avait notamment triomphé dans "Tête d'Or" chez Barrault et reçu de nombreuses récompenses : prix Gérard Philipe en 1964, Grand prix national du théâtre en 1984, et plusieurs Molière, pour deux pièces qui ont été de vifs succès publics : "Ce que voit Fox" (1988) et "Temps contre Temps" (1993).

En 2002, il avait perdu sa compagne et partenaire de théâtre, Pascale de Boysson. Quelques mois plus tard, il était remonté seul en scène pour "Florilège", un spectacle poétique.


Cliquez sur le lien ci-contre pour voir la vidéo de Laurent Terzieff fait l'éloge du théâtre

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