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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 10:59

Le 19 août dernier le PCF section de Toulouse a fleuri une plaque commémorative en l’honneur de notre camarade Jacob Insel (communiste et brigadiste) mort le 19 août 1944 près du Gard Rhodanien puisqu’il est décédé à Pierrelatte dans le fameux "train fantôme" de triste mémoire. Un rappel de cet épisode est peut-être nécessaire et sera notre contribution à ce témoignage.

Ce train de déportés fut arrêté à Pierrelatte par un mitraillage de l'armée alliée. Voici le récit que fit de cet évènement madame Hélène Jaume veuve du docteur qui vint au secours des blessés. La veille le 18 août 1944 ce train s'était arrêté à Roquemaure et les déportés avaient fait le déplacement jusqu'à Sorgues à pied. Après l'épisode de Pierrelatte le train repartira, il arrivera le 28 août 1944 à sa destination finale Dachau, les 900 membres du train devinrent alors non plus des hommes mais des numéros.

 

Ci-dessous le témoignage de madame Jaume recueilli en 1990

 

Le train roule vers Pierrelatte. Les corps nus et luisants ne savent plus se lever, sont emmêlés dans un entassement dantesque. Ils ont déjà la couleur des morts. Les trois chemises ( tricolores ) prêtes à servir sont suspendues à un bout de ficelle. Nul ne dit mot. Ils n'ont pas assez de vie pour avoir mal.Ils gémissent. Ils ne sont que douleurs et souffles lancinants. Ils en est qui sont évanouis, on ne les distingue pas des autres. Le train brusquement s'arrête . Les Allemands courent tombent, se relèvent et s'éparpillent. François veut se lever. Une main l'aide, le pousse. Il s'accroche avec ses ongles au bord de la fenêtre. Le fanion tricolore est à nouveau levé. Aide-moi dit Pierre, je veux voir. Les rafales éclatantes brisent de leur feux la torpeur des wagons. Dessinant dans le ciel un fulgurant feston, les avions piquent et grondent. Ils reviennent, droit sur les prisonniers. Hubert murmure : c'est pour nous…. Oui dit Claude. Et les quatre hommes regardent l'avion qui grandit. Éclatement des mitrailleuses et des canons. Devant eux la terre prend feu, des traverses de chemin de fer voltigent en débris. Des éclats frappent les parois du wagon. Des avions ont piqués à nouveau. La tête de François a éclaté, la cervelle a jailli. Une fumée opaque l'entoure. Une silhouette s'accroche aux lattes. Elle arrache les barbelés de ses mains nues. Des cris résonnent plein d'épouvante. Au bout d'un moment, la porte s'ouvre. C'est le copain devenu fou qui a fait cela. Il à réussi à sortir. Mais les Allemands ouvrent le feu à leur tour. Trois camarades qui se traînent vers la porte s'écroulent. Pierre se laisse tomber sur le corps de François. Sur le plancher le sang coule en rigole visqueuse. Partout le sang dilue la sueur. Jacques est blessé d'une balle explosive dans le dos. Il meurt lentement….

" Vite, le docteur, des blessés au train, en gare " C'est alors l'effroyable vision… Des corps presque nus, étendus sur le sol ; huit ou dix environ, sortis par les Allemands du wagon à bestiaux. Ces hommes, tous jeunes dont le regard vers nous suppliaient du secours. Sans regarder mon mari, je compris que lui, médecin, devant ce drame horrible ne pouvait rien pour eux. Seuls nos yeux affectueux pouvaient leur dire " espoir "sans trop y croire. Deux heures ainsi…Les sentinelles Allemandes s'éloignaient à plat ventre dans le pré. Elles avaient peur. C'est alors qu'un homme debout, prés de nous, habillé, non blessé s'approche de mon mari : " vous êtes médecin ? " oui " moi aussi, je suis médecin à Barcelone. " Mon mari lui demande de le suivre. Nous aurions pu le sauver mais il à préféré rester avec ses compagnons de route (Dr Vincent Parra). Nous nous retrouvons prés des blessés quand un officier Allemand ne voulant pas nous les remettre, les repris dans le wagon qui fut verrouillé à nouveau. Mon mari dit alors : " ils n'arriveront jamais vivants à Montélimar ". Cependant, le train s'ébranla doucement. C'est alors que sous un arbre, on aperçoit un corps étendu sur l'herbe. Un blessé oublié par les Allemands. Après les soins reprenant connaissance, il pu prononcer son nom avec lenteur : Raphaël Jimena. Il était sauvé.http://www.lesdeportesdutrainfantome.org/images/photos/pierrelatte/stele-gare.jpg

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