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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 09:54
Il y a quelques semaines alors que des élections partielles devaient avoir lieu à Pont Saint Esprit les rumeurs les plus folles et les propos les plus caricaturaux ont circulé dans cette ville. La liste conduite par Jean-Marie Daver avait été décidée à Paris (place du Colonel Fabien)... et pourquoi pas à Moscou ?
Le livre dont nous parlons aujourd'hui semble faire écho à cet épisode de notre vie locale car en fait ce cliché sur le PCF est véhiculé partout et est présent dans de nombreuses têtes. On ne peut donc que conseiller ce livre de Julian Mischi "Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF" aux Presses Universitaires de Rennes Collection Histoire 2010.

Le Parti communiste français a été longtemps le premier parti de France. Des années 1930 aux années 1970, sa puissance électorale était considérable et ses militants étaient nombreux, en particulier dans les villes industrielles, mais aussi dans les territoires ruraux. Au nom du communisme, des ouvriers et des paysans se sont rassemblés et se sont engagés dans un monde, celui de la politique, d’où ils sont d’ordinaire exclus. Le PCF a pu apparaître comme le « parti de la classe ouvrière », fort de sa présence au coeur des milieux industriels, où ses militants animaient des cellules tout en s’impliquant dans la vie associative. C’est cette sociabilité communiste que Julian Mischi décrit dans une étude à la fois historique et sociologique, fruit d’une enquête menée dans quatre départements (Allier, Isère, Loire-Atlantique, Meurthe-et-Moselle).
En croisant documents internes et entretiens, ce livre analyse l’organisation des militants communistes dans les quartiers, les villages et les usines, et leur implication dans les réseaux syndicaux et municipaux. Dès lors, à rebours de l’image monolithique qui lui est couramment associée, la mobilisation communiste apparaît plurielle. Sur le terrain, loin de Moscou et de Paris, les dirigeants départementaux doivent en effet composer avec les sociabilités propres aux groupes et aux territoires qu’ils investissent. Suivant des consignes nationales, ils cherchent à politiser l’action des adhérents « de base » qui eux ne vivent pas de la politique et ont une vie hors du parti. Dans les localités et les entreprises, les pratiques militantes sont alimentées tant par des recommandations politiques que par les expériences de la vie quotidienne. L’objectif de cet ouvrage est là : étudier un parti dans son ancrage local pour comprendre le succès passé de la mobilisation communiste des classes populaires.

Julian Mischi, docteur en science politique (EHESS), est chargé de recherche au département de sciences sociales de l’INRA (CESAER, Dijon). Il enseigne à Sciences-Po Paris et à l’université de Bourgogne.

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=2257

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