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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 18:17

 Comment est–il possible de voir l’enfance persécutée dans les prisons israéliennes  ?

photo_salah.jpg.pngChers camarades, je souhaite tout d’abord remercier du fond du cœur toutes celles et tous ceux qui se souviennent avec moi et ma famille que cinq ans déjà sont passés et que je partage avec d’autres camarades une petite cellule dans une prison israélienne.

Merci pour les rassemblements et les manifestations organisés un peu partout en France.

L’enfance perdue. La cause des enfants palestiniens dans les prisons de l’occupation est un sujet douloureux dont je souhaite vous parler. Les associations n’épargnent pas leurs efforts pour donner la priorité à l’enfance, développer des programmes de divertissement pour protéger les enfants et favoriser leur développement naturel. Après cinq ans passés en prison, je me demande comment est-il possible, en même temps, de voir ici l’enfance persécutée et défigurée?

Le monde doit savoir qu’il y a entre 300 et 350 enfants détenus dans les prisons israéliennes dans des circonstances très dures. Ils sont en effet traités comme des détenus adultes, ils sont séparés de leurs familles, certains n’ont pas droit aux visites familiales pour des motifs sécuritaires, et si les visites sont permises, ils ne peuvent avoir aucun contact physique avec leurs parents.

Dans l’enceinte de la prison, l’intervention d’organismes internationaux n’est pas permise et les enfants ne reçoivent aucune aide psychologique alors qu’ils sont dans un environnement étranger, loin de l’école et de la famille.

Au contraire, les Israéliens utilisent tous les moyens de pression pour détruire leur jeunesse.

Les enfants sont le plus souvent jugés dans des tribunaux militaires comme les adultes, ils ont droit au même traitement que les plus vieux dans les tribunaux illégitimes que sont les tribunaux militaires de l’occupation.

Il n’existe pas de tribunaux pour mineurs même si Israël a signé un traité sur les droits de l’enfant, qui apparemment ne concerne pas les enfants palestiniens.

Avez-vous entendu parler du petit Hassan Muhtaseb? Il y a trois semaines, deux frères âgés de dix et douze ans ont été arrêtés à Hébron puis emprisonnés. Le petit a été libéré dix heures plus tard mais l’aîné, Hassan, a été interrogé puis envoyé en prison, il a été ensuite emmené au tribunal militaire d’Ofer, les mains et les pieds liés. Pendant l’audience, son avocate, Lea Tsemel, lui a offert un ballon qu’elle a gonflé avant de commencer à plaider. Le juge militaire était gêné et s’est caché la tête derrière son ordinateur. Hassan a été libéré sous caution après avoir été interrogé et mis en cellule…


Salah Hamouri (*), Prison de Guiboa, section IV, le 13 mars 2010.

 

  Pour tout savoir et vous joindre à son comité de soutien cliquez sur ce lien

   Voir aussi : Arrêt sur images François Cluzet médiatise et apporte son soutien.

(*)Salah Hamouri est né le 25 avril 1985 à Jérusalem. Il a donc 24 ans.

Son père Hassan Hamouri, restaurateur, est un Palestinien résidant de Jérusalem-Est. Sa mère, professeur, née Denise Guidoux, est française. Elle est originaire de Bourg-en-Bresse (Ain).

Salah Hamouri dispose d’un passeport français, et est dûment enregistré au Consulat général de France à Jérusalem. Salah est parfaitement francophone.

Il a été scolarisé chez les « Frères de Lasalle », une école privée catholique de garçons à Jérusalem-Est. Il a été arrêté une première fois le 30 septembre 2001, juste avant la rentrée scolaire. Il était alors en classe de 11ème (équivalent de la 1ère en France). Il est resté 2 mois en isolement à la Moskobieh, centre d’interrogatoire et de détention de Jérusalem, et ce malgré son jeune âge (il avait à l’époque un peu plus de 16 ans). Il a été jugé et condamné à 5 mois de détention pour avoir collé des affiches et fait de la « propagande anti-israélienne » dans le cadre scolaire. Il a passé le reste de sa détention dans la section des mineurs à la prison de Hasharon. Il a été libéré en janvier 2002 et a réintégré son lycée où il a poursuivi ses études jusqu'à l’obtention de l’équivalent du Bac en juin 2003. Il a alors décidé de poursuivre des études de sociologie à l’université très réputée de Bethlehem.

Il a été arrêté une seconde fois à Bethlehem alors qu’il passait la soirée chez des amis, fin février 2004. Une des personnes présente à cette soirée était recherchée par l’armée israélienne. La maison où il se trouvait a été encerclée et les jeunes présents à cette soirée ont été arrêtés. Salah, qui n’avait rien à se reprocher, a dû malgré tout passer 4 mois en « détention administrative » (système repris de la réglementation de l’époque du Mandat britannique, et permettant à Israël le maintien de Palestiniens en détention sans inculpation ni jugement, sans limitation de durée). Il a passé ces 4 mois dans différents camps militaires (Ofer, Katziot puis Maggido). Il dépendait de la juridiction militaire

La 3ème fois, Salah a été arrêté le 13 mars 2005 alors qu’il se rendait à Ramallah. Il a été emmené à la prison de Moskobiah à Jérusalem. Il y est resté 3 mois, en isolement et en interrogatoire. Un mois après son arrestation, sa famille a appris par la presse qu’il était accusé d’avoir comploté avec 2 autres jeunes contre le rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du parti religieux d’extrême droite SHAS, au motif qu’ils étaient passés en voiture devant le domicile de celui-ci. A cela s’ajoute la présomption de l’appartenance de Salah à un mouvement de jeunesse réputé proche du FPLP, dont Salah n’a jamais été membre. Un « délit d’intention » a été ainsi constitué par le tribunal militaire. Salah a ensuite été transféré à la prison de Beersheba où il est resté un an et demi. Il a ensuite été transféra au centre de Hadarim, puis à Rimonim.

Le 17 avril 2008, après trois ans d’emprisonnement au cours desquels une vingtaine d’audiences ont fait l’objet de reports successifs faute de témoins et/ou d’éléments de preuve permettant d’établir sa culpabilité, Salah a été condamné par le tribunal militaire israélien d’Ofer (situé dans les Territoires palestiniens illégalement occupés) à 7 ans de prison pour « complot et appartenance aux jeunesses du FPLP », et ce à la suite d’une procédure de compromis (« plea bargain »).

Salah a été contraint d’accepter ce compromis, sur les conseils de son avocate israélienne, Maître Léa Tsemel : les termes du compromis étant, en effet, « soit vous acceptez 7 ans, soit ce sera pire ».

Depuis, Salah a fait l’objet d’un nouveau transfert, et se trouve à la prison de Gilboa au Nord d’Israël. Selon les termes du jugement il sera libérable le 21 novembre 2011.

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