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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 12:41
La mairie de Roquemaure (Gard) a fait saisir les caravanes d'une association dont l'objet est « accueillir temporairement les familles sans domicile », au motif qu'elle n'avait pas fait la simple demande d'autorisation de camping chez l'habitant, tel que le précisait le POS local.


Christian Delmas, 63 ans, retraité et malade, propriétaire du terrain qu'il mettait à disposition de l'association, a aussi vu saisir sa caravane et celles de ses enfants.


Son histoire vaut le détour : Salarié-nomade des temps modernes, il a été ouvrier qualifié, puis technicien supérieur dans de nombreuses entreprises industrielles (dont Eurodif ou Marcoule...), il a été commerçant, puis prof de technologie, son dernier emploi était forain, il vendait de la maroquinerie et de la toile cirée. C'est d'ailleurs à ce moment qu'il a acheté ce terrain, pour y poser son camion...

Puis il est tombé gravement malade du cancer du fumeur, sans jamais avoir fumer la moindre cigarette. A l'époque, il vivait au camping, mais quand ses revenus ont fléchi en obtenant qu'un remboursement social équivalent à 300 €, il n'a pas pu rester au camping, qui en absorbait l'intégralité en loyer. Il est donc venu sur le seul endroit qui lui appartenait, son terrain arboré de 1000 m², au milieu des vignes...

La suite de son parcours lui a fait rencontrée par l'intermédiaire de la Croix Rouge des amies qui souhaitaient créer une association de solidarité pour ouvrir des espaces d'accueils envers les familles pauvres d'Europe, notamment les roms, dont le traitement social est un scandale national.

Christian leur a proposé son terrain et c'est ainsi que deux caravanes supplémentaires ont été installées pour accueillir des familles à la rue et que l'association « Refuge Chrétien de Plein Air » est née.

Cela n'a pas été du goût de la municipalité, qui sous prétexte d'éviter « qu'une cabanisation ne se propage sur le terrain », a rapidement saisie la justice pour cette infraction avec les disposition du POS, en effet, Christian n'avait pas obtenu d'autorisation pour stationnement sur terrain privé.


L'ordonnance de Référé a été rendu en Mars 2009, et les caravanes ont été saisie et mise en fourrière en juillet 2009, la cuisine d'été collective a été détruite.

De plus, l'association et Christian ont été condamnés par le Tribunal Administratif de Nîmes au paiement d'une amende de 1000 €.


Et cerise sur le gâteau, il faut savoir qu'ils n'ont jamais pu récupérer leurs affaires personnelles, puisque les caravanes ont été dépouillées de tout ce qui avait de la valeur (dont les ordinateurs de l'association). Une plainte contre X a bien été déposée, mais a été classée sans suite par le Procureur de la République.


Aujourd'hui démunis et sans logement, les habitants du terrain, dont Christian, vivent toujours dehors et dorment dans leur voiture, dans l'attente d'un relogement pour Christian et dans l'espoir de pouvoir obtenir l'autorisation d'aménager leur terrain en espace d'accueil reconnu.


Une assistante sociale du Conseil Général a été contactée et promet à Christian un logement rapidement, il souhaite l'accepter, mais veut continuer son combat pour permettre à ses camarades d'infortunes et à l'association d'accueil de rester en place, intimement conscient de la nécessité de tels espaces.


Ils seront jugés sur le fond au tribunal Administratif de Nîmes le 20 janvier 2010 à 8 heures.

Ils demandent le soutien matériel ou moral de tous ceux qui pourraient être sensibles à leur lutte, en appelant à une forte mobilisation devant les portes du tribunal.


Mobilisons nous pour que le droit au logement et à l'habitat choisi soit reconnu comme un droit fondamental, et qu'une telle situation ne puisse se reproduire.

Nous exigeons que tous les sans-abris puissent bénéficier de logements décents, fussent-ils mobiles ou éphémères.

Nous demandons un moratoire sur les expulsions et la mise en place de commissions paritaires pour la résolutions des conflits entre mal-logés, habitants de logements choisis et collectivités territoriales.

Nous voulons une révision de la législation sur l'occupation des sols pour permettre l'installation de logement éphémères ou mobiles, peu gourmand en énergies sur des zones non constructibles.

Nous exigeons l'abandon de la « charte de bonne conduite contre la cabanisation en Languedoc Roussillon », qui accélère l'indigne traque des habitants de logements éphémères, mobiles ou alternatifs.


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