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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 22:30

Austérité  : et si les peuples européens disaient « non »  ?

La contestation contre les « purges » annoncées s’étend. Les Grecs, en grève générale à nouveau hier, les Islandais ou les Portugais le proclament de plus en plus fort  : ce n’est pas à nous de régler l’addition de la crise de la finance.

Depuis quelques jours, un spectre hante l’Europe, celui du refus des peuples de payer l’addition de la crise financière. Après le référendum islandais de samedi dernier lors duquel une écrasante majorité de citoyens a refusé d’éponger les dettes d’Icesave, la banque en ligne qui a fait faillite après avoir été considérée, dans les années 2000, comme l’un des champions du placement en or. Londres et La Haye – « sauveteurs » de leurs propres systèmes bancaires et devenus les principaux créanciers d’Icesave – qui exigeaient un remboursement des contribuables islandais (soit la bagatelle de 12 000 euros par habitant de ce petit pays) devront revoir leurs plans et entamer une nouvelle négociation avec Reykjavik.

La Grèce était à nouveau paralysée hier par un mouvement de grève générale qui a encore gagné en ampleur par rapport à celui déjà considérable de la semaine passée. Les salariés refusent les baisses des salaires et des pensions, l’augmentation de la TVA, le report de l’âge de la retraite et les coupes claires dans les budgets de l’éducation et de la santé. Des mesures destinées à réaliser en l’espace d’un an plus de 4 milliards d’économie pour revenir au pas de charge dans les clous du pacte de stabilité.

Le cauchemar des dogmes libéraux

Les finances publiques grecques souffrent certes de dysfonctionnements spécifiques qui ont conduit les gouvernements successifs à « s’arranger » avec les chiffres. Mais il ne faut pas s’y tromper, l’ampleur du déficit actuel (près de 13 % du PIB) est, pour au moins les deux tiers, le résultat de la facture laissée par la crise financière, Athènes comme ses partenaires européens s’étant attelé à renflouer le monde de la finance en déliquescence. C’est cette note-là dont il n’est naturellement en rien responsable que le peuple grec refuse de régler.

Partout en Europe en fait, les résistances des peuples se précisent. Qui au Portugal descend massivement dans la rue pour rejeter un plan du même acabit. Qui en Espagne ou en Allemagne manifeste contre le report de l’âge légal de départ à la retraite à… soixante-sept ans, etc. Une généralisation plus large encore de ces résistances populaires serait un cauchemar pour les marchés et les politiques, imprégnés par les dogmes libéraux. Elle serait enfin un premier vrai pas vers cette Europe sociale et émancipée enfin de la tutelle des marchés financiers.


Publié par l'Humanité du 12 mars par Bruno Odent

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