Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 08:24
Une brochure éditée par la Fédération nationale des industries chimiques CGT décortique la répartition de la manne pétrolière. La liberté des prix permet aux pétroliers de caracoler en Bourse. Une contrôle public est à réactiver.

Ça mouline dur à la pompe ! Cette annonce n’a sans doute surpris aucun automobiliste. Le 7 janvier dernier, une station Total comme celle de Lille-Sud, un quartier populaire de Lille (Nord), affichait le litre de gasoil à 1,508 euro ! Plus cher que la première station de l’autoroute ! « On voudrait voir fuir les clients et fermer la station, qu’on ne ferait pas mieux », confiait le caissier, inquiet pour son avenir. D’autant que les grandes surfaces, concurrentes, sont nombreuses dans le secteur et que la Belgique n’est pas loin. De quoi aller se plonger dans une petite brochure éditée par la Fédération nationale des industries chimiques, destinée au grand public, pour comprendre le système.

 

la « concurrence » comme prétexte

« Compte tenu des taxes supportées par les carburants en France, passer à la pompe revient à passer chez son percepteur pour payer ses impôts », indique le document syndical. Les calculs effectués permettent de visualiser sur un graphique que sur un plein d’essence à 40 euros, 23 euros vont directement dans les caisses de l’État au titre de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (la Tipp). Sur les 17 euros restants, 12,4 « vont pour l’essentiel, alimenter la spéculation sur le prix du pétrole et se retrouvent au final dans la poche des actionnaires ». Ainsi, « seuls 4,6 euros vont véritablement à l’industrie du raffinage et à la distribution des carburants ». Au passage, la CGT rappelle que « le gazole est du seul fait d’une moindre taxation, meilleur marché que l’essence ». Les atouts du moteur Diesel ont généré une demande forte. Mais les raffineries françaises ne peuvent pas suivre, faute d’investissements. Elles produisaient 24 millions de tonnes de gasoil en 2008 pour une consommation de 33 millions. Résultat : 9 millions de tonnes à importer ! De quoi répondre à ceux qui, au passage, évoquent une surcapacité de production pour justifier des fermetures de raffineries…

Mais qui fixe le prix à la pompe ? De 1928 jusqu’en 1982, c’était l’État qui décidait de la quantité de pétrole qui entrait en France, quelle raffinerie allait le traiter et fixait le prix des carburants par simple décret. Mais les compagnies pétrolières n’ont eu de cesse de faire abroger la loi correspondante à ces prérogatives. Promis, si elles fixaient elles-mêmes les prix, la concurrence pourrait jouer et les prix baisseraient ! Elles ont ainsi obtenu gain de cause en 1982. Les prix n’ont pas baissé. La seule chose qui a baissé, c’est le nombre de stations-service. Elles étaient 40 000 en 1982, d’après la CGT. Elles ne sont plus que 12 500 aujourd’hui, « grandes surfaces comprises ». L’automobiliste, souvent captif de ses trajets domicile-travail, n’a plus guère le choix…

S’indignant que « les chiffres d’affaires des compagnies privées pétrolières dépassent le PIB de nombreux pays, pendant que plus d’un tiers de la population du globe n’a accès à aucune autre source d’énergie que le bois de chauffe », la Fédération des industries chimiques réaffirme dans sa brochure consultable sur le site Internet du syndicat que le « pétrole est un bien universel, qui doit être au service du développement des pays et des peuples ». « Il est nécessaire de mettre sous contrôle public, de socialiser le secteur pétrolier. ceci n’est pas utopique, c’est déjà le cas dans la plupart des pays »…


TOTAL au top du cac 40


La lettre Vernimmen.net, site spécialisé dans la finance, évalue le total 2011 – au titre de l’exercice 2010 – des dividendes versés et des rachats d’actions bénéficiant aux actionnaires à 44,6 milliards d’euros, en hausse de 15 % sur l’année précédente. Ce pactole 
se répartit en 38,9 milliards d’euros de dividendes et 5,7 milliards de rachats d’actions. Total est sur la plus haute marche du podium avec 5,1 milliards de dividendes. Il est suivi par France Télécom 
qui a distribué 3,7 milliards de dividendes et racheté pour 
200 millions d’euros d’actions. GDF Suez est en 3e position.

 

Publié par Laurence Mauriaucourt dans l'Humanité

Partager cet article

Repost 0
Published by SECTION GARD RHÔDANIEN du PCF
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de la SECTION GARD RHODANIEN du PCF
  • Le blog de la  SECTION GARD RHODANIEN du PCF
  • : Les activités et les réflexions des militants et des élu(e)s du PCF du Gard Rhodanien.
  • Contact

Recherche