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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 21:35

  Une nouvelle Constitution

doit rétablir la souveraineté du peuple


 rousseau.pngNé à Genève le 28 juin 1712, Jean-Jacques Rousseau a légué à l’humanité une œuvre philosophique et littéraire qui s’inscrit au firmament du mouvement des Lumières en Europe et qui demeure profondément actuelle. Le tricentenaire de sa naissance va faire l’objet de très nombreux colloques et initiatives. Le PCF a décidé de le célébrer en organisant une première rencontre au cours de laquelle interviendront: Bruno Bernardi, chercheur au CNRS, spécialiste de Rousseau; Simone Mazauric, philosophe et historienne des sciences; Nicole Borvo Cohen-Seat, sénatrice de Paris.

Rousseau, qui revendiquait sa qualité de «citoyen» de la république de Genève, a énoncé des idées éminemment novatrices à l’époque, dont la Révolution de 1789 s’est directement inspirée.

Quand, en 1792, après l’abolition de la monarchie, fut établie la première République française, la pensée de Rousseau a contribué à façonner les premières expériences et innovations de la démocratie politique et sociale dont le but était de favoriser le «bonheur commun» du peuple et en même temps la participation active des citoyens à la construction de leur destin collectif.

La reconnaissance de l’égalité entre les humains et la liberté permise par la loi commune sont au cœur de l’ambition philosophique de Rousseau. Mais il va plus loin et interroge de manière critique, donc discutable:

  • Qu’est-ce qu’un peuple?
  • Comment un peuple peut-il fonder la loi commune qui garantira leurs droits aux citoyens? Comment les peuples pourront-ils ensemble assurer la paix du monde?
  • Quelles formes donner aux institutions pour qu’elles soient conformes aux besoins des peuples?

Pour ne pas être détournée de ses fins, la démocratie, selon Rousseau, devrait être délibérative, participative, jamais oppressive. Inspiré par la démocratie athénienne et l’exercice direct du pouvoir par le peuple, il concluait: «La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle peut être aliénée; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point. Les députés du peuple ne sont pas ses représentants, ils ne sont que ses commissaires, ils ne peuvent rien conclure définitivement.»

Aujourd’hui, trois cents ans plus tard, la démocratie est malmenée, menacée, attaquée. Pour préserver leurs intérêts financiers, les puissants ont peur de donner la parole au peuple, a fortiori de lui laisser la place.


La démocratie représentative est prise en étau.


  • Par les peuples qui ne se reconnaissent plus dans leurs représentants, qui se sentent abandonnés; c’est ce qu’expriment massivement les innombrables Indignés qui contestent à la fois la dictature des marchés financiers et les forces politiques qui s’en accommodent.
  • Par un système qui fait et défait des gouvernements sans consulter les citoyens, comme en Grèce et en Italie et comme on tente de l’imposer dans toute l’Europe.

Nicolas Sarkozy est en pointe dans cette dérive autoritaire qui devient ce «despotisme démocratique» dont parlait Alexis de Tocqueville.

Les pouvoirs du président renforcés, un parlement aux ordres, les médias cadenassés, une justice dénigrée, la démocratie locale sacrifiée, le droit d’asile et de circulation des humains bafoué et étouffé, le droit du travail piétiné: tel est le visage de la France sarkozyenne.

Le Front de gauche propose, dans son programme populaire partagé, de casser le pouvoir de l’oligarchie politico-financière qui domine et écrase notre pays et de rendre le pouvoir au peuple. Si la gauche arrive au pouvoir en 2012, elle doit immédiatement prendre des décisions pour rétablir la démocratie et engager un processus citoyen de construction d’une nouvelle République.

Le gouvernement décidera d’engager un processus de création d’une VIe République, une république démocratique, sociale et participative. Une assemblée constituante sera élue, chargée de rédiger et d’adopter la nouvelle Constitution qui sera soumise à référendum. Le texte proposé sera l’aboutissement d’un processus d’appropriation populaire précédé d’un grand et long débat public et citoyen.

L’enjeu est considérable: pour dépasser la crise actuelle de la démocratie représentative, une nouvelle République permettra de rétablir la souveraineté du peuple, d’instituer une véritable démocratie sociale et d’impulser la démocratie participative, la participation directe des citoyens aux décisions qui les concernent à tous les niveaux et sous de multiples formes.


Tribune de François AUGUSTE, Président du Conseil national du PCF, Nicole BORVO COHEN-SEAT, sénatrice de Paris, Claude MAZAURIC, historien, parue dans l’Humanité du 2 février 2012

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