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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 12:30

Une réflexion publique sur le concept de démocratie en France et dans le monde devient nécessaire, indispensable même. L’article 2 de la Constitution Française du 4 octobre 1958 énonce comme principe fondamental que le système français est :  « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Cette phrase d’Abraham Lincoln, reprise dans notre loi fondamentale, est chaque jour un peu plus grignotée, transgressée par le pouvoir sarkozyste.

La manière dont est menée au pas de charge la casse de la retraite à 60 ans en est le dernier exemple, parmi les plus frappants. 70% de la population refuse cette régression, la considère injuste. Plus, le Président de la République a déclaré lui-même à plusieurs reprises qu’il n’avait pas de mandat pour abroger la retraite à 60 ans. Le pouvoir déclare qu’il a simplement « consulté » les syndicats, mais il n’y a jamais eu de négociations sur ce texte. Lorsqu’on lui demande la raison de ce refus de négocier, le gouvernement répond qu’il n’y avait pas lieu puisque les syndicats étaient contre la retraite à 62 et 67 ans. Pour pouvoir discuter désormais, il faut donc, au préalable, être d’accord ! Drôle de dialogue social ! Le Parlement lui-même a eu la main forcée. Les députés et sénateurs du parti présidentiel ont été convoqués à plusieurs reprises à l’Elysée. Le Président du Sénat lui-même a reçu l’injonction de procéder à un vote bloqué.

Aucun vrai débat public, contradictoire n’a eu lieu sur aucune chaîne de télévision ou de radio. Et que dire des communiqués élyséens annonçant par avance l’état et la nature du mouvement social qui, depuis le premier jour, était en « décélération ». Belle formule de ce   «décélérateur » d’affaires qu’est ce M.Woerth.

La souveraineté populaire est donc bafouée, méprisée. Le terrible gouffre entre les demandes, les aspirations populaires et la représentation parlementaire ne cesse de se creuser. L’inversion du calendrier électoral a considérablement aggravé cet état de fait. Certes, les méthodes d’un Président de la République, s’arrogeant désormais tous les pouvoirs, en rajoutent encore. Mais, c’est le système lui-même qui devient extrêmement dangereux. Une oligarchie –c’est-à-dire un tout petit groupe- s’est emparée de tous les leviers de commande contre la souveraineté du peuple. Dans la crise profonde et totale du capitalisme, ils veulent à tout prix «tenir» la représentation parlementaire ; porter des coups aux services publics de la justice et de la police ; affaiblir la fonction publique ; contrôler le système médiatique et tenir la presse indépendante à la lisière de la survivance ; démanteler l’architecture des collectivités locales et territoriales, de telle sorte qu’elles ne soient plus ni contre-pouvoir social, ni contre-pouvoir politique. Et, attention ! A la faveur du mouvement social et revendicatif sur les retraites, le sarkozysme tente d’imposer l’idée que les syndicats ne servent à rien, que l’action citoyenne et sociale, même puissante, devient inutile. Ceci coïncide exactement avec l’intégration de plus en plus grande de notre pays dans l’Europe capitaliste. Les institutions européennes non élues, imposent de plus en plus leur talon de fer aux peuples. Ainsi, le Conseil européen et la Commission de Bruxelles veulent contrôler « a priori » les budgets nationaux, obliger les Etats à réduire drastiquement les budgets publics et sociaux, comme le réclament à corps et à cris les marchés financiers. Accepter ceci c’est rendre le Parlement national inutile. C’est ligoter la liberté de choix des citoyennes et des citoyens aujourd’hui, en 2012 et après. Pire ! Selon ces institutions européennes, les Etats n’obtempérant pas à leurs diktats seraient sanctionnés, soit par ponction sur leur budget, ce qui reviendrait à réduire les moyens financiers publics pour les populations, soit en privant les pays concernés de leur droit de vote au sein du Conseil européen. Le budget européen serait lui-même réduit à peau de chagrin. C’est bien l’Europe autoritaire et antisociale, au service exclusif de la dictature des puissances d’argent qui est en train de se construire. Il y a des liens clairs entre ces orientations antisociales, antidémocratiques et les politiques nationales mises à l’œuvre. C’est le cas de la réduction des politiques publiques, de la mise en concurrence des services ou la casse des retraites. Ainsi, dans les conclusions du Conseil européen de la semaine dernière, on peut lire qu’il vérifiera « l’incidence de la réforme des retraites dans la prise en considération de la mise en œuvre du pacte de stabilité ». Traduction de cette langue d’ébène des eurocrates : plus vous reculerez l’âge de la retraite et mieux nous considérerons que vous êtes un bon élève dans la mise en œuvre des programmes d’austérité. Nous avions bien eu raison de refuser ce type d’Europe lors du référendum de 2005. Mais là encore, la volonté du peuple comme celle des Pays Bas ou de l’Irlande a été niée et bafouée.

Nous ne sommes plus dans un système politique où la souveraineté appartient au peuple. Et le fossé qui s’élargit entre les promesses de campagne électorale, la représentation parlementaire et la vie de l’immense majorité de nos concitoyens porte en germe les lourds dangers des obscurantismes, des populismes et des extrémismes de droite.

La négation de la démocratie, le mépris du peuple peut conduire au pire. Voilà pourquoi il est urgent que s’ouvre un débat approfondi à ce propos. Démocratie sociale, démocratie citoyenne et d’intervention, démocratie politique sont des urgences. La démocratie s’est toujours conjuguée au progrès social. Le concept de République ne suffira plus dés lors qu’il sera vidé des contenus de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Ces trois mots sont déjà en eux-mêmes un programme politique transformateur et progressiste. C’est le chemin inverse qui est emprunté aujourd’hui.

Nous voulons inventer avec le peuple, par le peuple et pour le peuple un nouveau chemin de changement inédit pour toutes et tous.

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