Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 21:44

Faire se lever la France solidaire

« Il pleut toujours où c’est mouillé ». C’est ce que vient de confirmer une étude de l’Institut national de la statistique économique. Elle confirme une forte accentuation des inégalités. Pendant que plus de seize millions de nos concitoyens terminent le mois à dix euros près, les revenus du patrimoine ont progressé de 11% l’an. Plus de la moitié des Françaises et des Français ont moins de 1582 euros par mois pour vivre. Cette fracture sociale s’est considérablement élargie depuis 2002 avec le retour de la droite au pouvoir. Mais le processus est engagé depuis longtemps.

Les très riches ont continué de s’enrichir, tandis que tous les autres, des couches sociales intermédiaires aux employés et ouvriers jusqu’aux plus modestes, dans une spirale descendante infernale ont toujours été un peu plus déclassés. La surexploitation capitaliste s’est donc accentuée. Les descendants des familles immigrées, qui ont pourtant pris une part décisive dans l’économie nationale, sont encore plus appauvris que ceux des familles françaises. Une petite oligarchie s’accapare donc de plus en plus de richesses du pays au risque de le fragmenter, de le déchirer encore davantage.

Face à ce recul de civilisation, nous portons l’idée d’une France solidaire. C’est possible en légiférant pour progresser vers une autre répartition des richesses, en faveur du travail et des retraités, qui font la richesse d'un pays. Ne nous cachons pas que cela implique à terme un changement des systèmes productifs et de consommation, donc de la manière de produire. Mais d’urgence, il est possible d’augmenter les petits et moyens salaires et les retraites. D’autre part, une révolution fiscale est indispensable pour aller vers plus de justice et plus de solidarité. Le projet de modification de l’impôt sur les grandes fortunes, voulu par M. Sarkozy, ne ferait qu'aggraver les choses. Pour camoufler ce nouveau cadeau, il dresse un rideau de fumée avec cette prime distribuée à quelques uns. Une division de plus qui, toutes, fracturent, fragmentent, détruisent notre société et notre monde, jusqu’à entacher notre humanité même. Il y avait eu les aboiements de Le Pen critiquant une équipe de France où « on fait venir des joueurs de l’étranger »; les insultes et les cris racistes dans certains stades, sans trop de réprobation ; des bananes lancées des tribunes à Bernard Lama ou à Joseph Antoine Bell ; cette sortie de l’un de nos philosophes médiatiques, M. Finkielkraut, expliquant dans un soupir de dépit que l’équipe de France de football n’était pas « black-blanc-beur », mais « black, black, black » ; les propos d’un sous ministre, M. Laporte, critiquant en octobre 2008 « le public non sain » parce que trop composé de Tunisiens. Et  voilà qu’on apprend qu’au plus haut niveau de la fédération française de football, on peut discuter de la création de « quotas par couleur» dans les écoles de formation et dans les équipes. Oser y  penser est déjà agir, influer sur l’opinion. C'est en rajouter au climat irrespirable de suspicion, de haine de l’autre, de l’étranger ou de celui qu’on considère comme tel. Que le sport le plus médiatisé, le plus populaire soit en cause en dit long sur la dégradation du pacte solidaire. Pour contribuer à le reconstituer, qu'attend-on pour développer l’éducation physique à l’école, les écoles de sport de toutes disciplines pour les enfants et adolescents ? Qu’on en finisse avec le « sport-business » ! Qu’on initie la jeunesse à la lecture, au cinéma, au théâtre, aux différentes musiques et peintures, au lieu de diminuer les crédits des ministères de l’éducation et de la culture au nom du pacte européen de l’argent.

Qu'on en finisse aussi avec la « politique-spectacle » ! Les simagrées des frères siamois Sarkozy et Berlusconi sur l’espace Schengen se sont finalement terminées par un petit marchandage entre amis du fric. « Silvio, tu me laisses mettre la main sur tes sociétés et en échange, je soutiens ton candidat à la présidence de la Banque centrale européenne, M. Draghi ».

Quelle mascarade ! Pendant ce temps, on chassait les Tunisiens dans les faubourgs de Paris et de Marseille. Le peuple tunisien  fait face à de terribles difficultés avec le chômage, le recul de l’activité et surtout du tourisme. De surcroît, il a accueilli une partie des réfugiés qui fuient la Libye. Et dans quelle proportion ? La Tunisie accueille environ 700 000 personnes quittant l’enfer libyen. L’Union européenne a accueilli 20 000 migrants venant de Tunisie ! Curieux, n’est-ce pas ? Au moment de la chute du mur de Berlin, les mêmes vociférateurs déclaraient sur tous les tons qu’ils étaient prêts à accueillir toutes celles et ceux qui souhaitaient quitter les pays de l’Est. Au moins deux millions d'entre eux sont venus dans l’Union européenne, notamment en Allemagne. A comparer avec le millier de migrants tunisiens que devrait accueillir chaque pays européen aujourd’hui. Réaffirmons notre solidarité avec nos frères tunisiens et des pays arabes en quête d’émancipation.

La campagne actuelle instille le poison du racisme, de la  xénophobie à l'opposé des  valeurs de fraternité que proclame notre République. Elle confirme le primat de la libre circulation des capitaux sur la libre circulation des êtres humains. Les mouvements de démocratisation et d’émancipation au Sud de la Méditerranée sont le levain de ce monde qui n’en peut plus. Une Union européenne et une France solidaires devraient sans attendre travailler à de nouvelles relations coopératives avec ces peuples. Geler les avoirs des dirigeants corrompus et les restituer à ces pays pour donner à manger et du travail à celles et ceux qui n’en ont pas, annuler tout ou partie des dettes, échelonner certains remboursements détenus par des banques nationales et européennes dont la Banque européenne d’investissement et lancer un nouveau projet bancaire sur des bases d’égalité et de coopération entre cette même Banque européenne et des banques nationales des pays arabes, à commencer par la Tunisie, pour un accès à un crédit non usuraire servant l’éducation, la formation, les investissements, la recherche, tels sont les actes d'une solidarité vraie et concrète. L’action conjointe des peuples en Europe et au Maghreb les rendra possibles. Il n’y a pas d’issue dans la guerre de tous contre tous. L’avenir est dans l’action collective. L’avenir, c’est la solidarité.

Partager cet article

Repost 0
Published by SECTION GARD RHÔDANIEN du PCF - dans Déclarations d'élus communistes
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de la SECTION GARD RHODANIEN du PCF
  • Le blog de la  SECTION GARD RHODANIEN du PCF
  • : Les activités et les réflexions des militants et des élu(e)s du PCF du Gard Rhodanien.
  • Contact

Recherche