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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 17:22

 

 

220px-Mikis2004Dans les temps anciens, la remise de la dette, par Solon, des dettes qui forçaient les pauvres à être les esclaves des riches, réforme appelée de Seisachtheia, posait les fondements de l'apparition, dans la Grèce antique, des idées de démocratie, de citoyenneté, les politiques et l'Europe, les fondements de la culture européenne et mondiale.


Luttant contre la classe de la richesse, les citoyens d'Athènes ont tracé la route vers la constitution de Périclès et la philosophie politique de Protagoras, qui déclara que :"L'Homme est la mesure au-dessus de tout argent".

Aujourd'hui, les classes riches tentent de se venger de l'esprit de l'homme: "Les marchés sont la mesure au-dessus de tous les hommes" est la devise que nos dirigeants politiques embrassent volontiers, alliés au démon de l'argent tel Faust.

Une poignée de banques internationales, d'agences d'évaluation, de fonds d'investissement, une concentration mondiale du capital financier sans précédent historique, revendiquent le pouvoir en Europe et dans le monde et se préparent à abolir nos états et notre démocratie, utilisant l'arme de la dette pour mettre en esclavage la population européenne, mettant à la place des démocraties imparfaites que nous avons, la dictature de l'argent et des banques, le pouvoir de l'empire totalitaire de la mondialisation, dont le centre politique est en dehors de l'Europe continentale, malgré la présence de banques européennes puissantes au cœur de l'empire.

Ils ont commencé par la Grèce, l'utilisant comme cobaye, pour se déplacer vers les autres pays de la périphérie européenne, et progressivement vers le centre. L'espoir de quelques pays européens d'échapper éventuellement prouve que les leaders européens font face à un nouveau "fascisme financier", ne faisant pas mieux quand ils étaient en face de la menace de Hitler dans l'entre-deux- guerres.

Ce n'est pas par accident qu'une grosse partie des media contrôlée par les banques s'attaque à la périphérie européenne, en traitant ces pays de "cochons" et aussi tournant leur campagne médiatique méprisante, sadique, raciste avec les media qu'ils possèdent, pas seulement contre les Grecs, mais aussi contre l'héritage grec et la civilisation grecque antique. Ce choix montre les buts profonds et inavoués de l'idéologie et des valeurs du capital financier, promoteur d'un capitalisme de destruction.

La tentative des media allemands d'humilier des symboles tels que l'Acropole ou la Venus de Milo, monuments qui furent respectés même par les officiers d'Hitler, n'est rien d'autre que l'expression d'un profond mépris affiché par les banquiers qui contrôlent ces media, pas tellement contre les Grecs, mais surtout contre les idées de liberté et de démocratie qui sont nées dans ce pays.

Le monstre financier a produit quatre décades d'exemption de taxe pour le capital, toutes sortes de "libéralisations du marché", une large dérégulation, l'abolition de toutes les barrières aux flux financiers et aux facilités, d'attaques constantes contre l'état, l'acquisition massive des partis et des media, l'appropriation des surplus mondiaux par une poignée de banques vampires de Wall Street. Maintenant, ce monstre, un véritable "état derrière les états" se révèle vouloir la réalisation d'un "permanent coup d'état " (en français dans le texte) financier et politique, et cela pour plus de quatre décades.

En face de cette attaque, les forces politiques de droite et la social-démocratie semblent compromises après des décades d'entrisme par le capitalisme financier, dont les centres des plus importants sont non-européens. D'autre part, les syndicats et les mouvements sociaux ne sont pas encore assez forts pour bloquer cette attaque de manière décisive, comme ils l'ont fait à de nombreuses reprises dans le passé. Le nouveau totalitarisme financier cherche à tirer avantage de cette situation de manière à imposer des conditions irréversibles à travers l'Europe.

Il y a un urgent besoin d'une coordination d'action immédiate et d'une coordination transfrontalière par des intellectuels, des gens des arts et des lettres, de mouvements spontanés, de forces sociales et de personnalités qui comprennent l'importance des enjeux; nous avons besoin de créer un front de résistance puissant contre "l'empire totalitaire de la mondialisation" qui est en marche, avant qu'il soit trop tard.

L'Europe ne peut survivre que si elle met en avant une réponse unie contre les marchés, un défi plus important que les leurs, un nouveau "New Deal" européen.

Nous devons stopper immédiatement l'attaque contre la Grèce et les autres pays de l'UE de la périphérie; nous devons arrêter cette politique irresponsable et criminelle d'austérité et de privatisation, qui conduit directement à une crise pire que celle de 1929.

Les dettes publiques doivent être radicalement restructurées dans l'Eurozone, particulièrement aux dépens des géants des banques privées. Les banques doivent être recontrôlées et le financement de l'économie européenne doit être sous contrôle social, nationale et européen. Il n'est pas possible de laisser les clés financières de l'Europe dans les mains de banques comme Goldman Sachs, JP Morgan, UBS, la Deutsche Bank, etc… Nous devons bannir les dérives financières incontrôlées, qui sont le fer de lance du capitalisme financier destructeur et créer un véritable développement économique, à la place des profits spéculatifs.

L'architecture actuelle, basée sur le traité de Maastricht et les règles du WTO, a installé en Europe une machine à fabriquer la dette. Nous avons besoin d'un changement radical de tous les traités, la soumission de la BCE au contrôle politique par la population européenne, une "règle d'or" pour un minimum de niveau social, fiscal et environnemental en Europe. Nous avons un urgent besoin d'un changement de modèle; un retour de la stimulation de la croissance par la stimulation de la demande, via de nouveaux programmes d'investissements européens, une nouvelle réglementation, la taxation et le contrôle du capital international et des flux de facilité, une nouvelle forme douce et raisonnable de protectionnisme dans une Europe indépendante qui serait le protagoniste dans le combat pour une planète multipolaire, démocratique, écologique et sociale.

Nous faisons appel aux forces et aux individus qui partagent ces idées à converger dans un large front d'action européen aussi tôt que possible, de produire un programme de transition européen, de coordonner notre action internationale, de façon à mobiliser les forces du mouvement populaire, de renverser l'actuel équilibre des forces et de vaincre les actuels leaderships historiquement irresponsables de nos pays, de façon à sauver nos populations et nos sociétés avant qu'il ne soit trop tard pour l'Europe.

Athènes, octobre 2011
Mikis Theodorakis
Manolis Glezos

 

http://www.particommuniste.be/index.php/europe/7-mikis-theodorakis-sexprime-sur-la-crise-grecque

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commentaires

surmely alain 05/11/2011 17:22



La situation grecque et ses conséquences pour la zone euro restent inintelligibles pour beaucoup.En réalité les plans successifs
d’ « aide » sont assortis de taux d’intérêts exorbitants(>15% soit l’équivalent de crédits revolving à répétition comme le titrait fort intelligemment l’hebdo Télérama)si bien
qu’ils ont eu pour conséquence inévitable de faire exploser la dette grecque.A la forte augmentation du service de la dette se sont ajoutées les différentes coupes budgétaires qui ont aggravé la
situation économique de ce pays.En effet,ces coupes budgétaires ont fait reculer le PIB(situation assez rare et qui s’appelle la DEPRESSION).L’ensemble de ces mesures irresponsables ont asséché
les recettes fiscales déjà très faibles qui mettent l’Etat grec dans l’impossibilité de rembourser la dette astronomique qui s’est accumulée et qui repose en définitive sur un nombre insuffisant
de contribuables grecs.Si bien que ce sont les fonctionnaires ainsi que les retraités( !)qui finissent par assumer la gestion calamiteuse des finances publiques des dirigeants grecs et
européens.Non seulement les différents plans d’ « aide » ou d’ « ajustement structurel » sont profondément injustes socialement mais surtout inefficaces
économiquement puisqu’ils rendent MECANIQUEMENT la Grèce incapable de rembourser l’empilement des prêts successifs qui lui ont été « concédés ».Les dirigeants européens ont,d’une
certaine façon,placé autoritairement la Grèce en situation de surendettement et de cessation de paiement.Mais je vais un peu plus loin :de telles politiques européennes,par l’injustice et
les conséquences sociales qu’elles produisent,par l’impasse économique qu’elles provoquent(remboursement impossible)sont criminelles.En quoi les fonctionnaires et retraités grecs sont-ils
responsables du refus de l’impôt de la part des classes privilégiées grecques(armateurs et ecclésiastiques),du recours contraint au crédit à des conditions indignes d’une démocratie(l’usure
n’est-elle pas interdite ?en France le crédit revolving n’est-il pas dans le collimateur du législateur ?).Les dirigeants de la droite grecque associés aux dirigeants européens tout
aussi responsables ont placé autoritairement le peuple grec dans une situation explosive en le contraignant à l’insurrection.L’appartenance à l’UE n’est pas le problème.Le problème est la gestion
calamiteuse,pour ne pas dire criminelle de classes dirigeantes grecques et européennes qui entendent bien mettre à genoux le PEUPLE grec pour lui demander ensuite de marcher.Ce qui est évidemment
malaisé et contraint mécaniquement la Grèce à une crise politique majeure.L’Union européenne n’est donc pas tant menacée par l’euro que par les politiques économiques qui y sont menées.Car cette
Europe néolibérale a pour fonction et pour projet de TONDRE les peuples et de placer autoritairement les pays européens dans une impasse économique.Du reste,si tant est que l’explosion sociale
n’ait pas lieu,l’implosion du système financier(du fait de l’accroissement des dettes souveraines consécutivement aux différents crédits consentis par les marchés financiers à des conditions peu
intéressantes et à l’assèchement des finances publiques par le non-paiement de l’impôt par des classes privilégiées totalement irresponsables)paraît inévitable.L’enchainement mécanique et
inexorable des faits pourrait être présenté de la façon suivante :


-Assèchement des recettes fiscales (niches, « optimisation fiscale »et autres exonérations fiscales + fraude et évasion
fiscales « organisées »)


-Forte augmentation des dettes souveraines + plans d’austérité (baisse des dépenses publiques + taxes sur la consommation)


-Contraction des marchés intérieurs (diminution de la consommation et des investissements) + baisse des rentrées fiscales +
accroissement des déficits publics et des dettes publiques


-Nouveaux emprunts des Etats sur les marchés financiers à des taux de plus en plus élevés (ex.l’Italie) + forte augmentation du
service de la dette


-Plans d’aide aux banques (« recapitalisation ») + aggravation de la situation des finances publiques de différents pays de
la zone euro


-Recul de plus en plus marqué de l’activité économique = entrée en récession puis en dépression


-Coupes dans les dettes dites « souveraines » = banques détentrices de titres de dettes exposées à des risques de faillite
de plus en plus importants (fonds propres insuffisants en dépit des fameux accords de Bâle)


-Plans de recapitalisation des banques défaillantes impossibles et insuffisants en dépit du fameux FESF (qui serait autrement plus
utile à des investissements qui font cruellement défaut dans la zone euro)


-Comptes de trésorerie des banques maquillés et restés secrets + faillites bancaires successives + économies à l’arrêt


-Nationalisation de l’ensemble du réseau bancaire rendue inévitable + défauts sur les dettes + refonte du système bancaire (en
premier lieu le crédit celui-ci étant vital pour l’économie) et financier (régulation)


Pour l’heure « il n’y a pas de problème » pour les dirigeants du monde occidental bien décidés à ne rien
faire,notamment au sein du G20 qui est devenu en quelque sorte le dernier salon où l’on cause.Sans catastrophe aucunes  reformes ni mesures
responsables ne peuvent être envisagées.En attendant les populations sont prises en otage et condamnées à croire au miracle  par des élites
économiques et politiques totalement irresponsables et un peu obtuses.Le nouveau slogan de ces mêmes « élites » pourrait être « vive la crise ! » ou « vive la
dépression ! »



SECTION GARD RHÔDANIEN du PCF 06/11/2011 00:41




 




 




Bonjour,



Je ne peux que souscrire à votre analyse, et nous ne sommes qu’au
début de la crise de la dette dite d’état.


Si vous habitez en Gard Rhodanien, je vous invite à participer
aux assemblées citoyennes du Front de Gauche, le 9 novembre à Bagnols sur Cèze et le 17 novembre à Sauveterre.


Nous avons besoin de tous pour changer le cours des choses. Les
assemblées citoyennes sont des structures ouvertes à des militants du Front de Gauche, mais aussi à des citoyens qui ne souhaitent pas adhérer à un parti, mais qui ont envie d’agir pour changer
la société.


 


Michel TORTEY,


Secrétaire de la section Gard Rhodanien du PCF



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