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28 décembre 1499 6 28 /12 /décembre /1499 04:12

  FICHE 1 UNE HISTOIRE EN MOUVEMENT

 

De l'Affaire Dreyfus au 6 février 1934

 

L'affaire Dreyfus coupe la France en deux, avec, du côté des antidreyfusards, un courant qui s'est structuré autour d'Action française. Mouvement d'intellectuels, doté d'un organe de presse et de groupes violents, cette ligue monarchiste, catholique et antisémite va rayonner sur sa génération pendant près d'un demi-siècle.

Après la défaite de l'Allemagne en 1918, la droite dure devient viscéralement antibolchévique. Outre les monarchistes d'Action française, il y les mouvements d'anciens combattants comme les Croix de feu. Aucun mouvement de masse n'émerge réellement, mais une multitude de ligues ayant plus ou moins en commun, l'antisémitisme, l'antiparlementarisme, l'anticommunisme et un nationalisme exacerbé. Le 6 février 1934, ces mouvements manifestent place de la Concorde, menaçant pour un soir la République.

 

Vichy

 

Si l'extrême droite est divisée, elle est au moins unie sur un point : pour elle, la France décline et l'homme de la situation est Philippe Pétain, le vainqueur de la bataille de Verdun. C'est donc à lui que le Parlement abandonne les pleins pouvoirs en 1940 après la débâcle. C'est alors que Pétain met en place la Révolution nationale. Un régime corporatiste, ultra conservateur, dont la capitale est Vichy.

Le régime pétainiste collabore avec les nazis avant de s'écrouler en 1944.

 

De la Guerre d'Algérie aux années de plomb

 

La découverte de l'horreur des camps de concentration rejette durablement l'opprobre sur l'extrême droite. Désormais, l'extrême droite est condamnée à rester groupusculaire pour longtemps.

Cependant, aux élections de 1956, condamnant le parlementarisme, un parti populiste fait une percée remarquée. C'est l'UDCA de Pierre Poujade avec, dans ses rangs, le benjamin de l'Assemblée nationale, Jean-Marie Le Pen.

La Guerre d'Algérie est l'occasion d'une résurgence avec le conflit qui oppose les partisans de l'Algérie française au reste du pays. En 1961, un putsch manqué fait apparaître l'Organisation armée secrète (OAS) qui regroupe des militaires et des nostalgiques de Vichy. Cette organisation terroriste agit à la fois en Algérie et en France.

Les années 60 qui commencent voient apparaître une extrême droite nostalgique d'un côté et une extrême droite violente, « révolutionnaire », à la fois anti-impérialiste et anti-communiste. Son premier combat est de lutter contre le gaullisme. La candidature de l'avocat Pierre Tixier-Vignancour. en 1965, dont le bras droit est Le Pen, à l'élection présidentielle, recueille plus de 5 % des voix. C'est la première tentative de légitimation par les urnes. L'activisme violent se poursuit dans la jeunesse avec l'émergence de mouvements comme Occident, Ordre nouveau et bientôt le GUD, Nouvelle résistance, puis se prolonge avec le Bloc identitaire.

Parallèlement, à la fin des années 60, on assiste à une tentative de mise à jour idéologique pour dépasser le racisme folklorique et donner une cohérence politique à la pensée d'extrême droite.

 

Le Front national

 

En 1972, deux mouvements d'extrême droite, Ordre Nouveau et le Parti des Forces Nouvelles constituent un parti politique, le Front national, pour participer aux élections législatives de 1973. La présidence est confiée à Jean-Marie Le Pen. Le FN reste groupusculaire, en concurrence avec d'autres mouvements qui déclinent rapidement. En 1983, lors d'une municipale partielle à Dreux, le numéro deux du FN, Jean-Pierre Stirbois parvient à se faire élire grâce au soutien de la droite. Dès lors, sur fond de crise, la percée électorale du FN se précise au point qu'il peut atteindre plus d'une trentaine de députés aux élections de 1986. Le parti de Le Pen, par ses succès électoraux, le charisme de son chef et sa capacité à capter à la fois les votes protestataires, à donner un espace d'expression aux idées racistes devient durablement installé dans la vie politique française. En 1995, Le Pen recueille près de 15 % des suffrages à la présidentielle et quatre villes tombent aux mains du FN, dont Toulon. En 1998, l'extrême droite est si bien implantée localement que dans quatre régions (Rhône-Alpes, Picardie, Bourgogne et Languedoc-Roussillon), la droite n'hésite pas à faire alliance avec elle pour en garder ou en gagner la présidence. Au point que les autres formations politiques se déterminent parfois par rapport à lui notamment sur le fond. C'est ce qu'on va appeler la lepénisation des esprits.

 

La lepénisation des esprits et la porosité avec l’UMP : vers une alliance ?

 

Le Pen parvient à fédérer durablement autour de lui toutes les traditions de l'extrême droite française. Le Pen alterne entre "dérapages verbaux" et victimisation. Le socle idéologique du FN se structure avec la contribution de théoriciens. Ils créent le concept de "préférence nationale" dans lequel il va justifier toute l'idéologie lepéniste basée sur la discrimination et la stigmatisation systématique des immigrés, l'inégalité des races, le corporatisme, l'inégalité entre les femmes et les hommes, la fermeture des frontières, etc.…

Mais il y a un débat interne sur la stratégie. Si Le Pen, fidèle à la tradition de la droite révolutionnaire "attend son heure", voulant prendre seul le pouvoir, Mégret, lui, veut conquérir le pouvoir en s'alliant avec la droite. Ces deux stratégies s'opposent et provoquent une scission au début de l'année 1999 entraînant un déclin relatif du FN. Si sa dynamique s'est brisée, le FN reste, dans les représentations, le parti de la peur, du repli sur soi et de la discrimination. C'est ainsi que, mobilisés par les discours de la droite sur l'insécurité, perplexes quant à l'avenir, 16 % des électeurs ont porté Le Pen en deuxième position lors de l'élection présidentielle le 21 avril.

La frontière entre le FN et l'UMP apparaît de plus en plus poreuse. Alors ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy voulait nettoyer les banlieues au karcher et se débarrasser des racailles. Président, dans son discours de Grenoble, il n'a pas hésité à faire un lien direct entre immigration et délinquance en disant que « nous payons aujourd'hui les conséquences de quarante ans d'immigration incontrôlée ». Nicolas Sarkozy n'est évidemment pas le seul à tenir des propos de ce type, la députée UMP Chantal Brunel propos notamment « de remettre les immigrés dans les bateaux ». Les députés de la Droite populaire n'hésitent pas à lier l'immigration à la fraude sociale et à en faire leurs chevaux de bataille. Désormais la perspective d’une alliance à droite entre un FN « relooké » par Marine Le Pen et une UMP de plus en plus guidée par les thèses populistes est en chantier. La question qui est posée est de savoir sous l’égide de qui se fera cette recomposition de la droite française.

 

 

 

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