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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 14:27

Cinquante ans après le discours culte de Martin Luther King, la violence raciste des années 1960 semble révolue. Mais préjugés et inégalités perdurent, alors que les acquis des droits civiques se trouvent menacés. Retour à Birmingham, dans l'Alabama, hier théâtre de la pire des ségrégations et du combat de l'héroïque pasteur. 
"Il y a cinquante ans, c'était plus simple. Les méchants avaient des chiens et nous reprochaient seulement d'être noirs, lance Myrna Jackson, la pugnace vice-présidente locale de la NAACP, vénérable association de défense des colored people. Maintenant, la ségrégation est économique ; on casse du pauvre, et personne n'y trouve rien à redire." Elevée avec sept frères et soeurs, cette fille d'un cordonnier de Birmingham a passé six semaines en prison en 1963, pour avoir seulement bravé l'interdiction de manifester dans le Kelly Ingram Park. Aujourd'hui, la septuagénaire proteste toujours. "Le Ku Klux Klan ne porte plus la robe blanche, mais un beau costume trois pièces. Il légifère au Congrès et dans les assemblées locales, il casse les acquis sociaux et les avancées des droits civiques contre les discriminations." 

A Birmingham comme ailleurs, les Afro-Américains font le compte des années Obama. "Je n'ai jamais cru que l'élection d'un président noir annonçait une révolution, précise Rickey S. Powell, jazzman, engagé à 14 ans dans la lutte conduite par Martin Luther King. Mais je n'imaginais pas qu'en suscitant la contre-offensive des beaufs, les rednecks, elle nous amènerait à cinq ans de régression." Au nom du trop d'Etat, les gouverneurs et les assemblées législatives conservatrices coupent les aides sociales alors que le chômage des Noirs est toujours deux fois plus élevé que la moyenne nationale. Ils combattent l'affirmative action, le coup de pouce aux minorités dans l'administration et les universités. Les lois sécuritaires, dictées par la NRA (National Rifle Association), le lobby du droit au port d'arme, élargissent le champ de l'autodéfense et sont perçues comme un droit d'exécuter impunément d'autres Trayvon Martin. 

Même un monument des droits civiques, le fameux Voting Rights Act, imposé par Lyndon Johnson au Congrès en 1965, a été démoli le 25 juin par la Cour suprême des Etats-Unis. Ironie, la décision d'invalider la section 5 de cette loi, votée par une majorité de cinq juges conservateurs, répondait à un recours venu d'une petite ville nommée Columbiana, chef-lieu d'un comté républicain voisin de Birmingham. Depuis quarante-huit ans, ce texte imposait aux Etats du Sud un régime d'exception : toute modification de leurs lois électorales devait être visée par le ministère de la Justice fédéral de Washington, afin de garantir l'accès des Noirs aux bureaux de votes. Cette époque est révolue. 

La situation de Mumia Abu Jamal n'a pas non plus évolué. Pour mémoire il est en prison depuis plus de trente ans pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Pour Mumia l'élection de Barack Obama n'a rien changé non plus.

Les commémorations autour du discours "I have a dream" ne doivent pas cacher cette réalité des USA.

Pendant que les choses restent en l'état aux "states", notre camarade du Gard Rhodanien Gisèle Coutaud a poursuivi pendant tout l'été son engagement pour Mumia. Elle a notamment, pendant le festival de reggae sensibilisé la jeunesse présente à Bagnols au dossier Mumia.

En cette fin du mois d'août 2013 elle vient d'adresser une nouvelle lettre à Mumia. Une façon de célébrer le "I have a dream" de Martin Luther King. Nous reproduisons ce courrier ci-dessous.lettre-Mumia-aout-2013.jpg

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