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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 04:30

 La coalition ouvre son université ce week-end. Ces estivales citoyennes se clôtureront dimanche par un meeting. Le Front de gauche est confronté à deux questions essentielles, celle de son positionnement après l’avènement de la gauche au pouvoir et celle de son fonctionnement interne.

Nous publions ci aprés une série d'articles  de Mina Kaci parus dans le quotidien l'Humanité de cette semaine qui permettent la réflexion qui se poursuivra ce samedi 1er septembre à LEZAN.

« Ne cassons pas l’espoir », confie Amadou Démé, responsable communiste, à Grigny, dans l’Essonne. « Ne donnons pas le signe que l’on traîne des pieds », met en garde Claude Michel, syndicaliste, sans parti. L’inquiétude qui apparaît ici et là dans les rencontres du Front du gauche révèle l’attachement des militants à poursuivre ensemble la belle aventure du printemps électoral. « Si l’on veut que l’essai de 2012 soit transformé dans les échéances suivantes, il ne faut surtout pas revenir en arrière, souligne Roger Martelli (Fase). Mais vouloir poursuivre n’est pas incompatible avec l’envie de faire évoluer et, s’il le faut, de transformer l’outil. »

Une force qui compte sur la scène politique

Ici et là on se remémore la Bastille noire d’une foule imposante et enthousiaste. On ne se rappelle pas cet événement par nostalgie mais pour mieux se persuader de la force que peut représenter cette alliance née officiellement le 8 mars 2009. Une force qui a rassemblé près de quatre millions de voix à la présidentielle. Une force qui compte désormais sur la scène politique, comme le relève le sondage CSA pour l’Humanité dans lequel 25 % des personnes interrogées estiment que le Front de gauche défend «le mieux les intérêts des salariés». Une force que ne peut nier le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Une force qui, contrairement aux apparences, s’est mise en réflexion dès le lendemain des résultats électoraux pour analyser les résultats, les siens en particulier, débattre de sa place dans le nouveau paysage politique, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, et de son fonctionnement interne. Toutes les structures du Front de gauche, des comités locaux au conseil national (voir ci-dessous), en passant par la coordination ou les fronts thématiques, ont ainsi cogité avant le repos estival. Une réflexion en interne sans connexion entre ces différents niveaux qui ne suivent pas le schéma pyramidal des partis.

La politique à mener pour changer la société

Débats et propositions sont donc suffisamment avancés à la veille de son université d’été, demain et dimanche, à Grenoble, en Isère, où des milliers de militants sont attendus, où les représentants de ses huit composantes prendront la parole, où des dizaines d’ateliers et de réunions approfondiront deux des questions existentielles auxquelles reste confronté le Front de gauche : son positionnement stratégique face au gouvernement actuel et sa nouvelle manière de fonctionner.

Ces deux questions provoquent une controverse, à la fois passionnée et passionnante. L’ensemble des militants se retrouvent sur la politique qu’il convient de mener pour transformer la société. Mais des divergences apparaissent sur la stratégie à adopter pour tendre vers ce mieux-vivre. Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) souhaite une « autonomie conquérante » ; Pierre Laurent (PCF) une liberté d’action « pour obtenir les inflexions majeures ». Cette divergence des représentants des principales formations de la coalition est mal vécue pour certains militants, angoissés par une supposée rupture. « Nous avons évité jusqu’ici les débats de personnes et de pouvoir. Et là, comme il n’y a plus de campagne électorale, chacun veut vivre sa partition. Pour moi, le Front de gauche, ce n’est ni Mélenchon ni Laurent, c’est les quatre millions d’électeurs », estime Amadou Démé. Mais, pour Janette Habel (sans parti), membre du conseil national, « si l’on admet de regrouper plusieurs courants politiques, nous devons accepter que s’exprime la pluralité des opinions. On doit cohabiter avec ça pour une durée que l’on ne peut prévoir car elle dépendra de la situation politique. On doit tout de même s’entendre sur orientation commune ». En ce sens, une charte stratégique est en cours d’élaboration.

Devenir une construction politique inédite

Depuis sa fondation, le Front de gauche a vécu une succession de rendez-vous électoraux : les européennes, les régionales, les cantonales, la présidentielle et enfin les législatives, augmentant son score à chaque scrutin. D’une alliance électorale, il entend devenir une construction politique inédite. La transformation est cependant loin d’être simple. Il faudra innover et « trouver, dans la durée un fonctionnement de plus en plus collégial, même en place des formes de participation qui ne mettent personne sur la touche », souligne Pierre Laurent.

L’élan électoral avait suscité des enthousiasmes et entraîné des milliers d’adhésions, au PCF et au PG et au… Front de gauche, même s’il n’est pas possible statutairement de le faire actuellement. C’est justement l’un des points qui provoquent des réactions. Faut-il ou non créer une carte du Front de gauche ? Appartiendrait-il aux comités locaux de les accueillir ? Et quelle sera la place des sans-parti ? Pour Michèle Riot-Sarcey (membre du conseil national, sans étiquette), « il faut donner aux assemblées citoyennes tout leur statut. Il faut que cesse l’éternelle délégation de pouvoir. Le Front de gauche doit être exemplaire sur la démocratie interne ». Un souci sur lequel veille toute la famille Front de gauche.

Il reste que, pour Jean-Luc Mélenchon, l’alliance est « d’abord une stratégie d’action avant même d’être un cadre formel, une organisation ». Il estime que « c’est en auto-construisant que le Front de gauche se définit ». Le débat est loin de s’achever.

REPÈRES
octobre 2008. Le PCF lance « un appel aux forces politiques et sociales » 
pour une « refondation 
de la construction européenne » à constituer des listes communes 
aux européennes.
7 juin 2009. Aux élections européennes, le Front 
de gauche recueille 6,45 % des voix au plan national.
14 mars 2010. Le Front 
de gauche recueille 6,95 % des voix dans 17 régions sur 22 aux élections régionales.
27 mars 2011. Le Front 
de gauche obtient 8,92 % des voix et 118 élus aux élections cantonales.
1er avril 2011. Les trois composantes (PCF, PG, Gauche unitaire) signent ensemble un « texte 
d’accord du Front 
de gauche pour 
la présidentielle 
et les législatives », qui prévoit la mise en place 
d’un « collectif national » pour animer la campagne.
22 avril 2012. Le candidat du Front de gauche 
à la présidentielle, 
Jean-Luc Mélenchon, recueille 11,11 % des voix.

Au programme des estivales citoyennes

Des milliers de militants sont attendus à l’université d’été qui se tient demain et dimanche. Des ateliers sur l’Europe, l’emploi, la démocratie, l’écologie, les rapports entre les syndicalistes et les politiques, la santé ou encore les droits des femmes et des migrants se déroulent toute la journée de samedi. Un meeting donnant la parole aux neuf organisations qui composent le Front de gauche est programmé dimanche à l’issue des travaux.

Ce même jour, la coalition discutera de son fonctionnement interne, en mettant l’accent sur le devenir des structures existantes, tels que les fronts thématiques, les assemblées citoyennes, le conseil national ou encore les nouvelles formes de militantisme.

Par ailleurs, ce dimanche 
se tiendra le rendez-vous national du bon de soutien 
à la Fête de l’Humanité, 
avec vente de la vignette
et de l’Humanité Dimanche. Un débat sur les médias est également à l’ordre du jour.

Créé pour la présidentielle, le conseil national a rassemblé autant de membres de partis que de sympathisants non organisés. C'est une direction collégiale en construction.

De son expérience au conseil national du Front de gauche, l’universitaire Jeannette Habel garde l’image d’un « lieu d’une grande facilité d’écoute, d’échange et d’ouverture ». Membre du conseil scientifique d’Attac, elle fait partie des 40 % de personnalités non encartées qui avaient été sollicitées pour siéger dans cette structure, créée dans le cadre de la campagne présidentielle. Sans être un organe de décision, il a permis que s’expriment « des personnes de culture et de tradition politique très différentes. En toute liberté », confie-t-elle.

Se pose désormais la question de la pérennisation du conseil national, « probablement plus ou moins tel qu’il est ». Paritaire et regroupant les représentants de toutes les organisations qui forment le Front de gauche, plus des personnalités du monde syndical ou associatif sans appartenance à un parti. Les militants devront également se pencher sur le rôle qu’il devrait jouer. Deviendrait-il l’instance dirigeante du Front de gauche, une sorte de « parlement » ?

Des interrogations auxquelles existent, pour l’instant, peu de réponses. « Toutes les questions doivent être mises sur la table sans tabou. Il faut prendre le temps du débat, de la réflexion collective, afin que chacun avance au même rythme », estime Pierre Laurent, jusqu’ici président de cette structure. À l’université d’été, un atelier est consacré, dimanche matin, à une réunion du conseil national, ouverte à tous les militants, pour discuter de son fonctionnement, de son évolution, de sa composition, de son association aux décisions du Front de gauche. Un atelier conçu comme « une première étape de réflexion, précise Jeannette Habel. Aucune décision ne sera prise. Les propositions émises seront actées par les différentes organisations du Front de gauche et par le conseil national ».

Jeannette Habel relève toutefois que la coordination nationale, qui réunit une fois par semaine les huit composantes de l’alliance, est « déjà en train d’en débattre. Même si l’on prend part à la discussion, nous, les militants inorganisés, avons moins de poids dans la prise de décision ». L’universitaire se dit « persuadée » que les controverses permettront une issue positive, car, dit-elle, « on est porté par une dynamique historique nouvelle ».

 

De quel poids pèsent les partis politiques ?

Un chiffre peut balayer le doute subsistant chez certains communistes qui redoutaient une dilution de leur organisation dans le Front de gauche. Six mille. C’est le nombre de nouvelles recrues au PCF durant la campagne électorale, dont 48 % ont moins de quarante ans. Née en 1920, la formation communiste a pris un coup de jeune en choisissant l’union. « Avec la stratégie du Front de gauche, le PCF est engagé dans une transformation très profonde. En tirant les leçons de son histoire et grâce aux nouvelles générations », confiait Pierre Laurent en juin dernier. À l’image du PCF, toutes les autres composantes de l’alliance ont ainsi pu bénéficier de la dynamique électorale. Surtout le Parti de gauche (PG) dont les effectifs ont progressé de 50 %.

De la construction politique originale qu’est le Front de gauche, la part belle en revient aux partis, au PCF et au PG en particulier. Leurs militants sont sûrs de pouvoir non seulement donner leur avis, mais également voter et donc influer sur les décisions et orientations communes à la coalition. Leur poids pèse lourd, contrairement à celui des militants non encartés. Mais est-ce anormal pour une jeune alliance qui, créée par un cartel, cherche une autre manière de fonctionner ?

Il reste qu’en refusant de muer le Front de gauche en un parti unifié, ses diverses composantes veillent aussi à promouvoir leur propre organisation pour gagner leur juste place au sein de l’union. Ainsi, Clémentine Autain, l’une des animatrices de la Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), tente-t-elle un regroupement de son collectif avec ceux de la Gauche unitaire, la Gauche anticapitaliste et Convergences et Alternative. Elle veut, note-t-elle, travailler « à réunir tous “les petits” pour que nous soyons utiles à tout le Front de gauche ».

Il faut dire que ces petites structures doivent coexister avec un Parti communiste qui revendique 130 000 adhérents, un parti sans qui le Front de gauche ne peut se promouvoir. Ils doivent aussi coexister avec un Parti de gauche dont est issu le charismatique Jean-Luc Mélenchon. Un parti qui a décidé de compter davantage en estimant, lors de son conseil national, fin juin, que « le moment est venu de reposer l’élargissement du PG avec ceux qui lui sont le plus proches idéologiquement et qui partagent notre stratégie ». Toutes les composantes se disent cependant convaincues que le Front de gauche est l’outil adéquat pour réussir la transformation de la société qu’elles appellent de leur vœu.


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Published by SECTION GARD RHÔDANIEN du PCF - dans Agir avec le PCF
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