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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 03:10

Critique radicale des médias, il n'est donc pas étonnant que ces mêmes médias n'est pas fait une grande promotion de la sortie de ce film mercredi dernier!

 

L'Humanité dimanche dans son édition de cette semaine  en fait la promotion sous le titre:" Le quatrième pouvoir: ceux qui cadenassent l'information au seul profit du système"  aborde ce film sur 2 pages pointant notamment " si vous arrivez à faire comprendre que l'information est un produit sous influence et comment ça marche, vous vous libérerez déjà un peu de cette entreprise" et considère que ce film est "une bombe contre l'autosatisfaction du monde médiatique français".L'Humanité Dimanche devrait être en vente dans les relais "presse", mais là aussi la censure existe, (y compris par sa place dans les étals) et il est souvent difficile de se la procurer.

L'achat sur internet sous format PDF est possible avec le lien Commander | Humanite      

 

L'Humanité quotidienne du 11 janvier 2012 a publié l'article ci dessous.

 

Des informations si bien gardées

 

Critique radicale des médias, le film les Nouveaux Chiens de garde qui sort aujourd’hui en salles relance la question du pluralisme de l’information. Qui nous informe et sur quoi? Selon quels critères l’information est-elle ou non diffusée?

C’est un fait, la représentation que chacun se fait du réel passe nécessairement par les informations qu’il reçoit. Et à ce titre les médias ont un rôle déterminant, puisque c’est fort de ce message que le citoyen se forme ensuite une opinion. L’enjeu du pluralisme de l’information est au cœur du documentaire de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, les Nouveaux Chiens de garde (voir entretien sur ce lien       ). Une critique radicale des médias qui met en exergue les intérêts croisés et la promiscuité entre le monde politique, médiatique et économique. Et finalement lève le voile sur une uniformisation déroutante de l’information.

Dans une étude de la TNS Sofres, publiée début 2011 par le quotidien la Croix, les sondeurs notaient déjà que les Français étaient 63% à estimer que les médias n’étaient pas indépendants des pressions des partis politiques et du pouvoir. 58% étant d’un même avis en ce qui concerne les pressions financières. Car au-delà du formatage de plus en plus fréquent des journalistes, reste posée la question de la place accordée à une information alternative. Et sur le terrain politique la bataille est féroce.


Un autisme médiatique galopant


Démonstration éclatante d’un autisme médiatique galopant, la mise en scène explicative de la crise est un cas d’école. Les mêmes experts se sont succédé à la télévision, dans les radios et les colonnes des journaux alors même que les évolutions de la situation économique démentaient chaque jour un peu plus leurs analyses. Et les économistes hétérodoxes, incontestablement plus clairvoyants sur le sujet, ont été plus brutalement encore mis à l’écart. La même recette fut appliquée en politique. Les seuls habilités à s’exprimer alors, et aujourd’hui encore, furent ceux qui prônaient l’austérité comme unique solution pour sortir de la crise.

Une fois balayée toute chance d’être informé d’une alternative possible quel choix reste-t-il au citoyen? Avec des allures d’impartialité âprement revendiquée une orientation politique partisane peut alors servir de réalité... Avec pour principal véhicule les médias.

Les derniers chiffres publiés par le CSA, datant de septembre 2011, et concernant les temps de parole des différentes formations politiques dans les journaux télévisés des principales chaînes (TF1, France 2, France 3, Canal Plus et M6), se passent de commentaires. Le PS et l’UMP ont littéralement cannibalisé l’antenne. 3h25min pour le PS, 3h43min pour l’UMP, sans compter les 2h6min allouées au gouvernement. Pendant que le Front de gauche atteignait péniblement les 20 minutes d’antenne et qu’Europe Écologie-les Verts devait se contenter de 10 minutes. Sur les chaînes d’info en continu (BFM, I-Télé et LCI) l’écart est abyssal. Le PS dépasse les 39heures, l’UMP a droit à plus de 23heures, tandis que le PCF plafonne à 27 minutes, soit 10 fois moins que le Front national et ses 3heures 45 minutes!  

Dans ces conditions on comprend que le débat sur la crise soit réduit à sa plus simple expression: l’austérité.


Ces «experts» qui ont fait leur nid sur les plateaux


L’hégémonie idéologique qui règne dans les médias se voit renforcée par la présence «d’experts» du même poil qui ont fait leur nid sur les plateaux télé (voir encadré ci-dessous). La conversion libérale imposée dans années 1980 trouve ainsi ses relais et ses prolongements. Sans qu’il soit nécessaire que les différents médias se consultent, le message diffusé est partout identique ou presque. «Une communauté d’inspiration», comme la qualifiait le sociologue Pierre Bourdieu, qui notait au passage que la télévision détenait «une sorte de monopole de fait sur la formation des cerveaux d’une partie très importante de la population».

Mais gagner le pluralisme de l’information nécessite sans doute de la dégager de monopole qu’exercent aujourd’hui les Bouygues, Lagardère et autres Dassault. C’est le B.A.-BA de la démocratie.

La génération des « Experts » sponsors 

On les présente comme des «experts», leur parole a donc valeur scientifique. Et, a priori, ils sont libres et indépendants. Petit problème: la plupart d’entre eux travaillent pour le compte de grandes entreprises ou font des «ménages», terme utilisé dans la profession pour désigner les cachets perçus pour animer tel ou tel colloque sponsorisé. En général leur pedigree complet n’apparaît jamais à l’écran. Pour ne pas risquer de voir délégitimer leur parole? Que penserait le téléspectateur si on lui indiquait par exemple que «l’expert» Michel Godet a des intérêts dans le groupe Bongrain, que l’économiste Élie Cohen est aussi administrateur du groupe Steria, d’Orange, de France Télécom, des Pages jaunes. Et que dire de l’incontournable Christian de Boissieu qui, outre son expertise audiovisuelle, se voit rémunérer par le Crédit agricole, Oséo, Ernst & Young France, la Banque Neuflize OBC et un Hedge Fund (HDF Finance). Sans parler de Christophe Barbier, directeur de l’Express, qui va chercher un complément de salaire en animant gentiment des forums sur l’investissement («Deux jours pour s’offrir les meilleurs placements»). La liste est interminable des journalistes et experts qui vendent leurs services au plus offrant. Déontologie quand tu nous tiens !

 

Publié par  Frédéric Durand        dans l’Humanité du 11 janvier 2012

 

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