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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 16:32

 Il n’y aura pas de grand soir mais ce fut une journée magnifique que ce 18 mars, où les rues de Paris ont vibré pour redonner à toute la France l’oxygène qui lui manquait.

Le Front de gauche a créé l’événement.

Qui imaginait, il y a quelques semaines encore, une manifestation politique populaire et citoyenne aussi massive et aussi large dans cette campagne électorale conçue, dès l’origine, pour exclure toute parole populaire, tout engagement collectif, toute espérance de transformation sociale ?

Du jamais vu ! Toutes celles et tous ceux qui, par le moindre geste, ont contribué à cette réussite ont commencé ensemble à relever le défi que nous nous fixons dans cette présidentielle : permettre au peuple et à ses attentes de changement – pour décliner les paroles du chant « pas de sauveur suprême, ni dieu, ni César, ni tribun, décrétons le salut commun ! » – de s’imposer.

La Bastille ouvre un chemin de lutte et d’espoir

Aux cris de « Vite, la 6e République », la Bastille ouvre un chemin de lutte et d’espoir. Notre pays en a un immense besoin. Il souffre trop.Avec cette marche, redevient crédible l’idée que le monde du travail peut reprendre ses affaires en mains.


A droite, on avait tout prévu, sauf l’insurrection démocratique, sauf ce moment de basculement où des centaines de milliers de Françaises et de Français, de femmes et d’hommes proclament : la politique c’est notre affaire, et payer pour les riches c’est fini.

La mobilisation des communistes pour la réussite de cette journée exceptionnelle, joyeuse, combative, fraternelle, a été spectaculaire. C’est le fruit d’un travail militant que je veux saluer ici : le lancement à la Fête de l’Humanité, les 300 000 programmes L’humain d’abord diffusés depuis lors, les centaines d’assemblées citoyennes dans tout le pays, dans nos quartiers et aux portes des entreprises, les milliers de distributions et cette invite constante : « sans préalable d’aucune sorte, mêlez-vous-en ! »

En parcourant la place de la Nation avant le départ de la marche, j’ai pu rencontrer et féliciter nombre d’entre vous.

Je profite de cette occasion pour le dire à toutes et à tous: ce travail patient, respectueux, inventif qui est le vôtre dans une campagne commune et collective est déterminant. C’est lui qui permet l’entrée en campagne à nos côtés de milliers de femmes et d’hommes engagés dans les combats sociaux, syndicaux, citoyens, associatifs dans le pays, qui n’ont plus le temps d’attendre et peuvent s’engager durablement dans la dynamique que le Front de gauche a fait naître. Cela donne aussi force et courage à ceux que vous avez investi de la responsabilité d’animer cette bataille, à Jean-Luc Mélenchon qui porte avec talent notre ambition commune, à moi-même, à nos candidates et candidats aux législatives que nous voulons voir nombreux en juin entrer à l’Assemblée nationale.

Le peuple est de retour, la gauche est de retour

La Bastille est le signe que nous avons déjà remporté une première victoire. Le peuple est de retour, la gauche est de retour.

Rien n’est acquis. La bataille va être encore rude dans les semaines à venir. Mais mesurons à sa juste valeur l’immense potentiel que nous ouvre le travail accompli.

Depuis dimanche, c’est une nouvelle campagne qui démarre. Des milliers de nos concitoyennes, de nos concitoyens impatients de se débarrasser de Nicolas Sarkozy et de sa politique restent habités de doutes sur la portée de la victoire attendue : notre vie changera-t-elle vraiment ?

Aujourd’hui, la campagne du Front de gauche modifie cette situation. La victoire peut être synonyme d’espoir. Le potentiel de mobilisation du Front de gauche est ainsi devenu le meilleur atout de la gauche pour gagner et pour, ensuite, réussir. Ne nous laissons pas impressionner.

On nous parle de « vote utile » ? Quoi de plus utile que le travail entrepris par le Front de gauche, et le vote pour son candidat ?

Oui, il redevient possible, non seulement d’imaginer que ce sont là les derniers jours de la droite au pouvoir, mais aussi les temps premiers d’une renaissance démocratique et d’une politique de gauche dictée non par le consensus mais par la détermination à combattre la dictature de l’argent.

Oui, il redevient possible d’envisager de reprendre la main sur les richesses du pays, sur le pouvoir économique et de le soumettre aux besoins humains et sociaux.

Oui, il redevient possible d’envisager à court et moyen terme l’inversion de l’ordre établi.

La portée de ce que nous construisons va bien au-delà de l’échéance présidentielle qui en est la première étape décisive.

Ce que nous visons, c’est la mise en mouvement de majorités d’idées et d’action, de majorités électorales et populaires, autour d’objectifs de changement clairs, de majorités agissantes décidées à « ne rien lâcher » tant que ces objectifs ne sont pas atteints.

Oui, ces majorités d’idées et d’action sont possibles si les forces populaires s’en mêlent.

Oui, peut devenir majoritaire, contre les logiques austéritaires, l’exigence d’une relance de l’activité fondée sur l’augmentation des salaires, la revalorisation nette du Smic, des retraites, des pensions.

Oui, peut devenir majoritaire la nécessaire reconquête de la retraite à 60 ans pour tous financée par la mise à contribution des revenus du capital et de la spéculation. Oui, peut devenir majoritaire la proposition de nationaliser les grandes banques et de fonder un pôle public bancaire et financier en changeant le rôle de la BCE.

Oui, peut devenir majoritaire l’exigence de réinvestissement massif dans les services publics. Oui, peut devenir majoritaire l’idée que travailler, étudier, se loger, se nourrir, se soigner, se cultiver sont des droits fondamentaux qui doivent être garantis à tous en toutes circonstances.

Oui, peut devenir majoritaire l’exigence d’une 6e République où la participation citoyenne aux décisions politiques et économiques du pays, de l’entreprise aux institutions, sera constante, où la démocratie réelle et permanente sera la garantie de la transformation sociale.

Oui, peut devenir majoritaire le principe de refondation d’une Europe sociale, démocratique et écologique. Ce sont ces majorités d’idées, ces fronts de lutte qui constituent les conditions d’une politique de gauche.

Comment mener à bien et réussir cette immense tâche ?

D’abord, en poussant le plus haut possible le vote Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. Des milliers d’électrices et d’électeurs peuvent en prendre conscience : s‘emparer de ce bulletin de vote est le meilleur moyen de construire une victoire solide et durable sur la droite et l’extrême droite, de rendre cette victoire utile à toutes celles et tous ceux qui ont le plus besoin de changement.

Ensuite, en s’engageant maintenant beaucoup plus fortement dans la campagne pour les élections législatives. La victoire présidentielle ne sera rien si elle n’est pas garantie par une majorité parlementaire capable de voter les lois d’un changement véritable, celles qui reprendront dans les actes les rênes du pouvoir aux marchés financiers.

Notre campagne des législatives peut dès maintenant donner du sens et plus de force à la campagne présidentielle.

Nos candidates et candidats doivent sans attendre faire relais avec la campagne de Jean- Luc Mélenchon pour inscrire sa portée dans la durée.

Enfin, en intensifiant partout le travail de rassemblement, d’assemblée citoyenne, de mise en débat et de mise en action qui permettra aux citoyens de porter ensemble les objectifs d’une politique de changement.

Jusqu’où porter ces objectifs ? Je le répète, jusqu’à leur mise en œuvre effective.

Jusqu’au gouvernement ? nous questionne- t-on. Nous n’en sommes pas là. Nous aurons à en décider, collectivement et souverainement, à l’issue de ces deux campagnes, présidentielle et législatives.

Notre objectif est clair : modifier suffisamment la situation pour rendre un vrai changement possible.

Pas question d’aller gouverner si la rupture avec les politiques d’austérité n’est pas au rendez-vous.

A écouter nos partenaires de gauche, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour y parvenir.

Aurons-nous la force et le temps d’imposer de tels changements à gauche d’ici fin juin ?

Nous y travaillons et nous aurons à apprécier, ensemble, ce que nous avons pu, ou pas, faire bouger et comment continuer.

Le Front de gauche est en mouvement. La route est engagée. Elle est belle. Ensemble, nous sommes la gauche, le cœur battant de la gauche.

L’esprit de conquête doit plus que jamais être notre boussole. Je compte sur vous.

 

Pierre_Laurent-424e2.jpgPierre Laurent

Secrétaire national du Parti communiste français, Président du Conseil de campagne du Front de gauche.

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