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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 07:00

Le président équatorien sortant a été largement réélu, dimanche, dès le premier tour. Sa politique de développement social lui vaut une forte popularité.

C’est une réélection en forme de triomphe pour Rafael Correa, lors de la présidentielle de dimanche, en Équateur. Le président de gauche sortant a devancé, avec plus de 56 % des suffrages, son principal rival, l’ancien banquier de la droite néolibérale Creo (Créer des opportunités), Guillermo Lasso, de plus de 30 points. L’ex-président et militaire honni, Lucio Gutierrez, n’a obtenu que 7 %, tandis que sur la gauche du parti présidentiel, la coalition plurinationale d’Alberto Acosta, un ancien proche de Correa, a enregistré moins de 5 % des votes.

Les résultats des législatives devraient être connus ultérieurement, mais Correa semblait sûr, dimanche soir, que son parti, Alianza Pais, était en passe de décrocher la majorité au Parlement qu’il n’avait pas jusqu’ici. Fait exceptionnel : c’est la première fois depuis longtemps en Équateur, pays marqué par une instabilité politique chronique, qu’un président échappe à l’usure du pouvoir. Mieux, celui-ci, depuis le premier mandat de Rafael Correa en 2007, s’en trouve consolidé. La participation était estimée, dimanche soir, à plus de 60 %, moins que les prévisions du Conseil national électoral, mais la vague provoquée par le leader de la révolution citoyenne a porté aussi bien dans les villes que dans les zones rurales, ce qui est nouveau dans un Équateur traditionnellement polarisé.

Du haut du balcon du palais présidentiel de Carondelet à Quito, Rafael Correa, tout sourires, a lancé à une foule de ses partisans que « cette révolution, rien ni personne ne l’arrête » ! Il va donc poursuivre et même renforcer la « révolution citoyenne » jusqu’en 2017, échéance de son nouveau mandat, le dernier permis par la Constitution. Puis, lors d’une conférence de presse, il a affirmé que le grand défi de ses quatre prochaines années de gestion est de « rendre irréversible le changement dans les relations de pouvoir », afin que le peuple, et non le capital, soit aux commandes. « Ou nous changeons le pays maintenant ou ne nous le changeons plus », a-t-il dit.

Réduire la pauvreté

Correa veut donc « accélérer » le pas dans une même direction pour réduire la pauvreté. Près de 30 % des Équatoriens vivent encore sous le seuil de pauvreté, selon le dernier rapport de la Banque mondiale en 2011, un taux que le gouvernement envisage de porter à 16 %. Grâce aux richesses du sous-sol, Correa a fait construire depuis cinq ans des hôpitaux et des écoles, et il a rénové le réseau routier. Sa politique de redistribution et ses plans sociaux ont permis à l’Équateur de connaître une solide croissance. Elle s’appuie sur la manne pétrolière et les redevances dues à l’État par les grandes compagnies depuis 2010, après que Correa a fini par imposer à ses créanciers une importante baisse de la dette extérieure du pays. Son objectif proclamé est de réduire la dépendance de l’économie équatorienne vis-à-vis du pétrole, notamment en favorisant les investissements dans un secteur minier prometteur en raison des réserves d’or et de cuivre décelées dans le sous-sol du pays. L’enjeu est de taille et porteur de conflits. Car le projet plus large de créer un ordre social fondé sur le socialisme du « bien vivre » (sumak kawsay) doit concilier à la fois le respect de l’environnement et des besoins sociaux que réclament entre autres les populations indigènes, et un développement durable qui ne soit pas aux mains des multinationales et des investisseurs étrangers.

Un succès dédié à Hugo Chavez  À peine réélu, Rafael Correa a salué son homologue vénézuélien. « C’est l’occasion de dédier aussi la victoire à ce grand leader latino-américain qui a transformé le Venezuela, à ce grand ami Hugo Chavez », a dit le président de l’Équateur. Selon Correa, le triomphe de la « révolution citoyenne » équatorienne accompagne le triomphe de toutes les révolutions du continent et « bien sûr, la révolution bolivarienne au Venezuela ». À Caracas, un communiqué du ministre des Affaires étrangères diffusé au nom du président Chavez soulignait notamment que « la réélection du président Correa est une victoire des forces bolivariennes et socialistes de notre Amérique, grâce à laquelle le changement d’époque se consolide ».

 

Bernard Duraud dans l'Humanité du 19 février.

 

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Published by SECTION GARD RHÔDANIEN du PCF - dans Billet d'humeur
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