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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 00:19
Le peuple grec n’est pas responsable de la faillite de son Etat. C’est pourtant lui que les marchés financiers et les institutions internationales veulent saigner à blanc. 

La Banque centrale européenne a accordé des prêts gigantesques à seulement 1% d’intérêt aux banques qui, à leur tour, les ont prêtés à des taux de 4 à 8%. La Grèce doit elle aussi bénéficier de taux n’excédant pas 1%, sans autres conditions que le maintien des droits sociaux, de l’emploi et des services publics.

Tous les peuples d’Europe sont menacés de plans d’austérité de même nature. L’Union européenne et tous les Etats membres doivent donc se mobiliser pour préserver les chances d’une Europe des peuples.


Signez la pétition en ligne lancée par "l'HUMANITE" en cliquant  ICI.

 

Le peuple grec, menacé par le plan d’austérité de l’UE et du FMI, résiste. Les manifestations et la grève générale  donnent la mesure de sa colère et de sa volonté de ne pas se laisser empoisonner sans réagir. Le traitement imposé par les spécialistes dépêchés de Bruxelles et de Washington pour traiter la faillite de l’État menace d’emporter le malade. Le plan de 110 milliards d’euros de crédits sur trois ans est assorti en effet à des coupes dans les salaires des fonctionnaires, dans les investissements publics, ou encore à un programme renforcement de la précarité. Dans le seul secteur public, le syndicat Adedy évalue à 30 %, en moyenne, la perte de pouvoir d’achat que vont subir les salariés. Plusieurs primes, une partie des congés payés, tout serait passé à la moulinette du superplan d’austérité.


Un poison injecté

Le mot-clé tout en haut de cette ordonnance de choc, c’est la déflation. Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, l’a présentée comme le seul moyen pour la Grèce de retrouver – si elle n’entendait pas sortir de l’euro – compétitivité et crédibilité auprès des marchés financiers. Du côté de la Banque centrale européenne (BCE), on vantait encore hier le mérite de politiques de « consolidation budgétaire déflationniste ». Cette déflation signifie une baisse sensible des prix et des salaires. Elle serait le seul moyen de retrouver les niveaux de rentabilité financière conformes à ce que souhaitent les marchés. En réalité, c’est un poison que l’on injecte ainsi de force dans les veines du peuple grec. Car les pertes massives de pouvoir d’achat vont peser sur la demande intérieure, provoquant de nouvelles faillites et des licenciements massifs. D’ailleurs, après avoir pris connaissance du superplan d’austérité, la Banque centrale grecque a dû rabaisser, dimanche, sa prévision de croissance de – 2 % à – 4 %. la soumission à l’UE.


Il y va donc d’un peuple en danger.

Mais le soutien à la lutte qu’il a engagé contre le plan de l’UE et du FMI pour sa survie va bien au-delà du devoir d’assistance. Des mesures analogues à celles infligées à la population grecque sont déjà engagées au Portugal, en Espagne, en Irlande. En France, la ministre des Finances, Christine Lagarde, a promis de ramener le déficit public, dès 2012, dans les clous du pacte de stabilité, et le lancement de la contre-réforme des retraites entre dans cette logique d’austérité. Même en Allemagne un nouveau rationnement des dépenses publiques est programmé et les salariés germaniques subiraient les premiers, sur leurs rémunérations, les « pressions déflationnistes », si chères à la BCE. C’est dire combien la solidarité exprimée à l’égard des Grecs est en fait fondée sur les intérêts convergents des différents peuples.

C’est la soumission, contre vents et marées, au principe de la construction actuelle de l’UE – s’accordant si bien avec les intérêts des grands groupes germaniques – qui conduisait, hier, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaüble, à se montrer ouvertement menaçant  : « S’il y avait des manquements » au programme d’austérité « les versements seraient stoppés », a-t-il déclaré, ajoutant  : « Et alors le défaut de paiement menacerait à nouveau Athènes. »

Ces propos d’adjudant-chef à l’encontre du turbulent soldat grec trahissent l’inquiétude face à une montée des résistances sociales et des contradictions attachées au plan UE-FMI. Ce sentiment, ajouté à la montée des doutes sur la capacité de Madrid à réduire son endettement, a fait flancher, hier, toutes les Bourses. Un retour de crise qui souligne a contrario le besoin urgent de faire émerger une Europe vraiment solidaire.

Avec forcément à la clé, l’émancipation de la dictature des marchés financiers.


D'après Bruno Odent dans l'Humanité du 5 mai

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