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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 04:20

Notre département du Gard a vu ces dernières années une montée très forte du FN. Aussi il convient de s'interroger ici comme au niveau national sur ce phénomène inquiétant.

Les récentes déclarations de Bruno Gollnisch ne font que confirmer ce que nous, nous savons déjà tout comme la dissolution des groupuscules d'Extrême Droite liés à l'affaire Méric.

Aussi, il faut peut-être se reposer la question de l'interdiction pure et simple du FN, c'est le sens de la tribune ci-dessous.

Avec l’assassinat de Clément MERIC, l’extrême droite vient d’écrire un nouvel épisode de la vieille confrontation entre les deux principes qui nous opposent dans la vie : ceux qui croient en l’égalité naturelle des êtres humains et ceux qui n’y croient pas. L’extrême droite représente la version exagérée, aboutie et avouée de ce refus de l’égalité.

Depuis sa mort le sentiment qui l’emporte est qu’on veut renvoyer dos à dos la victime et l’assassin

Cette mode stupide qui consiste à mêler les extrêmes est un faux parallèle entre deux types de forces différentes. L’extrême gauche défendra toujours la liberté, liberté syndicale, liberté politique, alors que les groupes d’extrême droite sont contre : il est inadmissible de mettre un trait d’union entre les deux.

Par contre, la droite et le parti socialiste ont intérêt à l’existence du Front National : le PS faute d’arguments et qui ressort sans cesse le vote utile, par peur du « grand méchant loup », l’UMP qui chasse sur les terres du FN, comme dans une réserve, et dont une partie importante prépare la jonction, comme c’est déjà le cas dans certaines communes du sud de la France.

Maintenant que certaines de ces ligues fascistes sont dissoutes (au terme de la loi de 1936, renforcée en 1972), le ministre de l’intérieur doit prendre conscience et s’intéresser aux liens existants avec le Front National. Et alors se pose à nouveau la question d’interdire ou pas le FN.

Ce mouvement politique, en dépit d’un habillage républicain et démocratique constitue une menace pour la République. Depuis son existence, diverses méthodes de lutte ont été menées : la diabolisation, le silence médiatique, la complaisance calculée, la « douce alliance », le « front républicain », la lutte intellectuelle, le « harcèlement argumentatif », l’intervention sur les causes sociales et économiques, et, enfin, l’action politique.

Nous nous intéresserons, ici, à cette dernière, parce qu’elle n’a pas été suffisamment mise en œuvre, mais aussi parce qu’elle brûle d’actualité. Pour cela, nous souhaitons faire renaître les écrits de Philippe Val (Charlie hebdo), même si dans l’intervalle l’épouvantail « Le Pen » a, lui aussi, changé de génération, en même temps que de sexe.

Il y a actuellement dans la langue française une expression qui ne devrait pas exister : chômeurs « en fin de droits » . Dans une démocratie républicaine, jamais personne ne devrait être « en fin de droits » et pourtant, cette expression désigne une réalité. Et, de même que la soumission du pouvoir politique à la bourse produit inévitablement des chômeurs « en fin de droits », de même elle produit avec une identique fatalité ces « citoyens en fin de droits » que sont les électeurs du Front National.le-pen-compatible-sarkozy.jpg

De même que le chômage est une poubelle économique indispensable au bon développement du capitalisme, de même le Front National est une poubelle politique indispensable à la survie provisoire des partis politiques de droite et de gauche. Puisque le Front National prend autant d’électeurs à gauche qu’à droite, les chances pour l’une et pour l’autre d’accéder au pouvoir restent sensiblement égales. C’est une vision à court terme, mais le court terme est devenu la règle, non ?

Grâce à l’existence du Front National, la droite peut assumer son absence de volonté de changer quoi que ce soit aux processus économiques criminels qu’on appelle le libéralisme, et la gauche peut confortablement se résigner à son impuissance. Tant que le Front National existera, il permettra « aux partis de pouvoir » de se débarrasser impunément des électeurs qu’ils ont déçus dans cette opportune poubelle. Jusqu’au jour où la poubelle sera devenue plus grosse que la droite et la gauche.

Ce jour-là, adieu à la République, bonjour Le Pen.

Si le Front National n’avait aucune possibilité légale d’exister, les politiciens seraient condamnés à faire de la politique. Ça tombe bien, c’est ce qu’on leur demande. Et ça tombe doublement bien, puisque le FN n’a aucune possibilité légale d’exister. Sa non dissolution est une faute de l’État, contre lequel nous devons porter plainte.

Voilà pour l’argument selon lequel il ne suffit pas de dissoudre le Front National, mais également aussi s’attaquer aux causes de son émergence. On ne s’attaquera à ces causes qu’en le dissolvant.

À l’objection si on le dissout, il se reconstituera, la réponse est simple, on redissoudra. Les textes sur la reconstitution de ligue dissoute tape encore plus fort, comme toute loi sanctionnant la récidive.

Personne ne peut désormais se défiler devant la question de la légalité d’un parti fasciste.

Certains se demandent parfois comment militer, que faire, comment agir… On peut au moins faire une chose : inciter toutes les organisations citoyennes de France, toutes les sections du MRAP, de la LICRA, de la Ligue des Droits de l’Homme, pour qu’elles portent plainte contre l’État pour non dissolution du Front National.

Pour lutter contre le FN, il faut lutter contre le chômage, mais pour lutter contre le chômage il faut lutter contre le Front National. Sans rétablissement de la légalité républicaine, pas de pouvoir politique suffisamment crédible pour pouvoir espérer un jour endiguer le raz-de-marée libéral.


Reprise  http://erasmi.fr   

 

 

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Published by SECTION GARD RHÔDANIEN du PCF - dans Billet d'humeur
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AGauche 05/08/2013 22:41


Bonjour,


Je constate, avec surprise, que vous avez repris à votre compte l'article d'un de nos rédacteurs, quelques heures seulement après sa parution sur notre site http://www.agauche.info et sur celui de notre rédacteur http://erasmi.fr


Cela est pratique courante, sauf qu'en général on site ses sources. En vous remerciant de bien vouloir modifier votre texte en conséquence.

SECTION GARD RHÔDANIEN du PCF 06/08/2013 22:54



Voilà qui est réparé.


Mais c'est un article non signé d'un blog (A Gauche)  lui même issu d'un autre article toujours non signé d'un autre blog qui n'est pas lui même citédans le blog de A Gauche.....


Mais je constate que nous somme "en famille"!


 



DECLOSMENIL Dominique 05/08/2013 12:18


Dissoudre le FN ? N’est-ce pas trop tard ? Il aurait fallu tuer le vautour lorsqu’il était dans en gestation vers les années 72/80. Mais, il fut fait un autre
choix : « En 1981, faute d'avoir ses 500 signatures, le président du Front national ne peut être candidat à la présidentielle. Par la suite, Le Pen écrit au chef de l'Etat,
Mitterrand, afin de réclamer un "traitement équitable". Une aubaine pour le socialiste, qui y voit un moyen de contrer le RPR de Jacques Chirac. Mitterrand prend acte de la requête de Le Pen et
le lui fait savoir par courrier. Quelques mois plus tard, la France découvre sur le plateau de TF1, puis d'Antenne 2, deux chaînes de grande écoute, la mèche blonde et les poings rageurs du
leader d'extrême droite, pourfendeur - déjà - de l'immigration » (Le Point).  En 1981, il ne réunit pas les 500
signatures nécessaires à la candidature à la présidentielle, 7 ans plus tard il était à 15% !



Aujourd’hui, avec un électorat à 18% aux dernières présidentielles, certes, il n’a pas tant progressé que cela électoralement depuis 1981. Mais idéologiquement  les métastasses sont dans le corps de la société française. Elles sont dans toutes les Régions, les villes, les campagnes. Elles ont atteint les cerveaux de
toutes les catégories de la société des « prolétaires » aux petits bourgeois.



Interdire le parti FN est juridiquement possible. Interdire de penser FN est impossible quand le social-libéralisme joue les apprentis sorciers avec les idées fascistes et quand des élus de
droite, comme le Maire de Villeneuve Les Avignon, considèrent que le FN fait partie de la famille de droite. 



Le fascisme, sous toutes ses formes, est une fleur à la robe brune qui croît sur un fumier issu de la misère sociale. Elle s’habille du nationalisme et du social pour masquer son odeur
nauséabonde. On peut couper la fleur mais ses racines donnerons une autre floraison nourrie des vociférations de toutes parts des faux « démocrates » de bon teint qui aujourd’hui le
cajole ou  flirt avec lui et des frustrations de son électorat auquel ont ne peut pas mettre le signe égal entre son vote et fascisme.



Les idées du FN ne peuvent se combattre que  sur le terrain de la lutte de classe.



Il faut mettre en évidence que le chômeur et un travailleur licencier ou exclu du travail, que l’immigré travaille ou veut travailler pour vivre, que l’homosexuel comme tout le monde doit
travailler pour vivre, que le résident d’un pavillon de périphérie de ville travaille pour se payer sa maison au même titre que celui qui est dans un appartement HLM ou pas… Une chose nous est
commune à tous : appartenir à une même classe, classe des plus de vingt-cinq millions de salariés, des cinq millions de chômeurs, des 8,2 millions de personnes vivant en dessous du seuil de
pauvreté, qui sont parfois des salariés.  La classe des prolétaires que Marx définissait comme les travailleurs non-propriétaires des moyens de
production.



Quant aux idéologues fascistes un peut d’histoire démontre qu’ils n’ont jamais fait disparaître l’exploitation capitaliste, qu’ils non jamais amené une élévation du niveau de vie. Franco,
Salazar, les colonels grecs ont fait de leur pays les plus pauvres d’Europe pendant des décennies. Les capitalistes allemands (Thyssen, Siemens…) ont 
porté sur les fonds baptismaux le nazisme. Pétain a réduit les droits sociaux et les libertés et y compris interdit les syndicats… sauf le sien. Ceux des Usa ont fait le coup d’Etat au Chili et
se sont vautrés dans les profits des économies des dictatures d’Amérique Latine au détriment des peuples. Nul part au monde une dictature fasciste n’a apporté de progrès et de liberté… au
contraire ce fut la haine, la violence, la guerre au profit des plus riches ! 



Raciste le FN ? Antisocial ? Naturellement ! Mais pas par patriotisme, pas pour l’intérêt des Français mais pour celui de ses alliés de la classe capitaliste. C’est pour cela que
certains hommes politiques de droite le considèrent comme de la famille.



Alors l’urgence ce n’est pas une décision juridique, mais le combat de classe contre le capitalisme à partir du constat que la démocratie délégataire et a bout de souffle, que l’économie étatisée
au service du peuple ou du capital a montré ses limites.



Contre la dictature des marchés, il faut la dictature de la majorité des prolétaires (ou salariés pour être dans l’époque) à travers des droits nouveaux dans les entreprises, les établissements
scolaires, les cités, la vie associative… l’autogestion ou coopératives de production est à l’ordre du jour. « L’émancipation de la classe ouvrière doit être l’œuvre  des
travailleurs eux-mêmes » Marx.

DECLOSMENIL
Dominique

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