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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 06:45

Alors que la Conférence Nationale du PCF se tient à partir de demain à Paris sur la question des présidentielles et des législatives, réunion à laquelle participe pour le Gard Rhodanien Michel Tortey, le climat en France est délétère.

Il convient donc de réfléchir et donc de prendre connaissance de l'édito de Patrick Le Hyaric (député européen et rédacteur en chef de l'Humanité) de l'Huma Hebdo de cette semaine.

 

"Décidément, la précampagne électorale part sur de très mauvaises bases. D’affaire en affaire, monte des caniveaux de la République une odeur si nauséabonde qu’elle détourne de la politique celles et ceux qui auraient pourtant le plus de raisons de s'en mêler. Leur vie, de plus en plus difficile, les malheurs du monde et les volontés d’émancipation humaine, tout cela est relégué au second plan par des médias qui ont trouvé là de quoi relayer les habituelles séries américaines. Veut-on priver le pays d’un débat approfondi, alors qu’il est urgent de rechercher des issues à la crise actuelle ? Pas des solutions pour sauver les banques, non ! Des issues pour le peuple. Or, on s’apprête, à l’Elysée, à nous raconter une nouvelle histoire, autour de son hôte qui deviendrait une nouvelle fois père. De l’autre côté, on est effaré de constater que l’ancien Président du Fonds monétaire international qui était, paraît-il, incontournable, a choisi de vivre dans une prison dorée pour préparer sa défense. Un loyer à 35 000€ par mois, auquel s’ajoutent des avocats et une sécurité, hors de prix.

Cet étalage de richesses et d’argent pendant que trop de nos concitoyens se meurent à tenter de gagner leur vie est répugnant. Comment a-t-on pu prétendre représenter la gauche et plus encore dire aux militants socialistes que le seul espoir se trouvait de ce côté ? Combien ont eu raison celles et ceux qui, comme nous, ont refusé, au prétexte de la  menace de l'extrême-droite, de se rallier dés le premier tour, en abandonnant tout autre projet et candidat alternatifs. Certes, il n’est pas interdit d’avoir de l’argent, mais je doute fort qu’on puisse ainsi vivre dans cette opulence et se préoccuper réellement du sort des classes populaires.

Pas plus que je n’arrive à comprendre que des candidats socialistes à la présidentielle puissent considérer que Mme Lagarde et M. Strauss-Kahn soient interchangeables à la direction du FMI. Est-ce à dire que si Mme Aubry était Présidente de la République, elle aurait proposé Mme Lagarde à la direction du FMI, comme M. Sarkozy l’a fait pour M. Strauss-Kahn ? Comment ensuite feindre de s'étonner de l'effacement dangereux du clivage entre la gauche et la droite dans l’imaginaire populaire ?

C’est sur ce fond qu’une fondation proche de M. Strauss-Kahn lui-même laisse entendre que la classe ouvrière « est perdue pour la cause », celle de la gauche. On aurait tort de croire qu’il s’agirait d’un écart de langage ou d’une réflexion sans conséquence. Il s'agit bien d’une stratégie politique qui a déjà de lourdes conséquences et peut encore en avoir. L’idée qui sous-tend ces réflexions, considère que la gauche doit se reconstruire et faire campagne pour rechercher une majorité électorale autour de valeurs « culturelles » ou « sociétales ». A partir de là, en détournant la légitime aspiration à battre Nicolas Sarkozy, en faisant jouer à plein les mécanismes diaboliques de l'élection présidentielle, on abandonnerait encore plus les problèmes économiques et les urgences sociales au profit d’un « libéralisme culturel ». Telle est la manifestation la plus crue de l’abdication devant la loi du talion de l’argent-roi, qui porte des coups de boutoir à toute la société, que l’on soit ouvrier, chômeur, précaire, instituteur, intellectuel, créateur, cadre de haut niveau, paysan ou propriétaire d’une petite entreprise.

Tous, certes à des niveaux différents,  sont désormais pilonnés par les effets de la mondialisation capitaliste, des décisions aussi absurdes qu’intolérables de l’Union européenne ultralibérale, celle de la concurrence à outrance et du libre-échange débridé qui, à terme, tueront la généreuse ambition européenne.

Il y a encore une vingtaine d'années, certains pouvaient encore s'en sortir. Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, l’immense majorité des individus qui constituent la société est placée dans l’insécurité sociale, l’insécurité de vie, l’insécurité d’avenir et l’angoisse pour le sort  des enfants. Les diviser n'a jamais été aussi décisif pour les oligarques de la finance. A l’opposé, des conditions existent pour unir l’employé habitant un pavillon, la femme précaire du centre commercial, le chômeur urbain ou rural, l’ouvrier habitant la HLM comme celle ou celui qui habite un petit bourg, le petit paysan ou artisan, le créateur, le cadre ou le technicien qui achète sa maison à crédit, le petit entrepreneur. Il est possible de les rassembler dans un même refus, parfois inconscient, souvent confus du système qu’ils ont du mal à définir. Mais par quoi le remplacer ? La voila bien la question des questions qui, reconnaissons-le, a du mal à se frayer un chemin.  L'aspiration à « vivre mieux », à reprendre la marche en avant du progressisme à la française, est pourtant largement partagée. Le printemps arabe, le formidable mouvement des « indignados » contre « la dictature financière » en Espagne, les évolutions en Amérique latine, bénéficient chez nous d'une réelle sympathie.  Autant d'éléments de confiance pour toutes celles et ceux qui n'ont jamais cru à la fin de l'histoire et au contraire misent sur le génie humain afin d'inventer un ordre du monde bien plus civilisé que celui que nous connaissons. L’heure est à une nouvelle alliance du peuple dans sa diversité, autour d’une nouvelle espérance.

Prenons l'immense majorité des classes populaires. Elles  n'ont pas choisi l’extrême-droite. Non ! Majoritairement, elles s’abstiennent. Non pas par désintérêt, mais parce qu’elles considèrent qu’aucune force politique n’apporte de solutions à leurs problèmes et que les institutions actuelles sont conçues pour qu'il en soit ainsi, indéfiniment. Elles manifestent leur rejet, leur dégoût de la politique telle qu’elle se fait. Elles doutent d'une forme de démocratie à bout de souffle. Dans une récente enquête Cevipof, plus de 67% des citoyens interrogés déclaraient ne faire confiance ni à la droite, ni à la gauche. Une minorité d’entre eux alertait sur le fait qu’ils avaient du mal à se situer sur une échelle droite-gauche. Pas étonnant, quand, dans le cadre d’une tentative de bipolarisation de la politique, les principales formations de droite et de gauche n’ont cessé de vanter « une mondialisation heureuse », sans jamais la qualifier de « capitaliste » et de peser en faveur, non pas de l’Europe, mais d’une Union européenne ultralibérale, a-démocratique et militariste.

Au nom de cela, des dirigeants politiques successifs, ont, depuis les années 1983, toujours plus déréglementé l’économie, abaissé les droits sociaux, fait du travail un marché capitaliste, transférant toujours plus ses résultats vers le capital, poussant à l’insécurité d’emploi et au précariat. Ceux qui ont poussé sans cesse à cette bipolarisation ont tenté d’organiser un système à l’américaine, où les changements de responsables politiques ne changent rien à la vie des gens et protègent l’oligarchie, sur fond de crise comme actuellement. Ils ont organisé l'étouffement des forces de la transformation sociale et écologique progressiste, dégageant ainsi la voie aux poisons du  racisme et de la xénophobie instillés par  l'extrême-droite. La même qu'ils brandissent aujourd'hui pour continuer à se partager alternativement le pouvoir. Voilà le danger qui menace. Voilà ce à quoi il faut s’attaquer en défrichant ensemble un chemin nouveau pour le changement.

Les ambitions sont aisées à énoncer qu'il s'agisse de la justice, l’égalité, la sécurisation du travail, combinée avec la formation, en lien avec le progrès technologique et informationnel, une nouvelle école pour la réussite scolaire, l’accès au logement, à la santé, à l’énergie, au crédit dans le cadre du concept de bien commun humain, une nouvelle révolution fiscale et une nationalisation des banques pour désarmer les marchés financiers. Ou encore de la  réinvention d’une politique industrielle de transport, de l’énergie et agricole, créatrice d’emplois valorisant les territoires, soucieuse des progrès écologiques.

Elles resteraient lettres mortes si le  mouvement populaire ne se fixait pas l'objectif de désarmer les rapaces de la finance et de transformer l’Union européenne en une Europe des peuples, sociale, solidaire, écologique et pacifique, pour une autre mondialisation. Comment y parvenir ? A quels rythmes ? En mobilisant quelles forces en France, en Europe et dans le monde ? Se faisant, comment commencer à initier un nouvel âge de la démocratie pour affronter avec succès l'enjeu historique de notre époque: construire une organisation de la société supérieure au capitalisme ? Comment pourrait-on imaginer que les prochaines élections présidentielles et législatives puissent continuer à être déconnectées de questions aussi décisives pour la vie quotidienne de chacun d'entre nous, son devenir et celui de notre planète ? Pour notre part, nous ne ménagerons pas nos efforts pour contribuer à ce que nos concitoyens imposent les indispensables débats et confrontations  qui nous sortent de l'irrespirable climat actuel et soient utiles au plus grand nombre, à la nécessaire union populaire."

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Published by SECTION GARD RHÔDANIEN du PCF - dans Agir avec le PCF
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