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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 15:51

400px-Patrick_Le_Hyaric_Front_de_Gauche_2009-03-08.jpg Il y a soixante-trois ans, le 2 avril 1947, était adoptée une loi progressiste commune au ministre de l’Information de l’époque, M. Robert Bichet, et au député communiste Fernand Grenier. Depuis, cette dernière organise la distribution de la presse dans tout le pays en veillant à son pluralisme. Nommée loi Bichet, elle garantit la liberté de distribution des journaux quotidiens, l’égalité entre éditeurs, l’impartialité dans la distribution. Elle a impulsé un système coopératif de distribution de la presse promouvant la solidarité entre tous les journaux avec une péréquation des coûts de distribution. Cette coopérative est commune à tous les éditeurs de presse et au groupe Hachette, qui se trouvait en situation de monopole avant la Libération.

En ces temps sombres, où tout devient désormais marchandise, la privatisation de la distribution de la presse aboutirait à ne plus distribuer la plupart, voire la totalité des journaux quotidiens parce que cette activité serait considérée comme « non rentable financièrement ». Cela reviendrait à accélérer la disparition de nouveaux titres, à commencer par l’Humanité, qui ne pourrait pas supporter les coûts de distribution sans l’actuel système coopératif.

Or, voilà qu’en pleine crise de la démocratie et de la citoyenneté, en pleine crise économique et alors que les anciennes Nouvelles Messageries 
de la presse parisienne, devenues Presstalis, connaissent de grandes difficultés, un député UMP des Bouches-du-Rhône vient de déposer en ce début de mois une proposition de loi pour abroger la loi Bichet.

Ce même député, M. Richard Mallié, est celui qui avait proposé la généralisation du travail du dimanche. 
Le prétexte invoqué par ce député de droite, 
dont on peut penser qu’il n’est que le poisson pilote 
de désirs élyséens, est la crise de la presse.

Ce n’est pas la loi Bichet qui provoque la crise de la presse et celle des NMPP. Elles ont été accélérées par la baisse des recettes publicitaires, la difficulté d’accès aux journaux, précisément parce que les marchands 
de journaux ont de plus en plus de difficultés à vivre, 
la promotion des journaux gratuits, l’obligation faite aux journaux quotidiens d’augmenter leur prix face aux coûts de production et de distribution en augmentation. 
La spéculation immobilière dans les centres-villes 
a poussé à la fermeture de magasins de journaux. 
Les difficultés de Presstalis seraient moindres si l’opérateur historique reversait une bonne partie de 
la redevance qu’il perçoit. Enfin, s’agissant du pluralisme de la presse et donc d’un principe démocratique fondamental, il revient à l’État de prendre la décision 
de soutenir le système coopératif Presstalis.

Le coût de la démocratie a au moins autant d’intérêt que celui du sauvetage des banques  ! En tout cas, 
nous nous opposons et nous demandons aux parlementaires de s’opposer avec force à la proposition de loi déposée par M. Mallié. Nous réclamons au contraire, dans la suite des états généraux de la presse, un véritable débat public sur les moyens dont doivent disposer les éditeurs pour distribuer les journaux sur l’ensemble du territoire national par le système coopératif comme par La Poste.

La liberté de la presse ne peut être effective que 
quand le travail d’écriture des journalistes parvient jusqu’au lecteur.

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