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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 21:05

En ce 5 janvier les médias rapportent une histoire.

Ça se passe au Texas.

En 1979, Corneluis Dupree était condamné à 75 ans de prison pour un braquage et un viol.

Libéré en juillet dernier, il vient d'être officiellement innocenté.

À l'époque, c'est clair qu'il ne pouvait y avoir de doute. Deux témoins l'avaient à l'époque formellement reconnu... sur photo.

 Des tests ADN ont permis de l'innocenter. Ainsi qu'un autre noir Américain, Anthony Massingill, qui lui, est toujours en prison, où il purge une peine d'emprisonnement à vie pour un autre viol qu'il affirme également ne pas avoir commis.

 "Les mots ne peuvent pas compenser ce que j'ai perdu" déclare Corneluis Dupree. "Mes deux parents sont morts, et mon sentiment c'est que le système doit changer pour que cela n'arrive plus jamais à personne".

Dans son malheur cet homme n'a pas été condamné à mort !


Ce n'est pas le cas du journaliste noir américain Mumia Abu Jamal.

 

Mais d'abord qui est Mumia Abu-Jamal ?

Mumia Abu-Jamal est né le 24 avril 1954. Né Wesley Cook, Mumia choisira ce prénom swahili au lycée, sous l’influence d’un enseignant d’origine kenyane. Il y ajoutera “Abu-Jamal” à la naissance de son premier fils, Jamal.

A l’âge de 14 ans, Mumia est arrêté et battu pour avoir protesté contre un meeting du candidat ultraraciste George Wallace, à Philadelphie.
Peu après, il est fiché par le FBI pour avoir voulu rebaptiser son lycée “Malcolm X”.
En 1969, le jeune homme est chargé de l’information à la section de Philadelphie du Black Panther Party. Le FBI le considère alors comme l’une des personnes “à surveiller et interner en cas d’alerte nationale”.

Devenu journaliste de radio apprécié, lauréat de plusieurs prix, Mumia est surnommé “la voix des sans-voix” pour sa critique de la corruption de la police et des dirigeants politiques locaux.

Depuis 1978, il dénonce la violente répression qui frappe la communauté MOVE et, en 1981 suit le procès de son fondateur, John Africa, qui sera acquitté des charges fabriquées contre lui. Le soutien de Mumia à MOVEexaspère les politiques et la police de Philadelphie et lui vaut le renvoi d’une des stations de radio où il exerce.
Pour faire vivre sa famille, Mumia est contraint de travailler comme taxi de nuit.

Aux premières heures du 9 décembre 1981, Mumia Abu-Jamal est grièvement blessé lors d’une fusillade dans le quartier sud de la ville, où il vient de déposer un client.

Arrêté, il est accusé du meurtre d’un policier, Daniel Faulkner, tué dans cette fusillade.
Malgré ses dénégations, malgré son absence d’antécédents judiciaires, une enquête inéquitable (expertises balistiques inexistantes, balles non identifiables, absence de relevé d’empreintes, zone des faits non sécurisée, tests non effectués, etc.) conclut à la culpabilité de Mumia
.
Témoins menacés, subornés, écartés, rapports de police contradictoires, violations de ses droits, mèneront, en juillet 1982, à la condamnation à mort de cet opposant politique gênant sous la pression d’un juge recordman de la sentence... Mumia est “le coupable idéal”.

En juin 1999, un ancien tueur à gages, Arnold Beverly, avoue à l’une des avocates de Mumia avoir tué l’officier Faulkner dans le cadre d’un contrat mêlant police et mafia.

Corroborés par un faisceau d’éléments et de témoignages concordants, les aveux de Beverly n’ont jamais été entendus par la justice au prétexte qu’ils sont “hors des délais de la procédure”.

Le 18 décembre 2001, la sentence de mort de Mumia a été provisoirement écartée, mais il est toujours considéré coupable et menacé de voir cette sentence à nouveau prononcée.

Mumia Abu-Jamal lutte toujours depuis le couloir de la mort, enfermé 23h/24h dans une cellule grande comme une salle de bains et dans un isolement sensoriel inhumain. La mobilisation internationale a empêché par deux fois son exécution, en 1995 et 1999.

En mai 2007, une Cour d’Appel Fédérale de Pennsylvanie a accepté d’examiner les requêtes de sa défense portant sur le non respect de ses droits constitutionnels et les discriminations raciales qui ont présidé à sa condamnation à mort.

Alors qu'une cour d'appel fédérale américaine avait annulé, en mars 2008, la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal, la Cour suprême des Etats-Unis a invalidé ce jugement le 19 janvier dernier.

La Cour d'appel avait jugé que les jurés qui ont condamné Mumia à la peine capitale avaient reçu des instructions incorrectes.
Saisie par le procureur, la Cour suprême en a décidé autrement et a demandé à la cour d'appel de revoir son arrêt "à la lumière" d'une décision qu'elle a pris il y a une semaine de confirmer la condamnation à mort d'un autre détenu, dans l'Ohio (nord).

L'ancien journaliste et militant noir américain, qui était resté physiquement dans le couloir de la mort, y retourne donc juridiquement.

Un nouvel appel international à l’interpellation de Barack Obama a été lancé par plusieurs personnalités : Danielle Mitterrand (France), Günter Grass (Allemagne) prix Nobel de littérature, Mgr Desmond Tutu (Afrique du Sud), Fatima Bhutto (Pakistan) écrivain, Noam Chomsky (Etats-Unis) philosophe, Ed Asner (acteur), Mike Farrell (acteur), Michael Radford (directeur de l’Oscar du meilleur film Il Postino).

Le Collectif Unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal appelle chacun à s’inscrire dans la campagne d’interpellation de Barack Obama en signant cette pétition.

 

Le Conseil Municipal de Comps (un petit village entre Beaucaire et Nîmes), profondément attaché et confiant aux valeurs de Justice et  de Droits de l'Homme a proposé de faire de Mumia Abu Jamal citoyen d'honneur de la ville de Comps.

Bravo à son maire Christian Jallat et à son conseil municipal qui a pris cette décision à l'unanimité.

On attend la même chose dans d'autres cités du Gard Rhodanien car Mumia est toujours dans le couloir de la mort !

On saluera au passage le travail modeste mais déterminé de notre camarade Gisèle Coutaud qui se bat sans relâche pour sauver Mumia.

Une vidéo du 9 novembre dernier qui informait sur la dernière procédure concernant le cas "Mumia" faite par nos camarades du PCF 37.


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