Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 21:01

vernissage-albert-Andre-1.JPG

Les organisateurs de ce vernissage devant le fameux tableau "le printemps"

de gauche à droite : Corinne Cancel, Serge Rouquairol, Elian Cellier, Michèle Oromi, Patrick Sauzéat

 

Nos amis du "Cercle du Prolétariat" initiateur avec le Crédit Mutuel de l'exposition des "quatre saisons" d'Albert André sont intervenus ce soir lors du vernissage de cette exposition où se pressaient tous les bagnolais et habitants du Gard Rhodanien amateurs du peintre Albert André.


Vous trouverez ci-dessous l'intervention d'Elian Cellier de l'association du "cercle du prolétariat" qui prit la parole après la présentation de Patrick Sauzéat directeur de l'établissement bancaire et avant celle de Serge Rouquairol président du conseil d'administration du Crédit Mutuel.


Pour les remerciements d’usage et pour ne pas faire d’erreur protocolaire je salue tout le monde dans une égale citoyenneté.

Dans cette courte allocution il me semblait important d'aborder trois points : l'association que je représente, le peintre et son œuvre et enfin les perspectives que ce vernissage nous ouvre. C’est donc au nom de l’association « le cercle du prolétariat » que je m’adresse à vous.

En décembre 1973 les statuts de l’association déposés en préfecture lui donnent comme objet de « favoriser le regroupement des travailleurs manuels et intellectuels progressistes, organiser entre eux diverses activités culturelles et de loisirs ». Depuis cette date, notre association n’a cessé modestement d’œuvrer pour que la culture soit partagée par le plus grand nombre. Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire l’inventaire de nos actions au cours des 37 dernières années ce serait long et fastidieux. Je n’en évoquerai qu’une, remontant en 1977. Cette année-là Jacqueline Bret-André fille d’Albert André, alors conservatrice du musée de Bagnols, avait confié à notre association une cinquantaine de dessins et aquarelles de Léon Allègre issus des réserves du musée autour du thème « Bagnols et sa Région » pour les exposer lors de notre semaine culturelle. Initiative qui rappelle bien celle que nous avons aujourd'hui.

La seconde action de l'association que je citerai, je la prendrai dans le futur car je manquerais à mes devoirs si je ne vous annonçais pas notre prochaine actualité avec, lors de la Fête du Midi-Rouge qui se tiendra au Mont Cotton le 6 juin prochain, un hommage à Jean Ferrat. Au programme témoignages, livres, lectures et bien sûr chansons.

 

Venons-en à présent aux « quatre saisons » d’Albert André pour lesquelles nous sommes réunis ce soir. Quand nous avons appris la situation de ces œuvres, à savoir qu’elles demeuraient enfermées dans les réserves du musée d’Orange nous avons pensé tout de suite à la citation de George Besson l’ami d’Albert André « pour l’art et pour le peuple ». Le nom de George Besson, ici nous permet d’évoquer le troisième personnage du trio « Albert André, l’artiste et conservateur du Musée de B/C, George Besson, le critique et mécène, Jacqueline Bret-André, héritière du patrimoine », les trois concepteurs du musée de Bagnols . Cela va sans dire, mais ce sera plus clair en le disant : il n’y a de notre part aucune tentative de récupération, de confiscation, d’appropriation, de détournement, « d’accaparation » de l’œuvre, des actions, de la mémoire ou des personnalités d’Albert André, George Besson ou de Jacqueline Bret-André. Ce qui nous anime et pousse à agir aujourd'hui, c’est l’intérêt commun pour cette culture et sa diffusion.

Quelques mots pour rappeler l'historique de cette manifestation. C’était il y a un peu plus d’un an, le 20 avril 2009 exactement, que, dans le quotidien « la Marseillaise », sous la plume de Dominique Garrel, était exposée la situation des « quatre saisons ». Après une période d’attente et de recherches de plus de six mois nous avons proposé au Crédit Mutuel de faire venir les « quatre saisons » à Bagnols.

Certains peuvent s’interroger sur la présentation de ces œuvres dans une banque. C'est pourtant ici que nous avons trouvé aujourd’hui, la possibilité de montrer les « quatre saisons » même si à terme, leur place est certainement dans un musée.

Paraphrasant René Magritte qui avait baptisé son célèbre tableau « Ceci n’est pas une pipe », nous dirons « ceci n’est pas un tableau ». Ceci est, en effet, un panneau. Albert André faisait partie d’un courant artistique qui a essayé à une époque de penser la peinture autrement que comme objet de musée mais comme un élément de décoration. Il s'agissait de décloisonner l'art et sa représentation.

La voie de la décoration a été plusieurs fois explorée par Albert André, notamment en 1910 dans l'exécution de décors de théâtre pour l'Opéra de Paris.

1910 c’est aussi l’année de la première rencontre d’Albert André avec George Besson. Rencontre qui allait déboucher sur une longue et franche amitié.

Que le vernissage de cette exposition soit modestement l’occasion de célébrer ce centenaire. George Besson disait : « il exprima d’un cœur aussi tendre que viril, le satin printanier des chemins et des ciels, l’automne couleur de vin et couleur de violette ». Il avait l’œil et les mots pour le dire Besson, au regard de ce paysan qui bêche chacun ressent toute l’émotion qui se dégage de l’œuvre. L’arbre en fleurs, derrière l’homme met en lumière la gamme chromatique chère à l'artiste autour du rose et du violet, même si c’est encore plus vrai dans l’esquisse du printemps que dans la réalisation pour Orange que vous avez sous les yeux.

Espérons que dans un proche avenir nous puissions voir tous les panneaux des « quatre saisons » ensemble, accompagnés des esquisses et mises au carreau qui ont servi de point de départ à cette œuvre. Pourquoi pas avec d’autres tableaux de la même facture comme « les travaux des champs », « le verger », « les cerisiers », « les arbres au bord d’une route »…? C’est un de nos souhaits les plus chers.

Si cette exposition a pu en surprendre certains, elle n’est faite contre personne. Elle n’a qu’un but, elle ne vise qu’à promouvoir l’œuvre et le travail d’Albert André.

Il nous semble que dans l’époque troublée dans laquelle nous vivons la culture est en danger. Pour nous la culture c’est comme le disait Karl Marx « un moyen pour les hommes de s’approprier le monde ». Il convient maintenant d’interpeller l’Etat pour qu’il donne des moyens.

Il nous semble que, malgré le travail quotidien fourni, Albert André est entré dans une phase de purgatoire. Plus connu à l’étranger qu’en France il nous appartient à tous de l’aider à gagner son paradis des artistes plutôt que de le laisser s’enfoncer dans les oubliettes de l’histoire culturelle.

Deux expositions se tiennent ou vont se tenir prochainement en France. L’une à Giverny qui s’intitule « l’impressionnisme au fil de la Seine » et présente les impressionnistes mais aussi les pré-impressionnistes et les post-impressionnistes qui ont peint le fleuve. Or Albert André ne figure pas dans cette exposition. Pourtant on se souvient que c’est en présentant en 1894 au salon des indépendants cinq toiles dont « Bateaux sur la Seine » ou la « Seine dans Paris » qu’il s’est fait remarquer par Renoir et le marchand Paul Durand-Ruel. Albert André aurait eu toute sa place dans cette exposition.

Plus près de nous, au musée Fleury de Lodève va se tenir une exposition « Gauguin et les Nabis ». Même si Albert André n’est pas complètement de cette école, un certain nombre de toiles auraient mérité d'être dans cette manifestation « la femme en bleu », « la femme aux paons », « la femme au serin », « la musique »…. Or, malheureusement, là non plus Albert André ne sera pas présenté.

N’est-ce pas la preuve qu’Albert André a besoin d’un coup de pouce aujourd’hui ?

Enfin, pour conclure, où, sinon dans le Gard Rhodanien, patrie d’adoption d’Albert André doit-on encore plus qu’ailleurs promouvoir les œuvres d'Albert André ?

Nous interpellons donc les élus locaux et régionaux sur cette question. Le musée Albert André a été un précurseur de la décentralisation, peut-être même avant que l’on invente le mot ! Ce musée de l’amitié, à la collection extraordinaire, peut voir arriver le couperet de 2015 avec angoisse.

A quand un grand projet de musée Albert André à Bagnols, digne du XXIe siècle ?

Quand reverrons-nous aussi les volets de la maison du peintre à Laudun ouverts et la vie revenir dans les murs de cette bâtisse et dans ce jardin qui fut si souvent représenté par l’artiste ?

Il y a urgence et il y a beaucoup à faire. Solidaires et déterminés, que cette journée soit un point de départ d’initiatives pour promouvoir la culture et le patrimoine Albert André, George Besson, Jacqueline Bret-André. Une citation pour terminer, qui convient à notre situation, elle est d’Aristote : « une seule hirondelle ne fait pas le printemps, un seul acte moral ne fait pas la vertu ». A méditer.

vernissage-albert-Andre-2.JPG

L'agence du Crédit Mutuel de Bagnols s'est révélée trop petite pour accueillir toutes les personnes qui se sont pressées ce 20 mai pour voir le "panneau" d'Albert André.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : BLOG SECTION GARD RHODANIEN du PCF
  • BLOG  SECTION GARD RHODANIEN du PCF
  • : Les activités et les réflexions des militants communistes et des élu(e)s du P.C.F section du Gard Rhodanien.
  • Contact

Recherche