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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 00:01
 Il y a  un an, le jeudi 25 septembre 2008, Nicolas Sarkozy prononçait à Toulon un discours qui devait donner le cap à tenir pour sortir de la crise.
Il s'agissait de dire la vérité aux Français. « La vérité, les Français la veulent, et je suis persuadé qu'ils sont prêts à l’entendre. » disait-il alors.
Dans un tourbillon médiatique déjà orchestré par l'Elysée, ce discours était présenté comme un discours fondateur destiné à terrasser la crise et à moraliser le capitalisme.
Or en direct de New York, après une année de crise sans solution, Nicolas Sarkozy a recommencé exactement le même cinéma.

Ça fait beaucoup de mensonges et les français ne sont pas dupes.

Pour juger de la crédibilité des propos présidentiels aujourd'hui, il suffit en effet de faire le bilan de l'année écoulée et de le comparer aux promesses du discours de Toulon.

L'année écoulée a été une année de souffrance pour tous les Français.
Un an durant lequel ont explosé le chômage et la précarité.
Un an de salaires amputés par le chômage partiel et le sous-emploi,
un an de licenciements, de délocalisations.
Un an durant lequel de grands groupes se sont enrichis en multipliant les pressions sur les salariés.
De plus en plus d'entre-eux craquent aujourd'hui et, épuisés par le stress, se suicident comme à France Télécom.

Le Président  s'était pourtant personnellement engagé à ce que les injustices cessent.
Il déclarait ainsi « L’autorégulation pour régler tous les problèmes, c’est fini. Le laissez-faire, c’est fini. »
En fait, la crise actuelle nous révèle la vraie devise de Nicolas Sarkozy: son « travailler plus pour gagner plus » est devenu « exploiter plus pour spéculer plus » Le constat est sans appel.

Le 25 septembre 2008, le Président de la République a menti aux français.

Les dix mensonges de son discours d'alors sont éclairants.
1er mensonge : nous allons sanctionner les responsables de la crise «Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage doivent être sanctionnés au moins financièrement.» C'est le mensonge le plus évident. Quelqu'un a t-il été trouvé et condamné pour les souffrances engendrées par la crise ? Personne, bien évidemment. Tout simplement parce que si ce travail avait été mené à bien, l'enquêteur serait venu actionner la sonnette du perron de l'Élysée. Nicolas Sarkozy n'est pas le sauveur de la France, c'est le représentant de ceux qui l'ont plongé dans la crise.
2ème mensonge : nous voulons encadrer les bonus des traders «Je n’hésite d'ailleurs pas à dire que les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent être désormais encadrés.» Examinons les mesures annoncées fin août par le Président : 2/3 des bonus seront versés de manière différée. 1/3 de la partie différée sera versée en titres. Cela n'a rien de contraignant et ce type de versement existe déjà. Quoi d'autre ? Un système de malus est mis en place : si les performances ne sont pas au rendez vous dans la durée, la partie différée du bonus n'est pas versée. Cela n'a aucun sens car, aujourd'hui, un trader qui n'est pas performant sur le long terme n'a pas à se poser la question de son bonus ou de son malus : il est tout simplement licencié.
3ème mensonge : rendre transparente la finance «Il va falloir s’attaquer au problème de la complexité des produits d’épargne, de l’opacité des transactions». Rien n'a été annoncé sur la complexité des produits d'épargne : la seule chose mise en place concernant l'épargne, c'est placer l'épargne populaire sous la coupe des marchés financiers en banalisant le livret A. Belle réussite ! Quant à l'opacité des transactions, les mesures qui concernent les paradis fiscaux ressemblent plus à une opération de communication qu'à des mesures de transparence. Au delà, la titrisation a toujours cours et d'autres bombes sont prêtes à exploser (risque d'un krach monétaire notamment).
4ème mensonge : nous allons rouvrir le robinet du crédit « Je le dis avec la même détermination : si les difficultés actuelles devaient entraîner une restriction du crédit qui priverait les Français et les entreprises, en particulier les PME, des moyens de financer leurs investissements ou d’assurer leur trésorerie, l’Etat interviendrait pour que ces financements puissent être assurés. » Les encours de crédits aux entreprises continuent de reculer avec -3,5% en juin après -4,6% en mai. On sait que ce rationnement du crédit peut entraîner 72 000 faillites, soit des centaines de milliers d'emplois qui risquent de disparaître si rien n'est fait.
5ème mensonge : nous allons utiliser l'argent pour le développement « Il faudra imposer aux banques de financer le développement économique plutôt que la spéculation. » Les groupes industriels du CAC 40 se sont constitués une trésorerie de 3,42 milliards en un an, notamment en vue de futures OPA et, parallèlement, ont massacré leurs sous-traitants par des restructurations brutales, des délocalisations. Conséquences : le chômage explose (L'INSEE prévoit 704 000 chômeurs supplémentaires sur l'année) ; les salaires baissent (moins 0,3% sur l'année) ; le stress au travail est décuplé.
A ce sujet, est-ce une coïncidence si les suicides se multiplient à France Télécom, entreprise qui a dégagé des milliards de profit au premier semestre ? Bien sûr que non ! Vu l'état de la croissance, cela ne peut se faire qu'au prix d'une politique inhumaine envers les salariés. Voilà ce que financent les banques ! Pas autre chose.
6ème mensonge : nous allons redonner du pouvoir d'achat « Ne pas donner tous les bénéfices aux dirigeants et aux actionnaires, en destiner une part plus grande à ceux qui par leur travail ont créé la richesse, redonner du pouvoir d’achat aux travailleurs ». « Je n’accepterai donc pas de hausses des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d’achat des Français.» Le pouvoir d'achat des salariés est en chute libre. Et le gouvernement a encore récemment enfoncé le clou ! Après le bouclier fiscal, il a annoncé la suppression de la taxe professionnelle, un impôt sur le capital, ce qui obligera toutes les collectivités à augmenter les impôts, et a créé la taxe carbone, un impôt sur la consommation, aussi injuste que la TVA et qui est amené à augmenter dans les années qui viennent. La politique de Nicolas Sarkozy, c'est deux poids, deux mesures : des cadeaux pour les entreprises et des taxes aveugles pour les salariés !
7ème mensonge : nous allons baisser le coût du logement « J’y ajouterai des mesures fortes pour que les programmes immobiliers en cours puissent être menés à bien et pour que des terrains appartenant au secteur public soient libérés pour y construire de nouveaux logements, ce qui contribuera à la baisse des prix qui avaient atteint des niveaux parfaitement excessifs. » A part des mesures de défiscalisation qui n'ont pas du tout profité aux ménages modestes, le gouvernement n'a rien fait ! La France compte 3,5 millions de mal-logés et il manque maintenant 500 000 logements sociaux. Pire, il a réduit les aides à la pierre, de 850 millions en 2008 à 500 millions en 2009 et elles pourraient tomber à 350 millions en 2010. Et les prix se maintiennent à un niveau très élevé, après avoir doublé en moins de dix ans.
8ème mensonge : nous allons agir pour l'environnement « La mise en œuvre du Grenelle de l'environnement, c’est aussi la rénovation de tout le parc des logements sociaux et des bâtiments publics pour les adapter aux exigences d’économie d’énergie.» Seule mesure prise par l'Etat : faire bénéficier les particuliers d'un prêt à taux zéro, permettant de s'endetter jusqu'à 30.000 euros sans payer d'intérêt pour financer les travaux d'isolation et de rénovation. Pourquoi ne pas y avoir pensé avant ? Aider les ménages à s'endetter après la crise des subprimes, en voilà une bonne idée ! De plus, l'impact de cette mesure sera très limité. Au delà de cette mesure : il est fortement contradictoire d'affirmer vouloir réduire la pollution et de sacrifier le fret ferroviaire - 5000 emplois et 500 gares de triage menacés - alors qu'il peut être un élément central dans la réduction du trafic routier et donc des émissions de CO2, si l'on investit réellement dans ce domaine.
9ème mensonge : nous allons gouverner pour tous les Français «Nous sommes le gouvernement de tous les Français, pas de quelques uns, et nous devons être, me semble-t-il, prisonniers d’aucun lobby, d’aucun groupe de pression, d’aucun intérêt quel qu’il fût et quelle que soit, par ailleurs, leur légitimité.» «L’argent de l’Etat, c’est l’argent des Français. Ils ont travaillé trop dur pour le gagner pour que l’on ait le droit de le gaspiller.» Le gouvernement a mobilisé 360 milliards d'euros d'argent public pour les banques. Cet argent, comme je le disais précédemment a servi à financer la spéculation contre le développement économique. Et on peut ajouter à cela 28 milliards de cadeaux sans condition : c'est le montant des compensations d'exonérations de cotisations sociales patronales cette année. Les Français n'ont pas vu la couleur de cet argent. Et ils sont écartés de toutes les discussions sur son utilisation.
10ème mensonge : la crise n'est pas celle du capitalisme « Le capitalisme ce n’est pas le court terme, c’est la longue durée » . « ... le capitalisme c'est la récompense du travail, de l’effort et de l’initiative ». « le capitalisme c’est une éthique, c'est une morale, ce sont des institutions. » Qui peut encore croire tout cela aujourd'hui ? Si rien n'a été fait depuis un an, c'est parce que faire, faire réellement pour changer la donne, ce serait prouver que des leviers existent pour dépasser ce système. Le capitalisme c'est économiser sur les hommes pour gâcher du capital sur les marchés financiers. Le capitalisme, c'est la récompense des plus aisés par l'effort et l'initiative des plus pauvres. L'éthique du capitalisme, c'est la rentabilité à court terme; la morale du capitalisme est celle de ses dirigeants, celle des responsables de la crise ; les institutions du capitalisme, ce sont les banques privées qui gaspillent notre argent. Quant à la crise actuelle, elle est l'essence même de ce système qui arrive à la fin de son histoire. Le monde n'a d'autre choix que de construire les voies de son dépassement.

Je l'ai dit, dans ces conditions, le discours tenu par Nicolas Sarkozy  sur France 2, à la veille du G20, est dénué de toute crédibilité. Ce sommet a été mis en scène ces dernières semaines de façon admirable. Voilà ce qui a été répété partout : «le Président de notre pays, la France, est en pointe dans la lutte pour la moralisation du capitalisme. Cette France est elle-même à la tête d'une Europe unie pour imposer de nouvelles règles. Cette Europe unie va lors du sommet de Pittsburg affronter le géant américain et elle le fera avec un grand courage.» En outre, le Président s'était fixé un seul objectif : encadrer les bonus des traders. Des bonus dont tous les économistes disent qu'ils ne sont en rien la cause de la crise. Bien sûr, il faut que cela cesse, car ces rémunérations sont injustes et indécentes. Mais, au bout du compte, cela ne sera même pas réglé au G20 - Obama a dit non ; deuxièmement, cela ne nous fera pas sortir de la crise. Alors je veux dire aux Français ceci : « Vous pouviez éteindre votre téléviseur. A la TV le Président aura sûrement un air grave et déterminé, mais, comme à Toulon il y a un an, il a menti . Il a dissimulé les vrais enjeux. Au G20, il ne s'est rien passé.» C'est d'autant plus grave que des solutions existent pour sortir de la crise, pour dépasser le système capitaliste. La situation devient donc proprement insupportable.

Car pendant que Nicolas Sarkozy organise son show médiatique, la crise elle s'aggrave de manière dramatique. Il est important donc de mettre désormais en débat et en chantier d'urgence d'autres solutions, en écoutant les salariés, les syndicats, les associations, les élus et les partis politiques qui sont méprisés par le gouvernement.

  Le PCF va au cours de ces dix prochains jours porter dans toute la France nos propositions face à la crise. Les militants communistes distribueront par millions un 4 pages national qui fait de la question du projet politique le cœur de la construction d'une alternative à la politique gouvernementale. Et nous demandons dès maintenant des mesures d'urgence dans quatre domaines :

1. Puisque le G20 ne va rien résoudre, et que le secteur bancaire va donc continuer à fonctionner avec les mêmes règles, nous demandons la mise en chantier immédiate de la construction d'un grand pôle public bancaire et financier. Ce pôle public doit être créé avec des banques, sociétés d’assurances et établissements financiers nationalisés, notamment à partir de la Caisse des dépôts, des services financiers de la Poste et d'autres institutions. Il sera chargé de développer une nouvelle grande mission de service public du crédit pour sécuriser et promouvoir l’emploi et la formation et pour entraîner l’ensemble du système bancaire. Nous demandons également que la France exige à l'Assemblée Générale de l'ONU - et non en petit comité au G20 - l'élargissement immédiat du débat sur le système financier international. Le débat sur une monnaie commune mondiale autre que le dollar doit s'engager sans tarder.
2. Sur les licenciements et les salaires, nous exigeons la remise en débat immédiate au Parlement de nos trois propositions de lois pour répondre aux urgences, arrêter le scandale de l'argent facile et initier une nouvelle donne économique et sociale. Ce débat est urgent et nécessaire. Il doit être précédé d'une consultation immédiate de tous les acteurs sociaux, d'une audition de toutes les entreprises en difficulté. Le 22 octobre, le parti communiste sera présent à la manifestation nationale pour l'industrie pour faire valoir cette exigence.
3. Sur la Poste, nous exigeons le retrait du projet. C'est le sens de la votation citoyenne du 3 octobre dans laquelle nous engagerons toutes nos forces, tous nos élus. Nous demandons que toutes les collectivités locales soient saisies de ce débat qui engage l'aménagement du territoire et la mobilisation des fonds déposés dans les points de la Poste. Il s'agit de construire un projet de développement de la Poste pour en faire un service public de communication performant et un pilier du service public financier. Nous demandons que soient organisés, avant le 3 octobre, des débats publics sur France 2 et France 3, débats auxquels nous sommes prêts à participer.
4. Sur le travail, la récente vague de suicides nous impose de déclarer l'état d'urgence sur la question. Nous demandons donc la convocation d'une conférence nationale sur le travail, sur son organisation et notamment sur les méthodes de management utilisées actuellement. Il s'agit de permettre une réflexion de même ampleur que celle du grenelle de l'environnement avec tous les acteurs concernés. La construction d'alternative à la crise est donc urgente à nos yeux, vous l'avez compris. Il est grand temps de faire émerger un projet de gauche à vocation majoritaire qui puisse constituer une alternative crédible à la politique de Nicolas Sarkozy. C'est le sens de nos efforts pour construire un Front de Gauche élargi. C'est le sens de la proposition, que nous avons lancé à la fête de l'Humanité, d'ateliers pour un projet de la gauche. L'écho de cette initiative est manifeste, car il y a en a assez des combinaisons politiciennes hors de toutes les urgences sociales et politiques. Nous sommes engagés dans la préparation de dix ateliers qui se tiendront partout en France du 10 au 23 octobre. Les deux premiers auront lieu à Marseille, sur l'enjeu d'un nouveau mode de développement et à Grenoble, sur l'enjeu de la démocratie. D'autres suivront sur l'éducation, la formation et la Recherche, les services publics, les enjeux climatiques, l'utilisation de l'argent, la fiscalité ou encore ce qu'on appelle « le temps libéré ».  
Nous continuons de proposer la co-organisation à nos partenaires du Front de Gauche.  Nous pensons qu'il est possible d'avancer ensemble vers des plateformes politiques partagées. Nous lançons en outre des invitations à ces ateliers à tous les partis de gauche, à tous les acteurs des mouvements sociaux. Et nous sommes confiants dans la réponse positive d'un très grand nombre d'entre eux. C'est au terme d'un mois de débat public et de travail de propositions que nous annoncerons le 24 octobre, lors de notre CN, l'offre nationale qui sera la notre pour les élections régionales.

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