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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 08:10

Deux de nos camarades militants à Bagnols François Pacaud et Rosaire Sammartino viennent de nous quitter. Deux camarades différents mais ayant comme point commun la détermination. Ni l'un ni l'autre n'étaient des « grandes gueules » qui l'ouvrent fort mais ne font rien derrière, non ! eux  étaient des personnes posées mais fermes dans leurs aspirations et dans les moyens d'agir.

En cette triste circonstance que l'occasion nous soit donnée de leur rendre un hommage mérité.

Ci-dessous le texte que Lorette Bastaroli a lu aux obsèques de François puis un hommage à Rosaire qui était le doyen de la cellule de Bagnols.


Hommage à François Pacaud


François, - notre ami François -

Il est parti sur la pointe des pieds - après nous avoir téléphoné -

Il est parti les yeux ouverts sur sa ville - la ville d'Avignon qu'il avait choisi d'habiter depuis plus de 40 ans.

Sa ville des cinémas et des théâtres, des festivals qui regroupaient ses amis autour d'une programmation minutieuse qu'il avait organisée et qu'il distribuait à tous.


François, militant de la C.G.T. et du Parti Communiste.

François, le militant des matins d'hiver où malgré le vent glacial, on distribuait le journal du Parti. Ce journal s'appelait « Pas question de se laisser faire »

Vous vous souvenez ? : il disait souvent « pas question de se laisser faire » alors tout naturellement ce titre nous est venu. Et ce n'est pas une fois - deux fois - que nous avons distribué... c'est des dizaines de fois - des dizaines d'années de résistance. Ce sont des pages d'histoire vivante.


L'histoire aussi de nos grandes discussions ou de réflexions avec les militants de la C.G.T. - le personnel -  les organisations du Parti.


Il y avait peu d'ingénieurs qui avaient le courage de cet engagement.


Ce qui l'a amené à avoir des responsabilités syndicales dans l'entreprise et départementales à l'Union Départementale.


François, fidèle en amitié, fidèle à ses convictions politiques jusqu'au bout.


François, et ses colères, surtout quand on lui parlait de son « vieux manteau ».

« François, enlève ce vieux manteau, il fait trop chaud ! »


Mais François avait bien raison de garder son vieux manteau surtout depuis ce jour funeste où un jeune fou a foncé sur la foule des manifestants à Paris. C'est lui que la voiture « a choisi ? »

 

François, ingénieur  aux qualités professionnelles remarquables reconnues.


      Notre François des luttes,

      Notre François de l'amitié,

François de nos aventures culturelles qui nous ont fait sourire et rire tant de fois

Notre camarade,

Ami de longtemps

Au revoir.


Pour tous,

Laurette Bastaroli

Avignon le 30 mai 2009


 
                                     Hommage à Rosaire


La politique et notre organisation commune le Parti Communiste français étaient un centre d'intérêt important pour Rosaire Sammartino. D'ailleurs ces jours derniers quand ses forces commençaient à l'abandonner il gardait à l'esprit le scrutin de dimanche prochain et fit cette remarque à son entourage « je n'aurai pas la force d'aller voter ». Au moment où l'on nous annonce une abstention record quelle belle leçon de civisme que sont les paroles de Rosaire, car qu'avait-il à espérer pour lui-même ? Pas grand-chose mais voilà toute sa vie a été un combat et son aspiration à un mieux-être collectif était un de ses moteurs. Ces presque derniers mots prononcés ont été fidèles à sa pensée et à l'engagement de toute sa vie.

Né en octobre 1918 en Sicile il a vu le jour quelques jours avant l'Armistice qui mit un terme à la Première Guerre mondiale, un événement qui semble aux plus jeunes si loin et pourtant si proche. La vie le conduira en Tunisie dans la région de Bizerte où son père était cheminot.  C'est là qu'il va commencer son engagement politique et syndical. Sa première carte il l'a prise aux Jeunesses Communistes en 1936 l'année de la naissance du Front Populaire. Ce mouvement à qui l'on doit tant d'avancées sociales, ce mouvement qui donnait une solution politique à la terrible crise économique et sociale de 1929. Nous avions honoré Rosaire notre doyen bagnolais au mois de mai 2006 pour célébrer ses soixante-dix ans de route commune avec le Parti en même temps que nous commémorions les soixante-dix du Front Populaire. Son investissement à nos côtés n'a jamais failli depuis 1936. Il était rentré à l'arsenal de Bizerte comme apprenti chaudronnier avant de prendre la direction d'une équipe au sein d'une usine.

Son engagement il le poursuivra toujours notamment après son arrivée en métropole et c'est là que les plus anciens d'entre nous l'ont connu en 1963 à son arrivée à Marcoule. La Tunisie gardait une place importante dans les souvenirs de Rosaire, il aimait évoquer avec nous des souvenirs sportifs en particulier dans le milieu du cyclisme un sport qu'il affectionnait. Finalement sa longue vie lui a permis de vivre autant en métropole qu'en Tunisie. Certains camarades nous ont raconté leurs souvenirs avec Rosaire un délégué CGT solide et revendicatif qui n'appréciait guère les compromis « mi-chèvre, mi-choux » : il fallait se faire respecter ! Cet engagement n'a pas été sans conséquence sur la carrière de Rosaire il le disait lui-même : « à Marcoule ils m'ont viré au bout de quatre mois ! ». Un courage politique et syndical que l'on paye quelquefois cher mais qui permet de garder sa dignité et sa liberté. Il a été un modèle de militants pour nombre de camarades qui lui en sont très reconnaissants.

Enfin la retraite puis la vieillesse sont arrivées, Rosaire restait un homme solide malgré le grand âge. Au fil du temps il était devenu notre doyen mais sa fidélité à nos côtés ne s'est jamais démentie. Le mercredi quand nous distribuions des tracts sur le marché nous avions souvent la visite de Rosaire qui quittait Carmignan pour s'approvisionner en croissants, il revenait avec les bras chargés de viennoiserie. Donc quand il se rendait au marché il faisait une halte auprès de nous pour sentir l'état d'esprit des militants. Il venait aussi régulièrement assister aux réunions à notre local bagnolais. En octobre dernier nous avions fêté ses quatre-vingt dix ans par un petit témoignage et des chansons.

Il était toujours curieux et intéressé par la vie du Parti nous interrogeant régulièrement pour avoir des nouvelles des uns et des autres. Il y a un mois lors de la manifestation du 1er mai il était là comme toujours. Alors que certains ne se préoccupent pas de la chose politique et syndicale lui, à quatre-vingt dix ans passés il tenait à être au défilé de la Fête des Travailleurs où il échangea encore des souvenirs de lutte des classes avec certains camarades pour qui il restait une référence, un modèle, un exemple à suivre.

Il y a une quinzaine de jours le mercredi 13 mai alors que nous nous affairions à préparer notre fête du Mont Cotton nous avons constaté que Rosaire ne s'était pas montré depuis quelques jours. Alors nous l'avons appelé au téléphone, il nous a expliqué qu'il était malade, fatigué mais avait bon espoir qu'avec le beau temps sa santé aille mieux. Finalement ses forces ont continué à décliner comme nous le disions en commençant toujours avec ce souci de pouvoir aller voter dimanche.

Rosaire a montré la voie à quelques uns d'entre nous, espérons qu'encore aujourd'hui cette évocation puisse encourager certains à suivre son exemple. Citons un vers du chant des Partisans la chanson de la résistance écrite par Maurice Druon qui était né comme lui en 1918 et vient de nous quitter récemment : « Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place ». Dans ces temps si difficiles, si troubles, si inquiétants il faut espérer Rosaire notre ami, il faut espérer que les jeunes prennent conscience que maintenant que tu es tombé qu'ils doivent prendre ta place et suivre les chemins que ceux de ta génération ont si bien tracés.

Les camarades du Parti te disent adieu et merci.

 

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