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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 01:10

 Les représentants du Parti de la gauche européenne (PGE) réunis à Lisbonne ont planché sur les moyens qu’il convient de mettre en oeuvre pour combattre la sévère récession qui touche toute l’UE.

 

Il est l’heure de ressortir les vieux outils… d’analyse. « Crise de suraccumulation du capital », « baisse des rémunérations pour faire face à la baisse du taux de profit » fleurissent dans la bouche des représentants de formations de gauche à une rencontre sur « les réponses de gauche à la crise », organisée à Lisbonne mardi par le Parti de la gauche européenne (PGE).

Une manière de montrer que « la récession était inscrite dans les contradictions mêmes du capitalisme ces dernières années », prévient dans son intervention liminaire Francisco Louça, le coordinateur national du Bloc de gauche (BE), l’organisation portugaise hôte de l’évènement. « Il ne faut pas confondre effets et conséquences de la crise », soutient Angels Tomas, de la Gauche unie et alternative de Catalogne (Espagne). On n’a pas à faire seulement à une crise de la finance, mais bien à une crise du capitalisme. Une analyse résumée en une formule par le titre de la conférence : « Nouvelle crise d’un vieux système ».

Pour Yiannis Bournous, de l’organisation grecque Synaspismos, « la crise a ses racines dans la sphère de production, dans l’économie réelle ». « Le ralentissement du taux d’accumulation dans la précédente période a forcé le capital privé à s’introduire dans la sphère publique de manière plus profonde, poussant à la commercialisation de tout ». Une réflexion largement partagée dans l’audience. Graphiques à l’appui, Élisabeth Gauthier, animatrice de Transform Europe, réseau qui fait fonction de fondation du PGE, explique que cette crise provient d’une « dévalorisation sur la longue durée de la force de travail », par un renforcement de la précarité et par une pression accentuée sur les salaires. Phénomènes qui, selon les intervenants, ont participé de la financiarisation de l’économie.

Et c’est bien à la source de la crise que les transformations sont à opérer. « L’alternative est à construire non seulement nationalement mais au niveau européen, fait valoir le responsable international du Parti de la refondation communiste (PRC, Italie), Fabio Amato. Parce que c’est au niveau européen que se sont construites sur notre continent les conditions pour mettre en place les politiques de précarité et de redistribution à l’envers, c’est-à-dire des classes subalternes vers le capital. » Et d’appeler à un programme commun à la gauche en Europe.

Mais quel programme ? « Éviter que les peuples ne paient l’addition » de la crise, se soucie Lothar Bisky, président du PGE. Comment ? En prenant le contrôle des banques, c’est son camarade de Die Linke Hubert Schui qui est le plus radical. Pour lui, il faut nationaliser « toutes les banques », même celles « qui ne sont pas en faillite », pour ne pas hériter « que des pertes ». En tout état de cause, tous ont conscience de l’opportunité historique qui se dessine. « Ce sont les piliers de l’UE, le pacte de stabilité et la Banque centrale européenne qui sont contestés, constate Élisabeth Gauthier. Et la régulation ne suffira pas. La réponse devra être politique. » Armando Fernandez, d’Izquierda unida (Espagne), explique que si le New Deal a donné des résultats, ce n’est que lors du second gouvernement Roosevelt, après le Front populaire en France et en Espagne. Après que l’économie a été emportée par de grands mouvements sociaux et de profondes transformations politiques.


Gaël De Santis

Lisbonne (Portugal),

envoyé spécial de l'Humanité

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