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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 23:54

parfum antidémocratique

Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité


    Je proteste énergiquement contre l’interpellation brutale et humiliante de notre confrère Vittorio Filippis, ancien directeur et toujours journaliste de Libération.

    Que la police vienne ainsi au petit matin arrêter un ancien directeur de publication chez lui, devant ses enfants, rappelle des temps exécrables que nous ne souhaitons pas voir revenir ! Que cela se fasse pour une affaire déjà jugée pour laquelle Libération a eu gain de cause ajoute encore à notre inquiétude.

    D’autant qu’en l’espèce Libération n’a fait que publier un point de vue extérieur à la rédaction elle-même sur une entreprise, comme cela arrive chaque jour dans nos journaux.   

    Où va la liberté de la presse au moment où nous travaillons à tenter de sauver la presse écrite dans le cadre des états généraux ?

    Si les plus hautes autorités françaises sont soucieuses de la liberté de la presse, elles doivent immédiatement diligenter une commission d’enquête.

    Je réaffirme ma solidarité avec Vittorio Filippis et nos confrères de Libération. Un mauvais parfum antidémocratique commence à flotter sur le pays de Voltaire. On ne peut laisser faire.

Du plomb pour les plumes ?

par Sébastien Homer dans l'Humanité du 2 décembre 2008

D’après les rapports de police, les fonctionnaires ont été « courtois ». D’après la ministre de l’Intérieur, la maréchaussée a « suivi la procédure ». Et d’après Rachida Dati, celle-ci était « tout à fait régulière » : quand « un citoyen ne défère pas aux convocations, on lui envoie un mandat d’amener ». Voilà pourquoi, vendredi matin, la police est aller cueillir à son domicile un journaliste, Vittorio de Fillipis, en sa qualité d’ancien directeur de publication de Libération, et lui a fait subir deux fouilles au corps avant d’être entendu par la juge Muriel Josié dans le cadre d’une plainte du fondateur de Free, Xavier Niel, s’estimant diffamé par le commentaire d’un internaute se référant à un article du titre consacré à ses démêlés judiciaires. Ce week-end, la stupéfaction et l’indignation étaient à leur comble. Hier midi, les salariés de Libération, en AG, après s’être interrogés sur la place accordée par le titre à cette affaire, ont décidé, outre une éventuelle action en justice, d’appeler l’ensemble de leurs collègues à se rassembler vendredi à 13 heures devant le Palais de justice de Paris.

Que cette affaire intervienne au beau milieu des états généraux de la presse ne la rend que plus symbolique. D’ailleurs, hier, hasard des calendriers, alors que le SNJ CGT manifestait devant Radio France où se tenait une des rares séances publiques des états généraux, journalistes et syndicalistes eurent la surprise de voir arriver… Vittorio de Filippis : « Peu importe si ce qui m’est arrivé ait eu lieu avant, pendant ou après les états généraux, nous dira-t-il. Quand les policiers ont sonné chez moi, je me suis fait un point d’honneur à ne pas brandir ma carte de presse et j’ai compris, à mon corps défendant, ce que subissent ceux que l’on cueille au petit matin et qui n’ont pas les moyens de se défendre. Toutefois, ce qui m’est arrivé, avoir été humilié et traité comme un criminel dans une affaire où, au pire, je risque une amende, doit nous faire réfléchir. Était-ce commandité ? Est-ce annonciateur de ce comment les journalistes seront traités ? L’avenir nous le dira. »

En tout cas, tout aussi symbolique. Si Laurence Parisot, la patronne du MEDEF, ne vit pas les vigiles lui interdire l’accès à la Maison de la radio, ce ne fut pas le cas pour les représentants du SNJ CGT et les journalistes qui les accompagnaient, bloqués une bonne demi-heure : « Voilà, sourit le syndicaliste Jean-François Téaldi, une belle illustration des états généraux de la presse selon Sarkozy. Pour discuter de l’avenir de la presse, les journalistes et les syndicalistes ne sont pas les bienvenus. Mais on n’est pas surpris : on assiste en ce moment à une véritable reprise en main de l’info. » Finalement, les représentants de la CGT purent s’inviter à l’intérieur et distribuer leurs tracts intitulé « Des journalistes libres dans une presse pluraliste ». Et, au vu des débats (ça causait, en substance, « déontologie et rentabilité »…), Fernando Malverde d’expliquer pourquoi le syndicat, la semaine dernière, a claqué la porte des états généraux : « On est au coeur du problème que soulèvent ces états généraux. Alors qu’en 1944, le Conseil national de la Résistance fit tout pour soustraire la presse des puissances de l’argent au nom du pluralisme, aujourd’hui, la seule question soulevée, c’est comment rentabiliser l’information. » Malheureusement, on connaît déjà la réponse. Et ses conséquences. Ce sont à peu près les mêmes que d’aller ceuillir un journaliste chez lui à 6 heures du matin…

Sébastien Homer

 

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