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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 00:18

 

L’AVENIR DU PCF

Faut-il, dans ces conditions et avec de telles ambitions, repenser l’avenir du PCF ? Cela nous paraît incontournable. Et si nous voulons le faire de manière efficace, c’est en lien direct avec les exigences du monde actuel et du projet tel que nous le définissons aujourd’hui.

La première des questions à se reposer est simple : faut-il une force politique révolutionnaire pour animer ce combat ? Nous le pensons. Penser les bouleversements du monde, quand tant de forces veulent enfermer cette pensée ; faire de la politique une grande affaire populaire et citoyenne quand tout est fait pour éloigner le plus grand nombre de nos concitoyens de la politique ; élaborer des idées d’émancipation quand tout est fait pour les discréditer ; unir des forces de transformation susceptibles de porter un projet politique quand tout est fait pour les diviser, les opposer ; construire des majorités de changement quand l’état de la gauche donne le sentiment que c’est impossible…tout cela appelle une organisation, un parti un mouvement qui mette en commun et rende efficace l’énergie de toutes et ceux qui veulent contribuer à cette construction. Dire le besoin de cette force dans les conditions d’aujourd’hui ne suffit pas. Les questions que nous nous posons sur l’avenir de notre parti sont de même ampleur que celles qui nous poussent aujourd’hui à repenser le monde, l’espérance révolutionnaire, les processus de changements, la place qu’ils doivent faire à l’intervention populaire. Nous aussi, nous devons repenser le mouvement Communisme changer d’époque.  

Crise de projet, crise de la politique, des partis politiques, crise du communisme et du PCF… nous sommes confrontés à de tels défis, qu’il nous faut aussi nous révolutionner pour construire, à partir du meilleur de ce que nous sommes et avons été, une force porteuse d’avenir, identifiée à un projet sociétale d’émancipation du XXIème siècle, unie sur ce projet, une force dynamique, capable de mettre sa créativité politique au service de l’intervention populaire, de larges rassemblements à vocation majoritaire, ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent s’engager dans ce combat.

Le PCF est-il cette force ? Doit-il se transformer ? Ou faut-il s’engager dans la création d’une autre force politique? Ces questions ont fait l’objet de nombreux débats depuis l’élection présidentielle. Le PCF dispose d’atouts indéniables, d’acquis précieux, que nous ne voulons pas perdre. Il est une force qui compte. Mais son affaiblissement des trente dernières années (s’il n’y avait que le PCF mon bon Monsieur !!!), ainsi que de la quasi-totalité des partis communistes au Monde accompagnant l’effondrement de l’URSS, montre combien il lui faut se renouveler pour que des millions de nos concitoyens, et notamment la jeunesse, reconnaissent en lui cette force.

Pour répondre aux défis de changement qui s’imposent à nous, nous faisons donc aujourd’hui un choix : engager de profondes transformations de notre parti pour devenir cette force. La voie de transformations du PCF nous apparaît plus féconde que celle de la recherche de la constitution d’un autre parti aux contours incertains. Certains vont parmi nous jusqu’à parler d’un processus de métamorphose. Pour l’heure, l’important est de s’accorder sur la nature des évolutions, des transformations, des ruptures nécessaires. Elles pourraient prendre plusieurs directions.

 

Un choix communiste du XXIème siècle.

Nous devons affronter à ce propos une contradiction évidente. Nous pensons que le communisme doit continuer d’être une référence fondamentale de notre action. Le communisme politique a beaucoup apporté aux combats d’émancipation dans notre pays, et surtout les valeurs de mise en commun, les nécessités objectives de dépassement des exploitations, des aliénations et des dominations prennent de l’actualité avec les évolutions du monde actuel. Notre visée, repensée à l’aune des enjeux contemporains, conserve toute son actualité.

Mais il nous faut en même temps reconnaître la « crise du communisme » qui brouille fondamentalement notre image. Il ne paraît pas possible de contester les éléments objectifs et subjectifs de cette « crise », notamment : le non-aboutissement (ne pas renier 1917) des expériences qui se sont réclamées du communisme au XXème siècle ; la guerre froide contre le « socialisme réel » ;  le poids persistant dans les représentations de nos concitoyens du rapport qui a été le nôtre avec le modèle soviétique qui a rompu avec l’idéal de la Révolution d’Octobre 1917 ; l’écart considérable qui sépare notre vision du communisme d’expériences, d’ailleurs elles-mêmes fort différenciées, qui s’en réclament aujourd’hui ; les difficultés politiques que connaissent aujourd’hui les partis communistes partout dans le monde, et leur grande hétérogénéité.

(dans ce projet il n’y a pas de critique marxiste de l’expérience des pays socialistes)

Il y a eu et il y a des apprentissages du communisme et l’ont doit constater que les utopies ne se réalisent jamais comme les Hommes les rêvent, car comme disait Marx « les Hommes font eux-mêmes leur histoire dans des circonstances qu’ils n’ont pas choisies ». D’ailleurs Marx n’avait pas anticipé le fait que les Révolutions socialistes se sont réalisées dans les pays les moins développées du capitalisme. On peut ajouter que l’expérience historique des Révolutions montre un écart entre les programmes et les résultats. «  Il faut continuer à s’inspirer du matérialisme historique y compris en ce qui concerne l’analyse des autres révolutions, qui à partir de la Révolution bolchevique ont changé la face du monde. Il ne s’agit pas d’une période historique désormais achevée et renvoyée au passé ». De même que l’expérience menée par le Parti Communiste chinois, qui a permis des résultats extraordinaires dans son développement économique et social et a également redonné sa dignité nationale au peuple chinois, n’est pas aboutie. Le communisme et bien un mouvement en perpétuelle construction qui n’a rien à voir avec « le grand soir » où le passé aurait totalement disparu du présent, où un Homme nouveau jaillirait de la Révolution, où une expérience réelle servirait de modèle. Il faut penser un projet d’émancipation qui ne peut être la fin de l’histoire.

Assumer notre choix communiste aujourd’hui, à partir d’une analyse renouvelée et actualisée du monde, nous renvoie donc au besoin impérieux de confronter ce qui est à dépasser, et ce qui est en train d’émerger pour faire vivre une conception neuve du communisme, de partage et de liberté pour chacune et chacun, en somme une espérance révolutionnaire en prise avec les réalités et les aspirations de notre temps.

Nous devons faire beaucoup plus pour donner sens à notre projet contemporain, sans en rester aux mots, pour au contraire leur donner du sens dans leur pleine actualité ; pour rendre visible au plus grand nombre, notamment aux jeunes, que la continuité de notre choix s’accompagne de ruptures, fondatrices d’une nouvelle conception du communisme, que nous ne nous reconnaissons dans aucune expérience, passée ou actuelle, qui niait ou nierait les droits de la personne, ne serait pas fondé sur le respect de toutes les libertés fondamentales et la volonté de développer la démocratie comme ressort du développement humain.  Tant que notre démarche communiste ne sera pas perçue pour ce qu’elle est aujourd’hui, mais restera collée aux images des dérives profondes du « socialisme réel » du passé, notre combat sera handicapé. Nous devons changer notre image, notamment en nous engageant à retravailler les symboles qui nous identifient dans la société, et qui pourraient mieux donner à voir le communisme du XXIème siècle qui est le nôtre. ( Déplacer avec le changement de nom)

 

Un parti ancré dans les enjeux contemporains et le débat d’idées.

De l’analyse du monde que nous esquissons aujourd’hui découle une exigence : il nous faut reprendre avec une vigueur renouvelée et avec constance un travail d’analyse, un effort théorique pour comprendre les bouleversements du monde, saisir ses contradictions. Le mouvement populaire a besoin d’une pensée émancipée de l’idéologie dominante, une pensée créative, imaginative, en perpétuel mouvement. Nous devons y contribuer en faisant de la confrontation d’idées un atout. La pertinence de notre projet est une condition de notre efficacité. L’actualisation de notre projet, son ancrage dans les enjeux contemporains suppose un éveil permanent aux réalités émergentes, aux innovations, une culture de travail, de débat, de confrontation d’idées, d’expérimentations, une ouverture résolue à toutes les énergies intellectuelles et militantes qui veulent penser les enjeux de dépassement du système capitaliste.

Nous devons traduire cette volonté politique sans tarder en actes, en repensant progressivement les lieux et les outils de ce travail théorique et intellectuel permanent, en donnant à voir cette ambition dans la société, en étant beaucoup mieux un lieu où se confrontent toutes les pensées émancipatrices, celles issues de la pensée de Marx et de ceux qui ont enrichi sa réflexion, qui nous a fondée et connaît aujourd’hui un renouvellement important dans le monde, et toutes celles qui émergent dans les bouleversements de la pensée et du monde actuels. Ce bouillonnement doit aller de pair avec une meilleure mise en commun des expériences militantes pour construire du savoir et de la pensée.

Nous devons dans le même esprit répondre à la demande d’un travail de formation militant beaucoup plus exigeant. Nous restructurons pour cela un dispositif de formation moderne et adapté à tous les niveaux du Parti.

Un parti d’action, de luttes et d’intervention populaire et citoyenne

Pour placer la démocratie, l’appropriation populaire des objectifs et des conditions du changement, les efforts de rassemblement au cœur de notre projet politique, toute notre activité doit être prioritairement tournée vers la mise en mouvement de l’intervention populaire. Parti d’action, impliqué dans la construction des luttes, nous voulons aider cette intervention à se déployer comme mouvement politique. Cela implique un effort de créativité et d’ouverture sur des formes de l’engagement politique dans la société d’aujourd’hui, plus participatives autogestionnaire, plus démocratiques, plus diversifiées.

Et parce que nous faisons de la politisation citoyenne une clé du changement, nous voulons recréer une activité d’une tout autre ampleur dans les lieux de travail, d’étude et dans les quartiers populaires où elle fait gravement défaut, en cherchant à mieux comprendre pour y parvenir les potentiels mais aussi les obstacles nouveaux qui se dressent devant cet objectif.

Une priorité de nos efforts doit porter sur la réimplantation du parti dans les lieux de travail. Elle constitue un enjeu essentiel dans la construction du rassemblement pour changer la société. L’objectif est d’y faire vivre notre projet et notre stratégie à partir de l’ensemble des préoccupations des salariés, depuis les questions liées au travail jusqu’aux enjeux planétaires.

La coordination de notre activité dans ces lieux de travail et dans les quartiers populaires, devra être réorganisée et mieux impulsée.

Tout cela signifie également que nous devons tourner davantage le fonctionnement de toutes nos structures vers l’aide à la créativité et au rayonnement militant de chaque adhérent et de chaque élu : dans leurs lieux de vie et d’activité, dans les structures de proximité ou les réseaux dans lesquels ils agissent, dans les territoires dans lesquels ils sont ancrés.  Nous devons donner à chacune et chacun les moyens de déployer une action politique qui nourrisse l’action, le débat de propositions, le rassemblement du plus grand nombre.

Cet effort vise également à favoriser l’intervention politique des militants à l’échelle européenne et mondiale notamment dans le cadre des activités du PGE et de la mise en pratique d’un nouveau type d’internationalisme.

En retour, l’élaboration de nos orientations doit donner à une grande place à leurs réflexions, à leurs suggestions, à la confrontation et à la diffusion de leurs expériences. La mise en commun de cette activité sans cesse démultipliée doit être sensiblement renforcée pour permettre de lui donner force, sens et efficacité. Les différents échelons de coordination, départemental, régional, national doivent mieux jouer leur rôle en ce sens, en s’appuyant davantage sur la richesse de l’expérience militante.  Les collectifs de travail du Conseil national notamment doivent s’attacher à toujours mieux associer l’ensemble du potentiel créatif militant dans sa diversité d’expériences, veiller à ce que ces expériences et leurs productions soient mises à disposition de tous. Des nouveaux outils de circulation de l’information doivent être mis en place pour cela.

 

Une force ouverte et renouvelée.

Devenir le parti porteur de ce projet, c’est devenir un parti bien plus large en nombre et en diversité de forces militantes. Cela ne va pas de soi. Il nous faut décider de donner à cette ambition le sens d’une initiative politique communiste majeure, visible dans la société, en ouvrant le Parti communiste Mouvement Communiste Autogestionnaire aux femmes et aux hommes de gauche qui cherchent les voies d’un combat plus efficace, aux salariés dans leur diversité d’aujourd’hui, à toutes celles et ceux qui veulent transformer l’ordre actuel sans avoir forcément la même histoire, les mêmes références, la même culture que nous, et en faisant en sorte que ces adhérentes et ces adhérents se sentent pleinement à l’aise dans un parti mouvement qui les respecte à égalité avec tous les autres.

Ouvrir et renouveler  le parti, c’est aussi donner la pleine mesure de notre engagement féministe, que nous conjuguons désormais au combat anticapitaliste au lieu de l’y subordonner. Etre vraiment un tel parti, c’est rompre en notre sein avec un modèle et des pratiques issus d’une époque où les femmes étaient minorées, voire absentes de la représentation politique, sans parité. La fragilité de nos progrès en la matière doit nous tenir en alerte.

Le parti pris de la jeunesse.

Nous devons décider d’engager un travail d’ampleur, durable, visible avec la jeunesse, qui cherche les voies d’un engagement politique communiste renouvelé, que nous pouvons aider à faire émerger mais qui ne se fera pas sans leur implication directe. La jeunesse précarisée, la jeunesse des quartiers populaires, la jeunesse lycéenne et étudiante sont à la fois très proches des engagements qui sont les nôtres et très éloignés de nos traditions d’engagement politique.  Ce doit être un axe prioritaire du renouvellement et de transformation du parti mouvement  communiste.  

Un parti impliqué dans la gestion

Le dévouement et la proximité de nos élus sont reconnus. Mais leur principal atout est de parier sur des conceptions démocratiques renouvelées de l’intervention citoyenne et de l’exercice de leur mandat. C’est un atout indispensable au moment où les contradictions entre exigences de changements et contraintes financières qui encadrent les politiques publiques ne cessent de se resserrer. En ce sens, les élus tiennent une place essentielle dans notre démarche. Ils sont une source d’expériences et d’expérimentations dans les processus démocratiques de constructions populaires et politiques que nous voulons déployer. Ils sont aussi une source d’enrichissements permanents de notre projet, confrontés en permanence à l’exigence de réponses aux attentes de changement. En faire élire chaque fois que la situation politique correspond aux choix des communistes c’est possible (langue de bois) et les aider à réussir est essentiel. Cela suppose de développer des pratiques de travail en commun entre élus, adhérents et responsables communistes.

Une force solidaire, un parti d’éducation populaire et de promotion culturelle.

Notre engagement est aussi un engagement éthique, fait de valeurs que nous voulons faire vivre au quotidien. Nous ne sommes pas un parti de l’émancipation pour demain, qui en attendant sacrifierait ses militants comme des soldats pour la bonne cause. Le militantisme désintéressé qui est le nôtre est une source d’épanouissement dont il faut refuser le dénigrement. La solidarité au quotidien, dans la cité, sur le lieu de travail, la convivialité, l’accès à la connaissance, à la culture, l’éducation populaire, le partage des savoirs sont des dimensions importantes de la vie et de l’activité d’un parti mouvement comme le nôtre, de ses rapports à la société.

 

Un parti mouvement  démocratique, où les adhérents sont souverains. 

La vie démocratique de notre parti traverse un moment critique. Nous n’avons pas su, dans la dernière période, notamment au niveau de la direction nationale qui est fortement critiquée sur ce point, allier trois exigences indispensables : le respect de la diversité et la libre expression des opinions dans les débats que nous considérons désormais comme un acquis irréversible ;  le respect des décisions majoritaires ; et l’efficacité dans le travail comme dans l’action.

Des changements doivent être apportés dans ces trois directions : donner à chaque adhérent la réelle maîtrise des débats qui se font jour en les assumant plus clairement et en favorisant par de nouveaux outils la circulation permanente et transparente des idées en présence ; mieux garantir, y compris entre les congrès, la souveraineté des adhérents pour trancher ces débats quand cela est nécessaire ; mieux assurer la cohérence et l’efficacité du travail des communistes et des directions à tous les niveaux quand les décisions majoritaires sont prises et qu’elles deviennent donc le bien commun des communistes. Le fonctionnement même de la direction nationale devra être modifié en ce sens.

Nous devons changer notre image, notamment en nous engageant à retravailler les symboles qui nous identifient dans la société, et qui pourraient mieux donner à voir le communisme du XXIème siècle qui est le nôtre.

De ces réflexions découle la nécessité de demeuré communiste mais d’avoir une organisation visiblement transformée. Un changement de nom est l’aboutissement logique d’une nouvelle page de l’histoire du PCF et du monde communiste, pas pour faire du « marketing », mais pour témoigner et affirmer nos évolutions et mutation et être en phase avec notre analyse de l’idée commniste.

Le communisme doit dépasser la notion de Parti qui est catalogué de « parti pris pour », d’organisation hiérarchisée, de pensée unique… pour devenir un Mouvement qui peut rassembler les femmes et les hommes d’idée communiste dans leur diversité, qui se placent dans la perspective de construire le communisme dans un mouvement perpétuel et tendanciel d’émancipation des aliénations. Le Mouvement est aussi porteur de lutte. Les grandes poussées révolutionnaires ou de transformations sociales profondes se caractérisent par l’intervention des peuples dans le champ politique : Révolution Française, 1848, Commune de Paris, Révolution d’Octobre, Front Populaire, Libération, Mai 68… On peut résumer ces irruptions du peuple pour intervenir dans son histoire comme une construction de l’autogestion. Le P.C.F pour être en osmose avec l’histoire sociale du mouvement ouvrier et avec l’idéal communiste tel qu’il le conçoit aujourd’hui prend le nom de Mouvement Communiste Autogestionnaire et interpelle notre peuple sur les enjeux du communisme dans la lutte des classes de notre siècle. 

Il convient dès maintenant d‘approfondir la discussion pour savoir si cette nouvelle étape démocratique devra déboucher et comment sur de nouvelles règles de vie pour notre parti.

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