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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 18:54
Les « collectifs anti-libéraux »

 

Marqués par le mauvais score du parti en 2002, de nombreux communistes ont été séduits par la stratégie des « collectifs anti-libéraux ». La direction du parti présentait cette orientation comme un moyen d’élargir la base électorale du parti et de reconquérir ainsi du terrain perdu. Cependant, de manière générale, les collectifs n’ont pas mis le parti en contact avec une couche plus large de la population, mais seulement avec une flopée bigarrée d’ex-communistes, d’ex-socialistes, de gauchistes divers et autres « indépendants » plus ou moins petits-bourgeois, qui n’ont apporté au mouvement que démoralisation et confusion.

Lors de la consultation des collectifs, une très nette majorité s’est dégagée en faveur de la candidature de Marie-George Buffet (62%). Ceci n’avait rien d’étonnant, puisque le PCF constituait la colonne vertébrale des collectifs, à l’échelle nationale. Le score de notre candidate aurait pu être beaucoup plus important, d’ailleurs, car seule une petite minorité des militants communistes ont participé au vote. Mais de leur côté, Bové, Autin, Salesse et la LCR ne voyaient dans les « collectifs » qu’un moyen de mettre le PCF à la remorque de leurs propres ambitions politiques. Jamais ils n’auraient accepté de mener campagne pour un candidat issu du PCF. Marie-George Buffet ne faisait pas « consensus », disaient-ils. Le PCF « passait en force ». Cette idée a été largement relayée par les médias, dans le but de discréditer le parti. Mais il faut reconnaître que la direction du parti a commis une faute grave en acceptant la règle du soi-disant « double consensus ». Cette méthode anti-démocratique donnait à une petite minorité la possibilité de bloquer la candidature majoritaire.

Pour le parti, le bilan de cette opération fut négatif. Le fait d’avoir longtemps laissé planer un doute sur une candidature PCF a désavantagé le parti lors des élections. Trop de temps a été perdu à tourner en rond avec ces soi-disant « anti-libéraux » – dont beaucoup étaient surtout « anti-PCF ». On ne peut s’empêcher de penser que si, dès le départ, le temps et l’énergie du parti avaient été consacrés à mener campagne autour de sa propre candidature, il aurait réalisé un meilleur score au moment des élections.

Désormais, le parti doit toujours se présenter aux élections sous son propre nom, élaborer et défendre son propre programme et mener campagne autour de ses propres représentants. Ceci n’exclut pas des alliances, des désistements ou éventuellement des listes communes avec d’autres partis de gauche. Mais le parti doit conserver la maîtrise des combats qu’il mène et avancer sous ses propres couleurs.
 

Alliances électorales et
participation gouvernementale

 

 

De manière générale, il est préférable de mener campagne autour des candidats du parti – et, bien sûr, sur la base du programme du parti. Ceci dit, lorsqu’une liste commune apparaît comme le seul moyen d’assurer la défaite de la droite, il faut envisager cette possibilité. C’est une question d’ordre tactique, et non de principe. Cependant, la présentation de listes commune avec le PS ne doit en aucun cas empêcher le PCF de défendre sa propre politique et de se démarquer du PS. En cas d’alliance, se dissocier du réformisme du PS est non seulement autorisé, mais c’est même le devoir du PCF. Or ceci est impossible tant que les idées et le programme du PCF sont eux-mêmes réformistes. Ce ne sont pas les alliances et les accords ponctuels avec le PS qui ont fait « perdre son âme » au PCF, mais le caractère réformiste de son propre programme et la tendance à réaliser n’importe quel compromis pour obtenir des sièges.

Si le PCF devait accepter de participer à un gouvernement sur la base du programme actuel du PS, il se mettrait dans une situation extrêmement compromettante. Il serait associé à la politique mise en œuvre, et retomberait dans le même piège qui l’a mené à la débâcle de 2002. Si, entre 1997 et 2002, le PCF avait eu les mains libres, il aurait pu soutenir les mesures du gouvernement Jospin qui allaient dans le bon sens, tout en luttant énergiquement contre toutes celles qui allaient dans le mauvais. Dès lors, son électorat ne l’aurait pas sanctionné au profit de l’extrême gauche ou de l’abstention, comme il l’a fait en 2002.

On oppose à cette idée l’argument qu’il faut présenter le PCF comme un « parti de gouvernement », et non comme une simple force de « contestation ». Mais il ne s’agit pas d’exclure d’avance toute participation gouvernementale. Le PCF peut expliquer qu’il est parfaitement disposé à participer au gouvernement avec le PS, à condition que ce gouvernement prenne des mesures décisives pour briser le pouvoir des capitalistes et améliorer sérieusement les conditions de vie de la majorité. Par contre, l’entrée du PCF dans un gouvernement « de gauche » qui privatise à tour de bras, comme celui de 1997-2002, est une option qui doit être totalement exclue.

Alliances avec le Modem

 

Malheureusement, les sphères dirigeantes du PCF ont été contaminées par le même opportunisme que les dirigeants du PS. Cela a été amplement démontré par l’implication de nombreux candidats du parti sur des listes communes PS-PCF-Modem aux élections municipales, et par le refus de la direction nationale du parti de condamner cette dérive. Clairement, pour certains dirigeants, tout ce qui importe, c’est d’obtenir des sièges – et peu importe comment !

Au lendemain des législatives, le PCF a condamné, à juste titre, la dérive « centriste » du PS. Mais que doivent penser les travailleurs quand, quelques mois plus tard, ils s’aperçoivent que les candidats du PCF sont tombés dans la même dérive ? Nous voulons tous que le parti remporte des élections et obtienne des sièges, aux élections municipales comme à toutes les élections. Mais ce ne doit pas être à n’importe quel prix. En aucun cas le PCF ne devrait accepter de figurer sur les mêmes listes que le Modem. C’est une forme de collaboration de classe – elle doit être rejetée sans appel.

Une politique internationale incohérente

 

La politique étrangère de la direction actuelle du parti souffre des mêmes incohérences que sa politique nationale. La France est impliquée dans une guerre impérialiste en Afghanistan, aux côtés des forces armées américaines. Mais il a fallu attendre le mois d’août 2008 – sept ans après le début de la guerre – pour que la direction du parti demande le retrait total des troupes sur place. Pourquoi ? Sans doute parce qu’elle avait apporté son soutien à la participation de la France à la coalition impérialiste, à l’époque du gouvernement Jospin, en 2001.

De nombreux militants sont également choqués par l’attitude distante des dirigeants du parti à l’égard de Cuba. L’abolition du capitalisme à Cuba fut l’un des plus grands événements du XXe siècle. Elle a ouvert la voie à une transformation radicale des conditions d’existence des travailleurs et des paysans cubains. L’illettrisme a été rapidement éradiqué. La révolution a établi les conditions d’immenses progrès dans les domaines de la santé, de l’éducation et des conditions de vie des masses. Pour la première fois, la masse de la population a pu s’ouvrir à l’art et la culture. Tel est le « crime » que les impérialistes ne pourront jamais pardonner à Cuba. Ils ont utilisé toutes sortes de méthodes crapuleuses pour détruire cette révolution.

Dans ce combat, le PCF ne peut bien évidemment pas rester neutre. Nous sommes aux côtés de Cuba contre l’impérialisme américain. Nous soutenons un pays qui a éliminé l’illettrisme et où le système de santé est de loin le plus avancé de toute l’Amérique latine. Ceci a été accompli grâce à la planification des ressources et à l’abolition de l’anarchie du marché capitaliste. Cuba est une référence pour tous les peuples de l’Amérique latine. Voilà ce que les impérialistes ne peuvent tolérer. Ils veulent écraser Cuba, car ce pays incarne l’idée qu’il existe une alternative à l’économie capitaliste, que le marché n’est pas le seul système économique possible. C’est pour cela qu’ils veulent détruire toutes les conquêtes de la révolution cubaine. Et il existe un risque sérieux qu’ils y parviennent.

Si la révolution cubaine était liquidée, comme ce fut le cas en Russie, cela aurait d’abord un effet démoralisateur sur les travailleurs, la jeunesse et les paysans de toute l’Amérique du Sud – et même à l’échelle mondiale. A l’inverse, la régénérescence de la révolution cubaine et la victoire de la révolution vénézuélienne transformeraient complètement la situation internationale.

Malgré toutes les difficultés qui existent à l’heure actuelle, Cuba a pu envoyer 15 000 docteurs et infirmiers participer au programme de santé publique mis en place par Chavez au Venezuela. Combien de médecins la France aurait-elle pu envoyer, si son gouvernement en avait eu l’intention ? Ainsi, quoi qu’en dise la propagande impérialiste contre Cuba et son gouvernement, nous avons sur cette île isolée la preuve concrète et irréfutable des énormes avantages économiques et sociaux de la nationalisation des moyens de production.

Les problèmes auxquels Cuba est confrontée ne viennent pas de la propriété d’Etat des moyens de production. Ces problèmes viennent de l’isolement de la révolution. La solution réside dans l’extension de la révolution au reste de l’Amérique latine, d’où l’importance cruciale des mouvements révolutionnaires au Venezuela, en Bolivie et ailleurs en Amérique latine.

 

Trois orientations fondamentales

 

 

Depuis de nombreuses années, la direction « dirige » le parti de recul en recul, sur tous les plans : implantation électorale, effectifs, enracinement syndical, ressources financières, moyens d’action et de propagande, etc. Ce déclin s’est accompagné d’une chute de l’autorité politique de la direction et d’un processus de dislocation du parti.

 

Une direction qui a  cautionné des privatisations massives et qui ne remet plus en cause la propriété capitaliste ne peut manquer de susciter des oppositions. Le virage vers le réformisme « anti-libéral » et le point d’interrogation qui plane encore sur l’existence même du parti suscitent une vive inquiétude chez de nombreux militants. L’idée qu’il faut rompre avec le réformisme anti-libéral et revenir aux idées fondamentales du communisme gagne du terrain.

 

De manière générale, trois grandes orientations politiques se sont cristallisées dans le parti, au cours de la dernière période. La première est celle des « liquidateurs ». Comme l’a clairement montré l’Assemblée extraordinaire de décembre dernier, cette tendance est très minoritaire au niveau des sections et cellules du parti. Elle bénéficie d’une sur-représentation flagrante dans ses instances dirigeantes. Pour les représentants de ce courant, le communisme est irrévocablement discrédité. Il faut inventer « autre chose » . En substance, ils disent la chose suivante : puisque le parti a tourné le dos au communisme, puisqu’il ne vise plus la conquête du pouvoir par les travailleurs et le renversement du capitalisme, puisqu’il a rallié l’économie de marché, il devrait assumer pleinement cette « mutation » et ne devrait plus s’appeler « communiste ». Si cette tendance devait atteindre ses objectifs, ce serait la fin du PCF. Ce n’est pas un hasard si la presse capitaliste lui accorde une couverture médiatique de premier choix.

 

La deuxième orientation, dans le parti, est celle qui pour le moment recueille l’adhésion de la majorité, dans les instances dirigeantes. Pour les partisans de cette orientation, le programme du parti – dont ils sont les architectes – doit conserver son caractère réformiste. Sur ce point, il n’existe aucune divergence significative entre eux et les « liquidateurs ». Cependant, ils s’opposent à la dissolution du parti et à l’abandon de son nom – pour le moment.

 

Il existe enfin une troisième orientation, qui s’oppose à la dilution réformiste du programme du PCF et dans laquelle s’inscrivent les signataires de ce texte. Nous considérons que si le PCF s’installait définitivement dans une politique d’adaptation au système capitaliste, il ne pourrait prétendre à un autre rôle que celui de cinquième roue de la social-démocratie, et perdrait encore du terrain. Nous nous opposons catégoriquement à la dissolution du parti comme à l’abandon de son nom. En ceci, nous sommes en phase avec l’écrasante majorité des adhérents du parti. Mais nous insistons également sur la nécessité de mettre le programme du parti en conformité avec son nom. Nous voulons doter le parti d’un programme clairement communiste et révolutionnaire.

Le marxisme

 

La lutte des classes doit être menée sur plusieurs plans. Il y a la lutte syndicale et « économique » pour de meilleurs salaires et conditions de travail. Il y a la lutte politique, la lutte électorale, ou encore la lutte pour la défense et l’extension des droits démocratiques. Parmi les aspects les plus importants de cette lutte, il y a le combat pour la régularisation des sans-papiers et le droit de vote des étrangers, combat dans lequel le PCF est fortement impliqué. Il y a la lutte pour construire et renforcer les syndicats, le parti, etc. Toutes ces formes de lutte sont indispensables et très importantes. Mais il y a aussi une autre facette de la lutte des classes qui est d’une importance absolument décisive. Il s’agit de la lutte idéologique, la lutte pour les idées, pour la théorie. Nous négligerions cette lutte à notre péril. Et la vérité, c’est qu’elle a été gravement négligée, voire presque complètement abandonnée, dans le parti, et ce depuis de nombreuses années.

Que pense la direction du PCF de la révolution russe ? Quelle est son appréciation de l’évolution de la Chine ? Est-elle d’accord avec la théorie marxiste de l’Etat, le matérialisme dialectique, la théorie économique de Marx ? Quelles sont, de son point de vue, les perspectives pour Cuba ou la révolution vénézuélienne ? Comment explique-t-elle la dégénérescence bureaucratique de l’URSS et son effondrement ultérieur ? La direction nationale du parti n’apporte aucune réponse à ces questions – ni à des dizaines d’autres du même ordre. Et on peut difficilement éviter l’impression qu’elle ne se les pose même pas.

 

Prenons, à titre d’exemple, la question de la dégénérescence bureaucratique de l’URSS et de son effondrement. Cette expérience historique colossale, qui a marqué l’histoire de son empreinte pendant plusieurs générations, a besoin d’être sérieusement analysée et expliquée.

 

Les dirigeants du parti ont beau « tourner la page » et oublier le stalinisme, cette question ne cesse pas pour autant d’être un facteur déterminant dans la conscience politique des travailleurs et des jeunes. Aujourd’hui encore, les crimes du stalinisme constituent l’un des arguments les plus puissants contre le communisme. Les capitalistes et leurs idéologues exploitent à fond ces crimes pour discréditer le communisme et le PCF.

 

La révolution russe elle-même, cette magnifique lutte contre l’oppression et la guerre, est extrêmement riche en enseignements. Mais l’étude des causes profondes de l’instauration progressive d’un régime totalitaire nous apprend également beaucoup. Compte tenu de l’isolement de la révolution dans un pays extrêmement arriéré, ravagé par la guerre civile et par l’intervention militaire de plus d’une vingtaine de puissances étrangères, les révolutionnaires de 1917 n’ont pas pu empêcher le triomphe de la bureaucratie. Lénine n’imaginait pas un seul instant pouvoir résoudre les problèmes auxquels la révolution était confrontée sans son extension rapide à travers le continent européen. Des centaines de milliers de communistes, dévoués corps et âme à la cause de la classe ouvrière, ont tenté de résister à la bureaucratisation du régime et l’ont payé de leur vie. Mais tant que le parti n’aura pas expliqué cette dégénérescence d’un point de vue marxiste, on ne convaincra jamais la jeunesse que le communisme ne porte pas en lui le germe du totalitarisme.

Longtemps, l’étude de la théorie, l’élaboration de perspectives et les questions de programme ont occupé une place centrale dans la vie du parti. Cette tradition a été largement perdue. Or, le redressement du PCF passe nécessairement par un retour aux idées fondamentales du marxisme, dans toute leur richesse. Le marxisme n’est pas la doctrine stérile et figée que décrivent ceux qui veulent le discréditer. Tous les communistes devraient s’intéresser aux questions de théorie, devraient s’efforcer de comprendre le marxisme, à commencer par les « classiques » de Marx et Engels.

Sans une attitude sérieuse envers des questions de théorie, il ne sera pas possible d’assurer le réarmement politique des communistes et de développer le parti authentiquement révolutionnaire dont nous avons besoin. Il ne s’agit pas d’un exercice académique. Il n’y a pas d’action révolutionnaire sans théorie révolutionnaire. La théorie est un guide pour l’action.

Réforme ou révolution

 

Marie-George Buffet avait raison de dire, au lendemain de la défaite de 2002, que le PCF avait reculé parce qu’il était allé « de compromis en compromis, de renoncement en renoncement ». Nul ne peut sérieusement douter que la participation du PCF au dernier gouvernement de gauche et la soumission de sa direction à la politique pro-capitaliste de Jospin, y compris les privatisations et les interventions militaires aux côtés de l’impérialisme américain (Serbie, Afghanistan), ont porté gravement préjudice à sa crédibilité auprès de ses sympathisants et électeurs, tout en semant la désorientation et la démoralisation dans ses propres rangs. Mais cette politique de compromis et de renoncement n’a pas été abandonnée depuis, bien au contraire.

Contrairement à un préjugé largement répandu, le marxisme n’oppose pas la lutte pour des réformes à la révolution. Sans la lutte quotidienne pour défendre nos acquis et en conquérir de nouveaux, le socialisme serait impossible. Pour Marx, Engels et Lénine, la participation à la lutte pour des réformes, pour arracher des concessions à l’adversaire capitaliste, était non seulement autorisée, mais considérée comme un devoir absolu. Cependant, ils considéraient les acquis et les sauvegardes arrachés de cette façon comme autant de « sous-produits », pour reprendre leur expression, de la lutte révolutionnaire pour la conquête du pouvoir. La caricature stupide selon laquelle les révolutionnaires, à la différence des réformistes « pragmatiques », ne s’intéresseraient pas aux questions immédiates et se contenteraient d’attendre, les bras croisés, l’avènement du « grand soir », n’a rien à voir avec le marxisme.

Ce n’est pas le lieu, ici, de présenter un programme complet et détaillé de revendications correspondant aux nombreux fronts sur lesquels nous devons nous battre au quotidien. Mais quelques-unes de ces revendications seraient, par exemple :

a) La défense du pouvoir d’achat, notamment par l’indexation des salaires et des retraites sur l’évolution des prix. Cette évolution doit être évaluée par les syndicats et les organisations de consommateurs. Relèvement du SMIC (1500 euros nets) et des minima sociaux. Aucun salaire inférieur au SMIC ne doit être autorisé. Les minima sociaux doivent être garantis à toutes les personnes sans ressources, sans exception.

b) La défense de l’emploi. Les 35 heures doivent être maintenues et étendues, les heures supplémentaires strictement limitées. Opposition à la réduction des effectifs dans les administrations et les services publics, dans l’Education nationale, les hôpitaux, etc. Lancement d’un vaste programme de travaux publics pour répondre aux besoins en matière d’infrastructures sociales et de logements. Opposition à tous les projets de fermeture ou de suppressions d’emploi dans le secteur privé, y compris par l’occupation des entreprises et la lutte pour leur nationalisation sous le contrôle et la gestion des travailleurs, sans indemnisation des capitalistes.

c) Les retraités doivent pouvoir vivre dignement. Retraite décente et garantie pour tous au plus tard à 60 ans, indépendamment du nombre d’annuités. Aucune retraite ne doit être inférieure au SMIC.

d) La santé publique ne doit pas être une source de profit, ni un terrain où se développe la concurrence. L’industrie pharmaceutique, ainsi que les fournisseurs d’équipements médicaux, les cliniques, les hôpitaux, etc., doivent être nationalisés et intégrés au service public de santé. Les soins doivent être pris en charge à 100%.

e) Pour une éducation publique, gratuite et de qualité. Opposition à la réduction des effectifs, aux restrictions budgétaires et à toutes les mesures qui vont dans le sens d’une privatisation des universités.

f) Un logement pour tous. Extension massive du parc de logements sociaux, par la construction, mais aussi par l’expropriation de logements locatifs dans le secteur privé, notamment par la nationalisation des grandes entreprises du bâtiment et les sociétés financières qui organisent la spéculation immobilière. Gel de tous les loyers. Opposition aux expulsions. Aucune famille ne doit se trouver dans la rue, faute d’argent.

g) Opposition à toutes les formes de discrimination raciale. Régularisation des sans-papiers. Fermeture des centres de rétention. Mettre fin au harcèlement policier et administratif des « étrangers ». A tous les scrutins nationaux et locaux, droit de vote de tous les étrangers séjournant et domiciliés sur le territoire national depuis 1 an.

Si le PCF n’avait pas un programme de revendications « immédiates » de ce type, et s’il n’expliquait pas son point de vue sur toutes les questions de société qui touchent de près ou de loin aux conditions de vie des gens, il se condamnerait évidemment à l’impuissance. Les communistes sont en première ligne de tous les combats pour loger des dizaines de milliers de « sans domicile fixe » qui dorment sous des tentes, dans des abris de fortune ou sur le pavé. Les communistes luttent pour la défense des acquis et l’amélioration des conditions de vie des salariés, de la jeunesse, des chômeurs et des retraités. Ils luttent au quotidien contre les discriminations raciales. Ils savent que les travailleurs « immigrés » servent de boucs émissaires pour tous les maux engendrés par le système capitaliste. Personne ne suggère de rester les bras croisés, en se limitant à l’affirmation de la nécessité du socialisme. Par contre, il faut toujours affirmer et expliquer cette nécessité, en la mettant en rapport avec les luttes immédiates et « concrètes ». Le programme général du parti a une fonction éducative, pédagogique. Il doit viser à inculquer aux travailleurs l’idée qu’ils peuvent et qu’ils doivent devenir les maîtres de la société, de l’économie et de l’Etat.

Il faut distinguer entre le réformisme et la lutte pour défendre et améliorer les conditions de vie des travailleurs. Ce sont deux choses différentes. Les communistes doivent bien évidemment participer à toutes les luttes qui s’engagent contre les inégalités et contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression. Mais, à la différence des réformistes, ils ne doivent pas se limiter à de simples réformes et perdre de vue leur objectif principal : le renversement du capitalisme.

Concrètement, on ne pourra briser l’emprise des capitalistes sur l’économie que par la nationalisation (ou « socialisation ») de l’industrie, des services et de la grande distribution, ainsi que de toutes les banques, des compagnies d’assurances et des organismes de crédit. Les travailleurs devront contrôler démocratiquement les entreprises nationalisées. Cet objectif doit occuper une place centrale dans la propagande des communistes. Il doit être patiemment expliqué à l’ensemble des travailleurs, non pas sèchement et abstraitement, mais en rapport direct avec leurs préoccupations et luttes immédiates. De manière générale, le PCF devrait connecter l’ensemble de ses revendications et mots d’ordre à cet objectif stratégique global. Même les luttes défensives doivent être liées à l’objectif du socialisme. Face à la démolition systématique de toutes les conquêtes sociales du passé, la lutte pour la défense des acquis et pour de nouvelles concessions est inextricablement liée à la nécessité de renverser l’ordre capitaliste.

L’expropriation des capitalistes signifierait que les gigantesques ressources économiques du pays pourraient être orientées vers la satisfaction des besoins sociaux, au lieu de servir à l’enrichissement d’une petite minorité. Les nationalisations du passé, comme celles réalisées sous Mitterrand, ne concernaient qu’une fraction de l’économie (20%), laissant sa majeure partie entre les mains des capitalistes. Par ailleurs, les travailleurs n’avaient pas le contrôle des entreprises nationalisées, dont le fonctionnement et les objectifs ne se distinguaient en rien de ceux des entreprises du secteur privé. La corruption des dirigeants du Crédit Lyonnais et d’Elf-Aquitaine en est l’exemple le plus criant. Aujourd’hui encore, la Caisse des Dépôts a beau être une institution de l’Etat, elle est propriétaire d’un nombre important d’entreprises capitalistes, ce qui ne fait que souligner l’enchevêtrement complet des institutions de l’Etat et des intérêts de la classe dirigeante.

Le socialisme ne se réduit pas à la propriété d’Etat. C’est une forme de société dans laquelle toutes les grandes entreprises, l’ensemble du système bancaire et toute l’administration publique – c’est-à-dire la direction de l’Etat – sont soumis au contrôle démocratique des travailleurs, à tous les niveaux. C’est la seule façon d’instaurer une planification rationnelle et démocratique de l’économie nationale, au bénéfice de l’ensemble de la société.

Bien évidemment, un tel programme révolutionnaire ne sera pas immédiatement compris et accepté par tous les travailleurs et toute la jeunesse. Le salariat n’est pas politiquement homogène. Dans toutes les périodes historiques « normales », c’est-à-dire non-révolutionnaires, la grande majorité des jeunes et des travailleurs demeurent politiquement inertes et passifs. Mais l’« avant-garde », qui est composée des éléments les plus conscients et les plus actifs, tire plus rapidement des conclusions révolutionnaires de son expérience. Si un programme communiste est correctement expliqué, en s’appuyant sur l’expérience collective et pratique des travailleurs eux-mêmes, il obtiendra l’adhésion d’une fraction importante de la couche la plus consciente, la plus avancée et la plus militante des travailleurs et de la jeunesse. Et à travers elle, il prendra profondément racine dans l’ensemble de la classe ouvrière.

On voit ici l’importance cruciale des perspectives, sans lesquelles on risque de tomber dans une capitulation opportuniste aux « réalités » du présent – notamment à des fins électorales. On entend souvent que des idées vraiment communistes, qui affichent clairement des objectifs révolutionnaires, ne sont pas « pratiques ». Elles sont « abstraites », dit-on. Il y a une certaine vérité dans cette affirmation, puisque, par définition, un programme révolutionnaire ne peut être mis en œuvre que dans une situation révolutionnaire. Mais tout en luttant dans le présent, un parti communiste se doit de préparer l’avenir. Tôt ou tard, sous l’impact des événements et dans le contexte de confrontations majeures entre les classes, les couches du salariat jusqu’alors relativement inertes se trouveront, elles aussi, brusquement projetées dans la lutte.

Telle est l’essence d’une situation révolutionnaire. Une révolution se caractérise par l’entrée en action de la masse de la population. On le voit actuellement au Venezuela et en Bolivie. Dans les années à venir, l’extrême instabilité sociale qui caractérise l’ensemble de l’Amérique latine gagnera l’Europe. En France, nous l’avons dit, les capitalistes et leurs représentants au gouvernement imposent la régression sociale permanente. Dans leur tentative de rétablir un équilibre économique, ils aboutiront à la destruction de l’équilibre social et politique sur lequel repose la stabilité de l’ordre établi.

A un certain stade, une explosion de la lutte des classes à une échelle massive est inévitable. Dans ce contexte, un programme révolutionnaire – jusqu’alors jugé trop radical et trop extrême par nombre de travailleurs – gagnera le soutien enthousiaste de larges couches de la population. Dans une révolution, la conscience des travailleurs progresse à une vitesse vertigineuse. Il faut s’y préparer. Pour ce faire, les communistes doivent dès aujourd’hui gagner les éléments les plus conscients de la jeunesse et du salariat au programme de la révolution socialiste. Sans cela, la crise révolutionnaire en cours de maturation risque de prendre le parti au dépourvu.

Le programme du PCF doit être une arme pour aider les travailleurs et les jeunes à se préparer consciemment au développement d’une situation révolutionnaire qui leur offrira l’occasion d’en finir une fois pour toutes avec le système capitaliste.

L’avenir du parti

 

Malgré les difficultés qu’il a connues au cours de la dernière période, le parti occupe une place très importante – et potentiellement décisive – dans le mouvement ouvrier français. Il a une longue tradition de lutte et de résistance à l’oppression. Il dispose d’énormes réserves sociales, ce qui explique toute la propagande hostile et mensongère dont il est l’objet, de la part des médias et de tous les représentants de la société « officielle ». Dans la conscience collective de plusieurs millions de travailleurs, le PCF demeure une force et un allié dans la lutte contre les innombrables injustices et oppressions que leur inflige le capitalisme. Le virage droitier de la direction du Parti Socialiste renforce encore les perspectives de développement du PCF – du moins potentiellement.

Notre parti peut devenir, doit devenir une force sociale et politique extrêmement puissante. De grandes perspectives s’ouvrent à nous. Mais pour qu’elles se réalisent, il est absolument indispensable de rompre avec la politique insipide du réformisme « antilibéral » et de renouer avec les traditions militantes et révolutionnaires de notre passé – c’est-à-dire avec les idées du marxisme. Le Parti Communiste doit redevenir un parti révolutionnaire, dans son programme, dans son action et dans son tempérament. Sur cette base, il regagnera progressivement sa position de parti des éléments les plus combatifs de la jeunesse et des travailleurs. Il retrouvera ses relais et son enracinement massif dans le mouvement syndical et les quartiers populaires.

Face au désastre social provoqué par le capitalisme, des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs cherchent des idées sérieuses, un programme qui offre une véritable alternative au système actuel. Le capitalisme n’offre plus d’autres perspectives que la régression, le déclin, la crise permanente, la destruction des conquêtes sociales. Aucune société ne peut continuer indéfiniment sur cette pente. Le socialisme n’est donc pas une utopie, mais une nécessité. La tâche primordiale des communistes est de donner une expression concrète à cette nécessité dans le programme, la théorie et la pratique du parti.

 

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