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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 00:34

Réuni ce week-end, le Conseil national a adopté le texte qui servira de base à la discussion, si les adhérents le décident par un vote à la fin d’octobre.

Le 34e Congrès du Parti communiste est maintenant entré dans sa phase statutaire. Son Conseil national a adopté samedi, par une très large majorité de 88 voix pour et 7 voix contre, la « base commune » qui va être soumise au vote des adhérents. Il y a eu 29 abstentions. Ce résultat a été obtenu à l’issue d’une réunion du Conseil national « très constructive », selon Pierre Laurent qui présidait la commission d’élaboration du texte.

Les adhérents qui le souhaitent ont jusqu’au 10 octobre pour présenter un texte alternatif. Il faut pour cela qu’ils réunissent la signature de 200 communistes d’au moins dix fédérations départementales. Telle est l’intention de Jean-Jacques Karman, qui affirme que le texte est « une énième version du renoncement au marxisme ». On peut supposer qu’André Gerin, le député et maire de Vénissieux, qui regrette l’absence d’« une thérapie de choc » dans la base commune, fera de même. L’ensemble des adhérents du PCF seront appelés à choisir, par un vote les 29 et 30 octobre, le texte qui, à leurs yeux, leur permettra d’engager un débat constructif sur le combat, le projet politique de leur parti, sur l’avenir et la physionomie future de leur formation. Ils auront ensuite jusqu’au congrès de la mi-décembre pour faire évoluer ce texte.

« un nouveau mode de développement »

On ne connaît pas l’intention des « refondateurs » réunis autour de Pierre Zarka et Roger Martelli. Ils ont fait en quelque sorte chaise vide lors de la séance du vote. « Ce texte est une provocation », avait déclaré la veille Sylvie Larue, l’une d’entre eux. « C’est un retour au parti des années 1980. Ce congrès-là n’est pas le nôtre », a-t-elle précisé. Elle a accusé la direction de « maintenir un petit parti en négociant quelques élus avec le Parti socialiste » et a annoncé vouloir continuer de « faire vivre les idées communistes dans le cadre d’une gauche qui renoue avec l’esprit d’alternative ».

La commission qui a travaillé tout l’été avait l’ambition de soumettre un texte permettant, a expliqué Pierre Laurent, de « repenser le sens et les moyens de la transformation sociale » et d’engager « un travail de refondation des analyses, du projet et de l’avenir du Parti communiste ». C’est cette ambition qu’a appréciée la majorité du Conseil national. Plusieurs intervenants ont ainsi noté le renouvellement profond de l’analyse de la mondialisation qui dessine « une nouvelle époque et un autre monde » et transforme les conditions des luttes sociales et politiques. Le texte esquisse, selon eux, un projet politique tout à fait nouveau, qui met en avant « un nouveau mode de développement » à la fois « écologique » et « générateur de nouvelles conquêtes sociales », une « société de libertés » et « une démocratie participative », une « refondation de l’Europe et du monde ».

Le débat du Conseil national a porté longuement sur l’initiative politique proposée de construire un « front progressiste et citoyen », une dynamique qui mêle construction populaire et initiatives unitaires entre formations politiques, pour agir et élaborer un nouveau projet de transformation. Et concernant le Parti communiste lui-même, le choix semble désormais clairement fixé. Engager de « profondes transformations » paraît, aux yeux d’une majorité de dirigeants communistes, une voie « plus féconde » que celle « de la construction d’un autre parti aux contours incertains ». Il s’agit donc de s’accorder sur « la nature des évolutions, des transformations, des ruptures nécessaires ».

« un cap clair

pour avancer »

Pierre Laurent l’annonce, tout ne sera pas réglé d’ici décembre prochain. Mais il est selon lui « impératif de sortir du congrès en se donnant un cap clair pour avancer et travailler ». Ce « cap clair » est reproché par certains qui se sont abstenus lors du vote du Conseil national. Daniel Cirera reproche « la grille de lecture unique » contenue dans le texte qui, selon lui, ne fait qu’actualiser « notre fonds de propositions sur quelques points ». Critique approchante pour Dominique Grador, qui ne voit qu’une « conception traditionnelle de la gauche » et la proposition de « rassembler autour de nous ». Nicolas Marchand et Yves Dimicoli ont surtout cherché dans le débat d’amendements à baliser le texte en renforçant son caractère identitaire. Leur abstention montre qu’ils estiment pour l’heure ne pas y être parvenus. Pour les communistes, l’heure des choix a sonné. Il est vital pour la crédibilité du PCF que ces choix, lors du congrès, soient clairs et cohérents. Ce ne pourra être, selon Pierre Laurent, qu’à l’issue « d’un débat transparent, sans faux-fuyant », mené dans « un esprit constructif avec le souci du rassemblement des militants ». À gauche, ces temps-ci, ce serait vraiment du neuf.

Olivier Mayer dans l'HUMA du 08/09/2008

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