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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 23:23
    Les causes de l’effroyable tragédie de la famine qui touche un milliard d’individus sur notre planète ne sont pas techniques.

    Elles sont avant tout politiques. C’est parce que, dans ce monde capitaliste, on a fait passer le droit de faire des affaires, le droit commercial avant le droit de manger à sa faim, que nous en sommes là. Telle est la question fondamentale. Ne pas l’aborder, c’est laisser perpétrer ce crime quotidien contre l’humanité. Un certain nombre de ceux qui ont commencé à déverser un flot de bonnes paroles avec des trémolos dans la voix à la conférence mondiale pour l’alimenta­tion sont directement responsables de la montée du fléau de la famine.

Nous les accusons d’avoir sciemment organisé la pénurie alimentaire pour les besoins de la spéculation et pour permettre aux États Unis de détenir l’arme alimentaire.

    La mise en friche de bonnes terres, les réductions de productions, les destruc­tions orchestrées de stocks alimentaires ont bien été décidées par les instances de l’Union Européenne, de concert avec les dirigeants nord-américains et les institu­tions internationales. En même temps, ils ont obligé les paysans des pays du Sud à abandonner leur agriculture vivrière pour produire des cultures d’exporta­tion afin que leur pays puisse rembour­ser leur dette toujours grossie de taux d’intérêt exorbitants. Non contents d’organiser cette pénurie relative, les requins de la finance, échaudés par la crise du marché immobilier, se sont jetés dans la spéculation sur les denrées ali­mentaires et toutes les matières premiè­res.

C’est cela q
ui conduit à l’actuelle flambée des prix.

    Pour aboutir à des engagements précis et un calendrier pour résorber la famine, il faudrait dire sans ambiguïté que la fonc­tion de production des denrées ali­mentaires est une mission d’intérêt public. Elle ne peut donc être inscrite dans les tables de la loi du marché capi­taliste. Elle doit reconnaître l’indispen­sable souveraineté alimentaire des peu­ples. La conclusion logique d’une telle orientation serait la sortie de l’agricul­ture et de l’alimentation des obscurs marchandages internationaux de l’Orga­nisation mondiale du commerce.

    Dans le même mouvement, la politique agricole européenne devrait être totale­ment refondée sur la base d’une rénova­tion du principe de préférence commu­nautaire agricole, combinée avec le lan­cement d’un vaste programme de coo­pération avec les pays du Sud pour les aider à acquérir leur autonomie agricole et alimentaire. Elle pourrait être le fer de lance d’une révolution agricole mon­diale. L’annulation de la dette des pays en difficulté, l’interdiction de la spécula­tion sur les matières premières agricoles sont impératives. Sarkozy propose le contraire. Pire :  il appelle les “ fonds souverains ” à investir dans l’agriculture parce qu’ils y trouveraient selon lui “ un intérêt financier ” !

    Au même moment, on apprend que le Congrès américain adopte une nouvelle loi agricole portant les subventions publiques aux grands fermiers US à 290 milliards de dollars. Il faudrait 30 mil­liards de dollars par an pour éradiquer la famine. La guerre en Irak va coûter 3 000 milliards. Il faut maintenant dire : ça suffit, et engager une vaste mobilisa­tion mondiale pour faire vivre un vérita­ble droit à l’alimentation pour toutes et tous.

    Un tel objectif va de pair avec de nou­velles initiatives internationales, auda­cieuses, pour la préservation de la pla­nète et du climat. Ne pas le faire revien­drait à placer le monde et le genre humain dans une situation dangereuse.

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