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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 07:06

En 2013, comme en 1907, le seul quotidien qui relaie régulièrement les luttes des salariés en France et dans le monde, qui est le seul à porter la voix des altermondialistes, des anticapitalistes et leur propositions alternatives aux politiques d'austérité fait l'objet d'attaques pour tenter de le baillonner.

Du refus de publicité par les annonceurs à la tentative de remise en cause du système de diffusion issu du Conseil National de la Résistance, l'histoire du journal est hélas riche de tentative pour le baillonner.Tout comme, plus insidieuse, l'obstination "d'oublier" la plupart du temps la présentation des unes de l'Huma dans la revue de presse des grands médias. "Le grand soir de   F3", "LCI", "ITélé", "BFM TV" par exemple qui ont le même ostracisme avec  l'Humanité Dimanche, alors qu'ils affichent régulièrement les unes de "Marianne", L'Express", "le Point", etc..

Le  voyageur, lecteur de ce blog, peut aussi faire l'expérience dans les points "RELAIS" des gares et aéroports et constater le traitement de l'Humanité Dimanche noyée au fond du magasin alors que les hebdomadaires précités sont en tête de gondole. Surtout cacher, y compris la "une" qui pourrait attirer l'oeil et provoquer l'achat, la découverte.......

Comme chacun pourra en prendre connaissance dans l'article ci-après, l'Humanité dès sa création est en difficulté et ne survit qu'avec le soutien de ses lecteurs.

 

"Deux ans après sa naissance, l’Humanité commence à rencontrer des difficultés économiques telles que son existence est en jeu. Jean Jaurès se mue en patron de presse pour sa survie. Les lecteurs sont mobilisés. Une première souscription est lancée.

La Société nouvelle du journal est créée.

En avril 1904, Jean Jaurès a pour la première fois l’entière responsabilité d’un journal ; il est alors âgé de quarante-cinq ans. En tant que fondateur de l’Humanité, il s’engage à se consacrer à la direction politique et littéraire du quotidien, déléguant au conseil d’administration de la société la gestion de l’entreprise de presse. Comme directeur politique, il s’offre la possibilité d’examiner par avance les articles et au besoin de les refuser. Telle est la répartition idéale des tâches imaginée au printemps 1904. En réalité, le fonctionnement du journal est rapidement bouleversé.

Alors que la première société anonyme du journal l’Humanité est confrontée au cours de l’automne 1906 à d’importantes difficultés économiques qui lui seront fatales (ses ventes sont alors estimées à 30 000 exemplaires), Jean Jaurès se mue en patron de presse. C’est à lui de trouver l’argent nécessaire au journal. Dans un article intitulé de manière explicite « Notre crise », il met en scène une situation par ailleurs réelle, mais qui ne peut que surprendre le lecteur du journal : cette information sur la crise économique du quotidien est la première intervention de Jean Jaurès à propos de l’Humanité depuis un an. La brutalité de l’annonce suscite une importante émotion. On se mobilise en faveur du journal. Le premier objectif recherché est atteint. Un nouveau regard est porté sur le quotidien.

Cette nouvelle situation offre des perspectives pour sauver le journal. Une réunion publique est organisée dans ce sens à l’initiative de ­l’Humanité au manège Saint-Paul le 13 octobre 1906. Le succès du meeting est important. D’après les chiffres publiés par le quotidien socialiste, près de six mille personnes y assistent et deux à trois mille personnes auraient été contraintes de rester à l’extérieur. C’est la quasi-totalité du lectorat parisien du journal qui se serait déplacée à en croire l’Humanité  !

Un ordre du jour est adopté : « Les citoyennes et citoyens, réunis au manège Saint-Paul, au nombre de six mille, après avoir entendu le ­citoyen Jaurès, affirment leur volonté de coopérer énergiquement à la vie du journal l’Humanité. Ils s’engagent à doter la classe ouvrière d’un organe sincère et probe, capable d’opposer à la presse capitaliste, couvrant de ses mensonges les entreprises de flibusterie moderne, la vérité du socialisme. »

En parallèle, le journal commence à recevoir divers dons. Dans une lettre publiée par l’Humanité, Léon Blum invite les « amis du journal » à verser régulièrement de l’argent afin d’atteindre la somme nécessaire à la survie du journal. Les premières listes des versements envoyés sont publiées. Au total, le journal perçoit plus de 25 000 francs. La solidarité internationale s’organise également. Le Parti social-démocrate allemand (SPD) est prêt à envoyer 25 000 francs afin de sauver le journal français. Le dirigeant social-démocrate allemand August Bebel indique que « la disparition de l’Humanité (serait) un grand malheur qui n’atteindrait pas seulement le parti français, mais l’Internationale ».

À l’initiative de Jean Sigg et d’Edgard ­Milhaud notamment, collaborateurs du journal dès ses débuts, un meeting réunit à Genève près de deux mille personnes. Diverses organisations locales et étrangères estiment que l’Humanité, « par son inlassable et ardent dévouement à la cause prolétarienne, à la cause de la paix, à la cause de la grande révolution russe (de 1905 – NDLR), a bien mérité du socialisme international ». Ces différents versements contribuent au lancement de la Société nouvelle du journal ­l’Humanité, en janvier 1907, dont le Parti socialiste devient progressivement l’actionnaire principal. Par ailleurs, une souscription est organisée pour couvrir l’émission de 3000 actions d’une valeur de 25 francs (voir ci-contre). En contrepartie de ces différentes initiatives, les statuts de la Société nouvelle du journal l’Humanité sont modifiés au lendemain du 8e congrès national du Parti socialiste, réuni du 16 au 19 avril 1911 à Saint-Quentin, dans l’Aisne : un conseil d’administration et de ­direction, majoritairement composé de délégués désignés par le Parti socialiste, est mis en place, et le directeur politique du journal est nommé chaque année par le Parti socialiste réuni en congrès national.

Tout au long de ces années 1907-1914, Jean Jaurès s’emploie à préserver le contrôle de son journal et à chercher des moyens supplémentaires pour que l’Humanité se développe. Ses ventes passent de 40 000 exemplaires en janvier 1907 à 88 000 exemplaires en décembre. Neuf ans après son lancement, l’administration de l’Humanité annonce la prochaine parution du quotidien socialiste sur six pages tous les jours, à compter du 25 janvier 1913.

Première souscription. Janvier 1907, une souscription individuelle est lancée pour ouvrir l’Humanité à « toutes les tendances, à toutes les idées, à toutes les forces du socialisme et du prolétariat organisé ». Afin de réunir l’argent nécessaire au bon fonctionnement du journal, il est proposé de payer en plusieurs fois les actions nominatives achetées. Courant juin, une seconde souscription est lancée en parallèle pour permettre l’achat d’actions collectives qui seront « la propriété commune du Parti socialiste et de la classe ouvrière ». Parmi ceux qui participent à la souscription individuelle, les employés des services publics et administratifs (17 %) comme les professions libérales (12 %) sont surreprésentés, alors que les professions agricoles sont quasi inexistantes (3 %). Les participants à la souscription collective sont pour moitié des travailleurs de l’industrie (principalement des métallurgistes) ou des employés des services publics et administratifs 
(le plus souvent instituteurs). En plus des dons qui parviennent au journal (45 % de cette seconde souscription), des collectes sont organisées par les militants à partir des listes mises à disposition par le journal (34 %) ou des quêtes (21 %).

 

Souscripion 2013 ( déductible à 66% des impôts)

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